24 décembre, le ciel est si bas qu’on pourrait le toucher. Si gris qu’on dirait que le soleil ne s’est jamais vraiment levé. Du coup, les lumières de Noël n’en apparaissent que plus éclatantes, tous comme mes souvenirs de 2017. Tu l’as deviné, Lectrice, Lecteur, c’est l’heure de la rétrospective, un exercice auquel j’aime plutôt me livrer et qui en général, me remonte le moral quand j’ai l’impression de n’avoir rien foutu pendant l’année.

2017 aura été une drôle d’année. Une année frustrante a beaucoup de point de vue mais en même temps, une année qui qui marquera un grand tournant, où les évènements se sont précipités.

2017 avait déjà commencé sous le signe de l’inhabituel : dès le début janvier, je partais pour deux semaines à la Dominique… mais pas en solo, avec une amie proche. Une espèce de test pour moi qui n’avait plus voyagé avec personne depuis un certain moment. Allais-je savoir faire des compromis ? Comment gérer le fait d’être ensemble 24h/24 sans se friter ? Nous avions bien passé un ou deux week-end ensemble mais jamais plus. Une peur finalement injustifiée, ces deux semaines resteront parmi mes plus beaux souvenirs de voyage. J’avais oublié la joie de pouvoir partager un projet en commun, de nourrir nos émerveillements réciproques, de se soutenir dans nos faiblesses respectives (mon introspection, son intoxication alimentaire). Notre amitié en est également sortie renforcée, le voyage est ce grand révélateur, ce grand test des amours et des amitiés. La leçon de tout ça ? Ne jamais sous-estimer ses ressources et sa capacité d’adaptation.

Comment j’ai tout envoyé bouler

Ce sera surtout la fin de l’année qui aura été plus que turbulente… Une remise en question totale des plans que j’avais pour le futur, mais finalement, en y regardant bien, ce n’est que l’aboutissement d’un processus qui a démarré un an après mon tour du monde et dont l’issue est arrivée suite à la conjonction de deux choses. Et là, je vais me confier à toi, Lectrice, Lecteur, comme je l’ai rarement fait.

La première raison, la moins personnelle, est liée à mon travail. 2017, c’était l’année où je fêtais mes dix ans chez Petite Organisation Internationale. C’était mon premier CDI après mon retour en Belgique. P.O.I. M’a donné ma chance, m’a donné l’opportunité rencontrer un monde que je ne soupçonnais pas, des gens formidables, de voyager dans des conditions dont je n’avais jamais rêvé, de construire des amitiés. C’était un job que j’avais aimé… et que j’ai fini par détester. Dix ans sans réelle évolution, victime du « syndrome du couteau suisse », occupée à tout sans avoir de le temps de s’améliorer à quelque chose.

La démotivation et la fatigue mentale s’installant, les erreurs se mirent à se multiplier, minant ma confiance en moi et en mes propres capacités. J’arrivais au bureau avec des pieds de plomb, une furieuse envie de tourner les talons, et quelque fois même les larmes aux yeux.

La deuxième raison, elle est toute simple, c’est l’âge. C’est comme si je m’étais réveillée un matin en ayant peur de la mort. Mon accident (qui avait provoqué mon Tour du monde) avait déjà été un coup de semonce mais alors je réfléchissais sous ma douche (cet endroit est le lieu de mes diverses « épiphanies », doit y’ avoir un truc dans cette pièce), je me suis retrouvée plongée dans une spirale de réflexion vertigineuse. Je pensais à tous ces endroits que j’avais envie de voir, essayant d’y mettre des priorités… et réalisant avec horreur que si je continuais mon train-train de vie, je n’y arriverai jamais. Trop d’envies, pas assez de temps. Travailler jusque 67 ans pour peut-être éventuellement pouvoir en profiter ? Dans un monde aussi incertain ? Et dans quel état serais-je à 67 ans ? Si j’arrive jusque là ! J’ai soudain été prise de à la fois par la panique, puis par la révolte. Comme toute voyageuse qui se respecte, je sais qu’il faut faire son deuil de ne pas pouvoir « tout voir » mais il y a des choses dans la vie qui ne sont pas négociables. Est-ce que je voulais vivre avec des regrets éternels ?

A presque 45 ans, est-ce que je ne me trouvais pas face à une dernière chance de donner une orientation décisive à ma vie ?

Deux gouttes d’eau ont fini par faire déborder le vase. La première, c’est une fin d’après-midi au boulot, au moment où je prenais une pause. Je regardais le building d’en face depuis la grande fenêtre. Le ciel était lourd, comme peut l’être le ciel de novembre sur Bruxelles et tout à coup, j’ai commencé à frapper doucement sur la vitre en faisant semblant de crier : « Libérez-les-prisonniers ! ». Sur le moment, c’était de l’humour… mais la seconde d’après, j’ai réalisé qu’il n’était pas normal que je me sente comme dans une geôle sur mon propre lieu de travail.

Le deuxième signe décisif fut pendant le blogtrip en Ecosse. J’étais épuisée et triste, comme éteinte. Malgré la joie que j’avais d’être là. J’imagine que Sylvie d’Au coin des voyageurs, qui me connait un petit peu, a du me trouver bien différente que lors de nos autres rencontres. Certes, je ne suis pas la reine de la fête, je suis la fille plutôt « chili » qui peut être drôle mais je suis d’habitude pleine d’entrain. Là… je me sentais plutôt suivre le mouvement et mon voyage était pollué par les soucis.

« Enough was enough ! »

Et il y a une dizaine de jour, j’ai discuté avec mon patron, et lui ai exprimé mon envie de partir. Il s’y attendait, c’était également le bon moment pour le faire, P.O.I. Étant en pleine restructuration. Tout est encore flou, les conditions de mon départ, ce que je ferai après, comment orienter ma vie pour qu’elle soit plus accord avec moi-même… J’ai l’impression de faire un grand saut dans le vide, sans savoir s’il y aura un filet tout en bas car autant je sais ce que je ne veux pas, autant je n’ai aucune idée de ce que je veux réellement faire. Le nomadisme à 100 % n’est pas pour moi, je suis trop attachée à Bruxelles, ma famille malgré ses défauts et mes deux chats mais je me vois bien partir plusieurs mois par an, travaillant sur la route pour différents projets.

Mais nous aurons l’occasion d’en reparler !

Evolution du blog

Tu remarqueras que j’ai à peine parlé de l’évolution du blog. Il suit son petit bout de chemin. les tentations sont grandes d’essayer de suivre le train en marche : vidéos, comptes Instagram léchés jusque dans les Stories… mais je suis seule à la barre avec un nombre fini d’heures dans ma journée. Pourquoi vouloir essayer de faire comme ?

Je me dois quand même de mentionner mon arrivée à la RTBF en tant que chroniqueuse. J’ai rejoint l’équipe de Véronique Thyberghien dans l’émission lifestyle de La Première, « Tendances Première ». Deux à trois fois par mois les vendredis, j’interviens pour dispenser quelques conseils et réflexions sur le voyage. C’est un peu un retour aux sources, la radio étant mon média de prédilection quand j’étudiais le journalisme.

C’est aussi un changement de design pour le blog, mis en place il y a quelques semaines par 56K. Un look plus « magazine », qui reflète la tonne de contenu écrit depuis maintenant 7 ans et demi. Les retours jusqu’à présent sont très positifs (plus de clarté, une meilleure catégorisation) et les quelques bugs qui peristent seront corrigés au fur et à mesure. J’en suis en tout cas très fière.

Avant de passer à la revue de ces douze mois passés, laisse-moi te dire une fois encore merci, Lectrice, Lecteur, des plus fidèles aux plus nouveaux. Je ne le dis peut-être jamais assez mais chaque ligne que j’écris, c’est avec toi en tête et en espérant que tu en retireras de l’information, de l’inspiration mais surtout, du plaisir. Je te souhaite une merveilleuse année, replie des destinations de ton coeur.

Les meilleurs articles de 2017

2017 aura surtout été une année de destinations hors-du-commun, de retrouvailles et de grandes émotions. C’est parti !

Janvier : Près de 10 ans après avoir fait escale à la Dominique et m’être jurée de venir y passer un séjour, m’y voilà enfin, via la Martinique ! L’ « Île Nature » nous aura donné à Sad et moi encore que nous ne l’avions espéré. Cette véritable perle des Caraïbes nous a volé un bout de nos coeurs avec son côté « brut de décoffrage », sa nature luxuriante, ses plage quasi désertes et la gentillesse des Dominiquais. Ce qui fait que j’en ai parlé, parlé et reparlé. Sauf qu’au mois de septembre, le pire ouragan que l’île est jamais connu est passé par là, détruisant 80% de l’île. Les habitations bien sûr mais aussi les sites naturels. Une vision à vous faire pleurer. Je suis restée des mois sans nouvelle de la famille qui nous avait accueilli dans sa ferme (ils vont tous bien). La Dominique se reconstruit doucement… vous pouvez suivre l’évolution par ici.

L’article star de janvier : 6 visages de l’Indonésie par 6 blogueurs voyage

Février : C’est toujours un drôle de mois que ce février ! Court, sombre, pluvieux… c’est le mois que j’attends passer et pour m’aider un petit peu, j’ai filé à Blankenberge pour profiter de la Côte belge en hiver. Pas d’article. Que des images.

L’article star de février : Emeishan, plus près du ciel au Sichuan !

Mars : La destination inattendue de l’année fut la Jamaïque. Invitée par un grand tour operator pour tester leur type de séjour, j’ai décidé de dire oui par curiosité. Jamais je n’avais été dans un all-inclusive et j’y ai débarqué l’oeil et les oreilles ouvertes pour en tirer le bon, le moins bon et voir si les clichés étaient bien vérifiés ou pas. Ce qui est certain, ce que la découverte d’un pays ne tient qu’à la volonté du touriste d’en savoir plus ou pas. Personne n’est prisonnier d’un resort. La preuve, entre les plages de Négril et les plantations de la région de Montego Bay;)

L’article star de mars : Le jour où j’ai vaincu le Tongariro Alpine Crossing

Avril : C’est le mois de retrouvaille ! Il y a quatre ans, j’étais à peine dans le bus qui m’amenait vers l’aéroport de Vagar que les Îles Féroé me manquaient déjà. Je savais aussi déjà que je reviendrai et enfin, j’ai pu tenir cette promesse faite à moi-même ! J’ai retrouvé les sensations, les frissons et l’émerveillement des premiers jours, à ma grande joie, devant les paysages à la fois sauvages, durs mais féériques de ces îles perdues dans l’Atlantique. Même si je n’ai pas pu concrétiser tous mes plans (merci la météo des Féroé), j’ai découvert des endroits auquel on porte moins attention, reconsolidé des amitiés et nourrit une histoire d’amour entre moi et les îles aux moutons.

L’article star d’avril : Wellington, capitale du cool de la Nouvelle-Zélande

Mai : Direction, la France, pour la première fois de l’année avec Aix-en-Provence. En déplacement pour le boulot, logée dans un petit hôtel au coeur de la ville. J’ai un peu vécu comme une Aixoise pendant une dizaine de jour. Une autre façon de s’approprier un nouveau lieu.

L’article star de mai : Fabuleuses Îles Féroé : Nolsoy, terre des rêveurs

Juin : Pour la deuxième fois de l’année, me voilà sur la côte belge, à Coxyde-Oostduinkerke et à ma grande surprise, je découvre deux localités qui ont su sortir du carcan « salon de thé et magasins sur la digue ». Plutôt que la Mer du Nord, on pense plus à la Californie qu’autre chose en explora,t ses cafés, resto-branchés et beach-clubs. En plus, il y a même un club de surf !

L’article star de juin : Fabuleuses Féroé: Sandoy, terre des sagas

Juillet : Ce mois sera marqué par un des déplacements les plus importants de toute ma petite carrière de voyageuse. Le travail m’a envoyé vers la Palestine, séjour prolongé plus tard en Jordanie. Un séjour une région aussi chargée du point de vue de l’histoire, de la spiritualité, de la rancœur et de l’espoir, n’est jamais anodin. Pendant près de deux semaines, avec mes collègues, nous avons partagé la vie de nos collègues Palestiniens dans un pays occupé. La Jordanie nous est apparue comme une délivrance. La belle Petra nous a ouvert ses portes et ses mystères.

L’article star de juillet : Visiter la Palestine : Impressions d’un séjour pas comme les autres

Août : Décidément… il semble que 2017 soit marqué du sceau de la Mer du Nord. Pour la troisième fois de l’année, m’y revoilà en week-end, cette fois à Ostende, la Reine des Plages. La plus grande des villes de la Côte avait pas mal de choses à me montrer mais ce qui me reste en mémoire, c’est le Parcours Marvin Gaye à Ostende. Le roi de la soul était venu s’y réfugier, loin de ses démons et de leurs tentations. Un parcours émouvant qui m’a fait venir les larmes aux yeux.

L’article star d’août : Nusa Lembongan : échappée bleue et verte

Septembre : Sous un radieux soleil d’automne, avec une belle bande de blogueurs, nous avons sillonné les routes du sud de l’Ardèche, à travers les vignobles à peine vendangés, pour en tester les meilleures productions… A chaque fois d’une manière différente. Un gros coup de coeur pour votre blogueuse.

Septembre fut aussi l’occasion de refaire connaissance avec Luxembourg, une ville dont j’avais perdu le souvenir et qui m’est apparue vivante et charmante, loin des clichés de la ville ennuyeuse qui lui sont associés.

L’article star de septembre : Singapour, la ville lion

Octobre : Encore une vielle connaissance que je suis allée visiter, Rotterdam. Notre première rencontre n’avait pas été des meilleures, coincée que j’étais dans un hôtel en dehors de la ville. Même si j’avais pu entrevoir ses beautés le long d’une ballade en bateau sur la Meuse. Rotterdam m’a surprise par son architecture. Une ville en évolution perpétuelle, qui ne ressemble a aucune autre ville d’Europe dans ce sens. C’est comme un petit coin d’Amérique.

L’article star d’octobre : Le Sud de l’Ardèche hors saison : du vin et des hommes

Novembre : C’est le Nord qui appelle, le Nord l’Ecosse avec un blogtrip 100% féminin à Inverness, capitale des Highlands. Une terre sauvage, mais accueillante, pleine de caractères et de personnages hors du commun.

L’autre Nord, c’est celui de la France. J’ai tout de suite enchaîné avec une visite à Dunkerque, histoire de voir si cette ville est aussi moche qu’on le dit. Verdict ? Il est encore à raconter dans un prochain article.

L’article star de novembre : Un grand week-end à Inverness, 2e partie : Les mystères du Loch Ness et une balade en ville

Décembre : Avec une copine (décidément, une fois qu’on y prend goût), nous avons sauté dans un avion pour Vilnius, sans doute la capitale balte la moins connue. Moins médiévale, mais plus baroque que ses soeurs, Riga et Tallinn, harmonieuse et verte, Vilnius la ville idéal pour un citytrip en mode « relax » et culturel. C’est ce que je vous raconterai dès l’année prochaine.

L’article star de décembre : Un Noël à Buenos Aires