J’ai longtemps hésité à faire un bilan de cette année calamiteuse… Comment parler sereinement de 2020 alors que nous sommes encore prise.s dans les griffes d’un virus qui ne nous lâchera pas tant que nous serons vaccinés ? Pendant que des gens souffrent dans leur lit d’hôpital ou meurent de ne plus pouvoir respirer ?

Pourtant, voilà cette bafouille. J’ai appris depuis bien longtemps que ça ne servait pas à grand-chose de lutter contre l’envie d’écrire. Ca a toujours été pour moi une façon de « fixer » mes pensées, de mettre une forme ce qui n’en n’a pas et de traiter mes pensées et mon ressenti. Et dans une année où les sentiments et la réflexion ont fait rage, te confier ce bilan, Lectrice, Lecteur, semble comme une nécessité.

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2020, Annus Horribilis

On l’a beaucoup entendu : « 2020, c’est la pire année qu’on ait jamais vécu. »  Pour moi, elle ne le fut pas. Elle fut extrêmement difficile mais mon parcours de vie a fait que j’en ai vu d’autres et que j’ai construit une résilience qui ferait presque peur mais collectivement, c’est très, très compliqué. Et comme je suis comme un éponge et me nourrit de l’état d’esprit de mes prochain.e.s, bons ou mauvais, toutes ces difficultés, toutes ces douleurs, ces colères, ce sentiment d’injustice et d’impuissance face à un ennemi qui n’a pas de forme, je les partage avec vous.

J’essaie de rester optimiste en cette fin d’année que personne ne regrettera. J’essaie aussi d’en tirer le positif. Le confinement a fait en sorte de renforcer des amitiés alors que les interdictions nous séparent. Le besoin de contact humain se fait plus criant lorsqu’on le perd, surtout lorsqu’on vit seul.e comme moi. Le genre de situation qui rend une introvertie comme moi quasi sociable ! Je m’en suis rendue compte lorsque le confinement total fut instauré et que j’ai littéralement fondu en larmes. Alors, à ceux et celles qui partagent des visiapéro avec moi, toutes celles et tous ceux avec qui j’échange sur les réseaux : merci, vous ne savez pas à quel point vous m’avez aidé. 

Le 1er janvier 2020, j’étais en train de randonner au Svalbard. Un vieux rêve, faire l’expérience de la nuit polaire et voir des aurores boréales, se réalisait. J’ai rarement commencé une année de manière aussi sereine et positive. Et jamais je n’aurai imaginé que ces journées sans soleil seraient un signe de ce qui allait se passer.

D’abords virus lointain, puis mauvaise grippe, le COVID-19 s’est rapproché, rapproché. Vu de loin, ce tsunami nous apparaissait comme une vaguelette, jusqu’à ce qu’il touche nos rives et emporte tout sur son passage.

Le 13 mars, la Belgique lançait la première étape de son confinement, le vrai début de cette « drôle d’année » et deux semaines plus tard, nous entrions en confinement total.

Enfermée chez moi, 2020 m’a obligée à être plus curieuse. Sous la contrainte, les envies de liberté essaient sans répits de trouver une faille pour s’exprimer ! Le premier confinement nous accordait de petites sorties proches de nos domiciles. Pour moi qui habite un petit appartement sans guère de lumière ni de vue, ces sorties étaient indispensables. Je me suis donc amusée à me promener dans un rayon de 20 minutes autour de moi et à mieux regarder ma ville. fut comme une épiphanie. Tout à coup, cette Bruxelles devenue silencieuse et presque vide avait un autre visage. Il faisait beau tous les jours ou presque et munie de mon smartphone, pour encore mieux regarder sans être trop encombrée, j’ai beaucoup photographié les beautés de ma ville que je n’avais pas vues auparavant.

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Une fois le confinement levé, limitée malgré tout dans mes choix de déplacement, j’ai consacré de belles portions de la trêve que le virus nous a accordé cet été pour visiter des coins de Belgique que je ne connaissais pas (Eupen, Lierre, Mouscron ou la Gaume avec Emilie en Wallonie), que je n’avais plus vu depuis longtemps (Namur, Binche) ou que je pensais connaître (le Borinage). 

Les frontières se sont un peu ouvertes et j’ai eu la chance d’être invitée dans deux département où les activités d’extérieur sont un phare du tourisme : le Tarn et l’Ardèche.

Un semblant de normalité s’était installé.  Puis vint l’automne… mon optimisme m’avait fait réserver quelques jours de vacances en Italie. Un séjour qui sera vraiment représentatif de ce qu’est devenu le voyage en 2020 à savoir, être prête à tout chambouler. Originellement, je devais aller à Naples. Après le deuxième changement d’horaire et de jour, je décide de changer mon billet pour Rome. J’irai à Naples en train ! La lente progression du virus et mon amour des îles me fera complètement changer mes plans. Fini la ville, pourquoi n’irais-je pas me mettre au vert (ou plutôt au bleu ?) sur l’Île de Ponza, pas très loin de Rome. Et une île hors-saison fut probablement le meilleur choix que je pouvais faire. Peu de monde, des randonnées en solitaire, le repos…une respiration qu’il me reste encore à te raconter, Lectrice Lecteur.

Ce sera d’ailleurs la dernière avant la deuxième vague.

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Le blog

Une fois le choc du confinement passé, les considérations plus terre-à-terre sont venues se rappeler à moi : comment faire survivre un blog sur le voyage alors qu’on ne pouvait plus voyager ? Comment écrire alors que j’étais en pleine détresse mentale (du moins, pendant le premier confinement) ?

J’avais encore une poignée d’articles à publier mais après ? Que faire ? J’ai un peu réfléchi et juste décidé de suivre le rythme des évènements et de mes envies. J’ai moins publié, mais en restant le plus régulière possible et d’adapter mes sujets à ce que nous étions autorisés de faire. Par exemple, en plein confinement, cela m’a permis d’écrire un article sur… mon pâté de maisons du Quartier Sainte-Catherine. J’ai appris à être indulgente avec moi-même, même si j’ai pâli en voyant des stats de fréquentations être divisé par trois. J’essayais de relativiser. Contrairement à d’autres, le blog n’est pas mon gagne-pain et cela n’a pas impacté mes revenus, seul mon égo a souffert. Il va donc falloir que je refasse tout un travail l’année prochaine pour rattraper tout ce qui a été perdu en 2020. Je t’avoue, Lectrice, Lecteur, que je n’aurai jamais imaginé fêter les 10 ans du blog dans de pareilles conditions.

Naissance de Mel Loves Travels, le podcast

Le fait d’écrire moins a été bénéfique pour un autre projet que j’avais entamé en 2019 : le podcast. Quel bonheur de retrouver les sensations provoquées par le son. Un vrai challenge pour moi car même si je ne suis pas une novice en montage, je suis loin d’être au point et j’ai appris le long du chemin. Trouver un format, monter les séquences, assumer la narration dans des conditions pas spécialement idéales, monter les séquences, mixer… Tout ça fut une source de joie mais aussi de frustration et d’anxiété une fois les épisodes diffusés. « Mel Loves Travels, le podcast » est sans doute la réalisation liée au blog dont je suis le plus fière en 2020. Et d’après vos retours, ce n’est pas trop mal.

SoRezo

Et il y a évidemment SoRezo, la petite agence web pour laquelle je collabore avec Sylvie du Coin des voyageurs et Mitchka de Fish and Child. Et paradoxalement, alors que le tourisme (notre industrie-cible) entrait dans une crise qui sera sans doute profonde, les activités de SoRezo se sont développées. Cette pause forcée a incité pas mal de gens à se former aux réseaux sociaux, histoire d’être prêts pour la relance ou maintenir un lien avec des clients. Formations que mes deux comparses assurent un max. Mais Mitchka en parle beaucoup mieux que moi dans son bilan sur le compte LinkedIn de SoRezo.

Je me suis découverte des talents cachés et surtout, une belle sororité avec Sylvie et Mitchka. Et on espère continuer sur cette dynamique l’année prochaine.

Voilà, voilà… Il est temps de conclure cette rétrospective et de te remercier, Lectrice, Lecteur. Je le dis chaque année mais ça n’en reste pas moins vrai : tu restes ma raison de durer. Depuis maintenant plus de 10 ans. Je te souhaite une année 2021 pleine d’optimisme. Je ne te cache pas qu’elle ne sera que sans doute pas évidente, cette toute jeune année mais je sais que ta résilience fera en sorte de surmonter les défis. Et évidemment, plus que tout, je souhaite de rester en pleine santé.

Prends soin de toi,

Mélissa

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