- Coxyde , Belgique -

June 2017

Coxyde-Oostduinkerke : La Côte belge, côté cool ?

A l’arrêt du tram, je renifle le petit vent matinal qui vient me chatouiller le nez. Il est frais, pétillant et iodé. Je reconnaîtrai ce courant d’air entre mille : nous sommes à la mer. Et quand en Belgique, on parle d’ « aller à la mer », c’est la Mer du Nord. De La Panne à Knokke, ces quelques kilomètres de front de mer font partie de la mémoire collective de tous les Belges et nous unit avec les frites, la bière et les Diables rouges. Tu le sais, Lectrice, Lecteur, j’ai une affection particulière pour Blankenberge et pour Ostende mais lorsque l’on m’a invitée à découvrir Coxyde-Oostduinkerke et son côté « branché », j’ai dit oui car c’était la grande inconnue : je n’y avais jamais mis les pieds !

Le rendez-vous des accrocs à la caféine, Kiss My Coffee

Rendez-vous était donné à Oostduinkerke, au Kiss My Coffee, un chouette bar à café (et plus) où officie Ken, le patron et barista. Je suis la première, j’ai donc tout le temps d’admirer les lieux ! Le café ne ferait pas tache à Bruxelles, Gand ou Anvers : Murs blancs, tables de bois, chaises en velours bleu-vert, décor chiné avec des notes qui rappellent sa situation dans une station balnéaire et petit détail amusant, une paire de poupées Ken qui surveillent le client depuis le haut d’une bibliothèque. Finalement, le reste du groupe arrive et c’est sous la houlette d’Emile de Visit Koksijde-Oostduinkerke que nous allons découvrir les charmes de son coin de Mer du Nord pendant quelques heures. Pendant que nous dégustons nos cafés et bols de muësli maison, Ken prépare sa machine : nous allons avoir droit à un cours de latte art ! Démonstration par l’intéressé : il fut un pot en alu, du lait entier bien froid et on plonge bien l’embout pour faire mousser le lait en inclinant le pot avant de le redresser un peu. Puis, c’est une question de rapidité et de souplesse du poignet : on verse le lait assez prêt de la tasse au début avant de jouer du poignet pour dessiner la forme et on allonge le geste pour la touche finale.

Vu comme çà, ça a l’air facile… jusqu’à ce que ce soit notre tour ! Je m’y colle : j’ai une DeLonghi à la maison et n’ai jamais osé utilisé l’embout pour faire mousser le lait, ça tome bien ! Première étape, la mousse : je suis obligée de me mettre sur la pointe des pieds pour pouvoir jeter un coup d’œil au lait ! « Pas mal, vraiment pas mal. » me signale Ken. Ca commence bien ! Un peu de bulles dans le lait ? Il suffit de taper le pitcher sur le comptoir pour les faire disparaître. Et là, je me retrouve littéralement dans les bras du patron qui guide mon bras pour essayer de dessiner la feuille que je veux faire mais je ne vais pas assez vite et j’arrive tout simplement à faire… un gros bob blanc ! Je comprends pourquoi on appelle çà latte art !

ON serait bien restés pour passer à l’apéro (Kiss My Coffee sert aussi des Gin&Tonics) mais nous sommes attendus pour un lieu… plutôt insolite !

Kiss My Coffee

Leopold II laan 250
8670 Oostduinkerke

Surfin’ Belgium cgez Windekind

Jamais je n’aurai imaginé pareil lieu sur la Côte belge et pourtant, la commune de Coxyde compte pas moins de 3 clubs de plage 4 (un à Saint-Idelsbad et 3 à Oostduinkerke) !

Lorsqu’on arrive au Surfclub Windekind, juste à la sortie d’Oostduinkerke, j’ai l’impression d’arriver en Californie… ou plutôt sur la Côte atlantique française, du Côté de Biarritz. Plus de « mur de béton » sur la digue : il n’y a que les dunes, la plage, immense, le club de sports nautiques tout en bois avec son joli bar et une équipe de sportifs dont la décontraction et la bonne humeur témoigne de la vie au grand air.

A Windekind, on fait un peu du tout : du surf (quand c’est possible), de la voile, du kitesurf, du stand-up paddle et un truc que je n’avais jamais vu : du méga-SUP !!! Il s’agit d’une planche géante où on peut tenir jusqu’à 9 ! Nous pensions faire du SUP en individuel : eh bien non, c’est sur ce drôle d’engin que nous allons nous amuser avec notre « monitrice ». Après avoir partagé un café ensemble, c’est l’ultime moyen de briser la glace entre inconnus : patauger ensemble dans la Mer du Nord !

Première étape, enfiler les combinaisons de plongée (même au cœur de l’été, la Mer du Nord, eh ben elle n’est pas chaude). C’est toujours un grand moment de fous rires, surtout pour ceux qui en enfilent pour la première fois !

Deuxième étape : transporter le monstre jusqu’au bords de l’eau. C’est probablement le plus difficile, puisque la marée est au plus bas et l’eau est loin, très loin ! C’est là que le travail d’équipe commence, chacun empoigne la planche de son côté et c’est en effort collectif que nous arrivons jusqu’à l’eau.

Troisième étape : mettre enfin ses pieds dans l’eau (ouf, la température est finalement supportable). On grimpe sur la planche, on se met debout… et on rame, le but de l’exercice étant d’être bien synchronisés pour ne pas aller n’importe où. Avec la monitrice qui donne le tempo, j’ai l’impression de faire partie d’un équipage de galériens, manque plus que le tambour qui marque la cadence ! Vous suivre une petite heure d’activité diverses et variées (et personne avec une GoPro pour immortaliser une pyramide que nous avons faite sur la planche!à pour tester notre équilibre et renforcer la confiance que nous avons les uns envers les autres… enfin, jusqu’à ce que je balance Frédérique de Yummy-planet à l’eau après une épique lutte sur planche ! Un vrai retour en enfance et à la pure joie d’être dans l’eau (enfin, pour moi) et très franchement, je me serai très bien vue passer la journée entière ici !

Surfclub Windekind .

Zuidenwindhelling 1
8670 Oostduinkerke

Edison, Coxyde côté bistronomique

Le SUP et la mer, ça creuse et il est déjà temps de déjeuner. Nous retournons vers Coxyde où Emilie nous emmènera vers une chouette adresse : la Brasserie Edison. Alors, quand on pense « Brasserie » à la Mer du Nord, on pense à un établissement bien classique avec un décor vieillot et les sempiternels même plats (moules, croquettes, steak frites, demi-poulet).

C’est une paire de frères un peu rock’n roll, Vincent et Olivier Florizoone, qui ont repris la Brasserie de leur maman et lui ont donné un sacré coup de jeune. Nous allons manger des classiques… mais exécutés avec d’excellents produits. La particularité d’Edison, c’est aussi de faire du « food-pairing » avec la bière (jetez un coup d’œil au menu, chaque plat et dessert ont une bière qui leur correspond). Plantons un peu d’abords le décor : vieille affiches, photos surréalistes, vieux miroirs chinés mais aussi, des sièges de compartiment de trains qui créent des petites cabines pour quatre. C’est mignon et insolite… et parlant d’insolite, nous voilà accueillis par Vincent, le patron et chef-expert en bière avec un cocktail à base de gin… et de bière ! Je me suis souvent demandée comment ça se faisait qu’en Belgique, nous n’ayons pas développé un peu plus cette discipline particulière de la « mixologie » mais la preuve est dans le verre : c’est frais, délicieux, avec un léger goût de céréale qui vient se mêler au citron et au côté sec du gin. Miam ! C’est là qu’arrive nos croquettes de crevettes. Attention, il ne s’agit pas de n’importe quelles crevettes , mais bien de celles qui sont pêchées à cheval ! Le pêcheur, habillé de son ciré jaune et juché sur un cheval de traits qui tire des filets dans la mer est une des images fortes et icône de la côte et c’est à Oostduinkerke que ce patrimoine inscrit à l’UNECSO subsiste. Et ces croquettes sont de belles tailles avec une sacrée croûte parfaitement cuite qui croustille comme il faut. A l’intérieur, c’est coulant et souvent, alors que la farce de crevettes dans les croquettes ne goûte pas la crevette (ce qui est une des raisons pour lesquelles j’aime les croquettes de crevettes), ici, on le sent ! Rien de l’animal n’est perdu dans la fabrication du plat et les papilles le sentent. Food-pairing oblige, elles sont servies avec une Oud Ichtegem’s grand cru, une bière rouge légèrement acide qui contraste avec l’onctuosité de la farce de crevettes.

En plat ? Un fin du fin : un tartare de Rouge de Flandre de chez Dierendonck (la star belge de la boucherie dotnt l’établissement est à St-Idelsbad), coupé à la main. La portion est généreuse, bien relevée, servie avec de délicieuse frites qui ont le goût de celles de la friterie. Je n’arriverai pas jusqu’au bout de ma viande, tellement la croquette était généreuse !

Bref, l’établissement secoue la restauration de la Côte et si vous aimez la bière, la carte devrait vous faire saliver (et de belles découvertes à faire, je n’en connaissais pas la moitié sur la carte).

Brasserie Edison

Koninklijke Baan 152
8670 Koksijde

Atelier de cocktail sur la plage chez Sofie’s Sunset

Nous ferons l’impasse sur la bière car… un atelier cocktail nous attend et pas n’importe où : sur la plage de Coxyde même ! Encadrée par des oliviers, voilà l’entrée de Sofie’s Sunset, le beach club de la dynamique Sofie Ketels. Sofie est une mixologiste de talent (elle a gagné le concours du meilleur Negroni organisé par Campari) qui après avoir officié dans plusieurs bars, a commencé à recevoir ses clients… dans son salon : Sofie’s Living Room était né. Depuis 2016 en été, le bar se met les doigts de pied en éventail à Koksijde-Bad, dans le sable. L’endroit est blanc, classieux, très Ibiza d’après mes collègues… et je dois dire qu’on se sent loin, bien loin du cliché de la côte belge ! Avec un grand sourire contagieux, Sofie nous reçoit avec devant elle, tout son matériel, ses jus et sirops maisons et ses bouteilles d’alcool. C’est parti pour devenir des experts mixologistes en herbe puisque nous allons assister à la confection de 3 cocktails : le Red Sea (à base de gin et de… poivrons), la version sans alcool du Simone de Beauvoir (avec des kiwis, de la citronnelle et normalement de la tequila dans sa version originale) et un mojito shakerato (un mojito passé au shaker avec du blanc d’oeuf comme un pisco sour).

Finalement, je me dis  qu’être mixologiste, c’est un peu comme être à la fois un pharmacien et un cuisinier ! Il faut connaître ses ingrédients et produits sur le bout des doigts (par exemple, le choix du gin pour préparer le « Red Sea » n’est pas anodin, Sofie a choisi un gin aux notes iodées) et comment les manipuler pour en extirper le meilleur avec précision. Mais en même temps, il y a un côté fun et créatif puisque les possibilités sont quasi infinies !

Après la démonstration, c’est à notre tour : nous allons préparer l’un des trois cocktails que nous avons préparé. Pour moi, ce sera le « Red Sea », le cocktail aux poivrons ! Je m’affaire donc avec bonheur : écrase les morceaux de poivron au pilon, dépiaute le thym, mesure la quantité de gin (mal au départ), puis celle du jus de citron, envoie une petite dose de sirop, secoue dans son bocal, décore avec plus de thym et du zeste de citron : tadaaaaa ! Reste plus qu’à déguster sous un soleil qui nous donne l’impression de nous transporter loin, bien loin de la Belgique.

Sofie’s Sunset

Zeedijk 301-331
8670 Koksijde

C’est donc 100% conquise (et un peu frustrée aussi, je serai bien restée mais des obligations m’attendaient) que je laisse Coxyde derrière moi avec l’impression de redécouvrir quelque chose que je croyais connaître ! Koksije-Oostduinkerke voulait nous faire évader pas loin de chez nous ? Mission réussie !

Pour aller plus loin
Comment se rendre à Coxyde

C’est bien le gros désavantage de Coxyde (et ses voisines La Panne et Nieuport), elles sont un peu moins accessibles (plus long, moins de trains) depuis Bruxelles que Ostende, Blankenberge ou même Knokke. Néanmoins, s’y rendre est facile. Il existe un train direct depuis Bruxelles en direction de La Panne mais attention : ce train s’arrête à toutes les petites gares entre Bruxelles et le terminus et prend donc 2h30 pour y arriver ! Je recommande donc de prendre le train direct pour Gand-Saint-Pierre (qui part une petite demi-heure plus tard) et arrive au moins 10 minutes avant que ce même train pour La Panne n’arrive. Gain de temps assuré ! De là, on prend le bus 69 pour Coxyde-Plage. L’alternative est de descendre à La Panne et de prendre le Kusttram (Tram de la Côte) dont le départ est synchronisé avec l’arrivée du train.  

Cette journée à Coxyde-Oostduinkerke a été réalisée en collaboration avec l’Office du tourisme de Koksijde-Oostduinkerke.  Les opinions de l’auteure lui restent propre, malgré le gavage aux croquettes de crevettes.

 





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