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December 2011

Caribbean Redux: La douceur de St-Kitts

Saint-Kitts

Cet article fut écrit à l’occasion d’une croisière prise en 2008.

Saint-Kitts (ou Saint-Christophe)… une drôle d’île, géographiquement parlant! Deux visages séparés par une mince langue de terre. L’eau bleu pâle des Caraïbes est lisse comme un miroir tandis que celle de l’Atlantique bat la plage à grand coup d’ondes. C’est de ce côté que le taxi emmène plusieurs d’entre nous, à North Frigate Bay. Ce n’était pas vraiment ce  que j’avais choisi mais le taxi et les représentants à l’office du tourisme avaient insisté. Je leur fait donc confiance. Planche de bodysurf sur le dos, je monte dans « Lions Paws », qui doit nous emmener là-bas. Je détecte tout de suite la différence avec Sainte-Lucie. Là-bas, l’intensité du paysage abrupt et beau semble avoir façonné les caractères et donne à l’endroit un aspect « brut de décoffrage ». A Saint-Kitts, tout est plus rond, et un rien plus policé, même les visages des gens. Même la couleur dominante de l’île. A l’intense vert émeraude de la forêt tropicale de Sainte-Lucie, répond le vert tendre de la canne à sucre de Saint-Kitts. Ce berceau du colonialisme anglais dans la région semble d’ailleurs compter de nombreux expats britanniques, en plus d’Américains et de Canadiens. Ceci expliquerait-il donc cela?  Saint-Kitts n’est pas seule, son île soeur, Nevis (ou Nieves), que nous avons croisée en arrivant, se tient pas très loin. Pour ceux qui on encore plus besoin d’isolement, il parait que c’est un véritable paradis! J’en suis encore à réfléchir à mes premières impressions mais « Lion Paws » les interrompt en arrivant à destination.

Saint-Kitts

Je suis légèrement consternée… Il s’agit d’un hôtel de luxe géant mais St-Kitts a tenu à maintenir l’accès public à ses plages. Nous voilà donc accueillis par des grooms stylés qui nous invite à suivre un garçon de plage. Nous expliquons que nous venons du bateau. Celui-ci sourit en nous faisant traverser les jardins et piscines où de bienheureux occidentaux se dorent la pilule. Sur la plage, en lieu de parasols, des gazébos de bois protègent des coups de soleil. Au coin le plus éloigné de la plage, je décide de poser mon sac de plage. Ce n’est pas seulement pour me tenir à l’écart de la clientèle mais aussi parce que les grandes vagues de l’Atlantique sont cassées par un brise-lames construit pour l’hôtel. Une mini-crique plus loin, l’océan reprend ses droits et l’endroit est plus favorable aux planches. L’eau est tourmentée et d’un bleu plus foncé que St-Martin, une de ses voisines immédiates, mais tout aussi délicieusement chaude. J’ai à peine le temps de me mouiller qu’une vague s’invite directement! Je m’élance, m’allonge sur ma planche… et me voilà propulsée à toute vitesse jusqu’au sable, les yeux piquant et toussotant pour cause d’absorption massive d’eau salée (mais quand apprendrais-je à ne pas lancer un « Wouhouhouhouuuuu » à chaque grosse vague). Et pendant ce temps, les pélicans passent….

Saint-Kitts

Saint-KittsQuelques heures plus tard, épuisée par le soleil et l’exercice, je somnole dans le taxi du retour. J’ai juste un peu de temps pour lever le voile sur Basseterre, la capitale.

Je suis séduite! C’est l’heure de la sortie des classes et des vagues d’enfants sortent de tous côtés, tous en uniformes, suivant la bonne vieille tradition anglaise. Basseterre est d’ailleurs coquette, avec sa place modelées sur Picadilly Circus, ses maisons pastels et le parvis de la cathédrale bordé par un grand parc. En cette fin d’après-midi, les écoliers ont envie d’y jouer! D’ailleurs deux petits garçons ont entrepris l’escalade du plus grand des arbres. Prudemment, ils s’accrochent des pieds et des mains sur une grosse branche puis montent à la verticale, avant de se coucher et de se laisser balancer dans le vide. Au moment de sauter, les éclats de rire fusent de partout. Et ils recommencent… Les adultes, eux, sont assis sur des bancs et échangent quelques mots avec leurs voisins. C’est aussi l’heure de la sortie des bureaux et des messieurs-dames en costume marchent à l’ombre, portables en main. Dans le ciel, pas un nuage. Est-ce que la tranquillité séjournerait à Basseterre?

Saint-Kitts

L’heure d’embarquer me cueille en pleine frustration. C’est bien le seul désagrément de la croisière de masse, au moment où vous commencez à vouloir en savoir plus, vous vous apercevez que le soleil est bas dans le ciel et qu’il faut rejoindre ceux qui font la file à l’embarcation. Pendant un moment, vous vous demandez: “Et si je restais?”. Vous imaginez regarder le navire disparaître à l’horizon, prendre un cocktail en terrasse avant de réfléchir à ce que vous pourriez bien faire maintenant. Ça y est, la raison vous a rattrapé! Et avec une moue de dépit, je scanne ma “cruise card”. Ma passion pour le bodyboard m’aura fait louper la visite du Fort de Brimstone Hill, ou le tour de l’île en train ou une randonnée sur le M ont Liamuiga, sous les regards des singes vervets… Comme à chaque étape, l’envie me tenaille de revenir, puisque je ne peux y rester.

Saint-Kitts

Saint-Kitts

Sur le pont, des visages fatigués et heureux admirent un coucher de soleil de cinéma. Pour une fois, le paquebot lèvera l’ancre avant la nuit tombée. Nevis est déjà dans l’ombre.  Le sommet du Mont Liamuiga est enrobé de barbapapa rose et la petite île hollandaise St-Eustache baigne dans une lumière cuivrée.

Sur un coup de sirène, nous partons. C’était la dernière escale.

Envie d’y aller?

 

2011, bilan d'une année de la proximité!
Le Tour du Web - 23/12/2011




  1. Julien@Voyageur-Independant
    le 20.12.2014

    Encore de très belles photos! Je suis presque convaincu de faire une croisière!

  2. Melissa
    le 20.12.2014

    Eh eh eh! Je ne sais pas si le dernier article va te convaincre par contre!

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