On va prendre la route. De ces routes poussiéreuses que l’on trouve au Texas, où tourbillonnent les tumbleweeds et la mélancolie. Où l’horizon est vaste mais sans porte de sortie. Où de grands gaillards au langage d’habitude franc n’osent se livrer que guitare à la main. Mais quand ils se livrent, ça peut faire mal! C’est ce que j’ai ressenti quand j’ai entendu Richard Buckner pour la première fois.

Rewind en 1997, c’était la fin de l’époque des cassettes. Grande fan de Jeff Buckley, j’avais mis la main sur un enregistrement pirate de son concert au Botanique. Sur un chat, je rencontre une autre fan, nous partageons cet amour, partageons alors la cassette. Je lui promets d’envoyer une copie, et en échange, elle m’enverra une mixtape des son cru. Quelques semaines plus tard, une enveloppe matelassée m’arrive de New York, quelques jours avant la disparition de Jeff. Dedans, deux morceaux qui vont m’arracher le coeur et des larmes: « Song of 27 » et « 4am« . Richard Buckner, c’est d’abords une vois… chaude, profonde, avec un grain comme celui du bois d’une guitare. Elle m’a toujours fait l’effet d’un feu de bois en plein air. Et dans cette voix, une infinie tristesse, presqu’un désespoir… Oui, les grands gaillards aussi peuvent avoir le coeur brisé et ils se cachent pour pleurer!

Dans la playlist, je vous ai mis la chanson éponyme de son dernier album, « Surrounded« ,  mais pour la vidéo en bas d’article, je ne peux pas résister au plaisir de partager « Song of 27« , et tu me diras si tu n’es pas transporté par cette folk sans fioriture, un style américain jusqu’à la moelle et ce qu’en fait Richard Buckner, c’est de nous renvoyer une pure image d’une Amérique qu’on a pas l’habitude de voir: celle qui a mal.