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October 2017

Un week-end à Luxembourg

Vingt-cinq ans, ça fait une paie. J’avais alors 18 ans à peine, dernière année de secondaire, une excursion avait été pensée pour nous, pour célébrer la fin de cycle, avant de se dire au revoir et de déployer nos ailes ailleurs.

Je ne savais pas que jusqu’à présent, je ne reverrais plus les visages qui m’ont accompagnés jusqu’au Luxembourg. Depuis, je n’ai fait que le traverser, en route pour ailleurs.

De Luxembourg-ville, j’avais gardé en mémoire l’image d’une ville trop calme, autant le charme d’Echternach et de Remich m’avait marqué, autant la capitale du Grand-Duché restait plongée dans le brouillard. Ennuyeuse, c’est un peu l’adjectif qui vient spontanément lorsqu’on évoque Luxembourg mais est-ce justifié ? Ma mémoire me joue t-elle des tours ? Un petit week-end improvisé avec OUIbus était l’occasion de dissiper ces brumes du souvenir.

Au quartier d’la gaaaaare

En bus, il faut trois grosses heures, voire un peu plus à cause des travaux mais enfin, on n’est pas mal installé… le travail, la lecture font que je n’ai pas une seconde pour m’ennuyer : j’arrive à Luxembourg un vendredi en début de soirée et prend possession de ma chambre, à l’Hôtel Grey bien installé à deux pas de la jolie gare. Luxembourg, pour nous Belges, c’est un peu comme la Suisse. Tout y semble mignon, propre, coquet, prospère… et plein de banques. A première vue, c’est toujours le cas : le quartier de la gare de Luxembourg doit être le moins craignos que j’aie jamais vu.

Ce soir, j’ai rendez-vous avec mon petit-cousin, qui me connaît depuis que je suis née, une photo de moi bébé et de lui petit garçon témoigne que nous nous disputions déjà la possession d’une tirelire en forme de cochon. Depuis quelques années, il travaille à Luxembourg alors, c’était l’occasion rêvée pour me faire inviter au restaurant !

Je viens à peine de déposer mes valises que me voilà embarquée par le cousin destination, resto italien. Normal, entre ritaux. D’autant plus que la population du Luxembourg est fait d’une multitude d’origine : ses industries, comme en Belgique, on eut besoin de main d’oeuvre et les institutions européennes venues s’y installer ont contribué à diversifier encore plus sa population si bien que la grande majorité des résidents luxembourgeois sont de nationalité étrangère.

Histoire de vous donner une idée, la ville est plus ou moins découpée en quatre quartiers et deux niveaux : le niveau haut qui relie le quartier de la gare, très marqué par le XIXème et le début XXème siècle à la ville haute, médiévale et Renaissance , via un très grand pont par dessus la vallée de la Petrusse. Il y a le Grund, la ville basse, tout au fond de la vallée et plus loin, en hauteur, le Kirchberg, le petit Manhattan luxembourgeois où les grands bureaux et institutions européennes ont pris place.

C’est sur la Montée de la Petrusse, juste avant le Grund que se trouve il Fragolino, le restaurant où m’emmène mon cousin. Un des beaux quartiers de la ville dirait-on. Une rangée de villas couleurs pastels et extrêmement soignées borde les deux côtés de la pente. « Ici, ces liaisons valent au moins un million d’Euros. » me mentionne le cousin. Ca se voit.

Après nous être régalés de pâtes et racontés les nouvelles, nous allons terminer la soirée au Scott’s Pub. Si le pub n’a rien d’original en soi (c’est un pub à l’irlandaise comme on en trouve partout), il doit par contre avoir la plus jolie vue de tout Luxembourg depuis sa terrasse qui donne sur le rivière et les vieilles demeures qui la longe.

Ca, c’était une introduction… mais que fait-on alors quand on a un court week-end à Luxembourg ?

On explore le Grund

Le Grund, la ville basse, est niché dans la vallée de la Petrusse, à l’endroit ou se jette l’Alzette, la rivière qui traverse la ville. C’est un petit monde en soi aux rues étroites; Bordé de parc, le Grund est littéralement dominé par les murs de la citadelle du Saint-Esprit qui imprime sa présence massive dans le paysage du quartier. Si la ville haute est coupée de l’eau, ce n’est pas le cas du Grund ! Beaucoup vont préférer son côté pittoresque à celui plus formel de la ville haute… et c’est vrai que le Grund ne manque pas de charme. Je vais passer d’agréables moment à me promener le nez au vent, à fureter dans des rues ou bords de l’Alzette avant de tomber sur le Musée national d’histoires naturelles du Luxembourg. Je ne m’y serai pas plus intéressées si je n’avais vue une exposition… sur les félins. Ni une, ni deux, Lectrice, Lecteur, la moindre pointe de moustache me fait fondre. Je suis donc allée voir l’expo qui est, il faut bien le dire, plus faite pour les enfants : depuis le culte du chat en Egypte aux grand félins taxidermés, tout vous sera expliqué sur le destin des félidés.

J’ai à peine le temps de sortir de l’exposition que je me retrouve dans un autre lieu de culture : le Neumünster. A l’origine une abbaye (les hauts murs et la lourde porte qui coupe l’endroit du monde en sont la preuve), Neumünster est devenu un gros centre d’exposition, de happenings culturels, etc. Outres des expositions temporaires payantes, on y trouve quelques gratuites §comme une mise en abîme de photographies de la vie quotidienne des Cubains à la Havane et celle de leurs cousins exilés à Miami. Visiter les cours et admirer l’architecture elle, est gratuite ! Le bâtiment est très harmonieux et ses lignes simples procure au visiteur un drôle de sentiment d’apaisement. L’esprit n’est distrait par des fioritures et on se laisse guider de cours en cours.

Le problème avec le Grund, c’est qu’il faut s’y arracher. Il est midi et je n’ai encore rien vu de la Ville Haute, qui est quand même un gros morceau. A regret, je prends encore une photo carte postale depuis le pont qui enjambe la Petrusse et me dirige vers l’ascenseur, Place Saint-Esprit. Celui-ci va me propulser jusqu’au début de la Ville Haute, en pleine « Cité judiciaire ».

La Ville Haute de Luxembourg

La Cité judiciaire est un drôle d’endroit. C’est le royaume de la Justice avec un grand « J ». Ici, le Grand-Duché a voulu installé tous ces grands tribunaux, ainsi que ceux de Luxembourg-ville. C’est donc tout un pan de la ville qui y est voué : tribunal de commerce, affaires familiales, etc. Ils sont tous installés dans des bâtiments tout blanc et dont le style ressemble à un mélange entre le Baroque que l’on trouve à Luxembourg et l’Art-Déco. Je sais… ça n’a pas l’air compatible comme à première vue. Ca donne un côté un peu austère à la chose (une fois encore, j’imagine que c’était pensé pour inspirer au citoyen une certaine forme de crainte et de respect via-à-vis des tribunaux) mais dans certains cas, les architectes se sont permis des excentricités, comme ces énormes vases de couleurs vives qui tranchent sur le blanc des pierres.

Enfin, j’entre dans la partie « historique » de Luxembourg, celle qui était bien à l’abri derrière ses murs et ses forts. Si bien faites étaient ses défenses que on l’appelait « le Gibraltar du nord ». C’est une ville coquette, pimpante et vivante que je découvre. Nous sommes samedi soir et les Luxembourgeois sont de sortie shopping… mais pas que : je tombe sur le Festival du théâtre et en moins de deux, me voilà entourée de clowns… alors que je suis plutôt du genre phobique. Pas étonnant qu’il y ait un festival de théâtre : pour une ville de sa taille, Luxembourg en compte vraiment beaucoup : le Théâtre National, le Grand Théâtre de la ville de Luxembourg, le Théâtre Ouvert et celui des Capucins, bien caché dans une arrière cours avec son joli bistro..

Un peu par hasard, je vais débarquer devant le Palais Grand-Ducal. Il est plutôt modeste, comparé à notre Palais royal, mais plus joli… et puis, il faut se partager l’espace : c’est la chambre des députés qui hérité de toute une grande partie. Juste devant, mon œil est attiré par une belle enseigne et une devanture où semble se presser les gens. Curieuse, je vais regarder : c’est The Chocolate House, à la fois une maison du chocolat mais surtout, surtout… une pâtisserie à faire pâlir les amateurs. C’est le summum du sucre, de la crème, de la génoise et de la dacquoise. La taille des gâteaux est immense et à la découpe, on se rend compte du travail. C’est juste impossible de résister ! Je passe ma commande de gâteau au café et arrive à me trouver une place dans la salle du haut. Le lieu est si populaire qu’on vient en famille complète, multi-générationnelle. Une table de dix se rempli derrière moi, des grands-parents au petit-dernier qui ne pourrait même pas en manger. Quand à moi, malgré le brouhaha, je savoure… même s’il sera impossible de finir l’énorme portion qui m’a été servie. Reprendre la promenade va me faire du bien !

Au fur et à mesure de ma balade dans l’environnement médiéval de la ville, je tombe sur la plus grande place de la ville : la Place Guillaume II. Guillaume II fut le premier Grand-Duc du Luxembourg indépendant (le Luxembourg est une monarchie mais son souverain n’a pas le titre de roi), à la fois roi des Pays-Bas et Grand Duc, il trône fièrement sur son cheval au milieu d’une place en pleine rénovation. C’est que Luxembourg a pas mal de projets ambitieux en cours, notamment du côté du Kirchberg, le « Manhattan luxembourgeois », où les banques et les institutions résident, que la ville veut transformer en vrai quartier d’habitation. Mais le Kirchberg, je ne le verrais que de loin, perché sur sa colline entouré d’arbres. Sa visite, ce sera pour une autre escapade.

J’arrive enfin sur le Place d’Armes. Ce n’est pas la plus grande mais c’est sans doute la plus populaire des places de Luxembourg. Bordées d’arbres, elle est comble cet après-midi et pour cause : c’est la fête à la communauté indienne du Luxembourg ! L’air de place est rempli de musique et d’odeur d’épices. Sur le kiosque, tout le monde danse et la foule se presse aux petits stands de dégustations. Ca vibre, ça vit. Mais comment se fait-il que je n’ai pas gardé de souvenir de la ville ? Non, Luxembourg n’est pas ville morte !

Dernière étape de ma balade touristique : la cathédrale Notre-Dame de Luxembourg. Construite au XVIIème siècle par les Jésuites, la cathédrale a un côté étrangement chaleureux pour un bâtiment de cette taille. Ce doit être cet énorme coeur rouge suspendu au début de la nef qui doit y jouer un rôle. Autre particularité de la cathédrale, ce sont les tapisseries, plutôt que les tableaux, qui attirent l’oeil. Elles sont gigantesques et c’est assez rare de trouver des tapisseries dans ce genre de bâtiment.

Les vitraux valent également le coup d’œil mais ne manquez pas d’aller visiter la crypte, c’est ici que sont enterrés les souverains luxembourgeois avec une chapelle accessible à tous, tandis que les tombeaux sont gardés par une paire de lions et une solide grille. Voilà un repos bien assurés.

Une journée n’aura évidemment pas suffi pour tout voir : il y a des musées à découvrir comme le MUdam (Musée d’art moderne), les Rives du Clausen et ses bars… En attendant; la mission que je m’étais fixée, redécouvrir Luxembourg, est plus que remplie… puisque je projette d’y revenir !

Luxembourg : les bonnes adresses

Où dormir

Contrairement à ce que j’avais pensé, dormir à Luxembourg dans un hôtel n’est pas très cher. J’ai choisi d’élire domicile du week-end au Grey Hotel, tout à côté de la Gare, pour une question pratique. Il n’est pas très grand et on sent qu’il a été rénove récemment. Le décor est minimaliste, fonctionnel, avec des notes de rouge dans les chambres pour donner un peu de peps. Attention au pudiques, la paroi qui sépare la douche de la chambre est transparente, on aime ou on aime pas ! En tout cas, malgré sa proximité avec la gare, c’est très calme. Le petit-déjeuner est en extra et servi dans la salle restaurant (qui ouvre le jour mais ferme en fin d’après-midi).

Notiez que Luxembourg, comme Bruxelles, est une ville où les chambres d’hôtels sont moins chers (quasi la moitié dans certains cas) le week-end. Tout bénéfice pour un citytrip donc et au Grey, vous vous en tirerez pour moins de 80 Euros pour une ou deux personnes, sans le petit-déjeuner.

Où manger

Il Fragolino

Très beau restaurant italien situé dans la Montée de la Pétrusse, une adresse qui en jette donc, et l’adresse préférée de mon cousin. Pâtes fraîches et pizze (on vous recommande de demander un trio de raviolis) avec une mention spéciale pour les ravioli au prosciutto, sauce beurre et sauge. A tomber ! Le service est particulièrement chaleureux et j’ai remarqué une bien jolie terrasse à l’arrière du restaurant, à tester au retour des beaux jours.

56 Montée de la Petrusse, 2327 Luxembourg

Où sortir

De Gudde Wëllen

Envie d’entendre les artistes qui vont faire la scène alternatives luxembourgeoise ou de boire une bonne bière digne de ce nom (parce que, désolée cher Luxembourg, mais la Diekirch, BEURK), rendez-vous rue Saint-Esprit dans la Ville Haute pour le très chaleureux « De Gudde Wëllen ». Bar après-midi, café-concert le soir, on y est juste bien. C’est le genre d’endroit sans prétention qui me convient à 100% avec ses tables en bois, ses gros coussins et son intérieur un peu sombre. Testé et approuvé !

17 Rue du St Esprit, 1475 Luxembourg

Paname

Voilà un endroit qui n’a pas dû chercher longtemps pour trouver son nom puisqu’il est situé… Place de Paris, dans un coin du quartier de la Gare qui rappelle très, très la capitale française avec ses bâtiment haussmanniens.

D’après leur créateurs, Paname, c’est un bar où on peut manger (la carte est étoffée) et la spécialité, ce sont les cocktails. L’intérieur est sobre, tirant son inspiration de l’Art Deco avec le panneau derrière le bar et le mobilier, on reste dans le noir et le blanc, un peu de beige, agrémentés du vert des plantes

Je me suis laissée séduire par la grande liste de déclinaison de spritzs. L’ambiance est en tout cas là, et le lieu très fréquenté.

50 Rue Ste. Zithe, 2763 Luxembourg

Scott’s Pub

Si mon cousin ne m’y avait pas emmenée, je ne me serai sans doute jamais arrêtée devant cet énième pub à l’irlandaise et pourtant… Scott’s Pub doit avoir la plus belle terrasse de tout Luxembourg. La nuit, la lumière des maisons anciennes le long de la Pétrusse se reflètent dans l’eau et la journée, on peut en observer l’architecture et les détails. Ici, Luxembourg ressemble un peu à ces jolies petites villes allemandes qu’on jurerait tirées de comptes des frères Grimm. A vous de choisir le moment que vous préférez.

4 Bisserweg, 1238 Lëtzebuerg, Luxembourg

Que ramener de Luxembourg ?

Le premier souvenir à ramener quand on songe au Luxembourg, c’est le vin ! Les coteaux qui forment la frontière est du pays du pays sont l’endroit idéal pour cultiver la vigne et les petits blancs de Moselle (Riesling, Gewürztraminer ou autre Pinot blanc) sont bien agréables mais que faire si vous souhaitez trouver un truc un peu plus « funky » pour vous rappeler le Luxembourg ? Rendez-vous à au Concept Store « Luxembourg House », à deux pas du Palais Grand-ducal. On y trouve les classiques du souvenir (comme les vins, de la confiture ou des cartes postales) mais aussi des objets de design, des jouets, des produits naturels, des livres de cuisines… J’ai eu un faible sur les petites cartes pour apprendre le luxembourgeois er les mugs rigolos avec le couple grand-ducal, qui fera beaucoup plus original qu’un mug avec la reine d’Angleterre dans votre armoire !;)

2 Rue de l’Eau, 1449 Luxembourg

Pour aller plus loin
Se rendre à Luxembourg

Sans la voiture, rien de plus facile :

  • soit en train (depuis Bruxelles, Namur ou Liège en Belgique, en TGV direct, ou via Metz depuis Paris)
  • Soit en bus. OUIbus a une liaison quotidienne depuis Bruxelles (sur l’axe qui mène à Amsterdam). Depuis Paris en bus, il faudra le faire soit via Bruxelles, Dijon, Nancy ou Metz. Même le gros concurrent Flixbus vous passer soit par Bruxelles, soit par Metz.

La ville en elle-même est idéale pour découvrir à pied, elle n’est pas très grande et dispose d’excellents transports en commun ainsi que d’un système de location de vélo. Le bon plan si : le City Shopping Bus qui est gratuit et relie le parking du Glacis au centre… gratuitement ! On remet en plus de réductions pour des activités (visites guidées, théâtre, etc…).

Le Bon plan : la Luxembourg Card

Si vous comptez faire le plein de culture, la Luxembourg Card est bon investissement. Elle donne droit à l’entrée gratuite auprès de 60 musée à travers tout le pays mais en plus, les bus et les trains seront également gratuit (idéal si vous restez plusieurs jours), Premier prix : 13 euros pour un jour et une personne, 28 euros pour une carte famille (2)5 personnes).

Cette balade a été réalisée grâce au concours de OUIbus a offert le ticket de bus. Merci à eux.
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  1. Eloise
    le 23.11.2017

    vraiment sympa, les photos sont magnifiques en plus

  2. Melissa
    le 23.11.2017

    C’est gentil, Eloïse. Merci. 😉

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