La question a déjà été posée maintes fois… Sans doute, lecteur voyageur de passage, tu te l’es posée aussi: Jusqu’où ma curiosité et ma soif de découverte peut-elle (ou devrait-elle ?) me pousser ? Visiter des pays où la population vit sous un régime (souvent également perçu) comme inique, est-ce la chose à faire, ou faut-il s’abstenir ?

Ce dilemme m’est revenu en tête ce matin lorsque je vois passer cet article de la Libre Belgique:

La République démocratique populaire de Corée…  Le pays le plus fermé au monde… et comme aux petits enfants à qui l’on cache des choses: moins on en dit, plus j’ai envie de savoir! Surtout que la Belgique avait réussi à faire fort en faisant suivre par Strip-Tease une équipe de parlementaires en visite officielle (dont notre über-twitto de Ministre des technologies @VincentVQ encore tout jeune) au Pays du Cher Leader.

Je me rappelle que la première chose que j’ai regardé en visitant GoogleMap pour la première fois, c’était Pyongyang et je me souviens de ma surprise en découvrant que c »était une des villes les mieux couverte par satellite! Alors que je m’extasiais, une voix intérieure me dit: « Je ne comprends pas ton envie! Comment peux-tu vouloir aller visiter un pays où on lave le cerveau de toute une population et où des centaines de milliers de gens meurent de faim parce que le drôle de type à leur tête estime que la guerre de Corée n’est pas encore finie et qu’il consacre  quasi un tiers de son budget aux dépenses militaires ? »

Je grossis les traits, mais c’est à peu près cela… Est-ce éthique, ou moralement acceptable ? La même chose pourrait-être dite de l’Iran, de la Birmanie, de l’Ouzbékistan, de la République démocratique Congo ou de l’Arabie saoudite (par exemple, et pour des raisons différentes).

Voyeurisme ou curiosité ?

En Afrique du sud, j’ai été confrontée à ma première question éthique en tant que voyageuse : visiter un Township ou pas. Était-ce du voyeurisme? Une curiosité morbide? Finalement, je l’ai fait. Je me rappelais mes paragraphes écrits pour mon mémoire sur le sujet… Je me souvenais de la frustration de n’avoir que des sources de secondes mains et de devoir en parler comme si je maîtrisais le sujet alors que je n’y avais jamais mis les pieds. C’est en y repensant que j’ai décidé d’y aller et aussi parce que même si les townships sont un des plus gros problèmes de  ce pays, il s’agit surtout d’une situation héritée du passé. Il me semblait crucial d’aller voir de mes yeux de quoi il retournait.

Mais même dans une situation affreuse (et quelques fois désespérée, quand on a faim, peu importe que l’on soit Sud-africains, Nord-coréen ou Belge ou Français), rien ne m’empêchait de parler avec les habitants des townships, sauf le temps imparti. Cela ne serait pas le cas en Corée du Nord où les voyages sont strictement encadrés, les contacts avec la population locale autre que ceux désignés pour vous parler, réduit au plus strict minimum. Alors quoi? Pouvoir dire « J’ai fait la Corée du Nord quand c »était encore fermé » pour la gloriole… certainement pas…

Je ne suis toujours pas décidée sur le sujet… En attendant, j’ai téléchargé il y a quelque temps l’Application iPhone « Fotopedia North Korea » et les 1000 photos prises par Eric Laffarge (et dont je ne suis pas encore arrivée au bout, à vrai dire, mon pauvre précieux m’ayant été enlevé à l’insu de mon plein grès).

Et vous? Quelles limites éthiques mettez-vous à vos voyages? Y a t’il des endroits au monde où vous refuseriez d’aller? Ou est-ce essentiel de ne pas placer de barrière en ce domaine?

Et avant de partir, je vous laisse avec la vidéo et ce magnifique exemple d’amitié belgo-coréenne… à la minute 16! Et on se retrouve à Bucarest dans quelques jours!

Quelques lectures:

 


Corée du Nord partie 2 par alexmcfc49