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January 2012

Caribbean Redux: It’s Not Good to Be Back!

The ship

Cet article fut écrit à l’occasion d’une croisière prise en 2008.

Je m’accroche à cette idée: il reste deux jours en mer. Deux jours à profiter, à paresser, à lézarder… Le matin du premier jour, on est plutôt contents. La grasse matinée est de mise puisqu’il n’y pas besoin de courir. Je vais me servir nonchalamment au buffet et m’attable dehors. Tiens, la mer est un peu houleuse aujourd’hui. C’est la traine de l’ouragan Paloma qui nous ballote.  A Cuba, c’est le troisième qu’ils prennent de plein fouet cette année. Une pensée que la brise marine  évacue sans que  je m’en rende compte. Le petit-déjeuner avalé, je vais m’installer en bords de piscine. On dirait que tout le monde s’est passé le mot pour se lever tard puisque je ne dois pas ausculter les alentours afin de trouver ma place au soleil.  Entre les allers-et-retours dans l’eau, je lis, je somnole, je sirote une boisson. L’après-midi, les nuages s’accumulent et je pars me réfugier avec “Sweet Pea”, mon Netbook, au Gatsby’s Garden et me dépêche de coucher toutes mes aventures sur écran, avant qu’elles ne m’échappent.

Ce soir, c’est “soirée formelle”! Ça signifie qu’il y aura un défilé de pingouins, de couleurs criardes et de paillettes. Pas de robe de soirée? Pas de problèmes! Cet été la mode méditerranéenne a voulu que les longues robes-chiffon fassent fureur. Et je suis revenue d’Italie avec l’une d’entre elles. Hop, une belle étole! Hop, un petit bijou! Hop, une paire d’escarpins! Cela suffit pour passer pour “élégante”. Dans l’atrium, un groupe de musique de chambre régale les oreilles à l’heure de l’apéritif. Un photographe me fait signe. Il veut que j’essaie de poser. Cela n’engage pas à l’achat alors pourquoi pas! Il m’installe donc devant un fond noir. Le jeune homme prend son travail très au sérieux! Il déplace mes épaules (en arrière), ma tête (penchée ,  mes bras (main sur le coude), ma mèche de cheveux (pas devant les yeux)…  “Come on, Miss Sexineeeesss”… J’aimerai bien imaginer être Gisele si les pauses qu’il me faisait prendre ne me donnaient pas l’impression de devenir une marionnette! Trois pauses plus tard, il me donne un ticket et me prie de revenir demain pour voir le résultat.

The ship

Chez Mr. Lucky’s, le casino du paquebot, dress-code aidant, l’atmosphère se rapproche enfin plus de Casino Royale que de Las Vegas. Je m’installe à la roulette et commande un Martini. Pour un peu, je finirai par y croire…

At sea

Le matin suivant, le soleil continue de briller mais un gros nuage est suspendu au moral: la croisière s’achève demain. Tout faire pour essayer d’être contente de rentrer, vite! Je n’en peux plus d’éviter de me faire écraser les pieds par des chaises roulantes motorisées. Marre de voire ce clone de Barbie tout en silicone qui se pavane devant la piscine. Ras-le-bol qu’on essaie de me fourguer de la bijouterie avec tanzanite dès que je dois passer du côté des magasins! Mais le cœur n’y est pas. Même le buffet du lunch, d’habitude succulent, est en berne. Sauf le côté dessert où une foule d’extravagances au chocolat de toutes sortes a envahi les présentoirs. Si c’est pour nous éviter de trop déprimer, c’est extrêmement bien vu! Dans la file, une vois masculine se demande “I wonder why we keep on cruising. Leaving the ship is so depressing, it’s almost putting a damp on the whole trip”. Il y a des fois où je me pose également la question…

At sea

J’essaie de prolonger jusqu’au dernier rayon ma journée au soleil. Au bar de la piscine arrière, je discute avec Andriek, le barman, de la vie à bords. 12 heures de travail 7 jours/7. Il s’estime heureux car il bosse à l’extérieur. “Et quand il y a des jeunes, c’est super! On peut parler… Les vieux sont trop grognons ou pensent qu’ils ne doivent pas nous adresser la parole sauf pour commander”. Mais il ne se plaint pas trop et au retour de la prochaine croisière, il rentrera se reposer chez lui, en Indonésie pour 3 mois avant de reprendre la mer pour un nouveau contrat.

La nuit est tombée et le bateau a adopté un train de sénateur…  Fort Lauderdale n’est pas très loin. Déjà, l’air semble plus frais. La pleine lune éclaire le paysage presque comme une aube toute argentée… Au loin, un autre navire de croisière se profile, il va dans la direction opposée… Les ponts et même le lobby, d’habitude si animés, sont calmes et mélancoliques. Devant les cabines, presque tous les passagers ont sortis leurs grosses valises qui devront être emportée pour le débarquement.

Le soleil se lève un peu brouillé sur la Floride. Nous sommes déjà amarré lorsque je vais déjeuner. Plus de café dans les percolateurs géants! J’ai  d’ailleurs à peine faim. Pour la dernière fois, je vais m’installer à l’extérieur mais un vent puissant m’empêche de rester trop longtemps. Si même la Nature se met à nous faire comprendre que la fête est finie…

Dans le hall, j’attends qu’on appelle mon numéro de débarquement… le 25… Nous sommes parmi les derniers à nous aller. Pour un peu, j’agripperai la rambarde en suppliant de me laisser ici! Le comique de cette scène imaginaire me tire un sourire. Avec un gros soupir, je pose le pied hors du bateau, sur la passerelle et avant de tourner dans le couloir, jette un dernier coup d’œil quasi larmoyant au Miracle…

  • Mes photos du Carnival Miracle sont ici et ici.

At sea

 

The shipJe m’accroche à cette idée: il reste deux jours en mer. Deux jours à profiter, à paresser, à lézarder… Le matin du premier jour, on est plutôt contents. La grasse matinée est de mise puisqu’il n’y pas besoin de courir. Je vais me servir nonchalamment au buffet et m’attable dehors. Tiens, la mer est un peu houleuse aujourd’hui. C’est la traine de l’ouragan Paloma qui nous ballote.  A Cuba, c’est le troisième qu’ils prennent de plein fouet cette année. Une pensée que la brise marine  évacue sans que  je m’en rende compte. Le petit-déjeuner avalé, je vais m’installer en bords de piscine. On dirait que tout le monde s’est passé le mot pour se lever tard puisque je ne dois pas ausculter les alentours afin de trouver ma place au soleil.  Entre les allers-et-retours dans l’eau, je lis, je somnole, je sirote une boisson. L’après-midi, les nuages s’accumulent et je pars me réfugier avec “Sweet Pea”, mon Netbook, au Gatsby’s Garden et me dépêche de coucher toutes mes aventures sur écran, avant qu’elles ne m’échappent.

Ce soir, c’est “soirée formelle”! Ça signifie qu’il y aura un défilé de pingouins, de couleurs criardes et de paillettes. Pas de robe de soirée? Pas de problèmes! Cet été la mode méditerranéenne a voulu que les longues robes-chiffon fassent fureur. Et je suis revenue d’Italie avec l’une d’entre elles. Hop, une belle étole! Hop, un petit bijou! Hop, une paire d’escarpins! Cela suffit pour passer pour “élégante”. Dans l’atrium, un groupe de musique de chambre régale les oreilles à l’heure de l’apéritif. Un photographe me fait signe. Il veut que j’essaie de poser. Cela n’engage pas à l’achat alors pourquoi pas! Il m’installe donc devant un fond noir. Le jeune homme prend son travail très au sérieux! Il déplace mes épaules (en arrière), ma tête (penchée ,  mes bras (main sur le coude), ma mèche de cheveux (pas devant les yeux)…  “Come on, Miss Sexineeeesss”… J’aimerai bien imaginer être Gisele si les pauses qu’il me faisait prendre ne me donnaient pas l’impression de devenir une marionnette! Trois pauses plus tard, il me donne un ticket et me prie de revenir demain pour voir le résultat.

The ship

Chez Mr. Lucky’s, le casino du paquebot, dress-code aidant, l’atmosphère se rapproche enfin plus de Casino Royale que de Las Vegas. Je m’installe à la roulette et commande un Martini. Pour un peu, je finirai par y croire…

At sea

Le matin suivant, le soleil continue de briller mais un gros nuage est suspendu au moral: la croisière s’achève demain. Tout faire pour essayer d’être contente de rentrer, vite! Je n’en peux plus d’éviter de me faire écraser les pieds par des chaises roulantes motorisées. Marre de voire ce clone de Barbie tout en silicone qui se pavane devant la piscine. Ras-le-bol qu’on essaie de me fourguer de la bijouterie avec tanzanite dès que je dois passer du côté des magasins! Mais le cœur n’y est pas. Même le buffet du lunch, d’habitude succulent, est en berne. Sauf le côté dessert où une foule d’extravagances au chocolat de toutes sortes a envahi les présentoirs. Si c’est pour nous éviter de trop déprimer, c’est extrêmement bien vu! Dans la file, une vois masculine se demande “I wonder why we keep on cruising. Leaving the ship is so depressing, it’s almost putting a damp on the whole trip”. Il y a des fois où je me pose également la question…

At sea

J’essaie de prolonger jusqu’au dernier rayon ma journée au soleil. Au bar de la piscine arrière, je discute avec Andriek, le barman, de la vie à bords. 12 heures de travail 7 jours/7. Il s’estime heureux car il bosse à l’extérieur. “Et quand il y a des jeunes, c’est super! On peut parler… Les vieux sont trop grognons ou pensent qu’ils ne doivent pas nous adresser la parole sauf pour commander”. Mais il ne se plaint pas trop et au retour de la prochaine croisière, il rentrera se reposer chez lui, en Indonésie pour 3 mois avant de reprendre la mer pour un nouveau contrat.

La nuit est tombée et le bateau a adopté un train de sénateur…  Fort Lauderdale n’est pas très loin. Déjà, l’air semble plus frais. La pleine lune éclaire le paysage presque comme une aube toute argentée… Au loin, un autre navire de croisière se profile, il va dans la direction opposée… Les ponts et même le lobby, d’habitude si animés, sont calmes et mélancoliques. Devant les cabines, presque tous les passagers ont sortis leurs grosses valises qui devront être emportée pour le débarquement.

Le soleil se lève un peu brouillé sur la Floride. Nous sommes déjà amarré lorsque je vais déjeuner. Plus de café dans les percolateurs géants! J’ai  d’ailleurs à peine faim. Pour la dernière fois, je vais m’installer à l’extérieur mais un vent puissant m’empêche de rester trop longtemps. Si même la Nature se met à nous faire comprendre que la fête est finie…

Dans le hall, j’attends qu’on appelle mon numéro de débarquement… le 25… Nous sommes parmi les derniers à nous aller. Pour un peu, j’agripperai la rambarde en suppliant de me laisser ici! Le comique de cette scène imaginaire me tire un sourire. Avec un gros soupir, je pose le pied hors du bateau, sur la passerelle et avant de tourner dans le couloir, jette un dernier coup d’œil quasi larmoyant au Miracle…

  • Mes photos du Carnival Miracle sont ici et ici.

At sea

The shipJe m’accroche à cette idée: il reste deux jours en mer. Deux jours à profiter, à paresser, à lézarder… Le matin du premier jour, on est plutôt contents. La grasse matinée est de mise puisqu’il n’y pas besoin de courir. Je vais me servir nonchalamment au buffet et m’attable dehors. Tiens, la mer est un peu houleuse aujourd’hui. C’est la traine de l’ouragan Paloma qui nous ballote.  A Cuba, c’est le troisième qu’ils prennent de plein fouet cette année. Une pensée que la brise marine  évacue sans que  je m’en rende compte. Le petit-déjeuner avalé, je vais m’installer en bords de piscine. On dirait que tout le monde s’est passé le mot pour se lever tard puisque je ne dois pas ausculter les alentours afin de trouver ma place au soleil.  Entre les allers-et-retours dans l’eau, je lis, je somnole, je sirote une boisson. L’après-midi, les nuages s’accumulent et je pars me réfugier avec “Sweet Pea”, mon Netbook, au Gatsby’s Garden et me dépêche de coucher toutes mes aventures sur écran, avant qu’elles ne m’échappent.

Ce soir, c’est “soirée formelle”! Ça signifie qu’il y aura un défilé de pingouins, de couleurs criardes et de paillettes. Pas de robe de soirée? Pas de problèmes! Cet été la mode méditerranéenne a voulu que les longues robes-chiffon fassent fureur. Et je suis revenue d’Italie avec l’une d’entre elles. Hop, une belle étole! Hop, un petit bijou! Hop, une paire d’escarpins! Cela suffit pour passer pour “élégante”. Dans l’atrium, un groupe de musique de chambre régale les oreilles à l’heure de l’apéritif. Un photographe me fait signe. Il veut que j’essaie de poser. Cela n’engage pas à l’achat alors pourquoi pas! Il m’installe donc devant un fond noir. Le jeune homme prend son travail très au sérieux! Il déplace mes épaules (en arrière), ma tête (penchée ,  mes bras (main sur le coude), ma mèche de cheveux (pas devant les yeux)…  “Come on, Miss Sexineeeesss”… J’aimerai bien imaginer être Gisele si les pauses qu’il me faisait prendre ne me donnaient pas l’impression de devenir une marionnette! Trois pauses plus tard, il me donne un ticket et me prie de revenir demain pour voir le résultat.

The ship

Chez Mr. Lucky’s, le casino du paquebot, dress-code aidant, l’atmosphère se rapproche enfin plus de Casino Royale que de Las Vegas. Je m’installe à la roulette et commande un Martini. Pour un peu, je finirai par y croire…

At sea

Le soleil continue de briller mais un gros nuage est suspendu au moral: la croisière s’achève demain. Tout faire pour essayer d’être contente de rentrer, vite! Je n’en peux plus d’éviter de me faire écraser les pieds par des chaises roulantes motorisées. Marre de voire ce clone de Barbie tout en silicone qui se pavane devant la piscine. Ras-le-bol qu’on essaie de me fourguer de la bijouterie avec tanzanite dès que je dois passer du côté des magasins! Mais le cœur n’y est pas. Même le buffet du lunch, d’habitude succulent, est en berne. Sauf le côté dessert où une foule d’extravagances au chocolat de toutes sortes a envahi les présentoirs. Si c’est pour nous éviter de trop déprimer, c’est extrêmement bien vu! Dans la file, une vois masculine se demande “I wonder why we keep on cruising. Leaving the ship is so depressing, it’s almost putting a damp on the whole trip”. Il y a des fois où je me pose également la question…

At sea

J’essaie de prolonger jusqu’au dernier rayon ma journée au soleil. Au bar de la piscine arrière, je discute avec Andriek, le barman, de la vie à bords. 12 heures de travail 7 jours/7. Il s’estime heureux car il bosse à l’extérieur. “Et quand il y a des jeunes, c’est super! On peut parler… Les vieux sont trop grognons ou pensent qu’ils ne doivent pas nous adresser la parole sauf pour commander”. Mais il ne se plaint pas trop et au retour de la prochaine croisière, il rentrera se reposer chez lui, en Indonésie pour 3 mois avant de reprendre la mer pour un nouveau contrat.

La nuit est tombée et le bateau a adopté un train de sénateur…  Fort Lauderdale n’est pas très loin. Déjà, l’air semble plus frais. La pleine lune éclaire le paysage presque comme une aube toute argentée… Au loin, un autre navire de croisière se profile, il va dans la direction opposée… Les ponts et même le lobby, d’habitude si animés, sont calmes et mélancoliques. Devant les cabines, presque tous les passagers ont sortis leurs grosses valises qui devront être emportée pour le débarquement.

Le soleil se lève un peu brouillé sur la Floride. Nous sommes déjà amarré lorsque je vais déjeuner. Plus de café dans les percolateurs géants! J’ai  d’ailleurs à peine faim. Pour la dernière fois, je vais m’installer à l’extérieur mais un vent puissant m’empêche de rester trop longtemps. Si même la Nature se met à nous faire comprendre que la fête est finie…

Dans le hall, j’attends qu’on appelle mon numéro de débarquement… le 25… Nous sommes parmi les derniers à nous aller. Pour un peu, j’agripperai la rambarde en suppliant de me laisser ici! Le comique de cette scène imaginaire me tire un sourire. Avec un gros soupir, je pose le pied hors du bateau, sur la passerelle et avant de tourner dans le couloir, jette un dernier coup d’œil quasi larmoyant au Miracle…

  • Mes photos du Carnival Miracle sont ici et ici.

At sea

The shipJe m’accroche à cette idée: il reste deux jours en mer. Deux jours à profiter, à paresser, à lézarder… Le matin du premier jour, on est plutôt contents. La grasse matinée est de mise puisqu’il n’y pas besoin de courir. Je vais me servir nonchalamment au buffet et m’attable dehors. Tiens, la mer est un peu houleuse aujourd’hui. C’est la traine de l’ouragan Paloma qui nous ballote.  A Cuba, c’est le troisième qu’ils prennent de plein fouet cette année. Une pensée que la brise marine  évacue sans que  je m’en rende compte. Le petit-déjeuner avalé, je vais m’installer en bords de piscine. On dirait que tout le monde s’est passé le mot pour se lever tard puisque je ne dois pas ausculter les alentours afin de trouver ma place au soleil.  Entre les allers-et-retours dans l’eau, je lis, je somnole, je sirote une boisson. L’après-midi, les nuages s’accumulent et je pars me réfugier avec “Sweet Pea”, mon Netbook, au Gatsby’s Garden et me dépêche de coucher toutes mes aventures sur écran, avant qu’elles ne m’échappent.

Ce soir, c’est “soirée formelle”! Ça signifie qu’il y aura un défilé de pingouins, de couleurs criardes et de paillettes. Pas de robe de soirée? Pas de problèmes! Cet été la mode méditerranéenne a voulu que les longues robes-chiffon fassent fureur. Et je suis revenue d’Italie avec l’une d’entre elles. Hop, une belle étole! Hop, un petit bijou! Hop, une paire d’escarpins! Cela suffit pour passer pour “élégante”. Dans l’atrium, un groupe de musique de chambre régale les oreilles à l’heure de l’apéritif. Un photographe me fait signe. Il veut que j’essaie de poser. Cela n’engage pas à l’achat alors pourquoi pas! Il m’installe donc devant un fond noir. Le jeune homme prend son travail très au sérieux! Il déplace mes épaules (en arrière), ma tête (penchée ,  mes bras (main sur le coude), ma mèche de cheveux (pas devant les yeux)…  “Come on, Miss Sexineeeesss”… J’aimerai bien imaginer être Gisele si les pauses qu’il me faisait prendre ne me donnaient pas l’impression de devenir une marionnette! Trois pauses plus tard, il me donne un ticket et me prie de revenir demain pour voir le résultat.

The ship

Chez Mr. Lucky’s, le casino du paquebot, dress-code aidant, l’atmosphère se rapproche enfin plus de Casino Royale que de Las Vegas. Je m’installe à la roulette et commande un Martini. Pour un peu, je finirai par y croire…

At sea

Le soleil continue de briller mais un gros nuage est suspendu au moral: la croisière s’achève demain. Tout faire pour essayer d’être contente de rentrer, vite! Je n’en peux plus d’éviter de me faire écraser les pieds par des chaises roulantes motorisées. Marre de voire ce clone de Barbie tout en silicone qui se pavane devant la piscine. Ras-le-bol qu’on essaie de me fourguer de la bijouterie avec tanzanite dès que je dois passer du côté des magasins! Mais le cœur n’y est pas. Même le buffet du lunch, d’habitude succulent, est en berne. Sauf le côté dessert où une foule d’extravagances au chocolat de toutes sortes a envahi les présentoirs. Si c’est pour nous éviter de trop déprimer, c’est extrêmement bien vu! Dans la file, une vois masculine se demande “I wonder why we keep on cruising. Leaving the ship is so depressing, it’s almost putting a damp on the whole trip”. Il y a des fois où je me pose également la question…

At sea

J’essaie de prolonger jusqu’au dernier rayon ma journée au soleil. Au bar de la piscine arrière, je discute avec Andriek, le barman, de la vie à bords. 12 heures de travail 7 jours/7. Il s’estime heureux car il bosse à l’extérieur. “Et quand il y a des jeunes, c’est super! On peut parler… Les vieux sont trop grognons ou pensent qu’ils ne doivent pas nous adresser la parole sauf pour commander”. Mais il ne se plaint pas trop et au retour de la prochaine croisière, il rentrera se reposer chez lui, en Indonésie pour 3 mois avant de reprendre la mer pour un nouveau contrat.

La nuit est tombée et le bateau a adopté un train de sénateur…  Fort Lauderdale n’est pas très loin. Déjà, l’air semble plus frais. La pleine lune éclaire le paysage presque comme une aube toute argentée… Au loin, un autre navire de croisière se profile, il va dans la direction opposée… Les ponts et même le lobby, d’habitude si animés, sont calmes et mélancoliques. Devant les cabines, presque tous les passagers ont sortis leurs grosses valises qui devront être emportée pour le débarquement.

Le soleil se lève un peu brouillé sur la Floride. Nous sommes déjà amarré lorsque je vais déjeuner. Plus de café dans les percolateurs géants! J’ai  d’ailleurs à peine faim. Pour la dernière fois, je vais m’installer à l’extérieur mais un vent puissant m’empêche de rester trop longtemps. Si même la Nature se met à nous faire comprendre que la fête est finie…

Dans le hall, j’attends qu’on appelle mon numéro de débarquement… le 25… Nous sommes parmi les derniers à nous aller. Pour un peu, j’agripperai la rambarde en suppliant de me laisser ici! Le comique de cette scène imaginaire me tire un sourire. Avec un gros soupir, je pose le pied hors du bateau, sur la passerelle et avant de tourner dans le couloir, jette un dernier coup d’œil quasi larmoyant au Miracle…

  • Mes photos du Carnival Miracle sont ici et ici.

At sea

Je m’accroche à cette idée: il reste deux jours en mer. Deux jours à profiter, à paresser, à lézarder… Le matin du premier jour, on est plutôt contents. La grasse matinée est de mise puisqu’il n’y pas besoin de courir. Je vais me servir nonchalamment au buffet et m’attable dehors. Tiens, la mer est un peu houleuse aujourd’hui. C’est la traine de l’ouragan Paloma qui nous ballote.  A Cuba, c’est le troisième qu’ils prennent de plein fouet cette année. Une pensée que la brise marine  évacue sans que  je m’en rende compte. Le petit-déjeuner avalé, je vais m’installer en bords de piscine. On dirait que tout le monde s’est passé le mot pour se lever tard puisque je ne dois pas ausculter les alentours afin de trouver ma place au soleil.  Entre les allers-et-retours dans l’eau, je lis, je somnole, je sirote une boisson. L’après-midi, les nuages s’accumulent et je pars me réfugier avec “Sweet Pea” au Gatsby’s Garden et me dépêche de coucher toutes mes aventures sur écran, avant qu’elles ne m’échappent.

Ce soir, c’est “soirée formelle”! Ca signifie qu’il y aura un défilé de pingouins, de couleurs criardes et de paillettes. Pas de robe de soirée? Pas de problèmes! Cet été la mode méditerranéenne a voulu que les longues robes-chiffon fassent fureur. Et je suis revenue d’Italie avec l’une d’entre elle.s Hop, une belle étole! Hop, un petit bijou! Hop, une paire d’escarpins! Cela suffit pour passer pour “élégante”. Dans l’atrium, un groupe de musique de chambre régale les oreilles à l’heure de l’apéritif. Un photographe me fait signe. Il veut que j’essaie de poser. Cela n’engage pas à l’achat alors pourquoi pas! Il m’installe donc devant un fond noir. Le jeune homme prend son travail très au sérieux! Il déplace mes épaules (en arrière), ma tête (penchée ,  mes bras (main sur le coude), ma mèche de cheveux (pas devant les yeux)…  “Come on, Miss Sexineeeesss”… J’aimerai bien imaginer être Gisele si les pauses qu’il me faisait prendre ne me donnaient pas l’impression de devenir une marionnette! Trois pauses plus tard, il me donne un ticket et me prie de revenir demain pour voir le résultat.

Chez Mr. Lucky’s, dress-code aidant, l’atmosphère se rapproche enfin plus de Casino Royale que de Las Vegas. Je m’installe à la roulette et commande un Martini. Pour un peu, je finirai par y croire…

Le soleil se lève un peu brouillé sur la Floride. Nous sommes déjà amarré lorsque je vais déjeuner. Plus de café dans les percolateurs géants! J’ai  d’ailleurs à peine faim. Pour la dernière fois, je vais m’installer à l’extérieur mais un vent puissant m’empêche de rester trop longtemps. Si même la Nature se met à nous faire comprendre que la fête est finie…

Dans le hall, j’attends qu’on appelle mon numéro de débarquement… le 25… Nous sommes parmi les derniers à nous aller. Pour un peu, j’agripperai la rambarde en suppliant de me laisser ici! Le comique de cette scène imaginaire me tire un sourire. Avec un gros soupir, je pose le pied hors du bateau, sur la passerelle et avant de tourner dans le couloir, jette un dernier coup d’œil quasi larmoyant au Miracle…

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