Au commencement, il y eu l’atterrissage … sortis des nuages alors que nous venions de survoler la mer, l’avion se lance au dessus d’un mur de pierre qui semble se dresser devant lui à la dernière minute.  Cela résume bien les Îles Féroé, petits cailloux acérés qui se dressent au milieu de l’Atlantique, battus par l’océan et une météo capricieuse. A peine arrivée, je peux en témoigner, un ciel moitié pluie, moitié bleu, tourmenté, ne sachant que faire, nous accueille.

Et malgré la grandeur des paysages, tout semble intime. L’aéroport est à peine plus grand qu’un hangar, le chauffeur de bus attend que tout le monde soit sorti avant de partir, histoire de n’oublier personne et tout le monde semble se connaître, ou presque.

Nous voilà en route… 45 minutes de routes pour rejoindre Tórshavn, la capitale, sur l’île d’à côté. Un paysage irréel se déroule devant mes yeux…

La matière première des Féroé, c’est le basalte. Une roche brune, anthracite, quelque fois noire qui semble avoir été façonnée par un géant mal dégrossi. Des sommets s’élèvent dans le ciel et ont leur tête coupées, des rochers sont perdus sur des pentes, des fjords profonds s’enfoncent loin dans les terres, le tout recouvert d’un tapis d’herbe. J’imagine qu’au printemps, elle doit être du plus beau vert mais au sortir de cet hiver qui fut tout aussi long que sur le continent, la végétation semble ne pas encore avoir repris toute sa chlorophylle et ressemble plus à une carpette jaune.   Et pas un arbre! Même pas un petit buisson rabougri! Il parait que les Féroéiens ont essayé d’en faire pousser… sans succès, à part à Tórshavn. Le vent de la mer n’aime pas à avoir sa marche entravée par une bande de troncs!

Et sur ces montagnes et collines, certaines encore saupoudrées de neige, il y a des cascades, par dizaines. Certaines dévalent de façon précipités, d’autres s’étalent comme des traînes de mariées; creusant la roche sur leur passage dans la forme d’un escalier. Le mot « Føroyar » signifierait « Îles aux moutons ». Je suggère qu’on les renomme « Îles aux cascades »!

D’ailleurs les moutons, on ne tarde pas à les voir! Soit enclos, soit en liberté. Le premier que j’ai vu était noir. J’espère que ce n’était pas un mauvais signe!

Nous passons quelques gros villages, avec leurs maisons souvent recouvertes d’un toit d’herbe mais il semble que certains ont besoin de plus de solitude. Certaines maisons, voire des cabines, sont érigés dans des endroits isolés, face au spectacle de la nature. Les jolis endroits ne manque pas! Tout est tellement photogénique que même l’immonde photographe que je suis ne pourrait pas rater un cliché (bon, celui-là, il vient de mon iPhone).

Et partout, la mer… omniprésente. jamais très loin… elle enveloppe tout, même si les hommes ont en partie réussi à en chasser quelques inconvénients. Pour passer l’étroit bras de mer qui sépare l’île de Vagar de celle de Streymoy, pas besoin de bateau, on a creusé un tunnel sous l’océan. L’idée d’être d’un tunnel au milieu de l’Atlantique, ça donne le tournis…

Ca ou alors je crois que je suis en train de tomber amoureuse.