- Saint-Martin d'Ardèche , France -

October 2017

Le Sud de l’Ardèche hors saison : des mille et une façons de déguster du vin

Se réveiller en pleine nature, sous le soleil, ça fait toujours son petit effet. Il y a comme un sentiment de paix, d’optimisme dans l’air du matin qui pétille. Tout doucement, les autres nous rejoignent dans la salle du petit-déjeuner au Domaine de Briange. On va avoir besoin de prendre des forces, la journée sera plutôt physique et les vélos à assistance électrique nous attendent déjà pour une balade le long des gorges de l’Ardèche.

A bicycletteuuuuuh (mais électrique)

Le vélo électrique, j’y avais déjà gouté pendant mon séjour sur le ViaRhôna et une fois qu’on y a gouté, difficile de s’en passer, chaque coup de pédale vous propulsant littéralement ! Nous voilà donc partis, en ordre dispersé, pour rejoindre la Grotte de Saint-Marcel, via la Grotte de la Madeleine. Et le chemin est plutôt sympathique sur une route à travers les bois, il aurait fallu encore attendre 3 semaines avant d’avoir les jolies couleurs de l’automne mais elles s’annoncent doucement. Je profite, en tout cas, de ce goût de liberté qu’apporte le vélo : le vent sur mon visage, le jeu d’ombre et de lumière des feuilles d’arbres sur mes yeux, le sentiment de vitesse… mais de vitesse juste ce qu’il faut pour bien profiter du paysage.

Après une grosse heure, nous abandonnons temporairement nos vélos devant le centre d’accueil de la Grotte de la Madeleine. Ca semble être un lieu touristique assez important, deux bus y sont garés et le Centre d’accueil, avec magasin de souvenir, est assez imposant. Malgré les apparences, l’entrée est gratuite et vous pourrez filer vers l’attraction principale du lieu : le Belvédère. Il offre une vue splendide sur une boucle de l’Ardèche dans son canyon et un accès à la petite grotte de la Madeleine. Dans ce coin d’Ardèche, les grottes sont légions ! Certaines furent habitées depuis l’enfance de l’humanité, comme la grotte de Chauvet et ses peintures rupestres. D’autres ont été découvertes bien plus tard.

Spéléoenologie aux Grottes de Saint-Marcel d’Ardche

La Grotte (on devrait plutôt dire LES grottes) de Saint-Marcel est un complexe de plusieurs kilomètres. Certaines parties sont emménagées pour les visites, d’autres accessibles aux spéléologues d’un jour comme nous, d’autres pour les pros et d’autres encore sont inexplorées. Mais la particularité de Saint-Marcel est qu’on y élève du vin de grotte ! Un vin qui murît plus doucement qu’à la surface grâce à la température fraîche qui y règne en permanence et qu’on peut venir goûter sous terre : de la spéléoenologie ! Revêtus de tout l’attirail du parfait spéléologue (combinaison, casque, lampe et une dose de courage), nous nous enfonçons dans les profondeurs de la terre. Les dix premières minutes, rien de bien méchant. Nous suivons le parcours accessible au commun des visiteurs, mais au moment où on nous demande de laisser notre seconde paire de chaussures pour notre retour, on comprend que l’on quitte les sentiers battus et c’est parti pour l’aventure ! Bon, l’avantage par rapport aux Grottes de Han l’année dernière, c’est qu’à Saint-Marcel, on ne doit pas se dépatouiller avec la gadoue, vos pieds seront bien au sec, bien qu’un peu malmenés si vous avez deux pieds gauches et un sens de l’équilibre défaillant comme moi. Vous enveloppez tout çà avec des petites jambes qui ont du mal à escalader et vous obtenez le boulet du groupe. Je suis un peu à la peine et à la traîne, mais je m’amuse. Autant en rire… ça ne m’empêchera pas de tenter un passage dans une « chatière », des espaces si étroits qu’il faut s’allonger et ramper comme on peut le long de la roche : claustrophobes s’abstenir !

Je suis tellement concentrée sur ce que je fais que j’ai un peu de mal à apprécier ce qui m’entoure : stalactites, stalagmites, figures fantastiques issues des caprices de la nature.. Finalement, nous arrivons dans une salle, c’est ici que nous ferons la dégustation : tout le monde s’assied en rond, les bouteilles et les verres sortent des sacs… Imaginez le spectacle : une quinzaine de zozos en combinaisons bariolées, avec des casques et lampes, à mille lieues sous la roche, en train de déguster d’excellents Côte-du-Rhône du Mas du Libian, une exploitation bio ! Pour mieux nous faire apprécier le bouquet et les saveurs du vins, on nous demande d’éteindre toutes les lumières. Nous voilà plongés dans le noir absolu. Pas la moindre petite source de lumière, rien ! C’est comme si le monde s’était effacé d’un seul coup. Dans cette obscurité si complète, je suis à l’aise, comme plongée dans un cocon de velours noir. Peut)être parce que je sais la lumière va bientôt revenir ? En bonne élève, j’hume le contenu du verre que je tiens, me concentre. La différence est immédiate : sans la vision qui parasite mon nez, le bouquet me semble plus parfumé et j’essaie de me raccrocher à des odeurs que je connais : la cerise ? Oui, c’est çà. Pendant que je réfléchis, notre viticulteur confirme. Il suffirait donc d’éteindre la lumière pour devenir un fin nez ? Mon palais, par contre, continue à se battre dans la reconnaissance du goût. Ca viendra un jour, j’imagine… En attendant, nous rallumons les lumières de nos casques et tant que nos veines sont encore pleine de courage liquide, on va faire une petite tyrolienne, comme çà, pour le plaisir ! Des tyroliennes, j’en ai déjà fait mais dans une grotte immense avec un gouffre non moins impressionnant en dessous de moi, jamais et franchement.. ça le fait ! Pas le temps de se remettre de nos émotions ! Puisqu’on est en si bon chemin, pourquoi ne pas continuer avec un petit pont de singe ? Et allez, zou ! On commence face à une paroi rocheuse, histoire de ne pas être trop effrayés mais au milieu du parcours, on vous demande de vous retournez et là, c’est le spectacle d’une salle encore plus large que celle de la tyrolienne. Je la contemple alors que je suis quasi écartelée entre la corde qui supporte mes pieds et mes bras qui se tendent au maximum pour mes mains puissent agripper la corde du haut. On dirait que je vais faire le saut de l’ange ! Très contente de moi, je termine le parcours… le reste ne sera plus qu’une petite promenade de santé ! Avant de quitter la grotte, nous allons jeter un coup d’oeil dans la grotte où le vin est entreposé. Rien de bien spectaculaire, je dois dire, c’est juste un casier où des bouteilles reposent bien à l’abri mais l’expérience de la dégustation est tellement insolite que ça vaut vraiment la peine de la tenter.

Le Palais des Evêques de Bourg-Saint-Andéol

Après nous être rafraichis, la suite de nos aventures nous emmène sur les bords du Rhône à Bourg-Saint-Andéol où nous attend une surprise. En passant devant la fête foraine de la ville, nous espérons secrètement que la surprise sera un p’tit tour d’auto-scooter mais non… c’est encore plus énorme. La voiture se gare devant une grande porte et de hauts murs qui cachent une très belle demeure : le Palais des Evêques. Et c’est une assemblée en tenue du XVème siècle qui nous souhaite la bienvenue. Palais des évêques de Viviers pendant de nombreux siècles, le bâtiment est devenu une école tenue par des religieuses et est à présent une propriété privée depuis 2000. Achetée par le médecin Jacques Lextreyt et sa femme Nicole, ils se sont mis à l’ouvrage, avec l’Association qu’ils ont crée, pour restaurer le « Palais aux cent pièces » et de l’ouvrage, il y en a… les soeurs qui géraient l’école avaient presque tout cimenté. Et même 17 ans après l’achat de la propriété, les découvertes se font tous les mois lors de la restauration. La vidéo qui suit vous donnera une petite idée !

C’est à notre tour de nous mettre dans l’ambiance et on nous invite à passer des costumes : chasubles, serre-têtes pour les dames, chemises, pourpoints et chapeaux pour les messieurs et colliers pour tous. Voilà, nous faisons partie du décor ! Et franchement, on ne dénote pas dans la très belle Salle des Etats, une grande salle de réception où sont organisés régulièrement des repas médiévaux ! C’est d’ailleurs la cuisine que nous visitons en second… avec un four d’époque qui fonctionne encore et différentes cheminées dont l’une destinée à rôtir des animaux entiers. Ouch ! Mais sur la table, des petites tourtes qui nous font de l’oeil finissent par compléter l’illusion que la cuisine est vraiment habitée. J’ose à peine imaginer le masse de travail qu’il a fallu pour dégager ces énormes pièces… mais aussi pour dénicher les meubles et ustensiles pour décorer tout ça. Ca laisse pantois, le véritable travail d’une vie ! Le plus bel atout du Palais, c’est sa magnifique terrasse. C’est là que tous costumés, nous allons déguster des petits plats crées selon des recettes médiévales, mêlant souvent le sucré-salé et les épices : soupe de potiron au galanga, ou tourtes salées épicées à la cannelle. Des saveurs inattendues mais toutes délicieuses et bien entendu DU VIN que nous lèverons à la tonitruante devise du quartier du Palais : « Plus haut, Saint-Michel ! ».

Virée en véhicules vintage sur les routes d’Ardèche

Dernière matinée en Ardèche, c’est à pied que nous nous rendons à notre dernière visite de domaine viticole : le Domaine de la Croix-Blanche à Saint-Martin-en-Ardèche. C’est Rose-Marie qui nous souhaite la bienvenue. Cette dynamique vigneronne, comme elle se définit elle-même, n’était pas née dans la vigne. Enseignante de métier, c’est en tombant amoureuse de Daniel, viticulteur, qu’elle est entrée dans la famille des vignerons. Le couple Archambault et leur fils Guillaume sont donc à la tête d’une exploitation qui est totalement passé au bio en 2013 et pour visiter les vignes, nous allons le faire avec style : à bords de véhicules vintage : des 2CV et une voiture que je ne connaissais pas : la Méhari. Un vieux modèle de Citroën qui semble plus avoir sa place dans la brousse que sur les routes de France. Détail amusant, la carrosserie est en plastique ! C’est donc tout joyeux que nous prenons les petites routes de campagne ardéchoise, dans des voitures qui sont loin de passer inaperçues ! Ici aussi, il y a comme un air de liberté, un petit goût du bonheur et une joie pure, celle qui vient de profiter du moment présent, du soleil, de nouveaux amis, de passer sa tête par le toit de la voiture, de voir les visages étonnés et rieurs des gens que l’on croise sur la route. Et puis, il y a le paysage, doucement vallonné par endroits, plus abrupt à d’autres, décoré par les couleurs des feuilles de vignes, vertes, jaune, et quelques fois déjà rouille ou rouge. Le goût de l’insouciance de l’époque où ces voitures étaient partout sur les routes de France.

Et comme ce séjour avait commencé, il se termine en festin et dégustation à l’Escarbille. Sur la terrasse du restaurant, pendant que l’on déguste les vins de Daniel et Rose-Marie, j’ai un pincement au cœur, similaire à celui du dernier jour des colonies de vacances, quand il faut rentrer chez soi, dire adieu aux amis qu’on a peine eu le temps de se faire et retrouver son quotidien.

Mais pas sans un dernier morceau de caillette pour la route !

Où dormir ?

C’est à Saint-Martin-d’Ardèche, en bords de Rhône, que nous avons passé la nuit dans un hôtel boutique : Les Petits Oreillers. Il semble avoir ouvert il n’y a pas très longtemps. Si les chambres (en tout cas pour les chambres standards) ne sont pas très grandes, elles ne manquent de rien : la literie est TOP ! La salle de bain, compacte mais bien fournie (avec de chouettes produits d’accueil et un sèche-cheveux, un luxe!). Mention spéciale aux patrons, à leur gentillesse et bons conseils (qui m’ont permis d’aller trouver un saucisson de compèt’ (et Lectrice, Lecteur, tu sais que je suis une malade de cochonnaille).

Cette aventure ardéchoise a été réalisée avec le soutien de l’Agence de Développement Touristique de l’Ardèche (ADT), l’Office de Tourisme « Du Rhône aux Gorges de l’Ardèche», l’Office de Tourisme Pont d’Arc-Ardèche et 2000 vins d’Ardèche. Les opinions de l’auteure restent ibres et entières, malgré le nombre de dégustation de vin d’Ardèche.




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