- Atlanta , USA -

March 2012

Hotlanta, Georgia: A Portrait in Black & White

C’est J-30 avant le départ pour la République de Géorgie! Vu le nombre de fois ou pas mal d’interlocuteurs ont cru que je m’envolais pour l’Etat américain de Géorgie, j’ai décidé de leur rendre hommage en évoquant mon dernier passage dans sa capitale: Atlanta.

L‘avantage de séjourner dans un hôtel près d’un l’aéroport quand, comme moi, on ne conduit pas, ce sont les navettes gratuites. A 13 heures, je prenais donc place dans le mini-van et direction: la station de métro de l’aéroport. Les inconfortables sièges en plastique me font sourire. On a vraiment tout fait pour convaincre les habitants de prendre les transports en commun.Dans les villes du Sud et l’Ouest des États-Unis, les transport en commun, c’est pour les pauvres, ceux qui ne peuvent pas se payer de bagnoles… et dans un pays où le permis de conduire est équivalent à la carte d’identité, ça en dit long sur le statut de ceux qui n’en en ont pas! La première fois que j’ai pris un métro aux États-Unis, c’était ici. Pendant 20 minute, j’avais observé une femme d’une quarantaine d’année dialoguer avec son reflet dans la vitre de la porte, s’interrompant à peine lorsque celle-ci s’ouvrait  pour laisser entrer d’autres passagers… Un dialogue auquel je ne comprends rien… Tout est dit très vite dans un argot afro-américain qui malgré mes nombreux passages en Géorgie, je n’ai pas encore complètement assimilé. Le tout dans une parfaite indifférence mais çà, je pense que c’est commun à tout les métros du monde! L’esprit mis en compote par le jetlag, j’avais observé avidement ce discours comme si j’étais Alice passée de l’autre côté du miroir. Désarçonnée par l’absurde mais prête à l’accepter.

J’ai comme une envie de burger! Direction, Midtown et le Varsity, un fast-food historique de la ville. Il est à peu près midi et c’est la folie au comptoir. Quand je reçois mon burger et frites,mon estomac n’a soudain plus faim: les frites font la gueule et le pain du sandwich est fripé comme une vieille pomme. La déception! On conspire donc à ce que je ne prenne pas trop de poids pendant ce voyage?

Je décide alors de battre le pavé pour évacuer la graisse. Il doit bien y avoir plus d’un kilomètre entre le resto et le centre d’Atlanta. Il fait un temps magnifique et malgré la toux qui me secoue comme une tuberculeuse, je profite du soleil et de la douceur de l’été indien. Évidemment, je suis une des rares piétonnes. A Atlanta, on ne marche pas. Du moins pas là où je me trouve. Je suis habituée à la réaction amusée des automobilistes. Je ne compte plus les fois où une voiture s’est arrêtée juste pour que le conducteur me demande ce que je faisais.  C’est une chose que j’ai toujours aimé chez les Américains: la capacité de se poser les questions qui nous sembleraient à nous, Européens, les plus débiles.   J’arrive à Five Points, le “centre-ville”. La première chose qui saute aux yeux, c’est qu’Atlanta est une ville noire. De miel à expresso, toutes les nuances de peaux sont représentées. Les blancs ont quitté le centre-ville il y a longtemps pour s’enterrer dans des banlieues tentaculaires, rendant la circulation à la limite de l’ingérable. Atlanta, la première ville américaine que j’avais jamais vu, c’était en ’98. Un vent froid du nord a chassé les derniers nuages… parfait pour une promenade de touriste.

Je n’ai pas de plan, je vais me balader au hasard et faire confiance à mon intuition. Arrivée sur l’esplanade d’Underground Atlanta, je découvre un signe d’une marque de soda bien connue encadrée par des bannières étoilées (elles sont omniprésentes et encore plus nombreuses depuis le 11 septembre). Click, je prends en photo. J’arrive devant un parc. Ma première réflexion est de me dire qu’il y a du monde cet après-midi en m’approchant, je réalise alors qu’il s’agit de sans-abris. Combien y-en t’il? Probablement une trentaine. Je remarque qu’il n’y a pas un seul blanc. Au milieu d’une des villes les plus riches du pays du plus puissant du monde, voila ceux qui ont loupé le coche. Car en Amérique, lorsqu’on est pauvre, c’est la misère qui vous attend et il suffit d’une pichenette de la Malchance pour vous faire basculer d’un monde a l’autre.

Le Westin Peachtree Plaza scintille sous le soleil… il fut un temps où il détenait le titre d’hôtel le plus haut du monde mais il est à présent limité au seul hémisphère ouest. A son sommet, on trouve un bar-restaurant tournant. J’y suis allée lors de mon premier séjour. Je sirotais alors un cocktail en regardant le paysage défiler comme dans une voiture… Je laisse Peachtree Street pour Broad street. On se croirait dans une autre ville! Maison basses, arbres ombrageant une rue remplie de petits restaurants… je continue et aperçois le logo de CNN au loin. Eh bien nous irons jusque là en faisait un crochet par le Centennial Olympic Park. Les fontaines jouettes du parc amusent une petite fille qui a bonne envie d’aller se faire mouiller mais sa mère la tient fermement par la main. Plus classique, d’autres personnes sont plongées dand leur lecture ou dans leur songe… Je m’arrête un moment pour profiter du soleil tout en essayant la fonction retardateur de mon appareil pour faire un auto-portrait. La promenade du Parc est parsemée de briques portant le nom de généreux donateurs. On y trouve noms, prénoms, villes… standard, quoi! D’autres sont plus fantaisistes. Certains clament leur amour pour leur équipe de foot américain (même pas un sport olympique) tel ce monsieur qui a un « Go Bucs » gravé à son nom, d’autres ont des petits messages pour leur famille ( « To my babydoll, Love, Daddy »), certains ont un message pour les visiteurs (« Thank you for coming! »)… et suivant ces petits messages, je sors du parc et me retrouve devant le bunker de CNN. L’atrium est à la gloire du patron (Ted Turner) et de la chaîne… des drapeaux pendent de tous les cotés, un globe géant est suspendu au plafond, centré sur les Amériques tandis que le drapeau de la patrie sert de toile de fond. Dans un coin, un Humvee ayant servi aux journalistes en Iraq, avec des télévisions incrustées est à une place d’honneur.

En sortant, j’ai un coup de barre… le décalage horaire me rattrape et mon corps croit encore qu’il est près de minuit. C’est l’heure de pointe mais même si le métro est bien rempli, rien à voir avec le rouleau compresseur humain du métro bruxellois. A Oakland City, un soldat en tenue de camouflage de désert monte, sac sur l’épaule. Je lis sur son uniforme que son nom est Delgado et son air est fermé. Mon cœur se serre. Où ira t-il? Se pose t-il des questions sur son armée? Sur son engagement? La navette me ramène ainsi que d’autres passagers, vers l’hôtel. Je regarde mes photos et alors que je pense déjà à les mettre en ligne, je réalise que, catastrophe, j’ai laisse mon câble USB à Bruxelles! Le chauffeur, un Indien a l’accent improbable, va me remonter le moral grâce a son goût musical très sûr. Entre « Maccarena » et la version anglaise d’ « Agadou », voila qu’arrive « La danse des canards » façon polka…

Je suis trop fatiguée pour faire autre chose qu’être secouée de rire.

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  1. LaurentDeBangkok
    le 21.11.2017

    J’avais déjà vu dans divers reportages, que les américains accros à leur voiture, pouvaient trouver suspect de voir quelqu’un marcher à pied sur une route ou un trottoir. Ton récit conforte cette image!

  2. Melissa
    le 21.11.2017

    Si tu savais combien de fois je me suis faite arrêter par les automobilistes là-bas! 😉 J’ai passé assez bien de temps à Atlanta, en banlieue en plus et je n’ai pas le permis! Le supermarché était à 800 mètres et j’allais jusque là à pied. Il n’y avait même pas de trottoir! Pour eux, c’est inconcevable. Ça a toujours été super amical, en tout cas. La plupart des automobilistes sont simplement curieux ou certains me proposaient de me reconduire avec mes courses. 😉

  3. Leslie
    le 21.11.2017

    Ahh lala, Atlanta. Je n’ai été qu’à l’aéroport pour une escale vers le Chili. Mais c’est tout un souvenir…comme dans les films américains! Énorme aéroport (et gens du même gabarit). C’est un petit spectacle de regarder les gens, assise pendant des heures, en attendant l’avion!

  4. Melissa
    le 21.11.2017

    Atlanta fut mon premier aéroport US… le choc, comme toi Leslie!!! Tout était gigantesque à mes yeux. Et ma tronche quand j’ai vu le train-navette entre les terminaux! Maintenant, je suis habituée;).

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