- Singapour , Singapour -

September 2017

Singapour, la ville lion

Je me sens toute bizarre en débarquant à Singapour… voilà ma dernière étape, finalement. Je ne pouvais pas boucler un tour du monde sans passer par l’Asie, ne fut-ce qu’un petit peu. Avant de rentrer, je voulais me donner une bonne dose « d’autre chose » après ces 4 semaines en Nouvelle-Zélande. Un dernier électrochoc avant de retrouver ma Belgique.

Singapour avait attisé ma curiosité depuis que j’avais vu les fameux « Supertrees », des immenses installations qui ressemblent à des baobabs géants. Un micro-état prospère où tout est géré dans les moindres détails et où toute l’Asie se retrouve. Une mégapole-pays, riche, multiculturelle… et très contrôlée. Preuve en est toute les séries de règles et de lois qui frôlent parfois l’absurde.

Pour l’occasion, j’ai décidé de faire péter le budget : fini les auberges et d’aller faire mes courses pour le petit-déjeuner du lendemain : je vais séjourner dans un hôtel et dans un hôtel avec piscine, s’il vous plaît ! C’est tôt le matin que j’arrive à l’Holiday Inn Express Clarcke Quay (merci le décalage horaire) et ma chambre est déjà prête. Je peux même encore profiter du petit-déjeuner ! Depuis la grande fenêtre de ma chambre, c’est une forêt de gratte-ciel qui m’apparaît lorsque je tire les rideaux. Un soleil éclatant remplit la chambre d’une lumière blanche… nous sommes presque pile sur l’équateur et bientôt, le soleil sera au vrai zénith. Malgré tout, je n’ai qu’une envie : dormir. La nuit passée sans sommeil dans l’avion m’a annéantie, je referme les rideaux, prend une douche et me glisse sous les draps pour sombre dans un lourd sommeil.

Quand je me réveille, la nuit est déjà en train de tomber. L’estomac crie famine et j’ai envie de me balader ! Je prends donc une rue au hasard qui se dirige vers Chinatown. Bien que la nuit soit très vite tombée, il fait chaud, très chaud et l’humidité commence à me coller à la peau. Les rues du quartier sont à moitié vides et calmes… Singapour apparaît comme extrêmement relax, rythmée par le bruit des voitures qui parcourent ses larges avenues sans se presser.

Mes pas finissent par me guider au Hong Lim Park, où il y a pas mal de monde ce soir : un événement tenu pour la communauté chinoise, semble t’il. Hong Lim Park est un endroit un peu particuliers, c’est le premier parc qui fut crée à Singapour mais aussi le seul endroit du pays où les manifestations sont autorisées.

De là, je tombe sur mes premiers “hawkers”, une institution à Singapour ! Si la ville est plutôt chère pour l’Asie du sud-est, y manger ne l’est pas… si vous visitez les “hawkers”. Les “Hawkers” sont des centres regroupant plusieurs étals de “street-food”… justement pour les sortir de la rue (à Singapour, ça fait désordre) et me voilà plongée dans l’Asie qui m’est familière : celle de ces grands foodcourts, à se promener entre les stands, à respirer des odeurs souvent inconnues, à se demander ce qui est en train d’être préparé à chaque station, à se laisser bercer par une langue incompréhensible et à partager un moment de quotidien avec les habitants. Sous les néons du foodcourt, je me laisse envahir par l’Asie.

Le lendemain, c’est très tôt que je m’extirpe de mon lit pour parcourir le CBD, Central Business District, pour arpenter les rues de la Cité-état.

Je ne vais pas tarder à me frotter à toute la diversité de Singapour lorsqu’à 5 minutes de l’hôtel, je passe devant le Tan Si Song Chu, le temple ancestral du clan Tan.  Selon les croyances traditionnelles chinoises, toutes personnes portant le même nom de famille sont issus de la même lignée. Les famille Tan, immigrées de Chine, étaient répandues en Malaisie et à Singapour. Au XIXème siècle, deux Tans firent construire le temple, qui se trouvait alors près de la rivière Singapour. A présent, c’est plutôt une espèce d’autoroute urbaine qui passe à côté mais c’est un lieu d’un calme impressionnant. On ne peut pas le louper avec son entrée ornée de lampions rouges, on franchit son grand seuil et tout d’un coup, Lectrice, Lecteur, te voilà transporté(e) à des milliers de kilomètres d’ici, sur la terre chinoise des ancêtres. Je me fais silencieuse, pendant qu’une douce musique se fait entendre et que le parfum de l’encens vient me chatouiller les narines !

Je passe le pont qui surplombe la rivière pour me replonger dans la modernité : c’est ici que se trouve Clarcke Quay, l’endroit où il faut venir boire un verre le soir (pas de chance, nous sommes en fin de matinée). Ces anciens quais et hangars qui ont joué un rôle important à Singapour ont été convertis en bars, restaurants et nightclubs ! Un véritable Disneyland pour adultes qui mêle l’architecture industrielle du XIXème avec des éléments contemporains. Je ne sais pas trop quoi en penser. L’endroit est joli. Un peu kitsch, mais joli… mais tout semble tellement avoir été planifié au cordeau que j’en ressors avec l’impression de voir une ville de carton-pâte.

Ma promenade me conduit du côté d’un Parc mais nous sommes samedi et ce matin, au parc, c’est matinée football pour les enfants ! Une foule de petits garçons, de petites filles et leurs parents ont envahi les pelouses pour les matchs ! Ce sera ici que j’aurai pour la première fois une réelle vision des communautés qui forment Singapour. Si à l’origine, Singapour est un prolongement de la Malaisie mais la colonisation britannique va marquer sa démographie, faisant venir sur l’île des travailleurs chinois et indiens. A présent, les Chinois forment la majorité des Singapouriens, suivi des Malais, des Indiens et des Occidentaux, souvent descendus des Britanniques établis ici. Une diversité de peuples, de cultures et de religions. Et ce sont tous ces visages que je retrouve sur le terrain, courant ensemble derrière le petit ballon. L’image la plus touchante reste certainement les bras ces petites filles qui entouraient leur coach pour un dernier conseil avant la reprise du match.  Une belle image d’harmonie. Singapour aurait-elle trouvé la recette de la cohabitation heureuse ?

Singapore Sling au Raffles Hotel

Le passé colonial, je vais le retrouver chez une institution singapourienne, l’un de ses plus célèbres hôtels : le Raffles Hotel ! Le Raffles porte le nom de Thomas Stamford Raffles qui créât le comptoir qui allait devenir Singapour. Oui, ce même Raffles dont je parlais quand je t’ai raconté Borobudur, Lectrice, Lecteur. Cet hôtel à la charme que les bâtisses coloniales peuvent prendre sous les tropiques. Sans doute l’incongruité d’un tel bâtiment et le symbole d’une époque révolue. Je croise d’ailleurs la silhouette d’un vieux monsieur bien mis, Occidental, bien trop habillé pour la chaleur tropicale. Sa silhouette qui se soutient avec une canne me laisse songeuse. Il a l’air d’être un habitué et de circuler en sans avoir l’air de se demander où il va. Il fait peut-être partie de ces Britanniques nés dans ses anciennes colonies de parents déjà nés ici mais plus british que les Britanniques eux-mêmes. Elevé dans le souvenir distant d’une patrie idéalisée. Je le laisse continuer son chemin sur le marbre immaculé de l’hôtel. Tout respire l’opulence ici… l’architecture, les décorations, la profusion de plantes… le lieu est tellement exclusif que vous ne pourrez pas mettre un pied dans le lobby (ce qui est EXTRÊMEMENT rare dans un hôtel). Par contre, vous ne rencontrerez aucun problème pour y manger ou y boire un verre. Comme il est presque midi, je n’ai aucun complexe à aller m’asseoir à la table d’un des bars puisque c’est ici même que l’on a crée un classique des cocktails : le Singapore Sling ! Plutôt que de m’installer au fameux Long Bar, j’ai préféré m’attabler au bar qui se trouve dans le jardin, à l’ombre des arbres pour déguster ce breuvage qui a, selon la légende, été inventé pour permettre aux dames de boire un peu d’alcool, à l’époque où ce n’était pas socialement acceptable, en le faisant passer pour un simple punch. Sa couleur rose donné par la grenadine fit le reste !

N.B. : Le Raffles est en pleine rénovation, il faudra être patient avant de pouvoir y séjourner, si l’envie (et le budget) vous en prend : réouverture en 2018 !
Recette du Singapore Sling
  1. 30ml de Gin.
  2. 15 ml de Cherry Brandy.
  3. 120 ml de jus d’ananas
  4. 15 ml de jus de citron vert.
  5. 7.5 ml de Cointreau.Triple sec.
  6. 7.5 ml de Benedictine.
  7. 10 ml de Grenadine.
  8. Un splash d’Angostura Bitters.
  9. On passe au shaker
  10. Garnir avec une tranche d’ananas et une cerise au marasquin.

Le long du fleuve Singapour

J’entame la longue marche vers le front de mer, passant devant différent lieux d’intérêt qu’il convient de visiter quand on a le temps, comme le Singapore Art Museum, l’Eglise arménienne de Singapour (la toute première église chrétienne du pays) et son joli cimetière où la cathédrale anglicane de Saint Andrew et son plafond bleu. Quoi que je fasse; j’ai l’impression que mes pas me ramènent toujours vers la rivière : la voilà bordée d’immeubles de bureaux et d’hôtels de luxe. Alors que je m’apprête à emprunte un des deux ponts à ma disposition pour passer à l’autre rive, je tombe sur une vision incongrue : une fanfare de cornemuse et une petite foule rassemblée munie de ballons verts et orange. Je réfléchis… nous sommes le 17 mars et c’est a Saint-Patrick ! Moment surréaliste… on vit vraiment dans un monde globalisé !

L’embouchure du fleuve est sans doute un des points de vue les plus intéressant de la ville : avec l’eau qui semble déboucher d’un empilement de tours de verre et d’acier ! C’est ici que çà me tombe dessus ; Singapour est de la trempe de ces mégapoles asiatiques : Bangkok, Shanghai, Hong-Kong… mais une version maîtrisée, ordonnée, étrangement calme et policée qui laisse votre amatrice de frénésie urbaine perplexe ! Il n’y pas que sa prospérité qui vaut à Singapour le titre de “petite Suisse de l’Asie”.

Merlion Park, une drôle de créature

La promenade touche à sa fin ; me voilà à Merlion Park devant l’équivalent de notre Manneken Pis : le Merlion, une créature hybride de lion à queue de poisson, symbolisant les débuts de la ville comme simple village de pêcheurs, avant de prendre le nom de “s-Singapura”, la “ville lion” en malais. C’est à présent l’une des icônes de la ville qui crache son eau à l’embouchure du fleuve. La vue sur la ville d’ici vaut vraiment la peine. D’un côté, on a le skyline du CBD, de l’autre, le quartier des Gardens by the Bay et le paquebot surélevé du Marina Bay Sand, le plus luxueux des hôtels de Singapour, que j’irais visiter après-demain.

C’est le grand lieu de rendez-vous des touristes, mais aussi des amoureux dirait-on. Surtout du côté de l’espace extérieur du Théâtre Esplanade, un immense espace culturel qui, vu de haut, ressembler à un durian argenté coupé en deux et disposé de façon à faire penser à des ailes de scarabée.  En fait, Marina Bay est vraiment un quartier où Singapour a décidé de donner libre court à l’imagination et l’extravagance des architectes mais pour découvrir ce monde complètement à part… ce sera lors d’un prochain article !

Singapour à beau être petite, il y a BEAUCOUP à dire !





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