- Bethléem , Palestine -

July 2017

Visiter la Palestine : Jéricho et Bethléem

Après une semaine passée à travailler, la cérémonie de clôture sonne comme une délivrance ! Enfin, nous allons découvrir les paysages de la Palestine ! Des paysages et des villes qui nous plonge en pleine saga biblique… car l’une des raisons de venir en Palestine, c’est de se retrouver dans les pas des grandes figures de la Bible. Un périple fort en émotion pour les croyants !

C’est donc de bon matin que nous embarquons dans un bus pour notre 1ère étape : la ville de Jéricho.

Jéricho, l’ancienne

“L’Eternel dit à Josué: «Regarde, je livre entre tes mains Jéricho et son roi, ainsi que ses vaillants soldats.  Faites le tour de la ville, vous tous les hommes de guerre. Faites une fois le tour de la ville. Tu agiras ainsi pendant six jours.  Sept prêtres porteront sept trompettes retentissantes devant l’arche. Le septième jour, vous ferez sept fois le tour de la ville et les prêtres sonneront de la trompette.”Josué 5.13-6.27

Quand Moïse guidât son peuple loin d’Egypte et de l’esclavage auquel il était soumis, il savait qu’il ne verrait de la terre promise que les murs qui entouraient Jéricho. Après 40 ans de périple dans le désert, il ne lui serait pas permis de mettre le pied dans la Terre promise. C’est Josué, son général, qui fera tomber les murs de la ville après y avoir fait parader l’Arche d’alliance (oui, celle d’Indiana Jones) sept fois autour de son enceinte, les murs s’écroulant tous seuls au son de le trompette.

Jéricho est donc une ville ancienne, très ancienne, voire la plus ancienne du monde (ce sont les Palestiniens qui le disent, mais difficile d’être sûrs à 100%). Ce qui est certain, c’est que la ville est localisée à 258 mètres en dessous du niveau de la mer, dans une oasis et une verte vallée  entoure la ville.On y cultive de tout, même des bananes ! Pas étonnant, vu l’altitude du lieu, Jéricho est un des endroits les plus chauds de Palestine, si vous visitez en été, prévoyez donc de le faire tôt.

Des murs de Jéricho par contre, il ne reste rien… quelques ruines antiques subsistent à Tell es-Sultan où des fouilles archéologiques sont encore en cours. Un site que nous survolerons depuis la cabine de téléphérique qui nous emmène vers le sommet du Mont de le tentation.

Le diable le transporta encore sur une montagne très élevée, lui montra tous les royaumes du monde et leur gloire et lui dit: «Je te donnerai tout cela, si tu te prosternes pour m’adorer.» Jésus lui dit alors: «Retire-toi, Satan! En effet, il est écrit: C’est le Seigneur, ton Dieu, que tu adoreras et c’est lui seul que tu serviras.» Alors le diable le laissa. Et voici que des anges s’approchèrent de Jésus et le servirent.Matthieu 4.1-11

Le Mont de la Tentation serait e lieu où le Diable serait venu pour piéger Jésus lors sa retraite dans le désert. Cette grande muraille naturelle de pierre jaune offre un magnifique panorama sur Jéricho et sa vallée mais le clou du spectacle est au sommet d’un long escalier : taillé dans la roche, c’est le Monastère du Mont de la Tentation.

Quand on y accède, c’est quasi un petit village que l’on découvre avec une “rue” et des maisons de part et d’autre. Avec la couleur jaune dorée et ocre de la pierre qui contraste avec un ciel bleu pâle, l’ambiance lumineuse y est d’une grande beauté. Enfin, tout en haut, le lieu de culte : la chapelle construite sur la grotte où Jésus aurait médité et prié pendant sa retraite. Construit au VIème siècle par les Byzantins, le monastère est sous la garde de l’Eglise orthodoxe grecque et 3 moines le surveillent encore. Des moines plus que bourrus alors, Mesdames, même s’il fait chaud, pensez à vous couvrir pour entrer dans la chapelle sous peine de vous faire copieusement engueuler par l’un des moines qui est ici depuis 25 ans sans jamais avoir quitté le monastère (c’est ce qui a été traduit entre deux accès de colère vis-à-vis d’une dame en léger décolleté).

La chapelle, en elle même, est très belle, avec de précieux tableaux et fresques colorées, typiques de l’art sacré orthodoxe. Pour voir la pierre où Jésus aurait médité, on monte en petit groupe, mais tout est minuté pour faire au plus vite et ne pas déranger la quiétude du monastère. Sur la toute petite terrasse à l’étage de la Chapelle, la vue est imprenable sur un paysage écrasé de soleil.

Le Palais d’Hisham, l’Islam des premiers jours

Néanmoins, l’attrait de Jéricho n’est pas seulement religieux. A 3 kilomètres de la ville, se trouve un site archéologique vraiment intéressant : le Palais d’Hisham. Une aura de mystère entoure les ruines de ce palais car aucun texte ne le mentionne. Ce que l’on sait, c’est qu’il a été construit au début du VIIIème siècle, sous la dynastie des Omeyyades et qu’on y a trouvé une pierre gravée au nom d’Hisham. Ce pourrait donc être le calife Hishām ibn Abd-al-Malik qui régnait à l’époque où la résidence de son neveu, Walid ibn Yazid, connu pour ses goûts extravagants. Ce palais n’aura pas tenu longtemps, malheureusement, il s’écroulera suite à un tremblement de terre peu de temps après sa construction. La plupart de ce qu’on le sait, c’est le travail de D.C. Baramki, un archéologue palestinien qui a consacré 15 ans de sa vie à ce site.

C’est dans une plaine aride et couverte de sable que l’on accède au site. Cette ambiance lui donne un cachet particulièrement mélancolique, qui renforce le sentiment d’abandon du lieu. Le palais était divisé en 3 zones : le corps de logis et la mosquée, les thermes et un domaine agricole. C’est surtout les ruines du palais et des thermes qui ont subsisté mais surtout, de superbes mosaïques que les Palestiniens mettent à jour avec l’aide de la coopération japonaise. Si les plus belles pièces sont dans un musée à Jérusalem, on ne peut pas manquer d’admirer les reliefs de plantes et de fleurs en stucs qui à l’époque, étaient peints de couleurs vives.

Les deux pièces maîtresses du site sont par contre assez impressionnante ; il y a une énorme sculpture qui ressemble à un mélange entre une roue et une rosace que l’on a disposé au milieu des ruines du palais. C’était une fenêtre qui trônait au deuxième étage et qui est restée intacte après le tremblement de terre.

L’autre merveille, c’est une très grande mosaïque appelée “L’arbre de la vie“. En dessous d’un arbre qui semble porter des grenades, on y trouve des gazelles dont l’une est attaquée par un lion toutes griffes dehors. Elle accueillait ceux qui allaient accéder aux thermes.

Bethléem, la ville de Jésus

A cette époque-là parut un édit de l’empereur Auguste qui ordonnait le recensement de tout l’Empire. Ce premier recensement eut lieu pendant que Quirinius était gouverneur de Syrie. Tous allaient se faire inscrire, chacun dans sa ville d’origine.  Joseph aussi monta de la Galilée, de la ville de Nazareth, pour se rendre en Judée dans la ville de David, appelée Bethléhem, parce qu’il était de la famille et de la lignée de David.  Il y alla pour se faire inscrire avec sa femme Marie qui était enceinte.  Pendant qu’ils étaient là, le moment où Marie devait accoucher arriva et elle mit au monde son fils premier-né. Elle l’enveloppa de langes et le coucha dans une mangeoire parce qu’il n’y avait pas de place pour eux dans la salle des hôtes.Luc 2.1-20

Arriver à Bethléem est en soi un but d’excursion. La route serpente, zigzagues dans les montagnes. C’est la seule route pour accéder à la petite ville. Je perçois la nervosité chez certains passagers. Le bus arrivera t’il à manger les pentes et virages en lacet ? Puisque je suis là pour te le raconter, tu as ta réponse, Lectrice, Lecteur.

C’est perchée sur sa colline que Bethléem nous accueille. Et même si je suis une agnostique, j’ai quand mêle été élève dans des écoles catholiques pendant toute ma scolarité : voir un endroit qui a une si grande importance dans la Bible, ça fait quand même son petit effet, et on va commencer fort puisque nous nous trouvons devant la Basilique de la Nativité, qui est construite où Jésus serait né.

Il se trouva que pendant la grossesse de Marie, l’Empereur Auguste ordonnât un grand recensement. Tous les chefs de famille devaient se rendre dans leur ville pour y être enregistré et comptés. Joseph, futur père nourricier de Jésus, descendit de sa ville de Nazareth à Bethléem, en Judée. Bethléem, c’est la ville du Roi David, un des plus grands rois d’Israël avec son fils Salomon et Joseph était issu de sa lignée. C’est ici que Marie accouchât, dans une étable, toutes les établissements de la ville étant pris par tous ceux qui étaient venus aussi se faire recenser.

Pas de crèche à l’horizon mais bien un immense bâtiment blanc qu’on pourrait confondre avec une forteresse, telle est l’apparence de la basilique. Particularité intéressante, l’église est partagée par 3 branche de la chrétienté : l’Église orthodoxe de Jérusalem, l’Église catholique et l’Église apostolique arménienne. Toutes trois avec des ambiances et une décoration bien différente. Malheureusement, des rénovations sont en cours et nous n’avons pas pu profiter à fond de la beauté de la Basilique… Je parcours l’ensemble comme un peu absente, perturbée par la foule et les échafaudages. Je me dis que je devrai ressentir une espèce de recueillement dans un lieu à haute valeur spirituelle… mais rien… Le pire sera en arrivant à la grotte de la nativité. Une étoile d’argent à 14 branches marque l’endroit où Jésus serait né (rien de moins sûr) et tout le monde s’y presse. La grotte est étroite, et tout le monde veut faire un selfie devant cette étoile. C’est une marée d’écran de smartphones qui se déploie. Le meilleur des croyants ne pourrait pas s’y recueillir !

Outre la grotte, on y trouve aussi la grotte de Saint-Jérôme, qui traduisit la Bible en latin et l’église Sainte-Catherine d’Alexandrie, construite par les Franciscains. C’est probablement dans cette église toute simple que vous trouverez un peu de paix. En tout cas, il semble que je n’ai pas été la seule à me sentir oppressée, comme délivré, je vois soudain d’autres visiteurs à peine arrivées qui tombe à genoux dans les travées ou vont se recueillir sur les bancs de l’église. Je les contemple. Finalement, c’est plutôt eux, avec leur foi palpable qui calment mon esprit.

Bethléem, la vieille

La promenade à Bethléem continue et nous entrons dans la vieille ville, nous sans avoir salué la Mosquée qui fait face à la Basilique. Avec ses maisons de lourdes pierres jaunes et ses balcons, la vieille Bethléem me rappelle un peu Malte, un peu l’Italie, un peu l’Espagne… le sentiment est assez étrange. En tout cas, la ville est paisible en ce vendredi et c’est sans doute la plus belle des trois villes que j’aie vu en Cisjordanie.

Bethléem, c’est aussi le lieu de Palestinian Handicraft Center, situé dans un énorme complexe : le Bethlehem Convention Palace. Le lieu est immense, avec des magasins (quasi tous vides), un théâtre à la romaine, des salles de réunions, des espaces de réceptions (qui était en train d’être préparé pour un mariage) et un musée sur l’artisanat palestinien qui à défait d’être très explicatif, possède de belle pièce sur tout ce qui est traditionnellement fabriqué en Palestine. Construit pour le Forum économique mondial de 2000,, le centre attend que la paix revienne pour que ses salles se remplissent à nouveau.

Cette découverte expresse se terminera d’une manière que je n’oublierai pas. Juste à la sortie du Centre de convention, le trouvent les « Solomon’s Pools », trois bassins de rétention d’eau. On a attribué sa paternité au Roi Salomon mais il semble plus probable que ce soit Herode-le-Grand, avec l’aide du génie romain, qui fit construire ce système d’aqueduc qui a fourni Jérusalem en eau jusque 1967 ! A présent, l’eau n’alimente que Bethléem. Le parc qui l’entoure est un lieu privilégié pour la détente et le picnic et comme vendredi est jour de congé, il y a du monde pour profiter de la douceur du soir qui commence à descendre. Des enfants jouent dans les sources, des familles partagent quelques snacks, juste à l’extérieur, un marchand de glace vend une marchandise aux couleurs un peu douteuse depuis le coffre de sa voiture et un musicien commence à jouer et là, tout à coup, les hommes n’hésitent pas et se mettent à danser. Les femmes, elles, battent la mesure et filment sur leur smartphones. Les petits garçons, un peu intimidés, voudraient bien danser aussi. Ce sont leurs aînés qui viendront les chercher pour les entraîner. L’ambiance est joyeuse, conviviale, les sourires et la joie sont visibles sur chaque visage… le temps de la danse, tout est oublié : les checkpoints, l’occupation, le manque de perspectives pour l’avenir, la violence et la haine. Il ne reste plus que la musique et la pure joie de la danse un beau soir d’été. Parce que c’est sans doute quand on vit dans une situation proche du désespoir que saisir la moindre occasion de plaisir est la plus vitale.

Pour aller plus loin

Je parlerai ici uniquement de la Cisjordanie, la Bande de Gaza, gouvernée de facto par le Hamas, est une toute autre histoire et je ne peux pas en toute honnêteté, vous donner des conseils pour y aller.

La Palestine, c’est dangereux d’y aller ?

Disons que l’on ne se rend pas en Palestine comme on se rend à Copenhague. La première chose à faire est de se tenir au courant de l’actualité car on n’est jamais à l’abri d’une poussée de fièvre (comme c’est le cas au moment où je vous écris, suite l’attaque commis par 3 arabes israéliens qui a tué deux policiers druzes , des portiques à détecteurs de métaux ont été installés à l’entrée de l’Esplanade des Mosquées, provoquant la colère des Palestiniens).  Si la situation dégénère, mieux vaut y réfléchir à deux fois. Au pire, les territoires seront bloqués et vous ne pourrez tout simplement pas y accéder (mais ce sont des mesures extrêmes).

Rejoindre la Palestine 

Déconstruisons les idées préconçues, se rendre en Palestine n’a rien de très difficile (du moins quand on occidental), ni d’illégal. Il faut juste être bien informé, avoir de la  patience et du sang-froid au cas où.  Les formalités d’entrée (visas) dans les territoires palestiniens sont soumises aux rêgles d’entrée en Israël. Si la plupart des pays occidentaux peuvent obtenir un permis d’entrée à l’arrivée : consulter le site suivant pour toutes les démarches d’entrée en Israël.

Il n’existe pas d’aéroport internationaux dans les Territoires palestiniens, vous devrez donc arriver soit via Tel-Aviv et l’aéroport Ben Gourion, soit via l’aéroport Queen Alia d’Amman en Jordanie.

Via Israël

Depuis l’Aéroport Ben Gourion, l’entrée est assez simple; attendez-vous seulement à être questionné(e) et évitez de parler de Palestine (mais plutôt des villes que vous avez l’intention de visiter, c’est plus neutre). De là, vous prendrez soit un taxi (vers Jerusalem ou directement vers Ramallah, soit un sherut (taxi collectif) pour Jérusalem. A Jérusalem, rejoignez la porte de Damas où se trouvent la station de bus pour le territoire et prenez le bus pour Ramallah. Depuis Ramallah,prenez un un “servee” taxi collectif ou un taxi individuel vers Jericho ou Bethléem. Bethléem est aussi joignable depuis Jérusalem (même station de bus que pour Ramallah). N’oubliez pas de prendre avec vous votre passeport et votre permis d’entrée en Isaraël. Vous passerez un check-point etles passeports sont sujets à vérification, surtout lors du retour vers Jérusalem.

Via la Jordanie 

C’est l’option que mes collègues et moi avions choisi et c’est la plus compliquée. vous devrez traverser la frontière via le King Hussein Bridge-Allenby Bridge border. Vous arriverez d’abords au poste frontière jordanien pour les formalités de sorties, de là, vous devrez franchir le pont et le no-man’s land, soit via taxi soit via un bus JETT jusqu’au poste frontière israélien.   C’est là que nous avons du patienter pendant 3 heures pour pouvoir passer la frontière. Un de mes collègues possèdant un passeport d’une nationalité autre que le pays où il est né (c’est ce que l’on soupçonne). Quoiqu’il arrive, faîtes preuve de patience et de calme. S’énerver ne servira qu’à vous retarder encore plus, voire à vous faire interdir l’entrée. Une fois que vous êtes admis, il ne vous reste plus qu’à trouver un transport vers votre destination. Notez que le poste frontière est tout à côté de Jéricho.

N’oubliez pas de vérifier les formalités d’entrée en Jordanie !

Visiter la Palestine : Impressions d'un séjour pas comme les autres




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