- Bangkok , Thaïlande -

November 2015

#MelDoesThailand, saison 5, épisode 1 – Back to Bangkok

Le destin voue parfois de ces drôles de tour! Comme un courant qui vous ramène sur une rive que vous auriez aimé quitter. Quand j’ai quitté la Thaïlande l’année dernière, j’avais pensé que ce serait la dernière fois avant un long moment. Non pas que je me lasse de ce magnifique pays mais le monde est vaste et il y a encore tant à découvrir. Mais voilà, il semble que j’ai un petit esprit qui m’y fait revenir, que je le veuille ou non. Au mois de mai, lors d’une soirée organisée par l’Office du Tourisme de Thaïlande, j’ai gagné des nuits d’hôtel en Thaïlande. Impossible de ne pas en profiter ! Et me voilà, un bel après-midi d’octobre, en route pour Bangkok via Dubai… Prête à apronfondir mes connaissances sur le pays du sourire.

Arrivée à Bangkok, c’est une vieille connaissance que je retrouve : le Chatrium Riverside. Un énorme complexe au bord du fleuve. Un vrai petit monde en lui avec ses bars, ses restaurants, son Starbuck et son 7-Eleven installés dans l’allée de l’entrée. Il a même son propre embarcadère. En 5-10 minutes de longboat, les clients sont déposés au quai de Sathorn, un nœud pour la circulation des longboats le long du fleuve et tout à côté de la station de BTS Saphan Taksin. On peut difficilement mieux. Depuis mon balcon, la vue sur le Chao Phrayah est splendide. Au soleil couchant, le fleuve chatoie de reflets mordorés, c’est superbe. Je me sens un peu la reine du monde.

Et Bangkok… Bangkok à mes pieds. La ville qui ne dort jamais, en quelque sorte. Bangkok que j’apprécie de plus en plus au fil de mes visites et que je vais apprendre à connaître encore mieux… C’est parti pour une promenade !

Passage à Chinatown

Elle commence à Saphan Taksin, l’entrée du quartier central de Silom. Il faut remonter le long de l’animée Chaoreng Krung Road, la grande artère qui mène à Chinatown. Ses trottoirs sont animés : magasins, vendeurs de street-food ou de boissons jouxtent des bureaux. C’est presque l’heure du déjeuner quand j’y passe et une foule de gens est venue y chercher son lunch. Je pense que c’est une des choses que je préfère à Bangkok : le spectacle de la rue est quasi permanent, où que l’on aille. Toute une humanité se croise, se nourrit, se sourit…

Et j’y serai encore plus près lorsque j’arrive à Chinatown et surtout, à Sampeng Lane. Sampeng Lane, c’est un des plus grands marchés de gros de la ville et on trouve pas mal de chose : du tissu, des stylos, des ustensiles de cuisines, des amulettes, des chaussures… tout ce qui ne se mange pas. Cette minuscule allée est couverte et dans un espace extrêmement étroit, vous croiserez des centaines d’acheteurs potentiels… mais aussi des livreurs passant en vespa ou tirant des chariots dans un espace ridicule! Lecteur, Lecteur, si tu es du genre claustrophobe ou si tu angoisses dans la foule, passe vite ton chemin! J’ai du mal à imaginer comment font tous ces livreurs sans blesser quelqu’un! Heureusement pour moi, nous ne sommes pas le week-end, jours où l’allée est quasi impraticable mais là, je passe un moment comme je les aime. Un moment où je me perds complètement. Happée par les sons, les odeurs, une lumières, tous les sens ouverts. L’explosion de couleurs de la marchandises, les sons d’une langue étrangère dont on n’entend goutte, l’odeur de pots d’échappement, de plastique et de l’huile de friture qui sort des quelques stands de street-food… Oui, c’est un tourbillon où on se noie avec délice.

Après celà, nos pas vous nous guider vers le complexe où sont rassemblé le Grand Palais, Wat Pho, le Musée mais aussi, un temple un peu connu, le Sanctuaire du Pilier de la Cité de Bangkok.

Là où Bangkok est née

Le pilier de la Cité de Bangkok
Bangkok n’a pas toujours été la capitale du Royaume du Siam. Ayutayah et Thonburi l’ont précédée. Au milieu du XVIIIème siècle, le Roi Rama Ier décide de fonder une nouvelle capitale. Pour marquer le coup et assurer un avenir favorable, il érigera un pilier en bois d’acacia (en thaï, le nom de l’acacia signifie “l’arbre de la victoire”) contenant l’horoscope de Bangkok, destiné à bénir cette ville nouvelle et à abriter les esprits de la vills pour qu’ils veillent sur la cité. Le sanctuaire sera d’ailleurs le tout premier bâtiment érigé sur le site de Bangkok.

Peu de touristes dans ce joli Sanctuaire du Pilier de la Cité, l’ambiance y est calme et sereine. Je pénètre dans le temple où se trouvent les deux piliers de la ville (un deuxième pilier, plus petit, a été construit plus tard) , tous couverts d’or. Je les verrais à peine (ce sera surtout le premier, le plus grand) car des restaurateurs sont occupés à leur refaire une beauté. Le sanctuaire est également connu pour exaucer des vœux. De mon côté, c’est plutôt la clé de l’avenir que je vais demander au Seigneur Bouddha dans un autre coin du sanctuaire. Je me concentre, porte le tube qui contient les petits morceaux de bois avec les numéros qui dévoilent à ceux qui veulent spoiler leur vie le chemin à suivre, me concentre, puis secoue le tube jusqu’à ce qu’une baguette ne sorte. Numéro 15 ? Je me dirige vers le casier où se trouve les petites feuilles de prédictions à emporter… c’est en thaï et en chinois. Mon avenir restera donc indéchiffrable !

Les barges du roi

Je réfléchis là-dessus en marchant sur le pont qui me mène sur l’autre rive du fleuve, une large avenue, toute tracée, bien droite, avant de prendre de petits chemins de traverse pour trouver l’entrée du Musée des barges royales. C’est plutôt comique comme allégorie… Et quand on dit que l’essentiel dans le voyage, ce n’est pas le but, mais le chemin qu’on prend, c’est plus que vrai dans le cas du musée. C’est comme un petit monde caché qui vit derrière le musée, au bord d’un khlong. Difficile de penser qu’une énorme ville grouillante est là, à quelques mètres, alors que je marche le long d’un petit sentier de béton. Des enfants courent et rient, des chiens se baladent le plus tranquillement du monde, le linge sèche et les adultes bavardent sur le pas de leur porte. C’est presque méditerranéen. S’il n’y avait pas les signes pour indiquer le chemin du musée, on pourrait facilement se perdre. Et je me laisserai bien faire… si je n’avais pas envie de voir ces fameuses merveilles que sont les barges. Et m’y voilà enfin! En fait de musées, c’est une espèce de grand bassin couvert où sont amarrées différents types de barges.  Je m’acquitte de mes 100 bahts d’entrée ainsi que des autres 100 bahts pour le privilège de prendre des photos (il n’y a pas de petits profits).

Imaginez une procession de 200 barges sur le grand fleuve, brillant de tout leur or sous le soleil, toutes plus splendides les unes que les autres. Comment ne pas être impressionné ? C’est sans doute ce qu’à pensé la délégation diplomatique de Louis XIV lorsqu’ils virent cette fantastique procession, destinée à les honorer, mais aussi à montrer la puissance de Narai, roi du Siam. A la fois bateaux d’apparat et vaisseaux de guerre, les barges ont eu une fonction-clé dans l’histoire thaïlandaise. Dans un pays truffé de rivières et de canaux, comment celà peut-il être autrement ? Il y a une hiérarchie dans les barges royales  six types définis selon leurs fonctions et les endroits où elles doivent emmener le monarque : depuis la grande procession jusqu’aux visites dans des canaux ou en milieu rural. Le musée en compte 8.

A présent, les barges ne sortent que très rarement (une petite vingtaine de fois en 65 ans) mais quand elles le font, elles sont accompagnées de plus de 42 autres. Sculptées dans du tek, elles sont toutes dorées à l’or fin et recouvertes de petite mosaïques de verre dans des couleurs chatoyantes. Comme figure de proue, on y trouve des personnages issus du Ramakien, la grande saga nationale thaïlandaise (qui est en fait une version thaï du Ramayana indien). On y trouve  Naga, le serpent à sept têtes, Hanuman, roi des singes mais la plus belle figure de proue, c’est celle de Hong, le cygne sacré qui orne la plus longue barge,  Suphannahongse.

Pour en savoir plus sur le musée des barges, je vous renvoie au site de Laurent, Expatriation en Thaïlande.

Massage à Wat Pho

Ça fait des heures que je marche, et j’ai envie de me faire du bien. Qui dit “bien-être” en Thaïlande dit “massage”. Et quel meilleur endroit que Wat Pho, le lieu où on a retrouvé les plus anciens traités de massage thaïlandais ? Pour y arriver depuis le musée des barges,il faut sortir du complexe et trouver l’embarcadère. Au musée, on essaiera de vous faire croire qu’il n’existe pas de bateaux publics faisant la liaison vers Wat Pho, ce qui est faux, dans le but d’utiliser une navette directement depuis le musée. A moins que vous ne soyez pressé, ça n’en vaut pas la peine. J’embarque donc pour traverser le fleuve. Si tu ne l’as pas encore fait, Lectrice, Lecteur, prend le temps de visiter le Grand Bouddha couché, une merveille d’Asie ainsi que le reste du complexe de Wat Pho qui est à faire absolument. De mon compté, c’est la troisième fois que je viens ici et comme l’heure tourne,  je me précipite à la recherche de l’école de massage. Au dessus de ma tête, le ciel a des couleurs de plomb et d’argent mais quelque part, le soleil a réussi à se frayer un chemin et illumine les temples de rayons couleur or. Et tout ce qui peut briller sur les temples de Wat Pho explose de lumière. Je m’arrête dans ma course, oubliant un moment ce pourquoi je suis là. Tant pis pour les horaires !

Le moment de grâce terminé, je trouve enfin la porte de l’école et me présente au comptoir. 250 Bahts pour une demi-heure. Un peu excessif diront certains mais pour le privilège d’être massé dans l’école historique du massage thaïlandais, c’est peu cher payé. Vous ne trouverez pas d’espace privatif à l’école. C’est plutôt un grand hall, ouvert et très calme, plongé dans la pénombre ou en entend un bruit de fonds composé des murmures des clients et du “bzzzz” des ventilateurs. Il y a du monde qui vient se faire masser, des Thaïlandais comme des farengs. Il y a même des masseurs… qui se font masser (je me suis souvent demandé comment ils faisaient pour tenir, voilà une partie de la réponse). Je ne dois pas attendre trop longtemps. En dix minutes, je suis prise en charge et allongée sur un lit de massage. Je n’ai plus qu’à me laisser délicieusement aller pendant qu’on me malmène le corps (chez moi, c’est synonymes de relaxation). Pendant que la masseuse s’attaque à mes cuisses, mon esprit s’envole, les images de la journée se bousculent dans ma tête et se mélangent aux envies pour le lendemain. Vous le connaissez tous, ce sentiment d’euphorie lorsque l’on est au début d’un voyage et que tout est absolument possible ?

Après la réglementaire torsion du dos, je salue ma masseuse… “Sawadee khaaa”… Je suis légère comme une bulle de savon, et pleine de gratitude pour le monde qui m’entoure (le massage, comme le yoga, agit sur moi comme une espèce d’euphorisant, une vraie drogue). Je reprends le chemin de l’embarcadère avec un sourire béat aux lèvres. C’est l’heure de pointe et les longboats sont chargés… Je me fonds dans la foule, et ne fais que regarder de tous les yeux. Encore une fois, perdue dans un monde de sensations. Rien que pour çà, Bangkok, je t’aime de plus en plus.

Tour du monde : un an après
Ma musique du départ #32 : Hayolimdasan




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