- St. Moritz , Suisse -

September 2016

Les Grisons avec un petit budget : St. Moritz

St. Moritz… un nom qui évoque pas mal de choses : son lac, ses palaces, le luxe, une station huppée où les “rich & famous” viennent prendre le bon air ou pratiquer les sports d’hiver.

Pour moi, St. Moritz sera la rencontre d’une nouvelle langue: le romanche. Entendue dès l’entrée le bus qui allait nous conduire à l’auberge de jeunesse, la quatrième langue officielle suisse sonne étrangement familière : un peu italienne, un peu allemande. C’est que dans la région d’Engadine, le romanche et le suisse allemand se côtoient, l’un à côté de l’autre. Même si dans les bus, c’est le “proxima fermeta” qui renseigne le voyageur sur l’arrêt suivant.

L’auberge de jeunesse de St. Moritz se trouve au terminus de la ligne 3, à l’orée d’une forêt et qu’en dire ? C’est que quand on rentre dans son lobby, on se sent plus dans un boutique hôtel qu’une auberge. Lignes minimalistes, tons beiges, cheminée design… elle a fière allure ! Quand aux chambres, elles sont quasi à tous points semblables à celle de Davos, même la literie est pareille ! Lit en bois, couette et oreiller à petites fleurs, plein d’espace mais malheureusement pas de balcon. Par contre, il y a une très chouette salle de jeu mais aussi, une partie du restaurant décoré en style chalet, que l’on peut louer pour y faire fondues et raclettes. Une jolie petite surprise !

Tout comme la région de Davos, celle de St. Moritz  Engadin offre une carte valable l’été et qui permet non seulement accès à tous les funiculaires, téléphériques et autre remontes-pentes du territoire couvert mais offre aussi le transport gratuit sur de multiples lignes de bus et de train (toujours sur le territoire couvert par la carte): St. Moritz Engadin Inclusive. Seule condition ? Séjourner à un des hôtels/auberges participants au moins deux nuits. L’auberge de jeunesse fait partie des établissements

Mais que faire dans une ville aussi huppée que St. Moritz quand on a un budget serré ?

Se promener dans les rues de St. Moritz

Pas étonnant que cette station soit si prisée. Premièrement, il y a le lac, tout au pied de la ville, d’un bleu étincelant. Avec les années, St. Moritz s’est étendu jusqu’à ses rives et St. Moritz-bad est presque un petit monde bien différent qui garde le souvenir de la belle époque, de ses palaces et de ses bains ! L’eau de source ferrugineuse qui y coule était  connue depuis bien plus longtemps que sa neige ! On peut d’ailleurs aller la déguster gratuitement au Heil Bad St. Moritz, pas très loin du très stylé Hotel Kempiski.

Dès la moitié du XIXème siècle, un hôtelier visionnaire Johannes Badrutt, réussit à convaincre des touristes anglais de revenir en hiver. Bientôt, il se mit à louer des skis pour divertir sa clientèle : les vacances d’hiver était nées et St. Moritz se targue d”être la plus ancienne station de sports d’hiver.

Mais l’été a ses charmes ! De St. Moritz Bad, on monte vers la ville même, qui est en tissu serré sur son petit promontoire. Dans cette partie de la Suisse, les murs sont faits de murs épais, aux fenêtres creusées profondément et les maisons sont souvent ornées de fresques végétales. Ca donne tout une allure à la ville. C’est là qu’on en prend plein les yeux : les boutiques de luxe sont partout, les belles voitures aussi. Avec nos chaussures de randonnées, on se sentirait presque inadaptés ! Mais tout ce petit monde se retrouvera sur pied d’égalité au Café Hauser pour déguster un “schoggi”, un café glacé à la sauce au chocolat, la spécialité maison (bonus si vous résistez à la chocolaterie-pâtisserie à côté du café).

Barbecue et nage au Lej Marsch

Le Lej Marsch est petit lac qui se trouve derrière l’Hôtel Kempiski, il faut traverser un complexe hôtelier pour y arriver mais tout de suite, on se retrouve dans un petit sentier en pleine nature. Autour de ce lac vert foncé, des sommets qui dépassent une forêt de sapins. C’est idyllique mais c’est aussi un super lieu pour faire des barbecues ! Il suffit de trouver un emplacement libre et de savoir allumer un feu ! Pour le reste, le bois pour alimenter le feu est prévu par les autorités des parcs et gratuitement ! Reste plus qu’à ramener des victuailles. Ce que notre petit groupe a fait : saucisses, brochettes et pommes de terre en chemise ont vite pris le chemin du barbecue. Pendant que la viande et les patates cuisaient, Rianne et moi n’avons pas hésité à faire trempette dans le lac. Un petit 17-18 degrés ne fait pas peur à des filles de la Mer du Nord ! Une fois les mollets plongés dans l’eau froide, je me jette à l’eau en poussant un grand cri ! Même si c’est supportable c’est quand même surprenant! Étrangement, on peut sentir que les 3-5 centimètres de surface sont chauds tandis que le reste du corps qui dépasse cette profondeur se retrouve plongé dans de l’eau glacée. Moi qui était un peu fatiguée, me voilà bien réveillé! Après quelques brasses, je me retourne pour faire la planche… étalée dans l’eau comme un étoile de mer, avec les yeux fichés sur le ciel et le petit vent tiède qui me caresse le visage, je me dis que je pourrais presque m’endormir là, comme çà. Nager dans un lac est si… différent. L’eau douce, la quasi absence de mouvements, de l’eau comme dans une piscine. Pendant quelques minutes, je suis même seule dans le lac, à tourner un peu la tête pour regarder les sapins qui se reflètent dans l’eau. Mais finalement, le froid   me gagne. Je me lance un crawl pour rejoindre le ponton et m’enveloppe le plus vite possible dans une serviette. A table, les bouteilles de bières et les verres de vin sont déjà de sortie et le resteront jusqu’à la nuit tombée… mais  attention aux moustiques !

Randonnées en montagne, l’Alta Via de Muottas Muragi à Pontresina

L’Alta Via est une randonnée panoramique, en terrain relativement plat, sur les hauteurs de l’Engadine. Pour arriver au point de départ, il suffit de prendre le funiculaire à la station Punt Muragi et c’est parti pour l’ascension ! Les moins sportifs pourront s’arrêter là et profiter du restaurant et de la plateforme d’observation de Muottas Muragi mais pour notre petit groupe, la montagne et le panorama sur le massif de la Bernina nous appellent ! Avec un temps plus tourmenté et des montagnes un peu plus hautes, le paysage est plus sévère : moins d’herbes et de fleurs, plus de rochers, pas d’arbres. Le paysage est minéral et la vue, plongeante sur la vallée et pas moins de 4 lacs. Si la randonnée est à portée de tous, certains passages sont quelques fois proches du vide et les personnes plus sujettes au vertige risquent un ou deux passages difficiles mais sinon, le plaisir de se promener librement dans une montagne brute de décoffrage est là. Le sentier panoramique st un peu en fer à cheval avant de contourner la montagne et de passer de l’autre côté. A ce moment là, on n’aperçoit plus que les sommets couverts de neige. C’est grandiose et sévère à la fois. Dans le dernier tiers de la randonnée, on descend tout doucement, on retrouve les sapins (bienvenus pour moi qui avais une folle envie de faire pipi, prenez des mesures préventives avant la rando) et enfin, après quelques heures de marche, après une côte qui vient vous couper le souffle à la dernière minute, nous voilà au restaurant Alp Languard, un restaurant d’altitude pile au moment où la météo se fait menaçante.

Je me sens comme une petite fille : je vais manger un rösti dans un vrai chalet de montagne suisse ! Il ne manquerait plus qu’un plateau de viande des grisons pour que je sois au paradis ! Pas de chance: ce sera une saucisse et une bouteille de “Piz Palü”. Si le nom vous dit quelque chose : BINGO! Il est évoqué dans “Inglorious Basterds!” (double point si celà vous évoque le film mentionné dans le film: “L’enfer blanc du Piz Palü”. S’il n’y avait pas autant de nuages, nous pourrions le voir!

Nous avons échappé au pire: tout d’un coup, le vent s’est mis à souffler, la température chute brutalement et l’orage s’abat sur le restaurant. Les conditions sont tellement mauvaises que le service de remonte-pentes est interrompu. Bien au chaud dans notre cocon de bois, nous attendons que ça passe. Finalement, alors même que nous terminons le café, le ciel commence à se dégager, le ballet des remonte-pente reprend et il est l’heure de rentrer sur Pontresina. Ultime aventure pour moi. La descente est longue, le paysage grandiose et on se sent bien petite sur notre chaise en fer, pendue comme une araignée au bout de son fil !

Bonus : Stand-up Paddle et activités nautiques au Lac de Silvaplana

Dernière matinée dans mes Grisons, ce ne veut pas dire que nous allons simplement attendre l’heure de prendre lle train, non, non… levés tôt (misère, un samedi), nous prenons le bus pour le joli village de Silvaplana, a à peu près vingt minutes de St. Moritz, toujours gratuitement avec la carte Engadin Inclusive.

Si hier, j’avais réalisé une première en mangeant dans un restaurant de montagne, c’est une autre activité inédite qui m’attends. Nous arrivons à pied au lac de Silvaplana. L’air est frais, le soleil brille et le lac miroite des paillettes. Tout est paisible et tranquille : parfait pour une séance de paddle-boarding !

C’est au Swiss Kitesurf, une école de… kitesurf et de stand-up paddle que nous sommes attendus de pieds fermes. Pas de temps à perdre : nous devons enfiler les combinaisons thermiques avant de prendre notre petite leçon de paddle. Je n’en mène pas large! Non pas que j’ai peur, je sais très bien nager, mais j’ai tellement peu le sens de l’équilibre que je me vois très mal tenir sur les planches qu’on nous présente. “C’est simple, nous dit l’instructeur, vous entrez dans l’eau, vous mettez sur les genoux sur la planche vous vous laissez porter puis vous vous redressez tout doucement en maintenant bien vos pieds parallèles et écartés et hop, vous pagayer !”

Je ne peux qu’imaginer la tête que je faisais pendant ces instructions… sans doute dubitative. Enfin, il n’y avait pas à tergiverser : c’était à mon tout d’entrer dans l’eau! Je grimace avec la froideur de l’eau. Avec le visage et les mains, c’est la seule partie de mon corps qui ne sont pas isolée. Je me laisse flotter un petit moment avant de tenter de me redresser. Pas facile quand on droit tenir également une pagaie ! Une jambe, puis l’autre ! Me voilà accroupie et tout doucement, je me redresse. La planche bouge à peine, je me sens en confiance. Finalement : ça y est ! Je suis debout, solidement installée et je commence à pagayer. C’est un drôle de sentiment ! J’ai l’impression d’être deux fois plus grande que je ne le suis. Le lac est calme, beau, entouré de pics enneigés et de sapins près de ses rives. Dans la lumière du matin, on dirait un paysage issu d’un rêve. De plus en plus assurée, je parcours le lac, m’éloigne un peu des autres pour me sentir un peu plus aventurière, ne fut-ce que quelques minutes.

Et je suis en paix.

Au prochain épisode suisse, je vous donnerai mon verdict sur la mission initiale : est-il vraiment possible de voyager dans les Grisons avec un petit budget ? 

Cet article est écrit en collaboration avec l’Office du tourisme du Canton des Grisons, l’Office du tourisme de St Moritz Engadin et l’Office du tourisme de Suisse mais l’auteure ne se garde pas d’exprimer ses opinions, même après quelques Monsteiner huusbiers.
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