- Ostende , Belgique -

August 2017

48 heures à Ostende (2ème partie)

C‘est donc prête à faire une petite marche digestive que je me remets en route pour la deuxième promenade de la journée et pas des moindres : The Crystal Ship, un parcours de street art de plusieurs kilomètres qui couvre non)seulement Ostende, mais toute sa commune (comme Mariakerke).

The Crystal Ship, streetart made in Ostende

Il existe deux parcours : un à pied, de plus ou moins 8 kilomètres qui vous fera voir Ostende sous toutes les coutures et un à vélo qui vous emmènera beaucoup plus loin. Le vent continuant de souffler, et l’après-midi étant déjà entamé, je décide de faire le parcours à pied, du moins,,de faire ce que je peux.

La plupart des oeuvres sont de TRES grandes tailles, couvrant des pans de mur en entier ou dans le cas de certaines oeuvres, ce sont des façades entières de bâtiment qui sont customisées !

Les styles sont évidemment très éclectiques, vu le nombre d’artistes, mais les oeuvres sont souvent très colorées et en plus, le parcours vous emmène, entre deux recherches d’oeuvres, à la découverte des plus beau coin d’Ostende comme les écuries royales (que j’avais déjà aperçues le matin).

Des écuries à la gare d’Ostende

Les écuries royales valent la peine qu’on s’y arrête un moment… Voulues par Léopold II pour y abriter ses chevaux, elles n’eurent jamais l’occasion de servir. Ostende en fit le club de sport de la ville : basket, boxe, etc… Marvin Gaye y venait régulièrement pour s’y dépenser et lorsque je vais y jeter un oeil, je tombe sur ce qui est probablement l’équipe d’Ostende en plein entraînement. Le coach parle anglais… j’en déduis donc que je suis bien en train d’admirer l’équipe championne de Belgique au travail !

Les bâtiment en eux même sont assez singuliers : entre le chalet et le style viking ! On retrouve même des motifs d’inspiration nordique sur les façades. C’est plutôt étonnant.

Nous passons également à travers des rues où les jolies villas d’antan ont échappé à la destruction. Certaines sont dans un état impeccable, d’autres un peu laissées à l’abandon. Toutes semble avoir été construite au même moment, entre 1900 et 1901, comme en attestent les date indiquée en haut des villas.

La balade vous emmène également devant les bassins Érasme, le port de plaisance de la ville d’Ostende, avec sa perspective sur la gare…. Pour moi, cet endroit a une saveur particulière. Ma première escapade toute seule, c’est ici qu’elle a commencé. J’avais 18 ans et en rentrant à Bruxelles un dimanche, je suis tombée sur une promo pour se rendre à Londres. A l’époque, pas d’Eurostar ! Il fallait prendre le ferry jusque Ramsgate puis le train. Depuis la gare d’Ostende, on passait dans le bâtiment d’à côté pour embarquer directement dans le ferry… C’est ici qu’un mercredi, je séchais les cours pour prendre le ferry de nuit et visiter Londres. C’est dans cette gare que de retour vers 3 heures du matin, je me suis étendue sur les bancs en bois, à attendre que le café de la gare n’ouvre pour prendre un café avant de pouvoir prendre le premier train pour Bruxelles.

On remonte enfin le Marché aux poissons pour rejoindre le monument aux héros de la mer et la plage. C’est ici que j’interromps ma promenade. L’heure tourne, l’après-midi et finie et bien que je suis loin d’avoir vu toutes les oeuvres qu’on puisse voir à pied; il est temps pour moi de partir à la recherche d’un « bar de marins » recommandé par l’Office du Tourisme.

The Crystal Ship

Départ depuis les bureaux de Visit Oostende, Monacoplain.

Dans l’antre des marins

C’est dans les petites rues ramassées entre le Kursaal et le Voorhaven que je trouve De Zeegeuzen : les « gueux de la mer ». Et c’est dans une véritable taverne de pirates que j’atterris ! Les premiers clients sont déjà bien installés au bar (le café ouvre à 17 heures) et je me rends vite compte que ce sont des habitués. Un peu « bruincafé » de village, un peu café à thème, de Zeegeuzen est vraiment chaleureux et on peut s’amuser à faire la chasse au détails rigolos dans l’établissement ! Et ne manquez pas de tester la bière de la maison, la « zeegeuzen », une gueuze (donc un peu surette) brassée pour le café. Chouette !

De Zeegeuzen

Kapucijnenstraat 38 te 8400 Oostende

Tout de suite après, je file à mon rendez-vous :  c’est une Ostendaise, blogueuse et voyageuse, qui partage sa vie entre sa ville et la Suède qui m’accueille : Heidi de Living by the Sea ! C’est au Q-Beach House que nous allons prendre l’apéritif. Il a été spéciaement choisi par Heidi pour son côté différent des autres. Alors que les autres lorgnent plus du côté d’Ibiza, ici, on se sent plus à Malibu avec ses petites cabines qui rappellent celles des lifeguards californiens. Vous n’en verrez malheureusement pas de photos parce que nous étions trop occupées que nous étions à faire connaissance et à papoter.

Une nuit au Kursaal

Lorsqu’on m’a proposé d’aller voir une comédie musicale au Kursaal, j’ai hésité… J’aime les comédies musicales mais la perspective de cette version live de « Footloose » (un classique des années 80 qui a révélé Kevin Bacon) ne me tentait pas plus que çà. En y réfléchissant, c’était une opportunité unique de voir la grande salle de concert du casino. J’ai donc dit bingo ! Nous sommes aux derniers jours de la représentation et il y a du monde ! L’intérieur du Kursaal est tout habillé de lumière rose et violette et toute une foule se presse pour rejoindre son siège. La mienne est au premier étage et quand je passe la porte, c’est une salle plus grande que ce à quoi je m’attendais qui se livre à mes yeux. Les sièges sont larges, habillés de velours. Old-school mais très confort. Cette salle peut accueillir différents styles de spectacles : d’un concert de Patricia Kaas à une représentation d’Alice au Pays des merveilles sur glace ! La petite alarme de début de spectacle retentit, je me cale dans mon fauteuil et je profite. Enfin j’essaie. J’avoue que le scénario de l’histoire ne me passionne pas, pas plis que la musique à part quelques standards (« Footloose », bien sûr et « I Need A Hero ») malgré l’abatage d’un casting qui combine les talents de danseurs, chanteurs et musiciens.

Kursaal

Westhelling 12, 8400 Oostende

Ostende-by-night

La nuit est tombée, il est environ 23 heures, pas question que j’aille me coucher tout de suite, en tout cas pas sans avoir essayé la chaude ambiance de la Langestraat. Langestraat, c’est depuis longtemps LE lieu pour la vie nocturne ostendaise. Le jour, cette rue étroite aux vieille maison mal dégrossies n’inspire pas forcément confiance. La nuit par contre, les néons et les loupiotes s’allument… et Langestraat est illuminée comme un sapin de Noël. Le plus difficile, c’est de choisir lequel et mes pas et mes oreilles, de par le funk attirés, vont me faire atterrir au Lafayette Music Bar. Je n’aurai pu faire meilleur choix ! Ma première réaction en commander ma désormais habituelle PoppoLou ? « Mince, c’est un café pour hipster… mais pour des gens de ma génération. » Un regard autour de moi a suffi pour réaliser que la majorité des gens au bar sont des quarantenaires branchouilles qui bougent nonchalamment pendant que le DJ fait tourner du bon son ou éclusent les bières en terrasse. Après m’être faite discrète dans un coin du bar, je m’aventure à la terrasse et ne tarde pas à entamer la conversation avec un Monsieur qui n’en est pas à sa première pinte de la soirée. Le charme des nuits ostendaises !;)

Lafayette Music Bar

Langestraat 12, 8400 Oostende

Sur la plage (presque) abandonnée

Pas étonnant que je me lève un peu plus tard le lendemain matin. Le programme sera léger pour le physique mais riche pour la cervelle.

Premièrement : une cure d’iode sur la plage. Ce matin, la météo reste toujours incertaine. La journée avait commencé sous le soleil mais le ciel a pris le temps du petit-déjeuner pour s’assombrir et j’arrive dans des conditions très particulières : un horizon à l’ouest lourd de nuages d’orages et à l’est, un soleil qui perce éclairant le paysage de rayons dorés. Le genre d’éclairage dont raffolent les photographes. Je m’en donne donc à coeur joie ! La marée est basse et je joue à sauter entre les flaques pour aller me tremper les mollets dans l’eau froide de la Mer du Nord. La plage aussi commence à s’animer… Il y a les innombrables promeneurs de chiens, quelques familles qui se baladent ou font des châteaux de sable et les maîtres-nageurs qui prennent place, n’hésitant pas à rappeler aux deux seuls baigneurs de la plage qu’il doivent être prudents, la mer est forte aujourd’hui et la météo n’annonce rien de bon !

Mais l’heure tourne, et à regret, je remets mes chaussures et quitte la plage.

Art à gogo au MuZee

La deuxième étape de la journée sera la visite du Kunstmuseum aan zee (ou Mu.Zee), le grand musée d’art de la ville d’Ostende.

Après une petite balade dans les rues de la vile, j’arrive devant un grand bâtiment qui semble dater des années 40-50, de type un peu industriel (c’est en fait un ancien hangar). Le choix du bâtiment est déjà un parti pris en soi ! J’entre… dans le musée, les salles sont immenses, claires. Je laisse mes affaires dans un casier pour avoir les mains libres et commence mon exploration. Ca tombe bien : le Musée a une expo sur deux des plus grands artistes ostendais : James Ensor et Léon Spilliaert.

James Ensor avait Ostende chevillée au corps. Il y est né, y a vécu quasi toute sa vie et y est mort. Tout l’inspirait : la mer, évidement et la lumière de la côté. Son esprit facétieux va lui faire peindre de nombreuses figures masquées et étranges (sa mère possédait un magasin de souvenirs et de masques de carnaval) mais aussi des squelettes ! Sa palette est souvent très colorée et ses sujets, à la fois drôle, énigmatiques et un peu effrayant. C’est un des artistes majeurs de l’art belge et pendants les dernières années, son air malicieux et ses moustaches et barbichette ornaient les billets de 100 francs.

Léon Spilliaert est tout autre. Vingt ans plus jeune qu’Ensor, il était aussi beaucoup plus mélancolique. Peintre de la plage et des digues la nuit, avec une palette souvent de noir, de gris, de bleu et de violet. Ses tableaux évoquent un monde de solitude, onirique, stylisé, fait d’ombres et de lumières inquiétantes et très graphiques. L’un des aspects les plus étonnants de l’exposition pour moi ne fut pas tant les peintures mais l’écoute d’interviews audio d’Ensor qu’il avait donné pour son 80ème anniversaire. En français, et en néerlandais ! C’est assez comique car le maître rentre de longues improvisations sur l’art, la vie… Surprenant à entendre !

L’une des expos qui m’a également interpelée, c’est la deuxième vague d’Art abstrait en Belgique. Je sais, appréhender l’Art abstrait est… un peu abstrait. Mais depuis que j’ai réalisé que je ne devais pas essayer de voir quoique ce soit, j’apprécie de plus en plus ! On se concentre simplement sur la sensation que ça procure : les couleurs (ou l’absence de…), les mouvements, la texture, extrapoler sur le titre de l’oeuvre (quand elle ne s’appelle pas « Untitled » … C’est assez libérateur en fait !

Une des autres expos temporaires étaient consacrée à Frans Masereel, un artiste né à Blankenberge, militant pacifiste et libertaire. J’avoue que je ne le connaissais pas et j’ai été vraiment impressionnée par son style : des personnages en noir et blanc proche de la bande dessinée. Ses toiles sont souvent très puissantes et évoquent l’injustice sociale, la ville, l’amour… et l’expo fait dialoguer les oeuvres de Masereel avec d’autres artistes contemporains qui traitent des même sujets.

Kunstmuseum aan Zee

Romestraat 11, 8400 Oostende

 

 

Bain de culture à De Grote Post

Même en étant abreuvée d’art, ça ne nourrit pas un estomac ! Ma dernière étape à Ostende avant de reprendre le train sera la « Grote Post ». L’ancienne grande poste d’Ostende est devenu un centre culturel bouillonnant : expos, ateliers, concerts…. Il y a un peu de tout : même une magnifique brasserie au rez-de-chaussée (le Cultuur Café). Si vous ne venez pas y manger un morceau ou prendre un verre, venez quand-même admirer la salle des guichets (elle sert toujours, mais plutôt comme « Box office ». Quand à moi, c’est vers le rooftop-bar que je me dirige. Ouvert uniquement l’été, c’est un peu une des « Places to be » d’Ostende. Je consulte la carte : en plus des boissons, il y a une carte de quelques entrées, plats et desserts qui changent toutes les semaines. Je m’attable enfin, sous un parasol. Avec sa vue sur le Parc Léopold et la ville d’Ostende, j’ai l’impression de terminer ces deux jours de la plus belle des façons. En douceur, et en hauteur.

Ostende, c’est certain, toi et moi, on n’en a pas encore fini !

Cultuurcentrum De Grote Post 

 Hendrik Serruyslaan 18a, 8400 Oostende

Pour aller plus loin
Se rende à Ostende

Rien de plus facile ! Depuis Bruxelles, il suffit de prendre le train. La SNCB offre une connecxion directe pour Ostende au moins une fois toutes les heures depuis Bruxelles (la ligne passe également par Gand et Bruges). Ostende peut aussiêtre rejointe directement depuis Liège et Anvers.  Si vous venez le week-end, n’oubliez pas que du vendredi 19 heures au dimanche soir, les billets sont à moitié prix (prolongé du jeudi soir au lundi soir jusqu’au 31 août), n’oubliez donc pas de prendre un billet week-end.

Que voire et que faire à Ostende

Rendez-vous sur le site Visit Oostende pour préparer votre séjour. J’ai particulièrement apprécié les articles à thèmes qui répertorie les meilleurs endroits pour prendre l’apéro, où déguster un bon café, des conseils pour visiter avec les enfants ou encore où trouver les meilleures moules de la ville.

Cet article a été réalisé avec le support de Visit Ooostende mais les opinions de l’auteure reste entièrement libres, malgré le nombre de PoppoLou ingurgitées.

 





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