Je me suis gavée de confiture ! Les confitures pommes-caramel et pommes-calvados servie au petit déjeuner de l’Hôtel Oscar ont enchanté mes papilles (surtout la pommes-caramel) mais il faut bien se mettre en route ! Ce samedi, je n’ai qu’une obligation : rejoindre le Port de plaisance vers 16h pour une balade en bateau mais en attendant, j’ai le champ libre !

Direction, le quartier Saint-François ! Quartier bien nommé puisque le « Père fondateur » du Havre est le Roi François 1er. Son image trône d’ailleurs au bout du Bassin du Roy, qui marque l’entrée du quartier. Ce qui frappe à première vue quand on parcourt les rues de Saint-François, c’est le nombre de crêperies. Nous ne sommes pourtant pas en Bretagne mais voilà… après information, Saint-François étant devenu le quartier breton de la ville et on y fête la dignement le patron de la Bretagne.

Si vous voulez avoir une idée de ce à quoi Le Havre ressemblait avant les bombardements, c’est ici ! Même si là aussi, une grande partie a été reconstruite, certains bâtiments ont échappé à la destruction. Le Havre étant, depuis ses origines, une ville planifiée, le plan y est en damier et c’est dans ses rues que l’on trouve les bâtiment les plus anciens du Havre : l’Hôtel Dubocage de Bléville devenu un Musée d’histoire (que je n’aurai pas eu le temps de visiter) ou bien encore l’intrigante « Maison de l’Armateur ».

La Maison de l’Armateur, perle du Vieux Havre

Sur la recommandation d’Eric, je n’ai manqué de la visiter ! Une maison tout en hauteur, qui, vue de l’intérieur, ressemble à un grand tube ! Un puits de lumière a été percé sur le toit et toute les pièces sont disposées en cercle autour, sur plusieurs étages. Et en ce samedi matin de Journée du patrimoine, il y a du monde pour visiter cette maison-musée. A l’intérieur, on découvre l’environnement dans lequel pouvait vivre un riche armateur au 18e siècle. Salle de réception, bureau, alcôves, salle à coucher… Les petite pièces se succèdent. Et comme pour mettre le décor un peu plus en valeur, on y tenait toute une exposition temporaire sur « Paul et Virginie », le roman qui fut à succès à l’époque. L’auteur, Bernardin de Saint-Pierre, est lui même enfant du Havre.

Un petit air de pêche…

Et à un jet de pierre de la Maison de l’Armateur, on trouve un des lieux les plus pittoresques du Havre : le marché aux poissons. Une section du port est réservée aux marins-pêcheurs. Il suffit d’amarrer son bateau et HOP : les poissons, mollusques et crustacés sont livrés aux échoppes où officient souvent leurs femmes/filles/sœurs ou parents âgés. On ne peut pas plus frais et en cette fin de matinée une petite foule se presse pour choisir ce qui sera sur la table du dîner. Même si on trouve un peu de tout dans presque chaque stand, il semble que certains aient des particularités. Certains vendront plus de crevettes, d’autres plus de poissons… mais toutes sont décorées suivant le nom du bateau qui les approvisionne. Même moi qui n’aime ni les poissons, ni les fruits de mer, je me laisse charmer par l’ambiance.

Pour compléter le tout, je vais me perdre sur les quais de l’île, entre les cordages et les bacs des petits chalutiers. Pas un chat ! Juste l’odeur d’un port de pêche, les petits clapotis de l’eau contre les coques et les cris des mouettes. Même le bruit des moteurs de voitures n’arrivent pas vraiment ici. Pour terminer, je traverse le pont qui ferme le Bassin du Roy et mène au Quartier Notre-Dame pour admirer la Cathédrale du même nom. Un coup d’œil suffit à juger combien elle a souffert des bombardements. De nombreuses parties sont reconstruites mais malgré les dégâts, elle était restée debout. J’y entre pour jeter un œil. L’intérieur est plutôt austère mais je ne manque pas de sourire en regardant les vitraux: ils sont tous ornés de figures marines! Poissons, coquillages, étoiles de mer, ancres… Tout rappelle que cette cathédrale est celle d’un ville de marins.

Pas très loin de là, on trouve le Muséum d’histoires naturelles. Installé dans l’ancien Palais de justice, il semble avoir un peu besoin de rénovation mais il semble que ce soit pour bientôt ! La matinée se termine à deux pas de mon hôtel, aux Halles centrales, un marché couvert où l’on trouve plein de bonnes choses : fruits et légumes, viandes et fromages, d’ici et d’ailleurs et surtout, pour moi, un étal de spécialité italienne où j’ai déniché le roi du jambon : le prosciuto di Norcia. Un jambon très difficile à trouver, même en Italie ! Autour des Halles, ont trouve également une foule de bars et petits restaurants… que je n’aurai pas le temps de tester pour midi, car le temps m’est compté!

C’est donc avec un trésor emballé sous vide que je me réfugie dan ma chambre pour une petite pause.

Sainte-Adresse, 2e Belgique

L’après-midi sera dédié à la promenade, une longue ballade qui commencera par longer la plage du Havre pour rejoindre Sainte-Adresse mais sur le chemin, je m’arrête à nouveau à l’église Saint-Joseph. Le soleil brille et les vitraux devraient illuminer l’intérieur… et je ne serai pas déçue! C’est un véritable spectacle de couleurs et le béton est un parfait canevas pour les faire ressortir… C’est tout simplement superbe. De temps en temps, la lumière d’un de vitraux vient frapper une siège, l’éclairant de toute sa force? De quoi faire croire à l’Esprit-Saint!

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Nous sommes samedi et en ce bel après-midi d’automne, toute la ville est de sortie! On se promène, les jeunes skaters et bikers ont envahi le parc, certains osent même se baigner. Tout au long de la plage, sur le chemin de Sainte-Adresse, les cabines sont habillées de photographies, souvenirs du temps où Sainte- Adresse devint capitale de la Belgique alors occupée. En cette année de centenaire du début de la Première Guerre Mondiale, ce lien fort entre la métropole du Havre et la Belgique est célébré et cette expo en plein air en est le témoin. On y voit un Havre de la Belle Epoque, un Havre qui semble bien loin des combats. On y voit des Etats-majors, des infirmières souriantes… et de nombreuses reproductions de timbres avec le visage d’Albert Ier, le « Roi-Chevalier », qui ne s’était pas replié là bas avec son gouvernement, préférant rester dans la seule partie non-occupée de la Belgique, à la Panne. Longer la plage prend un peu de temps et la route monte un peu pour accéder à Sainte-Adresse. Et on sent tout de suite une différence avec la ville du Havre. Sainte-Adresse semble être un quartier de résidences bourgeoises. Certaines demeures ont réchappé aux bombardement, comme l’impressionant Nice Havrais, immeuble qui fut construit par un riche homme d’affaire, Georges Dufayel, et qui fut prêté au gouvernement belge comme quartier général. Dufayel avait fait construire d’autres bâtiments comme le Palais des Régates, mais il n’en reste plus que des photos en noir et blanc.

La Belgique à Sainte-Adresse

Pendant la Première Guerre mondiale, alors que la Belgique est presque entièrement occupée par les Allemands, Sainte-Adresse fut capitale administrative du royaume, cédée à bail au gouvernement belge pour la durée des hostilités, afin de ne pas faire de celui-ci un gouvernement en exil4. Ce dernier s’installa donc du 13 octobre 1914 jusqu’à novembre 19185 dans l’« immeuble Dufayel », construit par Georges Dufayel en 1911. Les ministères, administrations et personnel diplomatique, soit plus de 1 000 personnes logèrent dans la ville à partir du 13 octobre. Le gouvernement belge avait à sa disposition un bureau de poste, utilisant des timbres-poste belges, ainsi que son parc de réparation automobile, son hôpital, son école.  (source: Wikipedia)

Pour le reste, Sainte-Adresse est peuplée de nombreuses villas de tout style : certaines en style anglo-normand (mes préférées), d’autres néo-classique, ou encore Art Nouveau ou Art Déco. Certaines sont beaucoup plus modernes (années 70 ou 80). Un spécialiste de l’architecture des cités balnéaires pourraient passer des heures à admirer ces belles de mer !

J’aurai bien voulu m’attarder un peu plus longuement mais la promenade a pris plus de temps que prévu, je me dirige donc à pas pressé vers le point d’embarcation pour une ballade à la découverte du port du Havre.

Port 2000, Le Havre côté travail

Et c’est parti pour une escapade en mer! Je suis gentiment accueillie à bords du « Ville du Havre II« , un bateau qui mène des excursions dans le port historique, le port moderne, ou fait aussi des parties de pêches. Pour moi, il s’agira de voir à quoi ressemble le port d’aujourd’hui!

Le Havre est un de ces grands ports d’Europe, de ceux qui font partie d’arrêt réguliers pour tous cargos ou porte-conteneurs qui se respecte. Un vrai port où on travaille, pas glamour pour un sou mais qui fascinera les curieux. Le bateau fait route vers le Port 2000, dédié au porte-conteneurs. Ici, ce sont des monstres des mers qui viennent se faire charger et décharger. Des porte-conteneurs, il y en a des grands et des petits mais pour vous donner une idée, le plus grand d’entre eux peut charger jusqu’à 18.270 EVP (l’équivalent d’un conteneur de vingt pieds). Ca laisse plus que songeur! Chaque conteneur à une identité et les couleurs donne une idée du chargement qu’il contient (par exemple, les blancs sont des conteneurs réfrigérés). Justement, deux conteneurs sont à quai, en train d’être déchargés.

 

Même si une grande partie des opérations est automatisée, et même si dans certains ports, même le déchargement est passé aux mains des robots, au Havre, un humain reste à la manœuvre…. et on aurait bien du mal à distinguer le docker tout la haut dans sa cabine car pour effectuer son travail, il doit se rendre au sommet d’une espèce d’immense grue, perché à plusieurs dizaine de mètres de hauteur. J’essaie d’imaginer le job… tout là-haut, dans son petit vase clos en verre, une personne est en train de faire joujou avec des joysticks pour empiler des cubes de plusieurs mètres de long! Et je n’ai qu’une question en tête: « Mais comment font-ils quand ils doivent faire pipi? ».

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Ma question restera sans réponse. La mini-croisière se termine au son de « Santiano » et d’une chanson qui invite à allez pêcher des sardines à Messine (et à Lorient pour pêcher du hareng). Me voilà de retour sur le plancher des vaches, à temps pour un soleil qui ne va pas tarder à se coucher.

C’est l »heure de l’apéro sur la plage!

Merci à Le Havre Tourisme et Rendez-vous en France. Leur participation était essentielle mais mon opinion reste libre.