Ce texte est le premier d’une série éphémère : #UnJourDesTextes, née sur Twitter. Chaque jour, un thème, des consignes, suggestions et idées différentes. Pour occuper les journées et combler les envies d’écrire ! Y participe qui veut, au jour le jour, le temps que cela durera, aussi longtemps qu’il le faudra.

Je dois être en train de rêver. C’est ça, je rêve. Les couleurs du ciel et de la bruyère, la montagne qui s’élève devant moi, effrayante et attirante à la fois. L’air est si pur et son sommet si vierge de nuages que je peux même détailler des rochers sur son flanc. Ah, être un aigle et l’approcher de plus près ! Les couleurs sont tellement éclatantes, ce ne peut donc être qu’irréel.

Devant mes pieds, un sentier, étrangement large, étrangement lisse pour un sentier de montagne. Il fait une courbe et disparaît dans la brume matinale. Je n’ai qu’une envie : voir où il va me mener. Le suivre sans me poser de questions, comme on suit un ami. Lui laisser me prendre la main et me raconter des histoires. Les contes de fleurs d’automne, les dernières à quitter la fête ! Celle des insectes qui font leur testament, ceux dont la vie n’a duré qu’une saison, et les autres qui iront dormir en attendant le printemps. Ce sera aussi les babils des petites rivières, aux rires aussi cristallins que leurs eaux et les grondements des chutes d’eau qui portent avec elles la grandeur de la montagne.

Et il y a le vent ! Le vent qui apporte les nouvelles des sommets et des vallées cachées, et plus loin encore des terres lointaines qu’il a traversé.

Je pose un pied devant l’autre et dans l’air du matin, un cri qui ressemble à un miaulement raisonne. Je tourne la tête. Quelque chose ne va pas… Comme si cet étrange cri venait du ciel. Un autre… L’image se brise, comme un miroir qui éclaterait en milles petits morceaux. Le regard vert d’un de mes chats me fixe avec l’insistance du maître mécontent que sa servante ne soit pas encore levée.

C’était donc bien un rêve !

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