- Longyearbyen , Svalbard -

March 2016

#MelDoesSvalbard: Premières impressions de l’Arctique

" Le Sval-quoi?

- Le Svalbard. Pas loin du Pôle Nord, un archipel au large de la Norvège.

- Tu rigoles ? "

Sauf que non, je ne rigolais pas. Ca faisait des années que je rêvais de découvrir le Grand Nord en hiver, 3 ans qu'un guide trônait dans ma bibliothèque, acheté en même temps que celui des Îles Féroé.  Et comme pour toutes mes grandes aventures, je me suis levée un matin en me disant qu'il était temps. Que l'heure n'était plus à la douce rêverie mais à la concrétisation. En une soirée, tout était réglé : j'avais mes billets et mon auberge et un petit matin de mars, je prix le Thalys pour Amsterdam, première étape du long voyage qui allait me conduire jusqu'au Svalbard : un voyage de deux jours pour arriver jusqu'à destination.

Le Svalbard, c'est quoi ?
Le Svalbard est un archipel de la Norvège situé à la limite de l'océan Arctique et de l'océan Atlantique, entre le Groenland à l'ouest, l'archipel François-Joseph à l'est et l'Europe continentale au sud. (source Wikipedia). Ce territoire autonome est une espèce de "Far North". Neutre, toutes les nations ont une possibilité d'en exploiter les richesses. Ce que firent les soviétiques pendant longtemps. Des deux villes minières qui furent construites, Pyramiden et Barentsburg, seule reste Barentsburg, pour des raisons géo-politiques bien évidente. A côté de cela, de nombreux pays y possèdent des stations de recherche scientifique, comme la Pologne ou la Chine à Ny-Alesund. La seule île habitée (avec l’exception de Bjørnøya, bien plus au sud mais rattachée au Svalbard) est Spitzberg, dont le nom est plus connu que Svalbard. La ville principale est Longyearbyen où sont concentrées quasi toutes les facilités (aéroport, banque, hôtels...)

Finalement, ce n'est pas plus mal ! Moi qui n'ai pas vu la neige depuis le début de l'hiver, me voilà dans un hôtel près de l'aéroport d'Oslo, en train de me promener dans un décor couvert de neige... Une vraie image d’Épinal de la Norvège : petite maisons de bois colorées, bouleaux dénudés par l'hiver et tapis blanc. Enfin l'hiver, le vrai. Mais ceci n'est qu'un avant goût de ce qui m'attend bien plus loin au nord.

Le lendemain matin, j'embarque pour Longyearbyen. Un vol avec escale à Tromsø, la "Porte de l'Arctique" avec un atterrissage qui va me révéler des paysages grandioses de montagnes et de fjords, j'aurai presqu'envie de rester là et de ne pas aller plus loin tant le spectacle est superbe.

Petite particularité, même si nous reprenons le même avion, tous les passagers sont priés de sortit de l'avion et de se rendre à une autre porte pour vérification d'identité et rembarquement. Une procédure particulière du au statut spécial du Svalbard (non soumis aux règles d'immigration norvégienne).

 

Première vision du #Svalbard. Vous dire que je suis impressionnée est un faible mot. #MelDoesSvalbard

Une photo publiée par Melissa M. (@mellovestravels) le

Une bonne heure et demie de vol plus tard, l'avion commence à plonger en dessous des nuages et j'aperçois enfin pour la première fois l'archipel et ce que j'aperçois me fais ouvrir la bouche à en décrocher les mâchoires : des pics acérés, complètement recouverts de neige. Peut-être n'ont-ils même jamais été escaladés par l'homme, certains endroits du Svalbard étant encore inaccessibles.  Une beauté pure, brute... je ne sais pas encore jusqu'à quelle point ! Au fur et à mesure que l'on se rapproche de l'aéroport, on commence à apercevoir quelques signes de civilisation : des routes, comme de fines lignes tracées au crayon sur une page complètement vierge. Nous y voilà ! Nous débarquons sur le tarmac, ma première bouffée d'air. C'est toujours émouvant, humer l'atmosphère d'un lieu pour la première fois. Ca me donne envie d'embrasser la terre, à la Jean-Paul II. Cette bouffée, je l'aurai imaginée me coupant le souffle de froid mais non : c'est un petit air frais. Tout l'hiver, il aura fait trop chaud. Une douceur inhabituelle qui n'aura pas spécialement plu aux locaux en fait. Pendant des semaines j'ai scruté la météo et à part les quelques -15°C, la température est restée entre +2 et -10. Beaucoup trop chaud pour la saison. C'est pourtant bien un ours polaire empaillé qui trône au dessus du carousel des bagages. C'est certainement eux qui souffriront le plus de cet hiver trop clément.  J'espère avoir la chance d'en voir, mais c'est peu probable. Deux bus emmènent tous les passagers vers leurs différentes auberges et hôtels La mienne se situe dans le secteur de Ny-Byen le  "nouveau village", qui consiste en une poignée de maison le long de la route, la plupart étant d'anciens baraquements de mineurs.

C'est à la Gjesthuset 102 que j'élis domicile pour les 5 prochains jours. Je fais mon check-in, et m'installe dans ma chambre. Grande jusque ce qu'il faut, claire... rien à redire. Sauf que le temps que j'aille explorer les partie communes (une grande cuisine et un lounge chaleureux), quand je reviens, je vois les affaires d'une autre personne installée dans ma chambre. Qu'est-ce qui se passe ?  Et là, catastrophe ! Il semble que ma réservation ait été annulée par le site de réservation et je n'ai rien vu passer dans mes e-mails. L'auberge est pleine, ainsi que les autres hôtels et auberges de la ville. Panique à bords pendant quelques minutes, j me vois squatter un divan ou pire, livrée à moi même. Finalement, une solution se dessine : l'appartement attenant à l'auberge est libre ce soir. Une chambre se libérera pour le reste du séjour dès le lendemain. Je pousse un soupir de soulagement. L'unique chambre qui restait en ville coûtait 1000 Euros!

Remise de mes émotions, je vais donc m'établir dans mon appartement. Chaleureux avec tout son bois, ultra-chauffé et équipé, confortable... je regrette presque de devoir le quitter demain ! Mais pas le temps de trop réfléchir. Je décide m'équiper pour me rendre en ville et là, c'est ici que je vais prendre connaissance avec un rituel que je vais aimer détester : me préparer pour aller dehors. Car il ne s'agit pas, du moins en hiver et au printemps, de s'emparer de son manteau pour sortir. Non, non, non... on met les couches : 3 pour le haut du corps, 3 pour le bas du corps, dont un pantalon de ski waterproof, deux bonnes paires de chaussettes, une thermale et une extra-chaude, une cagoule, une grosse doudoune, sans oublier les bottes étanches. Et voilà... près de 10 minutes après, on est prêts à sortir.

Euh... maman ? Au secours ? #petitedevantlimmensite #MelDoesSvalbard #teamgivrés

Une photo publiée par Melissa M. (@mellovestravels) le

Le soleil est en train de se coucher. En cette saison, à l'approche de l'équinoxe, le jour est une longue suite ininterrompue d'aube et de crépuscule qui durent. La nuit polaire n'est déjà plus qu'un souvenir et il commence à faire noir vers 18 heures mais ça dure longtemps, très longtemps... et si à minuit, vous regardez l'horizon et que le ciel est dégagé, vous verrez une petite lueur bleuâtre. Je suis déboussolée.

Enfin, je fais mes premiers pas "d'exploratrice" au Svalbard. J'ai l'impression d'être dans un étrange film à la fois beau et un peu angoissant. Avec la nuit qui tombe, le paysage blanc et devient bleu, le vent souffle, souffle, et souffle encore et sur les flancs des montagnes qui entoure la vallée où s'est établie Longyearbyen, des tas d'espèce de pylônes qui font un bruit étrange. Une espèce de souffle fantomatique, plaintif... Non, ce n'est pas le monde du silence. Désormais, ce bruit sera celui du Svalbard pour moi. Pendant que je marche et que j'admire le paysage!, je ne réalise pas que j'ai oublié portefeuille et carte de banque. Cata ! Ca me servira de leçon : ne JAMAIS oublier quoi que ce soit lorsqu'on part ne faire ne fut-ce que des courses, sinon c'est un calvaire. Une grosse heure plus tard, me voilà arrivée en ville.

Longyearbyen n'a plus rien à voir une ville de pionniers. Sur le chemin, j'y ai croisé une école, un jardin d'enfants, un poste de pompier, une galerie d'art, une maison de la culture, un petit centre commercial, plein de bars et de restaurants... mais j'y reviendrai dans un futur article. Mais pour le moment, arrivée  bout de la rue piétonne, face à un réverbère solitaire et à un paysage vide, je me sens bizarre. Très, très seule et très, très petite. "On ne devrait pas être ici, l'homme ne devrait pas être ici!" me dis-je. Et pourtant, on y est. Et pour y rester un moment.  Lorsque j'arrive au pub, le vent a commencé à souffler, très fort, avec des rafales de neige. L'intérieur est doux, chaud, réconfortant comme la bière qui coule à flot ici, bien moins chère que sur le continent (pas de taxes ici) et je tape un peu le carton avec le barman. "Tu serais venue une heure plus tôt, il y avait un concert". Non, le grand nord n'est pas dénué de culture! Lorsque je ressort, le ciel est bleu foncé et la neige me baffe furieusement le visage. Ce vent, il va falloir m'y habituer! Pas question de rentrer à pied! Justement, un taxi attend sur le côté du centre commercial. C'est une dame thaïlandaise au volant. "Beaucoup de neige aujourd'hui, vous avez bien fait de revenir en taxi. Et avec le vent. Vous êtes si petite, vous allez vous envoler. Votre doudoune va fair parachute!". 

Je ris de bon cœur mais cache à peine un fond d'inquiétude. Demain, ce sera ma première randonnée. Une première randonnée en arctique. 





  1. Jérôme
    le 18.12.2017

    Trop bien ! Moi, j’y vais fin mai… il y aura moins de neige ! 🙂

  2. Melissa
    le 18.12.2017

    Aaaah… moins, en effet… mais il en restera. Normalement. Sinon, le Svalbard aura un gros problème. Cet hiver aura été extrêmement bizarre pour eux.

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