Le monde était grand. Et puis le COVID-19 est arrivé sur Bruxelles. Depuis un mois et le début du confinement, le voilà tout petit, réduit à un rayon de quelques minutes à pied autour de mon appartement. Pour ne rien te cacher, Lectrice, Lecteur, je vis ce fait plutôt mal. Sortir me promener une demi-heure, même pour aller faire des courses a un goût de crime et je me retrouve presque à être soulagée de me calfeutrer chez moi. Mais voilà, il faut quand même prendre l’air ! Alors, à force de faire et refaire le tour du pâté de maison depuis 5 semaines (j’alterne quand même les itinéraires de promenade), j’ai ouvert un peu plus les yeux, j’ai pris le temps de regarder des détails, de m’imprégner de chose et je vous invite en promenade… dans mon pâté de maison ! On va appeler ça du « nanotourisme » ?

Le Quartier Saint-Catherine est un des plus anciens de Bruxelles et pendant longtemps, un des plus animés et pour cause, c’est ici que se trouvaient les derniers bassins du port de Bruxelles. Poumon économique et ventre de Bruxelles, toutes les marchandises y passaient, amenées depuis Anvers via le canal de Willebroek ou prêtes à être acheminées jusque-là. Il faut imaginer des quais bruissants d’activité, les allées et venue des carrioles et les cris des marchands, le bruit des barques qui s’entrechoquent… De tout ça, il ne reste rien que les noms des rues et quelques autres souvenirs, le centre historique de Bruxelles ayant connu bien des aléas urbanistiques depuis l’indépendance de la Belgique. Et depuis les 12 ans que j’y habite, je l’ai vu changer mon quartier ! Mais laisse-moi te le faire découvrir, Lectrice, Lecteur !

Rue Sainte-Catherine, entre « Asiatown » et quartier flamand

Notre point d’entrée sera la rue Sainte-Catherine, une très ancienne rue bruxelloise. Elle est un peu le prolongement de la rue de Flandre, une des artères principales du vieux Bruxelles qui débouchait sur une des portes du mur d’enceinte de la ville. Pas très longue et plutôt étroite, elle garde un certain charme malgré les années qui ont maltraité son apparence. Le premier bâtiment que l’on remarque, c’est Kam Yuen, le supermarché chinois et panasiatique. De tous les commerces, que je connaisse dans cette rue, c’est le seul qui existe depuis mes années d’étudiantes il y a plus de 20 ans. C’est d’ailleurs le plus grand de tout Bruxelles. Quand je me suis installée dans le quartier, c’était le petit « Asiatown » bruxellois. De nombreux restaurants, boutiques de produits chinois, thaïlandais, japonais ou vietnamiens y avaient élu domicile. La gentrification du quartier a un peu changé la donne, même si quelques survivants comme Kam Yuen résistent ! Pour le moment en rénovation, son entrée se fait rue Melsens.

Je parlais de gentrification, comme les commerces ont aussi bien changé depuis que je suis arrivée. Exit, la boulangerie-pâtisserie de mamie, la boucherie de quartier et le vieux restaurant bruxellois ! A leurs places, se sont substitués une pizzeria branchée, l’atelier d’un boucher-star flamand et la friterie d’un chef étoilé hollandais (un comble en Belgique !). C’est donc une rue plutôt dynamique et comme elle ne manque pas de petits commerces, elle n’est pas complètement morte en cette période de confinement.

Sainte-Catherine, Bruxelles

Il subsiste bien quelques belles vieilles maisons du XVIIe siècle typiquement flamandes au bout de la rue mais le tissu architectural de la chaussée a subi les aléas des développements de Bruxelles depuis le milieu du XIXème. Quasi tout son côté nord est occupé par les immenses bureaux de la première centrale électrique, un très bel immeuble éclectique qui date de 1901 et qui est relié à la Centrale électrique même située plus loinnsur la Place Sainte-Catherine.

Sainte-Catherine, Bruxelles

Place Sainte-Catherine, comme une place de village !

S’il y a un endroit du quartier qui a énormément changé, c’est bien la Place Sainte-Catherine. Il faut s’imaginer qu’à la place de cette église néo-gothique qui y trône, se trouvait un des bassins du port. Cette grande masse grise d’église Sainte-Catherine y fut construite à la suite du comblement du bassin et inaugurée en 1874. On ne peut pas dire qu’elle soit fort jolie, et son intérieur, très austère, encore moins mais elle reste intéressante puisqu’il s’agit d’une œuvre de jeunesse de Joseph Poelaert, l’architecte de l’improbable Palais de Justice de Bruxelles. On y trouve déjà son amour pour les mélanges de style (ici, le gothique et le baroque) et le gigantisme et tout comme son grand frère le Palais de justice, la rénovation de l’église est inachevée. Si sa façade et un petit cinquième de son extérieur ont été nettoyés, le reste est encore à terminer. Elle possède néanmoins un élément très insolite : des urinoirs accolés une des façades de l’église. Ces urinoirs datent de la construction et sont mêmes classés ! Pied-de-nez de libéraux aux catholiques à une époque où ces deux mouvements faisaient la pluie et le beau temps du monde politique belge ou pique de l’architecte réputé franc-maçon ? On ne le sait pas mais ils sont bien là, amusant, voire choquant les habitants et les visiteurs.

Eglise  Sainte-Catherine, Bruxelles

Si elle est toujours en activité, Sainte-Catherine a bien failli disparaître au profit d’un parking dans les années 50 et elle fut même désacralisée vers 2011 avant d’être finalement rendue au culte. Pour le moment, donc, elle contribue à donner à la place un petit air de village.

Seul souvenir de l’ancienne église Saint-Catherine, qui fut démolie pour construire la nouvelle, le campanile baroque toise le quartier de toute sa hauteur. Juste à côté, quasi à la place de l’ancienne église, on trouve l’ancienne Centrale électrique. Construite au début du XXème siècle pour alimenter le centre de la ville en électricité, ce bâtiment industriel se fond remarquablement bien dans la place. Ce que l’on peut voir sur la place, c’est l’ancienne salle des machines qui communiquait avec les bureaux situés rue Sainte-Catherine. Elle ne servira pas longtemps, dépassée par lle progrès technologique. Dès les années 30, la centrale est transformée en atelier pour de nombreux corps de métier avant de muter définitivement en lieu d’exposition. Depuis 2006, elle est devenue CENTRALE for contemporary arts, le centre d’art contemporain de la Ville de Bruxelles. C’est un véritable nid à découvertes d’artistes contemporains bruxellois, mais pas que ! Et le lieu en tant que tel vaut largement la visite.

Le côté gauche de la Place, qui était l’ancien Quai au sel, est le mieux préservé. Aux numéro 7 et 9, à l’enseigne du Jardin de Van Gogh, on y trouve même un petit morceau d’histoire de l’art. Un jeune Hollandais aux cheveux roux fréquentera les locaux de l’église protestante, qui occupait alors ces maisons, entre août et novembre 1878. Son but dans la vie était de devenir pasteur, comme son père. Son nom ? Vincent Van Gogh. Il quittera Bruxelles pour commencer un ministère dans les charbonnages du Borinage, entre autres à Cuesmes. On sait ce qu’il deviendra de cette carrière de pasteur. 😉

Vieux Marché aux Grains, la petite Provence

Prolongement de la place Sainte-Catherine, c’était le site de l’ancien marché aux bestiaux puis celui du Marché aux grains. A présent, ce sont plutôt les terrasses qui remplissent la petite place et je lui ai donné le surnom de « Provencette » à cause de ces beaux platanes qui font de l’ombre aux clients qui dégustent bières ou petits rosés les jours d’été. Et avec un peu de chance, vous aurez l’occasion de vous faire sérénader par des perruches ! La place comporte en plus deux très jolis bâtiments : le premier est l’ancien magasin des Cristalleries du Val Saint-Lambert (j’y reviendrait) et l’ancien immeuble de bureau de la compagnies Gérard Koninckx Frères. On va s’attarder un peu sur celui-là, il fait le coin avec la rue Dansaert. Ce bel immeuble Art Déco de 1927 fut construit pour GKF, un grossiste en fruits exotiques bien connu. Avec des bureaux et des hangars à Anvers et Bruxelles, cette société a prospéré et construit plusieurs bâtiments en ville dont celui-ci. A première vue, on dirait un bâtiment plutôt classique mais regardez en haut : vous pourrez admirer des céramiques reproduisant un véritable jardin tropical, une bananeraie mélangée à des orangers, vision plutôt insolite au plat pays !

Dansaert, encore le coin des créateurs ?

Lorsque la rue Dansaert est réalisée, c’est une parallèle beaucoup plus large à la rue de Flandre. Depuis la Bourse, elle file vers le canal et débouche sur un pont qui propulse celui qui l’a emprunté vers Molenbeek puis l’extérieur de Bruxelles. C’est elle qui est devenue une artère principale, reléguant sa voisine à une humble chaussée. Du coup, ce sont plutôt des bâtiment haussmanniens, Beaux-Arts ou Art Déco que l’on va y trouver. Jusqu’au milieu des années 90, le quartier était un peu à l’abandon mais les soubresauts de dynamisme du quartier Saint-Géry voisin ont commencé à faire réfléchir. Les espaces disponibles et loyers modérés ont fait que de nombreux jeunes créateurs ont installés leurs boutiques rue Dansaert, du moins dans la première partie, celle plus proche de la Bourse. Pendant un moment, Bruxelles s’est imaginée seconde Anvers. Malheureusement, le relèvement de standing et la gentrification du quartier ont fait que les jeunes créateurs sont maintenant presque tous partis, des enseignes de prêt à porter ayant pris leur place.

Dernière étape : rue des Poissonniers

Cette petite rue garde le souvenir de son ancienne fonction : ici coulait une branche de la Senne et ses quais étaient celui des poissonniers, au temps du premier port de Bruxelles. Cette branche avait disparu au XVIIIe siècle mais le nom est resté. Petite anecdote : au croisement avec la rue Sainte-Catherine, vous verrez une très grande zone de travaux. C’est l’emplacement des anciennes halles, qui furent elles-mêmes détruites pour construire un parking dans les années 50. Le parking fut détruit en 2018 et c’est le centre administratif de la Ville de Bruxelles qui est en construction. Les Halles elles-mêmes n’étaient pas très anciennes, puisqu’elles dataient de 1872. Avant sa construction, c’était le marché aux poissons qui s’y trouvait. Les poissonniers furent « chassés » par les autres marchands, incommodés par l’odeur de leurs marchandises et ayant peur que cela fasse fuir leurs clients. On construisit donc un Marché aux poissons à l’emplacement des anciens bassins derrière la place Saint-Catherine.

Il y restera jusque dans les années 50. Malgré sa petite taille, la rue est bordée de quelques beaux immeubles dont la masse imposante de l’ancienne banque agricole belge, puis de l’Algemene Belgische Boerenbond (la ligue belge des paysans, puissante organisation flamande à l’époque). La frise porte encore ses initiales. Cet immeuble en pur style Art Déco vient à peine d’être restauré et transformé en espace de coworking.

Et notre promenade s’achève ici, dans mon petit bout de quartier qui me tient tellement à cœur. Dix minutes suffisent pour en faire le tour et pourtant, il est tellement riche d’histoires et de bonnes choses. Sans doûte un des plus agréables du centre de Bruxelles. J’ai mis énormément de temps à l’écrire, tellement j’ai passé de longs moments à lire son histoire et désormais, je pose un regard nouveau sur ses rues et ses places et mon affection pour lui a redouble. Aussi, j’aimerai vous lancer un défi : ça vous dit d’écrire sur votre quartier ? Votre village ? Votre coin où vous avez posé vos valises ? Qu’en dîtes-vous ?

Mes bonnes adresses rue Sainte-Catherine

Ouvert en confinement

Atelier Dierendonck

Carnivores exigeants, voici votre royaume ! Depuis qu’Hendrik Dierendonck a ouvert sa boucherie à Saint-Idelsbad, ça ne désemplit pas. Très pointilleux sur l’origine de ses viandes, et ayant même réussi à remettre en route une race de bœuf flamande (la Rouge des Flandres) qui avait presque disparu, c’est lui qui fournit des restaurants étoilés également avant d’ouvrir le sien, Carcasse, à Coxyde. Impossible de passer devant la vitrine de l’atelier bruxellois sans s’y arrêter et baver un petit peu : Angus beef, Simmenthal, Holstein ou la plus rare Ruba galega, Freygaard et même Wagyu sont présentes dans l’étal ainsi que de la viande de porc fermier, de l’agneau, de la volaille, des charcuteries… Une adresse pour se faire plaisir !

Rue Sainte-Catherine 24, 1000 Bruxelles

Le Comptoir de Tom

Place à la charcuterie chez Tom : belge, française, corse, espagnole ou italienne, les saucissons, jambons, salamis et autres pâtés s’empilent, en plus des préparations du service traiteur comme leurs carbonnades, leurs boulettes cuites au beurre, leur choucroute maisons et aussi, une étonnamment bonne mousse au chocolat, elle aussi maison ! Bref, c’est le paradis des gourmands !

Rue Sainte-Catherine 23, 1000 Bruxelles

Charli Boulangerie

Une des premières boulangeries à avoir redonné ses lettres de noblesses au pain à Bruxelles. Des pains faits dans les règles avec des ingrédients de premières qualités et/ou bio, des viennoiseries pur beurre et de délicieuses pâtisseries. Miam !

Rue Sainte-Catherine 34, 1000 Bruxelles

Champigros

A la base, Champigros est LE spécialiste du champignon. Qu’on les cultive à Bruxelles ou en Corée, on trouvera des espèces de champignons toutes aussi délicieuses qu’elles peuvent être surprenantes mais à côté de ça, elle réservé une belle place sur son étal pour les classiques de l’épicerie de quartier comme des fruits et légumes. La boutique en elle-même ressemble à celles des magasins d’antan avec étagères et comptoir en bois sombre. C’est vraiment charmant. On y trouve aussi, un tas de produits locaux comme des liqueurs, des bières, des confitures et un magnifique assortiment de saucissons venus de Savoie.

Rue Sainte-Catherine 6,3 1000 Bruxelles

Traiteur François

Qui dit « ancien port » dit forcément poissons et fruits de mer. Son restaurant est un peu plus loin sur l’ancien marché aux poissons, la vénérable Maison François a son service traiteur Place Sainte-Catherine. Vous y trouverez poissons, huîtres, homards, caviar… De très beaux produits pour les plus exigeants.

Place Sainte-Catherine 12, 1000 Bruxelles

Noordzee / Mer du Nord

Probablement le commerce qui fait le plus mal de voir réduit à sa plus simple expression. C’est à la fois un poissonnier et un comptoir à poissons où on vient déguster debout des croquettes de crevettes, soupes de poissons, Saint-Jacques, couteaux ou poissons à la plancha que l’on commande au bar et que l’on va chercher quelques minutes plus tard quad on hurle votre nom. Accompagné par un verre de vin blanc et de cava. Heureusement, la poissonnerie reste ouverte !

Place Sainte-Catherine 50, 1000 Bruxelles

Herboristerie Desmecht

Dans cette boutique qui aurait pu figurer dans un film de Harry Potter, on trouve des herbes, des épices, des décoctions, des extraits, des huiles essentielles… un vrai magasin de sorcier.ère.s ! Les tisanes, compléments alimentaires et bases pour réaliser vos propres cosmétiques ou nettoyants viennent compléter l’offre.

Place Sainte-Catherine 10, 1000 Bruxelles

Chouke

Nouvellement arrivée, cette friterie de poche a déjà acquis une toute belle réputation. C’est le premier frikot du quartier (depuis que j’y vis) et je ne vous dis pas mon état d’excitation quand je l’ai découverte. Il me tardait de les goûter et dès que j’ai eu mon paquet en main, sans même mordre dedans, je savais que j’avais devant moi de la frite de compétition. Parfaitement découpée en beaux grands bâtons, bien droites, dorées à souhait… Et le goût a suivi. Ce goût de viande que seule la cuisson au blanc de bœuf peut conférer. Une seule taille de cornet (la grande), une petite dizaine de sauce, des burgers et un assortiment limité de viande et des bières de micro-brasseries peuvent compléter vos frites. Ne vous en privez pas, l’établissement reste ouvert !

Rue du Vieux Marché aux Grains 2, 1000 Bruxelles

La Crémerie de Linkebeek

On a beaucoup parlé de la bidoche mais le Belge aime les bonnes choses de la vie et le fromage en fait partie. Dans le quartier, l’adresse-phare pour ces odorantes délicatesses, c’est la Crémerie de Linkebeek, une maison vieille de 102 ans. Evidemment la part belle est faite aux fromages français et belges mais on y trouve aussi des fromages suisses, italiens, anglais… de la charcuterie, un coin épicerie fine et le midi, des sandwiches à emporter y sont confectionnés. Seul bémol, si les produits sont de top qualité, le service peut être un peu froid, voire grincheux (ça dépend sur qui on tombe).

Rue du Vieux Marché aux Grains 4, 1000 Bruxelles

Bonnes adresses fermées pour moment

Ces adresses sont fermées pendant le confinement du au COVID-19 et j’espère TRES, TRES fort qu’elles seront toutes de retour une fois ce cauchemar derrière nous.

Super Dragon Toys

Fans de mangas, de cosplay, de figurines et de K-Pop, Dragon Toys est un véritable paradis ! Dans cette boutique, on trouve pêlemêle plein de BD, des figurines de vos animés japonais préférés (combien de fois ai-je résisté à ne pas m’acheter une figurine des Chevaliers du Zodiaque), des T-shirts, des déguisements, des CDs, des posters… Une vraie caverne d’Alibaba et ils livrent pendant le confinement.

Rue Sainte-Catherine 6, 1000 Bruxelles

Nona

Une véritable pizza napolitaine (homologuée par l’organisme qui chapeauté l’authenticité des pizzas de là-bas) faite avec des ingrédients belges, en grande partie bio, c’est ce qui fait la recette de cette pizzeria. Et chaque week-end, c’est la file devant chez eux ! Si j’aime ma pâte un peu plus cuite (j’ai demandé, cette cuisson est voulue), leur coulis de tomate qui sert de base pour toutes leurs pizze rosse est à s’en lécher des doigts.

Rue Sainte-Catherine 17-19, 1000 Bruxelles

Hong Kong Delight

Vous aimez la cuisine chinoise, et plus spécifiquement cantonaise et de Hong-Kong, ce restaurant est une petite pépite. Leurs spécialités ? Les plats laqués (surtout le porc et le canard). Ils offrent également des plats qu’on ne trouve pas souvent et qui demandent un peu d’audace pour essayer comme la méduse au concombre, la langue de canard ou les tripes de porc au piment. Leur bon point ? Ils sont ouverts non-stop.

Rue Sainte-Catherine 35, 1000 Bruxelles

Monk

C’est un de mes « salons ». Ce bar plutôt flamand (Sainte-Catherine/Dansaert étant un quartier prisé de la communauté flamande de Bruxelles) et chaleureux est la quintessence du stam-café : table en banquettes en bois, vieux comptoir avec ses bancs bien hauts, un superbe assortiment de bières et des saucisses sèches pour se caler un peu l’estomac. On y est juste bien ! Les habitués, les brusseleirs et les touristes de passage sont unis dans le partage d’une bonne petite boisson (et pas seulement alcoolisée, il y a une jolie liste de « coolers » au menu). Pour les appétits les plus aiguisés, Monk fait aussi des pistolets, des petits sandwiches tout ronds avec des fromages belges, du jambon d’Ardennes, etc. mais à aussi une salle réservée à un buffet spaghetti ! Complétez l’offre avec des concerts de temps en temps et vous aurez pourquoi j’y reviens encore et encore.

Rue Sainte-Catherine 42, 1000 Bruxelles

De Kwaf

Mon salon de coiffure attitré que je me réjouis de retrouver dès le déconfinement passé. Ce petit salon offre un service personnalisé et je n’en suis jamais sortie insatisfaite. Mention spéciale à Stéphanie, la coloriste, et ses doigts d’or, même quand elle tente des expériences avec ses mixtures.

Rue Sainte-Catherine 41, 1000 Bruxelles

De Markten

Les Cristalleries du Val-Lambert sont un fleuron du savoir-belge. Nées à Seraing en Province de Liège, les Cristalleries avaient quand même besoin d’avoir des bureaux, un magasin et lieu d’exposition dans la capitale. Ce fut chose faîte en 1914, à la veille de la guerre. L’imposante bâtiment de style Beaux-Arts prend presque toute la longueur de la place et rien qu’à le regarder, on sent la fierté et la prestance des cristalleries. Il servira de siège jusqu’en 1965 mais, ironie du sort, cet immeuble construit pour faire briller le savoir-faire wallon sera racheté par le ministère flamand de la culture qui en fera un de ses centres culturels bruxellois, le rebaptisant « De Markten » lui donnant une seconde jeunesse. Expo, conférences, concert… il y a un peu de tout au programme et en plus de profiter des expos, on peut aussi admirer l’intérieur du bâtiment comme par exemple sur bel escalier ou son sol en mosaïque. Son café est aussi très agréable avec sa belle terrasse sur la place. L’espace est divisé en deux, avec des tables où on peut manger et une longue table commune pour y travailler. Un lieu propice à l’inspiration puisque je viens souvent y écrire le dimanche.

Rue du Vieux Marché aux Grains 5, 1000 Bruxelles

Kipkot

J’ai une certaine passion pour le poulet rôti et chez Kipkot, c’est le Rolls Royce de la volaille belge qui est cuisinée : le coucou de Malines. Elevé en plein air, nourri aux céréales, ce poulet de luxe est rôti lentement et au feu de bois. On peut également choisir ses accompagnements, largement bio. Bon appétit !

Place Sainte-Catherine 50, 1000 Bruxelles

Ellis Burger

Ellis a tellement bien marché que c’est maintenant une petite chaîne de « gourmet burgers ». Ce sont aussi des premiers à capitaliser sur cette vague qui ne faiblit pas depuis plusieurs années. Bien qu’ils ne soient pas les meilleurs de Bruxelles, ils restent super bons et ce qui met plait chez Ellis, c’est que les burgers ne sont pas trop gras. Quand on a fini, on n’a pas l’impression d’avoir mangé une crasse !

Place Sainte-Catherine 1, 1000 Bruxelles

Umamido

Les restaurants asiatiques ne manquent pas dans le quartier, ils sont même peut-être un peu trop nombreux, mais si vous avez envie d’un bon ramen, Umamido est là pour vous satisfaire. Si les nouilles sont importées du Japon, les ingrédients pour le bouillon sont eux, locaux. Un petit goût du Soleil Levant !

Place Sainte-Catherine 50, 1000 Bruxelles

Dona Flor

Ça fait des années que le minivan rouge de Dona Flor stationne sur la Place et lui donne un petit air de vacances, même quand il n’est pas ouvert. Dona Flor, c’est un comptoir à cocktail. On commande au minivan et on va déguster sur les petites tables disposées au tour, avec du bon son dans les oreilles. Le menu est restreint (caïpirinha, spécialité de la maison, mojito, Cuba Libre ou rhum planteur) mais préparé avec soin et la convivialité est au rendez-vous !

Sur la Place Sainte-Catherine, 1000 Bruxelles

Arthur Orlans

Cette ancienne maison de couture a été récemment transformée en bar à cocktails, et plus spécialement, à gin ! L’intérieur est superbe, une espèce de mélange entre un speakeasy et un gentlemen’s club à l’anglaise. On n’a qu’une envie, y passer des heures à discuter sous une lumière tamisée, bien calés dans les fauteuils. Juste un petit défaut, même si les cocktails sont bons, ils ne justifient pas le prix très élevés (surtout quand on connaît la concurrence qui joue dans la même division). Néanmoins, rien que pour le cadre (et comme je l’ai dit, les cocktails sont très bons), ça justifie une visite.

Rue Antoine Dansaert 67, 1000 Bruxelles

Passa Porta

Dans une superbe maison, se niche un endroit dédié aux livres et aux écrivain.e.s. Non seulement Passa Porta est une librairie où l’on trouve des livres dans bien des langues différentes, mais c’est aussi la Maison internationale de littérature. De nombreux évènements y sont organisés pour échanger avec des auteur.e.s. Vous êtes vous-même écrivain.e ? Passa Porta organise aussi une résidence pour que vous soyez au calme et faire avancer votre projet. Bref, un véritable phare des mots !

Rue Antoine Dansaert 46, 1000 Bruxelles

Hotel Café Pacific

Ce petit boutique hôtel 3 étoiles (13 chambres) est une des belles adresses du coin. Amoureux d’intime et de minimalisme, vous y passerez une douce nuit (d’autant que la literie est en coton égyptien). Ne vous laissez pas bluffer par le rez-de-chaussée qui a égard l’essentiel du mobilier de café bruxellois typique, les chambres sont tout ce qu’il y a de plus contemporain !

Rue Antoine Dansaert 57-59, 1000 Bruxelles

La Kasbah

Envie d’un bon couscous pour changer ? Poussez la porte de ce restaurant marocain et retrouvez-vous comme dans un palais des Mille-et-une-nuits (cliché, mais pas exagéré dans ce cas-ci). Le plafond est littéralement recouvert de lampes. Couscous et tajines font les gros du menu et c’est un régal. Le tout est parfumé à souhait et à des prix raisonnables.

Rue Antoine Dansaert 20, 1000 Bruxelles

L’Archiduc

Aaaah, l’Archiduc, c’est tout un poème ! Vous parlerais-je de sa façade turquoise ? De son intérieur délicieusement rétro qui semble n’avoir pas connu d’autre période que celle qui l’a vu naître : l’Art Déco ? Mentionnerais-je son balcon intérieur om on déguste des cocktails, particulièrement le pisco sour, spécialité de la maison ? Ou encore, de ses fauteuils en velours qu’on ne veut plus quitter ? Ou des concerts de jazz le week-end à l’heure du thé ou les folles soirées qui s’y passent ? L’Archiduc, c’est une légende bruxelloise et même si j’y vais moins souvent maintenant, j’espère fort-fort qu’il sera encore là quand les bars pourront rouvrir.

Rue Antoine Dansaert 6, 1000 Bruxelles

François Damiens, Edouard Baer et Alex Vizorek enregistre une émission à l’Archiduc
 
 
 
 
 
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C’est la première fois que je vois du pisco sour art… (L’enquête meilleurs cafés bruxellois continue). #bxlblog

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KFK Hope

Cette maison a une certaine âme, il faut le dire ! Avant, se trouvait « La Rose », un « thé dansant » où se nouaient des amours interdites avec des messieurs souvent d’un certain âge et des dames fort mystérieuses. Puis ce fut le « Kafka », une institution bruxelloise qui y démangeât. Ce café était connu comme le loup blanc pour être un des rares cafés cools quand Bruxelles ne l’était pas. On venait y boire whisky et vodka. Il a survécu ici quelques années avant de finalement fermer mais son héritage n’est pas mort. Il renait avec KFK Hope. La grande photo de Franz est toujours là, dans le fond de la salle. Salle qui elle-même a gardé ses meubles et ses banquettes de bois mais le bar a été rénové, on lui a donné un petit coup de jeune et en plus d’y boire, on peut y manger… dont LA spécialité bruxelloise qui cale les estomacs : le stoemp, cette purée de pomme de terre et de légumes servie avec de la viande.

Rue des Poissonniers 21, 1000 Bruxelles

Melting Pot Kilo

Depuis quelques années, Bruxelles est devenue une des capitales du vintage. Melting Pot Kilo a un concept un peu différent. Au lieu d’avoir un prix pour chaque vêtement, ils sont vendus au prix unique de… 15 Euros le kilo ! Plutôt fun, non ? C’est la deuxième implantation du concept dans la capitale et le bâtiment en coin typique de la fin XIXe où ils se sont installés n’est pas désagréable à regarder non plus !

Rue des Poissonniers 2, 1000 Bruxelles

 
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