- Wissant , France -

August 2015

Slack! Festival : l’art contemporain en plein air

L’art a sa place partout, partout où l’esprit humain s’aventure et quelque fois, on le laisse faire en grand. En très grand. Et c’est le cas pour le Festival Slack : sur 36 kilomètres, entre les Cap Griz Nez et Blanc Nez, 14 artistes ont installé leurs oeuvres dans les différentes communes de l’Entre Deux Caps, l’occasion de découvrir la Côte d’Opale d’une manière originale et avec un œil nouveau.

En une heure d’Eurostar, nous voilà, Emma d’Au goût d’Emma, à Calais, point de départ pour rejoindre les communes qui participent au Festival.

Fruit d’une collaboration entre les municipalités, la population est les artistes, les 14 artistes qui participent sont venus se plonger dans l’environnement du Boulonnais pendant une résidence et on use laisser inspirer par le décor, l’ambiance et les rencontres. Résultat : ce parcours d’artistes entre mer, dunes, marais bois et champs que l’on parcourir en voiture, en vélite à pied (à travers des ballades de 3, 5 et 8 kilomètres).

La mascotte du festival, c’est une mouette à roulettes. Ou plutôt un goéland! L’Unité Mobile de Promotion du Goéland est là non seulement pour sensibiliser les gens à l’importance des mouettes mais aussi, pour informer des activités du festival.

Les œuvres

Les sentinelles

Sur la Motte du Bourg, Françoise Petrovich a installé 3 sentinelles, mi-humaine, mi-animale. Pour les observer, il suffit de se rendre dans une cabane d’observation qui sert d’habitude à se cacher pour regarder les oiseaux qui ont élu domicile dans les marais tous proches. Deux regardent l’horizon. Une troisième figure (est-ce un agneau? Un boeuf?) regarde fixement les visiteurs. Grâce au ouverture sur l’horizon crée par les fentes d’observation, on a l’impression que le paysage lui-même est un tableau qui change au fur et à mesure que le visiteur se déplace, avec les sentinelles comme points de repère. Et cette drôle de tête? J’y vois un peu un juste retour des choses. Comme nous venons observer ici la vie animale, un animal nous observe en retour. Poétique à souhait!

Le cabaret des oiseaux

En pleine nature, on trouve l’installation végétale de Marie Denis. Elle a utilisé des cardères séchées (des plantes très semblables au chardon) pour en créer une “mini-forêt”. Attaché à des minces bares de fer, on dirait des candélabres géants sortis de terre.

Lola

La balade sonore de Pierre Redon est la plus étrange de toutes ces expériences artistiques! Il s’agit de chausser sur vos oreilles des écouteurs et de suivre la guide qui emmène sur les sentier du bois d’Hazinguette, un lieu chargé d’histoire. Ce joli bois est en fait complètement artificiel. Pendant la 2ème Guerre mondiale, les Allemands érigèrent le “Mur de l’Atlantique”, une défense des côtes européennes contre un éventuel débarquement Alliés et truffèrent les côtes de bunkers et autres blockhaus. C’est pour cacher un de ces blockhaus qu’avec l’aide de botaniste, l’armée allemande transplanta un bois entier d’arbre adultes. Les blockhaus resteront sur pied jusqu’à la fin de la guerre. L’un d’entre eux, la batterie Todt, est même un musée. Mais celui qui est niché dans le bois a en partie explosé. Nous mettons oncles écouteurs, et la promenade commence. Musique angoissante, bruits stridents, sabots de chevaux et bientôt une voix de femme qui répond à un homme à l’accent allemand. La voix à la fois triste, lasse et détachée et raconte une histoire, du genre de celle que l’on voit en rêve. Celle d’une femme qui aimait un soldat dont on ne sait pas si il est mort ou pas. Cette femme, c’est Lola, qui venue voir Pierre Redon. Elle se sentait “habitée” par une autre. Elle accepte de se soumettre à une séance d’hypnose et que ses réponses soient enregistrée. Le résultat? C’est une promenade de l’angoisse dans un bois cache la laideur de ce qui a pu se passer il y à 70 ans.

Balade musicale avec le Petit Orphéon autour de “Clouds”

On reste sur les traces de la guerre avec “Clouds” de Liliana Motta. Cloud est sans doute l’oeuvre la plus monumentale du festival. Une vingtaine de ballons blancs sont disposés dans des “trous de bombes”, des trous laissés par des impacts d’obus et qui crible cette facade de la côte tout à côté du Cap Blanc Nez. Ceci, afin de mieux les mettre en évidence. Pour découvrir le paysage sous tous ses angles, nous aurons l’ensemble “Le Petit Orphéon”, un ensemble musical qui livrera plusieurs type de performances sur le parcours : chansons, extrait musicaux, saynètes, danses… le tout en pleine nature et évoquant toutes facettes de l’environnement; la pêche, la guerre, le triomphe de la nature, la migration, l’art … le tout sous un ciel tourmenté et un vent qui fait bruisse les hautes herbes. La balade se prolonge jusqu’au sommet du Cap Blanc Nez où la vue sur la Manche et les longues plage de l’Entre deux caps est époustouflante!  Le soleil qui perce à travers de gros nuages gris plomb touche la mer de ses rayons comme si un gros doigt lumineux faisait une caresse à la Manche.  Je suis plus touchée par le paysage et les performances que par l’oeuvre en elle-même. Mêle si je comprends les intentions de l’artiste, j’ai du mal à être touchée. La balade musicale fonctionnerait bien même sans installation… sauf le côté un peu long (2h30)… la dernière demi-heure traîne un peu en longueur… reste des moments féériques en pleine nature… et d’autres… euh… moins évidents (amateurs de danses contemporaines, j’attends que vous l’expliquiez des choses que je ne comprends pas).

Galerie à la ferme

Le lendemain, nous avions rendez-vous à la ferme Boulet à Tardinghen pour un atelier “Galerie à la Ferme” avec l’artiste lui-même : Janusz Stega. D’origine polonaise, il s’est inspiré des techniques de peintures murales (des gros rouleaux à motifs) de là-bas, technique qu’il appliqué à la peinture d’une grange à foin! Et le résultat est joyeux, coloré, vivant… tout autant que l’artiste qui a une bonne humeur et un dynamisme communicatif. Il emmènera ses élèves dans la cours de la forme pour créer eux-mêmes leurs propres imprimés (avec deux bouts de bois, du polystyrène, une presse et des objets glanés dans les champs, ou dans la ferme.

Plus près encore du milieu rural, une galerie est aménagée dans la ferme où est exposé un triptyque… ce sont des impressions réalisées avec des rouleaux de paille que l’on a trempé dans la peinture puis soulevé avec un tracteurs avant d’imprimer sur une fond noir. En regardant le triptyque, je me mets à sourire en imaginant la scène pour le réaliser… avec l’artiste en maître d’orchestre d’un tracteur. Un joli mélange entre intention de l’œuvre et résultat.Malheureusement, nous n’assisterons pas au gros de l’atelier puisqu’entre le début et la conclusion, nous sommes Emma et moi avions une promenade de prévue, pour voir d’autres installation.

Promenade du Châtelet

A 5 minutes de marche de la ferme, on accède à une partie de la Promenade du Châtelet, qui commence au village de Tardinghen. Cette portion, probablement la plus belle balade du circuit, vous emmène dans les dunes de la Baie de Wissant. Et en ce début d’après-midi, il fait beau! Encore plus de l’autre côté de la Manche où les falaises anglaises brillent de toute leur blancheurs! Une trentaine de kilomètres nous séparent… pour deux voyageuses, c’est une terrible invitation à mettre les voiles! Mais nous allons nous contenter de nous promener les pieds dans le sable, sur des sentier fleuris, entre papillons, abeilles, et bourdons, à la découvertes d’autres installations. L’Etat des choses de Julien Boucq n’arrive pas me toucher. J’apprécie le fait qu’il ait détourné des objets marins (comme des bouées) mais le résultat me fait penser à une plaine de jeu pour enfant. Bof. On poussera jusqu’à la Courte Dune pour trouver la sculpture des Anticamera des Frères Chapuisats. Ils sont Suisses, et ça se voit tout de suite! La construction est sommet de sa dune et à un toit pointu comme un chalet! Les petits malins ont bien choisi leur emplacement, la vue est superbe!  N’hésitez à ramper et à entrer dans cette cabane par le petit trous, à regarder le ciel à travers le puits de lumière ou la mer à travers un petit triangle, comme si on était à l’intérieur d’un appareil-photo. On y retrouve comme un goût d’enfance, d’émerveillement, ce qu’on ressent quand on a une cabane à soi. Malheureusement, nous ne sommes pas les seules à voulori en profiter et nous faisons demi-tour, juste le temp de passer saluer la mer au plus près avant de  rejoindre “Berniques” de Nicolas Floch ou des coquillages géanrs ont été transformé en lampadaire éclairant un banc. Un lieu très fréquenté des pique-niqueurs (il était d’ailleurs occupé). On comprend… situé un peu en hauteur, sur le Mont aux Leux, il offre une jolie vue sur la mer, les dunes et la campagne environnante.

En conclusion : une première édition qui m’a séduite, même si certaine œuvres sont plus fortes que d’autres (en même temps, l’art est subjectif) mais ce qui m’a le plus convaincu, c’est d’utiliser ce fil rouge pour découvrir une région et ses beautés, et être interpelée différemment sur un paysage et un patrimoine.

Dodo

Nous avons logé à l’Hotel Samoria, à Audinghen, juste à côté de l’Office du Tourisme. Tenu par un couple franco-anglais,  Patricia et Tim, l’hôtel est tout neuf (il s’est ajouté à la brasserie qui existait déjà). es chambres sont spacieuses, confortables et comme le patron est anglais, on n’oublie pas la petite bouilloire dans la chambre pour faire son thé.  Un gros bon point pour l’accueil, la literie et la salle de bain! Par contre, l’hôtel est petit donc, si vous pensez y séjourner, réservez bien à l’avance!  La brasserie mélange alégrement cuisine locale et britannique (moules? Check. Fish and chips? Check). Et les proportions sont ENORMES! Et pas seulement dans l’assiette! J’avais opté pour un Irish Coffe e guise de dessert et disons que… j’ai été extrèmement bien servie! Par contre, c’est un hôtel à la campagne donc, gare aux moustiques à la belle saison !

MiamMiam

Le Presbytère

Comme le nom l’indique, le Presbytère est… un ancien presbytère situé à Tardinghen.   Inaugré mi-juillet, il fait déjà le plein avec sa jolie terrasse qui fait face à la mer! Cet estaminet vous propose des plats régionaux (ben oui, des moules, j’en ai piquée une à Emma et les petites moules locales sont savoureuses, j’ai été moins convaincue par ma pièce du boucher). Arrosée par une “2 Caps”, une bière blonde pure malt issue de la Brasserie des 2 Caps (avec modération).

Slack! Deux-Caps Art Festival

Jusqu’au 20 septembre -Participation gratuite

Site des Deux-Caps –  Point d’Information SLACK !
Église de Tardinghen – 62179 TARDINGHEN
GPS Position : 50°52’00.07 N 1°37’46.88 E

Tel: 06 46 12 01 07

Mail : info@slackdeuxcapsartfestival.com

Web: http://slackdeuxcapsartfestival.com/

 

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