L’Ardèche, on l’essaie et il y a tout de suite un goût de revenez-y. Eh oui, ce n’est pas la première fois que je viens visiter l’Ardèche. Vous vous souvenez de mes escapades dans les vignes ? En ces temps de COVID-19, ce département rural (le seul de France métropolitaine sans gare de trains) au relief varié et peu peuplé offre pas mal d’opportunités pour les amateurs de calme et de grand air. Pour nombres de personnes, c’est aussi une madeleine de Proust. Combien y sont venus en famille en camping ? Et c’est sur ce thème de plein air que j’ai passé ces 3 jours à l’invitation d’Ardèche Tourisme. C’est parti pour le plein d’activités !

La trottinette électrique

Filer sur les routes et chemins, à travers les villages, bois et vignes de l’Ardèche secrète, ça te dit, Lectrice, Lecteur ? Mais pas les petites trottinettes qui risquent de te renverser à tous les coins de rue quand tu te balades en ville, non. Là, on parle de la version « TTT » : trottinette tout-terrain, avec un gros châssis et des pneus de compète. Le temps de s’équiper au Camping du Plan d’Eau de Saint-Privat, nous (Solène de Solcito, Olivia de La Fille de l’encre, Lucie d’A la conquête de l’Est et Laetitia de Kikimag Travel) prenons ensemble la direction de Saint-Sernin, au départ de la Voie Verte. C’est avec Ardèche Trott que nous allons effectuer cette balade.

Casque sur la tête, on doit porter la batterie de la trottinette dans un petit sac-à-dos. On branche les fils de la batterie sur la bécane et roule, ma poule ! La trottinette électrique finalement, ça se conduit comme un vélo, sauf qu’au lieu d’être assise sur une selle, on est debout et tout comme un vélo électrique, l’engin est silencieux, ce qui permet de vraiment profiter des paysages, du chant des oiseaux et des cigales… Le chemin que notre guide a sélectionné est plutôt tranquille mais trottinette tout terrain oblige, il faut quand même des sensations : nous franchissons donc quelques côtes, des chemins caillouteux (le plus difficile à négocier), des virages périlleux… C’est une superbe façon de se promener et de se sentir libre. Pour les plus sportifs, Ardèche Trott peut vous emmener dans des trajets un peu costauds.

Randonnée à Bise

L’après-midi est glorieux à Bise, un joli hameau qui fait partie de la commune de Genestelle. Ici, l’Ardèche se fait sauvage. Nous sommes aux portes des Montagnes ardéchoises et j’ai l’impression d’être en Italie… ce même type de paysage de hautes collines, à la fois verte et cuites par le soleil, les villages de pierres… Notre itinéraire, c’est celui du Val de Bise, un coin plutôt isolé. Nous sommes ici sur les Hautes-Cévennes et c’est en partie à l’ombre des châtaigniers que nous allons grimper avec Matthieu, notre guide d’Ardèche Randonnées. Cet homme passionné va tout nous expliquer en chemin : la faune, la flore, les paysages, le relief, l’histoire du coin et des gens… Un vrai puit de savoir local ! Bien que les châtaigniers poussent un peu partout, ne nous y trompons pas : c’est en fait un verger. La châtaigneraie est ici plantée par l’homme. La châtaigne, c’est LE produit phare de l’Ardèche, avec le picodon et le saucisson. Si on n’aime pas la châtaigne, on risque d’avoir de gros problème en Ardèche ! Grillée, en pâte, sous forme de marrons glacés, en tarte, en tiramisu, en parfum de crème glacée, elle est partout et le Val de Bise est un lieu privilégié pour sa culture. Les grosses bogues vertes et piquantes sont proches de la maturité. Je regarde d’un œil inquiet les « bouquets » de bogues en passant en dessous. Recevoir ça sur la tête ne doit pas faire du bien ! Sur les pentes où poussent les châtaigniers, on a disposé de grands filets pour recueillir les fruits qui tombent. Une technique importée d’Italie pour la récolte des olives et qui fonctionne aussi très bien ici. Les bogues sont récupérées dans des filets étendus tout le long d’une pente descendante. Une fois la récolte complète, on ramasse les filets en allant vers le bas où un talus bloque la dégringolade des bogues, et voilà !

Les châtaignes sont traitées localement puisqu’on on y trouve une petite usine de traitement, la seule industrie du coin

Au plus on va vers le sommet, au plus les arbres disparaissent. Fini les châtaigniers, on passe aux genets et aux bruyères qui sont en fin de floraison. Il faut chaud, très chaud. Bien que nous soyons mi-septembre, il fait 35 degrés ! L’été avait décidé de s’accrocher encore un peu ici. Un dernier effort avant d’arriver au sommet de la crète et la récompense est là : une vue à 360 degrés sur un paysage quasi vierge composé de petits sommets et de vallée, certains proches, d’autres bleuis par loin vers l’horizon et qui ressemble à des superpositions de papiers… « Ces reliefs, c’est de la dentelle » soupire Matthieu. Après avoir pris le temps de faire des photos et de se souffler un peu, nous entamons la longue descente sur un petit sentier de caillou. Sous la chaleur, le thym sauvage embaume. On peut même trouver de la menthe. Si vous manquez d’herbes pour le dîner, venez faire un tour en montagne ! 🙂

Avant de rejoindre le hameau, nous allons nous promener un peu le long de la rivière qui donne son nom au vallon et au village : la Bise. Sous les arbres, coule la rivière avec de jolis petits coins et une petite piscine naturelle. Si on avait su, on serait venues avec nos maillots ! C’est fourbues que nous rentrons au hameau ! Heureusement pour nous, il existe l’Auberge de Bise. A la fois café, restaurant et bouquinerie, ce lieu de repos est une bénédiction dans un village aussi petit. Avec ses vieilles pierres et sa devanture fleurie, il semble sorti d’un livre d’images. Je ne vais pas me priver d’aller jeter un œil à l’intérieur et dans la salle, c’est comme si tout s’était arrêté dans années 40. Le carrelage bicolore, le bar, les tables et les chaises en bois, les photos en noir et blanc pendues de partout… Je me dis que ce doit être bien agréable ici en hiver. Nous sommes servies un goûter gargantuesque que je peux à peine toucher mais je fais un point d’honneur à bien entamer la tarte à la châtaigne ! Fait amusant : il y a du street-art à Bise. Un, ou des, artistes ont utilisés la technique des pochoirs pour représenter des animaux du coin : renard, hibou, grenouille…

Rallye Insolite à Mirabel

Déjà rien qu’au nom de ce village, on a envie de le découvrir ! Mirabel est un village historique, un peu perdu. Il en faut des lacets pour y arriver mais quand on le voit, lové sur colline et fièrement surmonté des ruines de son château, on se dit qu’on va en prendre plein les yeux.

Nous avions rendez-vous avec Nicolas qui organise une activité un peu spéciale : des rallyes surprises à la découverte du patrimoine: les Rallyes pédestres surprises de PAN. En famille, entre amis ou entre collègues pour faire du team-building, Nicolas sépare son groupe en plusieurs équipes et armés d’un questionnaire rigolo, il envoie les participants à l’assaut de l’endroit. Dans notre cas, nous sommes 4. Nico nous divise donc en deux équipes : Mathilde de Voyager en photo et Maxime du Caillou aux Hiboux sont nos adversaires à Lucie d’A la Conquête de l’Est et moi. Nous voilà en train de courir dans tous les sens pour répondre au questionnaire, tout en surveillant l’heure car nous avons également des épreuves à affronter. Je ne t’en révèlerai pas trop, Lectrice, Lecteur, car c’est une expérience qui doit être vécue mais sache que je me suis vraiment bien amusée, le jeu invitant les participants à vraiment faire attention aux détails et à l’histoire du lieu. Sache seulement que mon équipe a perdu d’un point, tout cela à cause d’un jeu d’adresse. Je clame une victoire morale, d’ailleurs ! Le seul problème du jeu, c’est que j’ai à peine eu le temps de faire des photos tellement nous étions au taquet et c’est bien dommage car ce doit être un des plus beaux villages de France.

Mais parlons un peu de Mirabel ! Construit sur du basalte, c’est village bicolore, les pierres volcaniques noires qui ont surtout servi pour construire les maisons, alternant avec des pierres calcaires crèmes. Littéralement adossé à la montagne, le village est fait de rue et ruelles étroites et de micro-places. Il y avait avant deux châteaux ici, il ne reste plus que la tour du donjon du château protestant, une grande tour noire qui domine les environs. Ce château fut démantelé sur l’ordre de Richelieu suite aux guerres de religion. On y accède par un sentier semi-praticable (si vous avez des problèmes de mobilité, vous ne pourrez malheureusement pas y aller). De là-haut, la vue sur le Vivarais et le Massif du Coiron est imprenable ! Petite particularité de Mirabel : le fruit sec fétiche n’est pas la châtaigne mais l’amande, apportée du Moyen-Orient par Olivier de Serres, le grand homme de Mirabel. Cultivée dans son domaine de Pradel, celui qui est considéré comme le père de l’agronomie française lui a donné ses lettres de noblesses ici et on aura l’occasion d’en déguster lors d’un petit apéritif concocté par Nicolas !

À vélo électrique, à partir de Saint-Montant

Quel plaisir de retrouver un de mes coups de cœur, Saint-Montan, ne fut-ce que pour quelques instants. C’est à la base du village que nous allons commencer une balade à vélo électrique dispensé par Itinéraires vivarais, en compagnie d’Olivier de l’Office de Tourisme du Rhône aux Gorges de l’Ardèche. Tout est aussi joli que dans mes souvenirs : l’éclat doré des pierres au soleil de l’après-midi, les jeux d’ombres et de lumières… mais comme la première fois, je ne fais que passer. Je me dis que la troisième fois sera la bonne !

Après avoir fait un petit tour rapide dans le village, nous empruntons la route pour une boucle tranquille en longeant des bouts de rivières, des petits bois, en traversant les vignes de Côtes du Vivarais et les champs de lavandes. Et il en a ! Mi-septembre, il ne faut pas compter sur les petites fleurs mauves. Seules quelques survivantes ont éclos avant d’aller s’endormir pour le reste de l’automne et de l’hiver. On file comme le vent à travers un paysage qui sourit… De temps en temps, nous nous arrêtons pour les photos. Quelques vignes n’ont pas encore été vendangées, c’est l’occasion de saisir les jolies grappes bien mûres… et même d’en goûter un tout petit peu ! Nous marquons aussi un arrêt sur un site patrimonial : la Chapelle de Saint-André-de-Mitroys, une jolie chapelle romane qui doit son nom probablement au fait qu’elle ait été construite sur les ruines d’un temple consacré à Mithra, une mystérieuse divinité indo-iranienne dont le culte s’était répandu à travers l’Empire romain.

Un apéro les pieds dans l’eau !

Après l’effort, le réconfort ! Nous quittons Saint-Montan pour rejoindre les bords du Rhône du côté de Bourg-Saint-Andéol. C’est dans un petit coin isolé et bien caché que nous avons rendez-vous avec Outdoor Academy pour un moment de détente bien décalé : un apéro paddle ! En quoi ça consiste ? Eh bien c’est très simple : nous nous installons tous sur un paddle géant amarré à la rive et on profite pour déguster l’apéro qui a été préparé à votre intention. Et je dois dire qu’on serait bien restés plus longtemps. J’aurai même privatisé le paddle pour y faire la sieste ! Mon seul regret, qu’on n’ait pas un peu largué les amarres pour que voguer un peu (nous étions dans un petit bras du Rhône, bien à l’abri des courants). Les pieds dans l’eau, entourés d’arbres, c’est une manière géniale de transitioner vers le clou du séjour !

Bivouac dans les Gorges de l’Ardèche

C’est une des stars du département : les Gorges de l’Ardèche. Je les avais vues d’en haut, je l’avais naviguée en kayak à Vallon-Pont-d’Arc, eh bien cette fois-ci, j’allais dormir à côté d’elle ! C’est au bord de l’accès vers le Bivouac de Gaud que nous nous étions tous donnés rendez-vous. S’il y a bien une route qui va jusqu’en bas, seuls des véhicules autorisés peuvent l’emprunter. Les campeurs et touristes, eux, doivent y aller à pied. Ce n’est pas tellement long non plus, sauf évidemment si vous vous arrêtez souvent pour faire des photos et ce serait dommage de se priver : les différents panoramas sont superbes. Ici, on surplombe une grande boucle de l’Ardèche, un véritable rêve de photographe. Vous pouvez tout tranquillement descendre la route goudronnée ou prendre un raccourci à mi-chemin et qui traverse une pente boisée. Selon moi, c’était un sentier un peu casse-gueule. Si vous avez un gros sac-à-dos, ce n’est peut-être pas vraiment indiqué mais il existe. L’autre moyen de rejoindre le bivouac, c’est en kayak, si vous décidez de naviguer le long de la rivière et de passer la nuit.

Une fois arrivé, à vous la nature !!! Le site est tout simplement superbe. Vous pouvez venir avec votre propre tente et matériel, louer une place dans une tente collective ou, comme nous, dormir dans une tente « Cosy », qui est juste une grande tente (on peut s’y tenir debout, testé et approuvé par Lauriane d’Un pied dans les nuages et votre servante) avec son plancher en bois (il faut quand même prévoir sac de couchage et tapis de sol). Vous y trouverez également un bloc sanitaire avec toilettes et douches tièdes par contre, n’oubliez pas de vous armer d’une lampe de poche (où de celle de votre smartphone) car pour ne pas déranger la faune des gorges, il n’y a pas d’éclairage. Il ne reste plus qu’à profiter des joies du bivouac ! On se promène, on se repose les pieds sur le sable des rives de la rivière et même… on y nage !

Attention, la réservation au Bivouac de Gaud est obligatoire. Le site est ouvert du 6 juin au 30 septembre.

Une fois la nuit tombée, Baptiste, qui est guide à la Réserve des Gorges d’Ardèche va nous faire entrevoir la folle nuit nocturne des lieux. Baptiste est un vrai bat-man : armé de sa bat-box, il détecte les bruits que font les chauves-souris. C’est l’heure de la chasse pour elles et à la lueur de la lampe-torche, que Baptiste peut leur braquer dessus grâce à la bat-box, nous les voyons virevolter silencieusement. On n’entend qu’un faible battement d’aile… mais ce ne sont les seules bestioles de sortie : le grenouille sont là aussi. C’est aussi le bon moment pour apercevoir des écrevisses ! Après cette promenade nocturne et avoir admiré le ciel étoilé, c’est le moment de rejoindre nos tentes et de nous endormir avec le chant des chouettes.

Le lendemain matin, c’est avant l’aube qu’on s’extirpe de nos sacs de couchage. La nuit fut courte (sommeil profond, mais bref) et en 45 minutes, nos sacs sont faits, nous nous sommes débarbouillés, avons pu prendre un café et une bouchée de pain et nous voilà tous prêts pour remonter à pied afin de pouvoir admirer le lever du soleil. Je dois t’avouer, Lectrice, Lecteur, que les 10 premières minutes, j’ai cru que j’avais fait une erreur. J’aurai dû profiter de la voiture qu’on nous avait proposé. Ça monte sec ! Je rigole en même temps que je râle, le temps que la montée se passe. Enfin, nous voilà au point de vue et nous sommes pile à l’heure pour voir le Dieu Soleil surgir de derrière la montagne. Clic-clic… On prend aussi le temps de profiter, de regarder le paysage s’illuminer avant de regagner la route… Une fois de route, j’ai été #émerveilléeparlArdèche !

Où dormir en Ardèche ?

A Privas : Ardèche Camping

L’Ardèche et le camping, c’est une grande histoire d’amour alors, faisons comme des générations de vacanciers ! Ardèche Camping est un grand camping situé dans un bel environnement naturel. On peut y planter sa tente, venir avec sa caravane ou son camping-car ou louer un bungalow toilé, un mobil-home ou même encore une roulotte : tout est possible dans ce camping 4 étoiles. C’est un camping qui aussi pas mal orienté famille puisqu’il possède un petit parc aquatique mais aussi une piscine couverte ! J’ai séjourné dans un mobil-home pour deux personnes qui semble être encore tout neuf. Une vraie « tiny house » avec sa chambre, sa salle de bain, sa cuisine, son petit séjour et bien entendu, un grand patio. Simple, propre, rien à redire. Ah si… n’oubliez pas votre serviette et nécessaire de toilette. C’est un camping, pas un hôtel !

Le petit plus vraiment chouette : les tables avec « plancha » intégrées pour faire griller votre viande et vos légumes en toute convivialité dans le restaurant du camping. On a adoré !

A Genestelle : Gîte de groupe Les Stelles

Vous voyagez en groupe (minimum 20) ou vous voulez programmer un grand week-end avec votre famille étendue et/ou vos amis ? Ou avec un groupe scolaire ? Le Gîte des Stelles dans le mignon village de Genestelle est fait pour vous. Il peut héberger jusqu’à 54 personnes. Tout confort, même dans la partie dortoir (c’est là que j’ai dormi, même s’il faisait plutôt chaud), ce gîte moderne offre de super prestation puisqu’il y a un sauna et même une très jolie piscine avec vue sur le village et la vallée. Testée et approuvée !

Cette escapade au grand air a été réalisée grâce à l’invitation d’Ardèche Tourisme. Les opinions de l’auteure lui restent propres, malgré le kilo de saucisson ardéchois consommé.
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