- Buenos Aires , Argentine -

March 2015

Ma musique du départ #27 : Nada Personal

Le soleil a démarré sa course accélérée vers l’horizon… Le taxi file sur la route circulaire de Rapa Nui. Nous sommes quatre avec le chauffeur à regarder le si vert paysage de l’Île de Pâques prendre une patine légèrement dorée au fur et à mesure des minutes qui passent. Et dans l’auto-radio, un son issu des années 80… des accords et mélodies qui n’auraient pas dépareillé dans une compilation de la plus pure New Wave made in Britain… mais pourtant, les paroles sont en espagnol.  Et nous sommes littéralement transportés dans cette voiture… sous le charme puissant de l’adéquation parfaite entre une musique, un paysage et une ambiance. Et j’ai envie que cette course, ni cette chanson ne finissent jamais.

Entre deux morceaux, je brise le silence, j’ai envie de savoir quel est ce groupe! Ce son, ça me touche. C’est celui de mon passage à l’adolescence, celui de mes premières années de secondaires, de mon éducation musicale. David, qui est Chilien, me regarde avec des grands yeux. Quoi ? Je ne les connais pas ? Rien de moins que le groupe le plus célèbre d’Argentine, un monument de la culture rock hispanophone : Soda Stereo. Un des premiers groupes à populariser le rock, dans la langue de Cervantes.

Groupe né au début des années 80, avec la démocratie retrouvée en Argentine, influencé par des artistes anglo-saxons, Soda Stereo était complètement dans l’air du temps, avec son look étudié et un son léché et ample, si différent de ce qu’on entendait à l’époque en Amérique latine.  Cassant les frontières, avec une popularité si énorme que les scènes d’hystérie à leurs concerts était courantes, c’est à présent un groupe culte. Des mélodies épiques, des paroles quelques fois mystérieuses ou souvent commentaires de la société contemporaine, je me plongée plus tard dans leur discographie mais ce morceau, Nada Personal, est celui qui ressort immédiatement du lot. Critique d’une société en voie de déshumanisation, son refrain presque joyeux, je l’ai fredonné dans ce taxi, entouré par ceux qui étaient encore des inconnus trois jours avant.

Et en sortant de la voiture, d’un seul accord, trois bouches forment ces mots: “Merci pour la musique”!

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Ma musique du départ #26 : Hiva kara rere