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March 2011

Cape Town Express, 7e arrêt: Les TownshipsCape Town Express, 7th Stop: The Townships

Township: LangaLa réflexion fut longue et intense…Faire ou ne pas faire un townships tour ? Ce sont-elles que l’on voit en premier lorsque l’avion descend sur le Cap. Une énorme étendue couverte de maison faites de bois et de tôles, quelques immeubles en béton nu… Voilà. Les townships, ces cités, quelque fois informelles, en dehors de la ville où le régime de l’apartheid « parquait » sa main d’œuvre. Blancs, noirs, métis et indiens devaient vivre séparés mais les blancs avaient besoin de bras. C’est ainsi que des cités de non-blancs « autorisés » à vivre en zone blanche mais tenus à distance des lieux de vie des privilégiés se développèrent. Une marque d’infamie pour un système honni. Ce sont dans les townships où les conditions de vie étaient intolérables, que les premières révoltes contre l’apartheid fusèrent. Au Cap, la majorité des habitants habitent les townships! Depuis la chute de l’apartheid, il y a eu des améliorations, mais l’ampleur de la tâche est tellement énorme, que les progrès semblent bien lents à ceux qui y habitent. Alors comment ignorer cet aspect essentiel de la ville? Le mieux est bien entendu de se faire guider par un habitant mais n’étant là que pour une durée limitée, je n’ai pas d’autre choix que de passer par une compagnie qui organise des visites groupées. Mais n’est-ce pas une forme de voyeurisme de la peine des autres? Pour vous donner une idée de mon débat intérieur, cette conversation sur le Forum de CouchSurfing est assez éclairante… C’est donc au dernier moment que je me suis décidée. Mes motivations étaient claires. Du Cap, je n’avais vu que le côté familier, rassurant, et même glamour. Il fallait que je vois par moi-même. Non pas par curiosité malsaine mais parce que j’estimais qu’il s’agissait d’une expérience essentielle à faire et que quitter le Cap sans avoir au moins entre-aperçu la vie de la majorité de sa population me semblait malhonnête.

La jeune femme qui tenait mon bed and breakfast me conseillât une compagnie qui, par ses bénéfices, finance des projets dans les townships et je m’inscris pour la visite du matin.

Pour arriver à Langa, la plus vieille, et la plus petite, des townships, il faut bien 45 minutes en voitures. Song, notre chauffeur, y habite. Il nous donne quelques renseignements puis nous dépose au coin d‘une rue.Un jeune guide nous attend. Charles est étudiant en tourisme et ce job lui permet de payer ses études. Son but après ses études: développer le potentiel touristique de Langa. La première chose qui frappe l’esprit, c’est l’absence de place. Il y a des rues, des carrefours mais pas de place. Les townships n’ont pas été pensées comme des lieux de vie, seulement comme des cités dortoirs… Des espaces communs n’ont donc jamais été développés!
Township: LangaCharles nous ballade dans la partie « en dur » de Langa. Celle où furent construits les « hostels », les résidences pour des travailleurs noirs qui habitaient dans les « homelands » mais bénéficiaient d’un laisser-passer pour travailler en zone blanche. Interdiction pour eux d’y faire venir leurs familles! Ces groupes d’hommes seuls, venant d’ailleurs et vivant dans la promiscuité, étaient souvent regardés d’un mauvais œil par les habitants permanents des townships. A présent, ces bâtiments en béton sont en cours de rénovation pour en faire des appartements ou des résidences communes. Charles nous emmène visiter l’intérieur. C’est sombre l’intérieur, les fenêtres sont petites et même si les installations communes sont sommaires, on découvre que les chambres individuelles sont pleines à craquer… vêtement, ordinateur, télé, bouquins, réchaud… le tout dans un espace réduit. Impressionnant! Je ne suis néanmoins pas super à l’aise. Nous sommes dans la maison de quelqu’un et nous voilà en train de visiter leur intérieur comme un musée. Les familles, elles, nous reçoivent avec le sourire… Charles nous rassure: « Vous êtes nos invités. » mais cela reste quand même assez troublant. Nous passons ensuite à une école maternelle. Sous le regard un peu sévère des institutrices, des bambins nous reçoivent en chanson et en danse. Sourire. Ces enfants-là ont de la chance. Leurs parents ont pu les mettre à l’école. Pour une grande partie, c’est dans la rue que se fera la classe.
Township: Langa
Charles nous emmène en suite en ballade. « Voilà le Beverly Hills de Langa, nous annonce-t-il, ceux qui ont réussi et qui ont tenu à rester ont emménagé dans le quartier. » Mais pas de luxe ostentatoire! Il s’agit plutôt de petites villas en briques assez modestes… et comme partout ailleurs en Afrique du Sud, les maisons sont entourées de grillages et de système de sécurité. L’obsession de la sécurité est omniprésente, même (et peut-être surtout?) ici. D’ailleurs, la township entière est encerclée de barbelés! Nous sortons du quartier et on apprécie mieux le lieu géographique où se trouve Langa: une plaine sèche et battue par les vents… Une longue allée non goudronnée mène vers une autre partie de Langa: le quartier Joe Slovo où habitent les plus pauvres. Charles nous informe que les habitants de Langa dédaignent ceux de Joe Slovo… Ne voulant pas les accepter dans leur église, ceux de Joe Slovo en on construit une en tôle. Il est donc dit qu’il est dans la nature humaine de discriminer moins bien loti que soi.

Township: Khayelitsha

 

Nous remontons en voiture et partout pour Khayelitsha, la plus grande des townships. C’est en arrivant là que l’on réalise que Langa ne s’en tire pas trop mal. On y voit même des « match box  houses » toutes neuves équipées de panneau solaires. Apparemment, le gouvernement sud-africains et la ville du Cap a voulu s’attaquer à un plus petit problème d’abords. Khayelitsha est plus chaotique, plus bouillonnante. Ici, c’est le règne de la débrouille. Ceux qui n’ont pas d’emploi en inventent. Nous allons d’ailleurs rencontrer une entrepreneuse mais en chemin, on va boire un coup dans un shebeen. Du temps de l’apartheid, les Noirs n’avaient pas le droit de boire de l’alcool. Des « bars »illégaux appelés « shebeens »se sont ouverts dans des baraques d’apparence anodines et l’on y servait de la bière de sorgo faite maison. C’est à notre tour de l’essayer. Nous entrons dans une petite construction dont seule la porte laisse entrer la lumière. Dans le fond, une dame à l’âge indéfinissable est penchée sur une espèce de marmite. La dame remplit une énorme boite de fer d’un liquide mousseux qui se boit à même le récipient. Le goût en est en même temps sucré avec une légère amertume. Pas mauvais… mais pas spécialement bon non plus. Dans le noir, je la vois sourire.
Nous quittons le shebeen pour nous rendre chez Miss Vicky. Miss Vicky est la propriétaire du plus petit Bed&Breakfast d’Afrique du Sud. Comme toutes les maisons des townships, le B&B est fait de bois et de tôles, sauf qu’il a un étage. L’intérieur est étonnement spacieux! Miss Vicky et son mari y accueille les visiteurs et les prennent en charge pendant leurs séjours. Elle nous invite à visiter les chambres. Elles sont impeccables avec leurs literies aux couleurs vives! Son B&B a eu droit à un coup de flash médiatique lorsque de nombreux supporters de foot sans logement lors de la coupe du monde y ont été dirigés. Une fierté pour sa propriétaire et pour Khayelitsha! Mais Miss Vicky sait aussi que sa réussite doit aussi profiter à sa communauté et elle est impliquée dans un projet éducatif.
Sur le chemin du retour vers la camionnette, une femme nous aperçoit et nous invective. Sa voix est pleine de colère et son débit est tellement rapide que je n’y comprends rien. Les visages se font graves. Pas besoin de chercher pour comprendre qu’on puisse être en colère. Charles nous parle alors du stade de foot du Cap qui a coûté si cher pour un pays où le « soccer » n’est pas roi. Maintenant, on ne sait qu’en faire. « Pendant la Coupe du monde, on était tous réunis pour supporter notre équipe mais maintenant que la fête est finie, on s’interroge sur comment l’argent a été dépensé et sur les retombées réelles sur l ‘économie. Ils voient plein de projets en ville mais ici, rien ou presque ne change ». Nous nous serrons les mains et Charles nous souhaite un bon retour en nous demandant de nous souvenir de ce que nous avons vu.

Le plus grand défi de l’Afrique du Sud et je ne regrette pas d‘avoir pu en témoigner de l‘ampleur!

Township: Khayelitsha Township: Langa

I thought about it long and hard … to do or not do a township tour? Townships are one of the first thing you see the plane descends on Cape Town. A huge range of house made of wood and sheet metal, a few raw concrete buildings … The townships, these towns, sometimes informal, outside the main cities where the apartheid regime “parked” its workforce. Whites, blacks, coloured and Indians were living apart but the whites were in need of people to work. Thus those townships “allowed” non-whites to live in a designated white area but kept away from living quarters of the privileged. A mark of disgrace for a reviled system! It was in the townships where living conditions were mostly intolerable, that the first revolts against apartheid started. In Cape Town, the majority of people live in the townships! Since the fall of apartheid, there have been improvements, but the magnitude of the task is enormous, although progress seems slow to those who live there. So how could I ignore this vital aspect of the city? The best course would be to be guided by a resident but being there only for a limited time, I had no other choice than to go through a company that organises tours. But is this not a form of voyeurism of my fellow man’s pain? To give you an idea of ​​my internal debate, the conversation in the CouchSurfing forum is quite enlightening … So at the last moment, I decided. My motives were clear. I had only seen the familiar, reassuring, and even glamourous side of Cape Town. I had to see the “other side” for myself. Not by morbid curiosity but because I thought it was an essential experience to do and leaving Cape Town without having seen at least a glimpse of how the majority of its population live seemed dishonest.

The young woman who runs my bed and breakfast advised me a company that, through its profits, finances projects in the townships and I signed up for the morning visit.

To get to Langa, the oldest and the smallest of the townships, it takes 30-45 minutes by car. Song, our driver, lives there. He gives us some information and then drops us off at the street corner. A young guide is waiting for us. Charles is a student in tourism and this job allows him to finance his education. His goal after graduation: to develop the tourism potential of Langa. The first thing that strikes the mind arriving in Langa is the lack of public squares. There are streets, but crossroads no place. The townships were not designed as places to live, just as large dormitory and common areas were not really developed!
Township: LangaCharles walks us in the “formal” Langa, where buildings are made of concrete and bricks. Those where the “hostels”, the residences of black workers who lived in the “homelands” or “bantustans”, but held a pass to work in white areas. It was prohibited for them to bring their families! These groups of single men from out of town, living in promiscuity, were often ill-regarded by the permanent residents of the townships and created tensions. Now, these concrete buildings are being renovated and transformed into apartments or homes with commons areas. Charles takes us to visit the interior. It’s dark inside, the windows are small and even if the common facilities are basic, we discover that the single rooms are full to to the point of bursting … clothing, computer, TV, books, stove … all in a small space. The ingeniosity to fit everythingin there and still be able to walk around is impressive! I’m still not that comfortable. We are in someone’s house and we are visiting it like it was a museum. The families welcome us with a smile… Charles reassures us: “You are our guests.” But still, it is quite disturbing. Nextn we go to a kindergarten. Under the gaze of a bit harsh-looking teachers, toddlers are singing and dancing for us. I smile. These kids are lucky. Their parents were able to put them in school. For a large part is in the street that they willfind an education.
Township: LangaCharles then takes us for a walk. “This is the Beverly Hills of Langa, those who were successful and wanted to stay have moved into the neighbourhood.” No ostentatious luxury here! Rather modest brick houses are neatly lined up … and as elsewhere in South Africa, the houses are surrounded by fences and security systems. The obsession with security is everywhere, even (perhaps especially?) here. Moreover, the entire township is surrounded by barbed wire! We walk towards an open area and we appreciate better the geographical location of Langa: a dry and windy plain … A long unpaved driveway leads to another part of Langa: Joe Slovo, the district inhabited by the poorest inhabitants. Charles informs us that the people of Langa look down upon those of Joe Slovo… Not wanting to accept them in their church, those of Joe Slovo built one of metal sheets. It is said that it is human nature to discriminate those less well off than oneself!

Township: Khayelitsha

We go up and drive toward Khayelitsha, the Cape’s largest township. When I arrived there, I realised that Langa did not seem to do too badly. We even saw “match box houses” equipped with brand new solar panel. Apparently, the government of South Africa and the City of Cape Town wanted to tackle a smaller problem first. Khayelitsha is more chaotic, more bubbly. Here is the reign of resourcefulness. Those not employed invent their own jobs! We’ll also meet an entrepreneur, but along the way, we’ll have a drink in a shebeen. During apartheid, blacks were not allowed to drink alcohol. Illegal “bars” called “shebeens” were opened in seemingly innocuous shacks and there, the owner brew homemade sorghum beer. It is our turn to try it. We enter a small building with only the door letting some light in. Inside, a woman ofindeterminate age is bent over a kind of pot. The lady fills a huge iron box with a foamy liquid that wa will drink straight out of the container. The taste is sweet with a slight bitterness. Not bad … but not especially good either. In the dark I see her smile.

We leave the shebeen to pay a visit to Miss Vicky. Miss Vicky is the owner of the smallest Bed & Breakfast in South Africa. Like all the houses in the townships, the B & B is made of wood and metal sheets, except that it has a floor. The interior is surprisingly spacious! Miss Vicky and her husband will welcome visitors and help them visit Kayetisha during their stay. She invites us to visit the rooms. They are impeccable with their brightly coloured bedding! Her B & B was in the media spotlight when many “homeless” football fans not finding a place to stay during the world cup have been directed to her place. Areal pride for its owner and Kayelitsha! Miss Vicky also knows that her success must also benefit the community and is involved in an educational project.

On the way back to the van, a woman sees and start to invective us. Her voice is full of anger and her flow is so fast that I could not understand a word. Our faces grew serious. No need to search too deep to understand why someone could be angry. Charles then talks about the football stadium in Cape Town which cost so much money for a country where “soccer” (as they call it) is not king. Now, no one knows what to do with it. “During the World Cup, we were all together to support our team but now that the party is over, one wonders about how the money was spent and actual impact on the economy. They see lots of projects in the city but here, nothing much changes. ” We shake hands and Charles wishes us happy return and ask us to remember what we saw.

And so, this how I saw the biggest challenge for South Africa and I do not regret having been able to witness a part of it.

Township: Khayelitsha





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