- Lyon , France -

June 2016

ViaRhona : entre Lyon et Vienne

« Je voudrais m’éteindre ici
où pas loin de l’Italie »

Benjamin Biolay chante dans ma tête depuis ce matin… depuis que je suis montée dans ce TGV pour Lyon. Son ode à la ville des confluences ne me lâche plus, et certainement depuis que je me ballade dans ses rues, suivant sagement une guide. Et en effet, à Lyon, il a plus qu’un petit goût d’Italie. Devant les arcades de la Maison de avocats, il règne un petit air de Florence ou Rome…

Si je suis dans cette grande ville, c’est pour entamer un week-end à parcourir la ViaRhôna, un itinéraire à vélo long de plus de 800 kilomètres et qui suit le Rhône depuis le Lac Léman, à son embouchure sur la Méditerranée. Un trajet qui deviendra sans doute un classique du tourisme à vélo une fois que tous les tronçons seront terminés. La Région Auvergne-Rhone-Alpe a quasi terminé d’aménager sa part du parcours et c’est avec Sylvie du Coin de Voyageurs et Pauline et Benoît de World Else que nous allons prendre une grande bouffée d’air pour ces 3 jours, accompagnés de Raphaëlle et Bruno, notre chauffeur de « véhicule de loisir ». Nous avons quelques heures pour découvrir l’essentiel du Vieux Lyon, alors en route ! A peine le temps de saluer la cathédrale Saint-Jean, de rencontrer Stéphanie de l’Office du Tourisme de Lyon, que nous nous retrouvons à faire une activité typiquement lyonnaise ; « trabouler ».

Traboulons, traboulons !

Une traboule, c’est quoi ? Eh bien il s’agit de passages piétons à travers des cours d’immeubles qui permettent de se rendre d’une rue à une autre, traversant donc des espaces privés. Lyon n’est pas la seule ville de France a en avoir, mais ses traboules sont sûrement les plus célèbres. Encore faut-il les trouver car quelque fois, une simple porte peut en cacher une et impossible de deviner que derrière, se cache un passage. Comment ne pas déjà un peu tomber en amour d’une ville qui fait rentrer ses passants au cœur de l’intimité de ses habitants, mais avec respect ! Dans le vieux Lyon, les traboules, comme tout le tissu urbain du lieu, datent de la Renaissance et une des plus remarquables, c’est sans doute la Traboule-de-la-Tour-rose. On y accède par le numéro 16 de la rue du Bœuf (on ne peut pas louper la sculpture de boeuf couché au coin de la rue). A l’intérieur, c’est une magnifique demeure avec une tour au toit pointu et à la couleur rose, qui se cache à la vue des promeneurs qui sont dans la rue.

Il n’y a pas que les traboules, mais également des cours intérieure, comme celle des musées Gadagne. Les musées et leurs bâtiments constituent le plus vaste ensemble Renaissance du Vieux Lyon et vient à peine d’être rénové (ça se voit, les façades sont pimpantes) et on y trouve le musée d’histoire de Lyon et le musée des marionnettes du monde.

Autre cours plutôt belle à voir, est celle de la Maison du Chamarier, l’intendant des finances de l’Évêché tout proche. C’est lui qui tenait les cordons de la Bourse et sa demeure reflétait sa fonction, avec un mélange de style entre le gothique finissant et le Renaissance.

Bouchons lyonnais

Mais Lyon, c’est aussi une ville de gastronomie. A tous les coins du Vieux Lyon, on trouve bien une maison de bouche, une boulangerie-patisserie (avec les fameuses galettes à la praline) et bien entendu, les bouchons lyonnais.

Le bouchon est un restaurant à la bonne franquette, où, collés-serrés avec les autres clients, on déguste des spécialités lyonnaise (comme la quenelle), arrosé d’un petit beaujolais (ou d’une Côte-du-Rhône), sous les bons mots et la gouaille du personnel. Et attention, on ne peut pas s’appeler bouchon comme çà, il y a même un label « Bouchon lyonnais » : déco de bric et de broc, carte des plats et des vins, bonne humeur du patron/patronne… C’est un tout qui fait qu’un bouchon est un bouchon et pourtant, ce n’est pas dans le vieux Lyon que nous irons manger… mais dans un bouchon situé dans le VIème arrondissement et qui a fait depuis longtemps ses preuves : le Café du Peintre.

Ici, on est un peu au croisement entre deux cuisines : celle des bouchons, et celle des « Mères lyonnaises », une cuisine bourgeoise, simple mais raffinée et servies dans des établissements tenus par des femmes. Et c’est Florence Perier, une souriante blonde qui est à la tête de l’établissement avec son fils Maxime et qui vient à peine de recevoir la Médaille du Mérite. Et c’est très chaleureusement que nous sommes accueillis par Maxime et commençons un plantureux repas. J’attaque mon morceau de veau cuit au bouillon tandis que d’autres partent à l’assaut d’une andouillette au gratin. Comme tu peux voir, Lectrice, Lecteur, la cuisine du cru n’est pas particulièrement légère !  C’est simple, généreux, plein de goût. Et c’est presque timidement que Florence sort de sa cuisine pour nous saluer pendant le repas et à notre départ. La barre est placée haute dans la catégorie des Bouchons pour ma prochaine visite !

Lyon, ville de confluences

On va éliminer toutes les calories emmagasinées en parcourant les salles du Musée des Confluences. Un nom bien choisi sur ce bâtiment semblable à un cristal, installé au lieu de confluence du Rhône et de la Saône et qui est devenu une confluence des savoir sur le vivant.

Car sous ce nom évocateur, se cache en fait un Musée d’histoires naturelles d’un nouveau genre où on ne se contente pas d’exposer des fossiles, animaux empaillés ou statues mais on les met véritablement en scène pour raconter une histoire. La nôtre, celle du vivant (les origines, l’évolution, les hommes) mais aussi celle de la mort (avec une expo permanente dédiée aux croyances de la vie après la mort et aux rites funéraires). C’est bien agencé, magnifiquement mis en place, fun… Un des plus chouettes musée que j’ai eu l’occasion de voir. Et ne loupez surtout pas l’exposition temporaire “Antarctica” avec de véritables mises en situation… moins les températures polaires!

Nos ancêtres les gallo-romains

Pas de vélo au programme du jour, nous prendrons donc la route pour rejoindre les musées Gallo-romains de Saint-Romain-en-Gal, une commune juste en face de la ville de Vienne, de l’autre côté du Rhône. Il consiste en un grand bâtiment plat en verre et en quelques hectares de sites archéologique… et son histoire est plutôt intéressante. A l’époque gallo-romaine, Vienne est une des villes les plus importantes de Gaulle et se développe sur les deux rives du Rhône. Le centre avec les temples, forum et théâtre sur le site actuel de la ville et un quartier “résidentiel” constitué de villas, de l’autre côté. C’est en creusant pour les fondations d’un lycée en 1967 que les ouvriers vont découvrir les restes de ces villas, ainsi que de nombreuses mosaïques. On arrêtât les nets les travaux, pour mener des fouilles et le lycée fut construit ailleurs.

A l’intérieur du musée, la place belle est faite aux mosaïques, qui sont sans doute les témoignages les plus vivants  des habitants de l’époque, puisqu’on y retrouve des scènes de la vie quotidienne, ou des scènes religieuses ou encore des mythes. C’est l’axe qu’à choisi le musée : essayer de représenter ce qu’était le quotidien des citoyens de “Vienna”.

A l’extérieur du musée, on retrouve le site archéologique avec une vraie voie romaine, excavée lors des fouilles et bien sûr, les ruines d’immenses villas qui s’élevaient ici mais aussi, les ruines de thermes : ces bains publics que les Romains affectionnaient particulièrement. Mais un des éléments les plus curieux qu’on puisse voir sur le site, c’est la vigne. Un vignoble à l’antique avec pas moins de 15 cépages différents, qu’on verra de loin, n’ayant pas le temps d’aller voir jusque là. C’est que si le vin est si important en France aujourd’hui, c’est aux Romains qu’elle le doit. Sans doute les premières “dolma” (espèces d’énormes amphores en terres cuites) sont arrivées en remontant le Rhône par bateau, comme celui qui est exposé dans le musée. Enduite de poix à l’intérieur pour les rendre imperméables, elles servaient à transporter des liquides ou des grains. Ce qui nous donnera l’occasion de respirer à plein nez quelque chose vieux de 2000 ans. De la vraie poix retrouvée sur le site et qui continue de dégager un étrange parfum entre le goudron et la séve de résineux.

Le vin est célébré dans les textes romains, la culture de la vigne, la vinification et la manière de préparer le vin sont même codifiés. Une préparation que les archéologues du musée essaient de reproduire en faisant une vendange (et en organisant une fête pour l’occasion, les “Vinalia”), en écrasant le vin avec des machines de l’époque, puis en reproduisant tout le processus de vinification. Mais la vinification était bien moins maîtrisée à l’époque et ce qui en sortait ressemblait plus à une espèce de sirop que les Romains coupaient avec de l’eau et aussi en y rajoutant des épices. C’est d’ailleurs ce que nous irons tester avec l’archéologue qui nous a fait visiter les lieux. Et comment dire… le vin rouge coupé à l’eau mélangé avec des écorces de fruits et des herbes… ben c’est pas évident! Et je ne vous parle pas du turriculae, un vin blanc sec coupé à l’eau de mer et aromatisé de fenugrec. Un vin qui goûte à la fois la noix et le curry!

Je sais ce que tu penses, Lectrice, Lecteur : Ils sont fous, ces Romains !

Vienne et vin

La semaine qui allait suivre allait être un grand événement pour la ville : l’ouverture de son pavillon du tourisme de Vienne et du pays viennois. Un petit écrin noir pour la promotion du lieu et son petit bijou : une tour de vin de la région. Nous sommes dans les Côtes du Rhône, et plus particulièrement, les Côtes-Rôties, où le soleil peut faire monter la température au pied du cep jusqu’à 70 degrés. La culture et le tourisme œnologique sont donc TRÈS important pour la région et c’est ici une superbe mise en valeur. En bas à gauche, on trouve les bouteilles les plus proche de Vienne et celà monte vers le côté en haut à droite, où sont disposés les vins proches de Valence. Mais ce n’est pas tout : le pavillon compte un petit secret à l’étage : un espace cuisine qui ferait pâlir d’envie n’importe quel foodie !!! Des cours de cuisine y seront dispensés pour les visiteurs puisque la gastronomie est le 3ème axe sur lequel Vienne souhaite se placer. Les installations sont impressionnantes, mais c’est surtout le 2ème axe, le vin, qui va sceller cette première journée de blogtrip avec une petite dégustation avec vue sur le Rhône.

Je fais rouler le vin dans ma bouche, je savoure… regarde mes compagnons… mais je pense lire quelques chose dans leur yeux. Celle d’être demain pour enfin enfourcher les vélos.

Où loger
Nous n’avons pas été les seuls cyclistes de la ViaRhôna à loger à l’Hôtel Domaine des Vignes  Ce petit établissement situé à Ampuis a également servi d’étape pour un couple de cyclistes qui faisait tout le parcours depuis la Suisse ! Une chance de discuter et de glaner quelques infos. L’hôtel quand à lui, est petit (12 chambres), sobre, contemporaines, une bien jolie salle de bain avec un grand lit et dans mon cas, une jolie vue sur les vignes de C$ote-Rôtie. En plus d’être plus que confortable, c’est l’accueil de Cathy qui fait la différence. A notre arrivée, grand sourire et clés déjà prêtes pour que nous puissions nous rafraichir avant le dîner. Une bien sympathique adresse.
Cette promenade à vélo a été réalisée dans le cadre d’une opération organisée par ViaRhôna mais les opinions de l’auteure lui restent propre, malgré les nombreux verres de Côte-du-Rhône dégustés.

 

ViaRhôna : entre Vienne et Arras-sur-Rhône
Un week-end à Amiens (2ème partie)




  1. serenity
    le 17.10.2017

    c’est une jolie escapade que tu nous offre la, merci pour le partage 🙂
    les photos sont vraiment belles

  2. Melissa
    le 17.10.2017

    Les plus belles parties sont encore à venir dans les prochains épisodes, où on enfourchera les vélos.

  3. LadyMilonguera
    le 17.10.2017

    Une belle escapade comme je les aime…

  4. Melissa
    le 17.10.2017

    La culture, les gourmandises ou les deux ? 😉

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