- Tournon-sur-Rhône , France -

July 2016

ViaRhôna : entre Arras-sur-Rhône et Viviers

Nous serions bien restés à encore causer de vin et à déguster le Saint-Joseph de Catherine mais l’heure tourne et nous remontons en selle pour poursuivre la dernière tranche de ViaRhôna du jour : la route qui nous mènera à Tournon-sur-Rhône.

C’est l’heure belle de l’après-midi, celle où le soleil commence doucement à décliner. De blanche, la lumière se fait un peu plus jaune… ce n’est pas encore l’heure d’or, mais les prémices sont plutôt prometteuses. Après avoir longé le Rhône, nous le perdons de vue et commençons à rouler dans des bosquets ou à travers des champs parsemés de coquelicots. C’est bucolique à souhait !

Tout doucement , nous retrouvons la civilisation : nous voilà arrivés à Tournon-sur-Rhône, en Ardèche. De l’autre côté du fleuve, quasi en face, c’est la Drôme et Tain-l’Hermitage, que nous irons voir plus tard mais en attendant, les portes du château de Tournons s’ouvrent à nous !

Tournons-nous vers la vie de château

Le château-musée de Tournon-sur-Rhône semble dater d’hier. Il a traversé les âges sans guère de dommages et est à présent plein de projets. Seuls les modes des époques et le bon vouloir des Contes d’Ardèche l’ont changé mais on voit bien avec ses hauts-murs et son aspect solide qu’il date du Moyen-Âge (du moins, de la fin de l’époque médiévale). Quand nous entrons dans la cours du château, c’est l’effervescence : il semble qu’une classe de secondaire de la ville célèbre un échange linguistique avec des pairs venus d’Allemagne. On se faufile entre les élèves et le buffet soda et chips pour entamer la visite.

Ce château a vu passer du monde : pas moins de 3 rois roi de France (Louis X, François Ier, Henri II) mais aussi le poète Ronsard, alors qu’il n’était qu’un page. Tournon sera d’ailleurs une source d’inspiration pour le futur poète. car si ses visiteurs furent célèbres, ses morts le furent tout autant. En premier lieu, François, fils aînés de François 1er, y mourut d’une étrange façon, après avoir bu un verre d’eau froide qu’on lui avait donné après une partie de jeu de paume. Empoisonnement ? Maladie pulmonaire ? Excès d’ébats amoureux avec sa maîtresse ? Sa mort, alors qu’il n’avait que 18 ans, reste aujourd’hui encore mystérieuse.  L’autre figure tragique, c’est Hélène de Tournon, une petite jeune fille amoureuse d’un marquis destiné aux ordres. Les sentiments étaient parait-il réciproques mais le jeune homme n’osât aller contre la volonté de sa famille. La pauvre Hélène en fut si touchée qu’elle tombât dans une profonde mélancolie avant de mourir. Cette triste histoire fit sensation à la Cour de France.  Pierre de Ronsard, présent à la mort du premier et au courant de l’histoire de la deuxième, y a laissé quelques écrits à leurs sujets. Une des chambres du château est d’ailleurs la reconstitution d’une chambre typique de jeune fille du XVIème siècle, avec son lit à baldaquin, ses grosses draperies et ses meubles en bois foncés, comme la pauvre Hélène aurait pu la connaître. Comme c’est un musée plus qu’un simple château qui aurait baigné dans son jus, on y trouve des oeuvres d’art : peintures, sculptures, maquettes, dessins datant de différentes époques mais le plus beau morceau, c’est un immense triptyque caché dans la chapelle du château, tout en hauteur. Et justement, les terrasses du lieu offrent de superbes point de vue sur Tournon et le Rhône. Un lieu parfait pour savourer le soir qui s’annonce !

Un bijou : l’Hôtel de la Villeon

Mais finalement, ce ne sera pas sur une des terrasses du château que nous trouverons luxe, calme et volupté mais plus bas en ville, à l’Hôtel de la Villeon. C’est devant la lourde porte d’une grosse maison particulière que nous attendons qu’on nous ouvre. En guise de lobby et de réception, c’est sous une espèce d’arche que nous sommes accueillis comme des invités de marque. Nous sommes un peu impressionnés, en tout cas, c’est mon cas. Sans m’en rendre compte, je baisse la voix, me redresse un peu, essaie de prendre un air dégagé comme si tous ces égards m’étaient bien dus et je suis avec détachement le membre du personnel qui nous guide Gabrielle et moi à nos chambres. Et là, stupeur, j’hérite d’une énorme chambre sous les combles, pavée de tomettes avec un lit immense, du mobilier design et de drôles d’oiseaux dans une cage en verre. Lorsque je tâte le lit, la main s’enfonce complètement dans la couette avant de pouvoir enfin toucher le moelleux du matelas. J’en ai des frissons dans le dos ! Quand à la salle de bain, elle est carrelées de jolies mosaïques de dégradés de gris, de la plus grande élégance. Bref, je suis dans un cocon que je n’ai aucune envie de quitter et le sentiment d’exclusivité qui s’en dégage ne fait que rajouter au charme du lieu. C’est sans compter sans les jardins qui se cachent à l’arrière de la demeure. Bref, une superbe adresse !

Tain-l’Hermitage, péniche et chocolat

Une adresse qu’il faudra malgré tout quitter pour aller dîner! Nous allons traverser le Rhône à pied pour rejoindre Tain-l’Hermitage. Non seulement nous passons de l’autre côté du fleuve, mais nous changeons également de département : nous voilà dans la Drôme, prêts à se jeter sur un bon dîner servi à bords d’une péniche amarrée au quai ! La Péniche est un lieu résolument insolite et vraiment plaisant pour terminer la journée, d’autant plus que le soleil a décidé de nous offrir un vrai show avant d’aller se coucher dans un ciel sans nuages. Si le lieu est magique (surtout avec les petites loupiotes qui s’allument côté bar quand le soir tombe), la cuisine ne l’est peut-être pas autant. C’est vrai que nous avons été gâtés depuis le début de ce séjour et les plats, bien que joliment présentés, n’étaient pas  aussi savoureux qu’on aurait pu le croire. Ca reste quand même romantique à souhait et on vous le recommande pour prendre un apéritif ou un cocktail.

Le lendemain, nous reviendrons à Tain pour y découvrir d’autres gourmandises… et non des moindres : la Cité du chocolat Valrhona. Mais oui, je suis sûre que vous connaissez ces chocolats, dont on sert souvent de petites barres effilées avec un café.  Valrhona est un grand nom parmi les chocolatiers et c’est ici, à Tain, que l’entreprise s’est installée il y a 90 ans. Avant de reprendre les vélos pour nos derniers tours de pédales, nous allons donc nous enivrer de chocolat !

Le parcours commence à la réception de votre ticket, il vous donne droit à la distribution de deux carrés : soit deux carrés de chocolat noir, soit deux carrés de chocolat au lait qui sont distribué via des bornes. Vous emportez vos carrés mais avant de les manger, on se place devant les stations de dégustation où via un écran, une chocolatière vous explique comment sentir et déguster un chocolat. Il faut donc faire appel aux sens. Un peu plus loin, à la table des recettes, le nez est encore sollicité puisqu’on y découvre des pots dans lesquels on peut respirer des odeurs d’épices ou d’ingrédients utilisés dans la confection de chocolats. Aux visiteurs de deviner de quoi il s’agit (probablement de l’étape la plus ludique). On vous expliquera également tout sur la culture et la récolte du cacao et enfin, tout le processus de fabrication du chocolat, depuis la torréfaction des fèves de cacao jusqu’au résultat: les petits palets ovales caractéristiques de Valrhona. Conseil, Lectrice, Lecteur :  prend un petit-déjeuner léger si tu y vas le matin, afin de pouvoir profiter à fond des dégustations. Même en me modérant, j’ai eu un peu de mal à finir mon quatrième chocolat.

 Bien que très informatif, la visite nous a semblé un peu courte mais depuis le 1er juillet, la Cité du Chocolat a doublé de taille avec un espace dédié aux ateliers et aux pâtisseries. MIAM! Je ressortirai de là avec un petit sachet de Dulcey, la création phare de la maison : un chocolat “blond” au goût légèrement biscuité.

Ce dernier tronçon de ViaRhona tombait donc à pic pour éliminer les calories ingurgitées ! Nous revoilà donc en selle, avec un soleil qui a décidé de chauffer plus dur aujourd’hui, et un vent de face qui nous obligera à mettre en route le moteur des vélos électriques. Le paysage est ici un peu plus sauvage, plus vallonné aussi. Enveloppés dans une nappe de chaleurs, nous franchissons la passerelle himalayenne de Rochemaure. Flanqué de deux tours d’inspiration médiévale, le pont existe depuis le XIXème siècle mais a été expressément remis en état à cause la ViaRhôna dont le tracé passait par là. Le pont relie la Drôme à l’Ardèche mais vous dire quel coté est lequel devient difficile.

Une fois franchie la passerelle, nous ne nous arrêterons quasi pas, seulement pour prendre quelques photos jusqu’à ce que nous apercevions la ville de Viviers, perchée sur son petit promontoire, elle surveille le Rhône, côté ardéchois. C’est ici que nous dirons adieu à nos fidèles destriers à roues, à regret… La liberté qu’ils nous ont apportés vont nous manquer, en tout cas, à moi.

Des regrets un peu effacés parle déjeuner qui nous attend au Relais du Vivarais, un très bel hôtel-restaurant (avec une bien jolie piscine) où nous mangerons du canard à l’ombre d’une tonnelle, à discuter de ces quelques jours passés ensemble et de l’Ardèche que nous aurons entrevue.

Et tu sais quoi, Lectrice, Lecteur? J’avais beau être repue à l’issue du dîner, il y a comme un goût de trop peu!

Cette promenade à vélo a été réalisée dans le cadre d’une opération organisée par ViaRhôna mais les opinions de l’auteure lui restent propre, malgré les nombreux verres de Côte-du-Rhône dégustés.

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