- Londres , Royaume-Uni -

July 2014

#loveGREATBritain : Des Spice Girls, du thé et des Anges

Retour à Londres… c’est la fin du parcours qui s’annonce, mais une fin qui promet encore quelques surprises. Lorsque nous revenons de notre ballade “Downton Abbey” à Bampton, nous sommes conduites au St. Pancras Renaissance Hotel, qui sera notre refuge pour la nuit. Je l’ai bien souvent admiré, en sortant de la gare du même nom. Il a plus l’air d’un château que d’une gare et lorsque l’on pénètre dans son lobby, c’est encore plus impressionnant. Des hauts plafonds supportent une verrière, le tout dans un style néo-gothique, un peu vénitien… Je ne sais pas si c’est la proximité de la Gare mais elle fait un peu penser à une salle des pas perdus, mais une salle des pas perdus où des dames bien habillées viennent prendre le thé !

Plus marquant encore est le bar, installé dans l’ancien guichet. Il a le même immense plafond, toujours dans le même style mais avec des panneaux de bois sombre qui lui donne l’air d’une cathédrale. Une cathédrale très chic où l’on viendrait boire des cocktails en regardant arriver les trains (il suffit de pousser la porte extérieure du bar pour se retrouver en terrasse, face aux trains, et à l’intérieur de la Gare de King’s Cross-St. Pancras). C’est que le St. Pancras Renaissance n’est pas un hôtel comme les autres, il a une histoire de plus un siècle. Construit quasi en même temps que la Gare, pour accueillir les riches passagers qui pouvaient se permettre des voyages en train, il fut fermé au début des années 30, transformé en immeuble de bureau, notamment pour British Rails, laissé pour compte pendant 20 ans, il a finalement rouvert en 2011. Préservé de la destruction grâce à sa magnificence, c’est aussi un lieu de tournage prisé (pour Batman Begins, ou Harry Potter, encore), notamment à cause de son superbe escalier où les #bondgirls et moi-même auront passé au moins une heure à en photographier tous les recoins et décoration… l’occasion pour les Bongirls de se transformer en… Spice Girls puisque c’est sur ce même escaliers que les 5 filles ont immortalisé  « Zigazigaaaaaaah».

Spice Girls VS Bond Girls. Souce: Travelling Panties

Nous serons logées dans l’aile Barlow,  la plus abordable de l’hôtel, un pavillon ajouté au bâtiment principal. Les chambres y sont cossues, confortables, rien ne manque dans le maintien de son standing de 4 étoiles, mais rien ne le distingue d’un autre hôtel. Ou alors nous avons été beaucoup trop gâtées depuis 5 jours et nous devenons capricieuses ? Où est-ce le contraste de ces chambres sans fioritures avec le magnificence des parties communes de l’hôtel qui nous joue des tours ? Les suites et le spa y sont, parait-il, somptueux, mais nous ne les verrons pas.

Tea Party au Sanderson

Nous n’y prendrons pas le thé non plus puisque le temps de déposer nos bagages et nous voilà transportées dans un autre hôtel, le Sanderson, pour un « Mad Hatter Tea Party ». A nouveau, on tombe dans un autre monde. Situé au Westend dans un immeuble anonyme des années 60, le Sanderson semble avoir le cœur vissé à cette époque ! Il y règne une ambiance à la fois Mod et  psychédélique entre le divan en forme de grosses lèvres rouges ou la rangée de fauteuils avec un œil imprimé dans le dos de chacun (pas étonnant, c’est signé Philippe Starck). Le thé se prendra dans un endroit un peu plus sobre : la terrasse (couverte et chauffée pour l’occasion).

Nous sommes accueillies par un verre de champagne, et placées devant un bel assortiment de porcelaines drôles et mignonnes. Le menu se cache dans de petits livres, on vous sert un petit smoothie dans une bouteille étiquetée « Buvez-moi », une ballerine se cache dans la boite à sucre, le tout est charmant et savamment étudié par contre, je suis restée moins enthousiaste sur les sandwiches et les pâtisseries. Seuls se détachent le sandwich au jambon de Cumbrie et le victoria sponge cake en forme d’horloge. Les thés, eux, sont très originaux et présentés dans des petites fioles en verre que l’on peut renifler avant de faire son choix (pour moi, ce sera à la rhubarbe).

Angels, la fabrique à rêves

Après une dernière soirée passée toutes ensembles sur la terrasse qui donne sur les quais, le lendemain matin, nous sommes tôt levées pour nous rendre dans la banlieue de Londres, dans un lieu magique, mais extrêmement secret : Angels, the Costumiers. Fondée en 1840 par Morris Angel, le modeste magasin de vêtement de seconde main est devenue une des références dans le monde du costume, depuis qu’un acteur a demandé au père fondateur de lui louer un costume plutôt que lui en tailler un. Depuis, Angels continue la fabrication et la location de costumes pour les productions du monde entier. Le tout dans le plus grand secret. C’est assez surprenant et je dois avouer que je ne m’attendais pas du tout à cela ! Les clauses de confidentialités et les règles qui entourent les costumes sont strictes (d’ailleurs, on ne peut pas photographier n’importe quoi). C’est surtout dans les ateliers où sont confectionnés les costumes que le secret s’impose. Et pas question pour les employés de jouer au fanboy ou à la fangirl quand une star débarque pour une prise de mesure ou un essayage. La discrétion reste le maître-mot de la maison.

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Le premier département  que l’on visite est donc la confection, où les costumes sont taillés et cousus. De la robe de 14e siècle au costume de soldat de la 2e guerre mondiale ou au contemporain, c’est ici que le gros du travail est fait, à la main, et dans le respect des spécificités historiques des vêtements.

Le département des retouches est celui où on apporte les modifications demandées par le costume designer ou la restauration de costumes. C’est le domaine du travail de précision et là que le costume va vraiment soit s’insèrer dans le film/la pièce, soit retrouver son lustre… où être retouché à la mesure d’une autre personne qui le portera.

Mais le plus scotchant de toute la visite, c’est le hangar. Un regard suffit à évaluer la chose : 12 kilomètres de rayons de vêtements, de toute époque, sans compter les départements accessoires et bijoux! On aimerait traîner parmi les robes XVII, XIX, années 20 ou 50… les toucher, les essayer (moi qui adore me déguiser), mais non! En plus des époques, il y a une section qui dédiées aux vêtements militaires, de plusieurs époques, mais aussi de plusieurs nations. Un vrai trésor et un travail de préservation et de documentations historique qui est en fait, un “effet collatéral” de ce métier. On approchera quelques pièces “maîtresses” de la Maison, comme le smoking de Leonardo De Caprio et l’une des robes de Carrey Mulligan dans “The Great Gatsby”.

J’en sors à la fois fascinée, et frustrée. Fascinée par le travail, le sens du détail et la fierté du travail réalisé et l’importance qu’on lui accorde. Frustrée de ne pas avoir pu vraiment toucher, essayer et par la vitesse avec laquelle est menée la visite mais il est vrai que les ateliers sont des lieux de travail. Les visites de groupe sont organisées sur demande et de nombreuses écoles de stylisme ou d’art sont particulièrement visées. Je me demande si elles ont plus de temps mais si vous êtes un fana des costumes et de la mode, n’hésitez pas!

Ce voyage de presse était organisé par Visit Britain mais mes opinions me sont propres.
Ma musique du départ #20 : Torremolinos
Bescape, l'échappée belge : et vole la montgolfière!




  1. Laetitia
    le 26.07.2017

    Enorme la photo en mode revival des Spice girls!!! Je kiffe 🙂

  2. Melissa
    le 26.07.2017

    Merci à Katie (alias “Sporty Spice”). 😉

  3. Lucie
    le 26.07.2017

    Oh my!! Tu as dormi dans l’hotel Renaissance!!!! Je passe devant tous les matins en me disant que je n’y dormirais probablement jamais. Cet hotel est vraiment superbe!

  4. Melissa
    le 26.07.2017

    Mais tu peux profiter du lobby et du bar, qui sont quand même splendides, c’est le plus important. Comme tu vois, les chambres “normales” sont très confortables mais si tu vas voir les suites… whohooooo… (on peut toujours rêver). Maintenant, j’avoue que c’est quand même cool de descendre ses valises, faire son check-out et aller directement prendre son train en passant par le bar.

  5. Caro
    le 26.07.2017

    Je suis jamais rentree dans le Renaissance non plus. Quand il a ouvert avec mes collegues on se demandait s’il ne serait pas super bruyant en etant aussi pres de la gare. Verdict, tu as bien dormi?

  6. L'Auvergne dans tous ses états : Crème comme Moulins-sur-Allier - Mel Loves Travels
    le 26.07.2017

    […] Ce n’est pas la première fois que je visite un endroit pareil, mais au contraire d’Angel, le costumier londonien qui a une approche purement artistico-commerciale, nous sommes ici dans la conservation du patrimoine. C’est ici que sont envoyés les fonds de costumes de l’Opéra de Paris, de la Comédie française, et de la Bibliothèque nationale de France (ben oui!), entre autres.  Installé dans une ancienne caverne de cavalerie dont il ne reste plus que le corps principal, l’espace (immense) est divisé en trois  : l’aile de conservation (inaccessible au commun des mortels), l’espace d’exposition temporaire et l’espace d’exposition temporaire, dédié à Rudolf Noureev. C’est en effet, le Centre qui est dépositaire des costumes du célèbre danseur. Mais avant de voir tout çà, nous voilà guidés à travers l’espace conservation. C’est un travail de titan à effectuer  ! Il y a des MILLIERS de costumes qui ont été remis au Centre et qui sont encore en cours de tri. Outre le travail de conservation et de raccommodage des costumes et accessoires, il y a un travail d’archivage à effectuer (retrouver les renseignements sur la pièce, le concepteur du costume, l’artiste qui l’a porté, etc..). L’espace est impressionnant  : plusieurs étages remplies d’armoires géantes qu’on peut compacter, lumière noire, filtre pour l’air et traitements réguliers contre les insectes, rien n’est laissé au hasard pour que les costumes restent en parfait état. Et on en découvre des personnages  : Ruy Blas, la Princess Odette du Lac des Cygnes, des Dryades de Don Quichotte… Plus de 100 ans de costumes nous contemplent  ! Je vais même avoir l’honneur de contempler une pièce qui risque de ne pas être exposée  : un costume porté par Sarah Bernhardt, l’une des plus grandes actrice du XIXème siècle. Malgré les apparences, ce lourd costume est plus fragile qu’on ne pense  : manches effilées par l’usage, elle a été reprise et réparée plusieurs fois… tellement mal en point qu’elle doit être posée à plat dans un grand tiroir, recouvert de papier de soie. Cela a quelque chose d’émouvant  : un vêtement, c’est ce qu’il y a de plus proche d’une personne, une seconde peau… […]