- , -

December 2011

Caribbean Redux : Sainte-Lucie, l’authentique

St-Lucia

Cet article fut écrit à l’occasion d’une croisière prise en 2008.

Ce matin au réveil, il y avait de l’excitation dans l’air! Oh oui, Sainte-Lucie, une des plus belle île des Caraïbes, était au programme aujourd’hui. Le temps de prendre le petit déjeuner et je suis sur le pont pour assister aux manœuvres d’arrivée du Miracle.

Les guides ne mentaient pas! Avec son horizon découpé de montagnes d’un vert intense et de petites baies, Sainte-Lucie promet déjà bien des merveilles à ceux qui s’apprêtent à lui rendre visite. C’est une première pour moi, non seulement c’est la première fois que je débarque sur cette île mais c’est également le point le plus méridional que j’ai jamais visité.

St-Lucia

Le port étant à 10 minutes à pieds du centre de Castries, la capitale, je décide d’aller jeter un œil en ville avant de réfléchir à quoi faire avec le temps qui nous est imparti. Une fois dans la rue, je me rends compte que je suis définitivement ailleurs. Ce sont les Caraïbes profondes. Castries a un air de belle canaille. Les rues mal pavées, des maisons pastels sans âge dont on ne serait pas étonnés de voir sortir un Jack Sparrow, des filles à la démarche chaloupée et au regard effronté et des hommes à l’allure à la fois nonchalante et fière… C’est dimanche aujourd’hui et la plupart des magasins sont fermés. Cela n’empêche pas les vendeurs de rue de se faire insistants, ni tout homme qui a un véhicule à six places de se proposer comme taxi-guide! Des maréch éres étalent devant les chalands des légumes et fruits. Ceux-ci attirent d’ailleurs mon attention; noix de coco, mangues, oranges vertes, fruits de l’arbre à pain, bananes, plantains et d’autres délices dont je ne connais le nom. Pourtant, en ce jour du Seigneur, c’est plus tôt « Laisse le bon temps rouler ». D’ailleurs, la cathédrale de l’Immaculée Conception est comble et ses portes sont ouvertes afin que le passant puisse profiter du prêche. Monsieur le Curé, qui a adopté le ton exalté des évangélistes, explique à ses ouailles ce que « cathédrale » signifie. Après avoir fait le tour du vieux quartier, il est temps de rebrousser chemin et de déterminer le reste de la journée. C’est alors que Vincent tombe du ciel. Pour 25 dollars par personne, il se propose d’emener un groupe de 7 à la découverte de points intéressants de l’île. Mon plan original (rejoindre Soufrière, l’ancienne capitale de l’île par le bus) étant tombé à l’eau pour cause de dimanche et de prix exacerbé pour un taxi jusque là, une visite guidée me semble la meilleure solution afin de voir le maximum. Je regarde attentivement Vincent. Il n’y a aucun doute, son teint, ses traits et ses cheveux brillants indiquent qu’il est d’origine indienne. Il est néanmoins né dans l’île et ne compte pas la quitter. Après la visite qu’il nous a concocté, on aura compris pourquoi. Je m’installe à côté de lui dans le van pour être sûre de ne pas manquer ses commentaires.

St-Lucia

Le dépaysement commence dès les premiers kilomètres car Sainte-Lucie a hérité de l’époque coloniale une spécificité bien anglaise: conduire à gauche. A peine sorti de Castries, nous nous retrouvons en pleine campagne et déjà à flanc de colline. A perte de vue, une plantation de bananes. « Toutes exportées vers le Royaume-Unis » précise Vincent. Le Commonwealth a donc ses priviléges. Notre Cicérone nous rassure. C’est une coopérative de propriètaires, et non une « Chiquita-like » qui est à la tête de cette culture. L’autre arbre dominant dans le paysage, c’est le cocotier. Je remarque que l’horizon se brouille vers les montagnes du sud. Sainte-Lucie reçoit à la fois beaucoup d soleil, de chaleur et de pluie. Un paradis pour plantes en tout genre et dans cette luxuriance, il suffit de planter une semence, attendre quelques jours et de revenir afin de constater que vous avez déjà de la verdure à disposition! Nous traversons en vitesse les rues de Anse-La-Raye, petite ville de pêcheurs dont la particularité est d’être niché dans une très jolie baie. Les maisons y sont coquettes et dans la rue, les gens rentrent de la messe. Les petites filles en robes à volants, des rubans dans les cheveux et les petits garçons en costume tirés par leurs mères, tout aussi élégantes et chapeautées. Sur la colline qui surplombe la ville et où Vincent s’est arrêté afin que nous puissions photographier à notre aise, un petit chat aux pattes interminables se prélasse à l’ombre.

St-Lucia

Nous continuons notre route vers Canaries et un nouveau panorama. Une jeune fille est installée dans une petite cabane. Elles y vend ses snacks, boissons et fruits. Avec un respect retrouvé de la banane, je lui en achète quelques unes. Elles sont bien mûres et le goût est si intense que j’ai de la peine à finir la deuxième. L’étape suivantes est celle que nous attendons tous: le panorama des Pitons, ces deux montagnes coniques qui symbolisent Sainte-Lucie. Mais avant d’y arriver, d’autres beautés nous attendent car la route nous emmène vers le haut, à travers une forêt tropicale dense et étrange. Pour la première fois, je vois des fougères arborescentes! Je suis stupéfaite! Ces fougères ont la taille de respectables palmiers! Il y a quelques chose de primal là-dedans! Bien avant l’Homme, bien avant les fleurs et les arbres, ces fougères géantes constituaient la grande partie de la végétation sur Terre! Je m’attend presque à voir un Tyranosaurus Rex surgir d’un fourré!

St-Lucia

Nous redescendons de l’autre côté de la colline et le voilà enfin. Petit Piton et Gros Piton, les montagnes jumelles, s’extirpant tout droit du sol vers le ciel avec la ville de Soufrière à leurs pieds, coincés entre eux et la mer. Rien à dire, les Français qui avaient établi la première capitale de l’île avaient un penchant pour l’esthétisme. Soufrière et d’ailleurs charmante avec ses petites « gingerbread houses », si typiques des îles. C’est l’après-midi et les chiens de prélassent le long de la route, les gens sont assis devant leurs maisons et conversent, des gamins se préparent pour un match de cricket et nous, nous essayons d’éviter de rouler sur l’un ou l’autre poulet qui se promène librement. Le Temps semblerait avoir oublié que Soufrière existe si ce n’était cette boutique qui se signale comme “Internet Café ».

St-Lucia

Nous ne nous arrêterons qu’aux sources d’eaux sulfureuses, sortis droit du cœur d’un volcan! A ce moment là de la journée, c’est une véritable douche tropicale qui s’abat sur l’endroit. Je sors bravement du véhicule et après avoir m’être réfugié sous un gazebo, la curiosité est la plus forte. En une minute, je suis trempée mais l’eau est chaude et la pluie énergisante! J’ai le temps de voir une cascade et une marre d’eau boueuse dont les bulles qui éclatent à gros bruits ne me font rien penser de bon. L’averse tropicale se calme à notre arrivée au Diamond Falls Botanical Garden. Ici, les autorités de Sainte-Lucie ont rassemblé tout ce que la Nature leur a donné (et cette île a été particulièrement gâtée): fleurs, arbres, arbustes, herbes, buissons et autre végétaux se déploient devant nos yeux. Si ce n’était le chemin particulièrement bien balisé et les bancs disposés judicieusement pour apprécier les beautés que l’ont trouve à chaque tournant, on pourrait se croire dans un Eden qui n’aurait rien de biblique. J’ai rarement photographié autant de plantes de ma vie. Une petit lézard s’est même prêté au jeu!

St-Lucia

Vincent nous signale alors qu’il est temps de rentrer si nous ne voulons pas manquer le bateau. Mais comme beaucoup de ces tours à la va-vite, cette mise en bouche n’a fait que frustrer ma faim de découverte et je me promets de revoir Sainte-Lucie. A la sortie du jardin, une vendeuse au sourire franc propose aux touristes des mélanges d’épices, toutes en cultivées sur l’île. Le safran, la cannelle, le laurier et la noix de muscade sont joliment disposés dans une noix de coco tandis que le cacao est roulé à la façon d’un cigare. Quoi de plus normal donc que de ramener en guise souvenir, les produits d’une terre aussi généreuse?

Envie d’y aller?

St-Lucia

St-Lucia

Cet article fut écrit à l’occasion d’une croisière prise en 2008.

Ce matin au réveil, il y avait de l’excitation dans l’air! Oh oui, Sainte-Lucie, une des plus belle île des Caraïbes, était au programme aujourd’hui. Le temps de prendre le petit déjeuner et je suis sur le pont pour assister aux manœuvres d’arrivée du Miracle.

Les guides ne mentaient pas! Avec son horizon découpé de montagnes d’un vert intense et de petites baies, Sainte-Lucie promet déjà bien des merveilles à ceux qui s’apprêtent à lui rendre visite. C’est une première pour moi, non seulement c’est la première fois que je débarque sur cette île mais c’est également le point le plus méridional que j’ai jamais visité.

St-Lucia

Le port étant à 10 minutes à pieds du centre de Castries, la capitale, je décide d’aller jeter un œil en ville avant de réfléchir à quoi faire avec le temps qui nous est imparti. Une fois dans la rue, je me rends compte que je suis définitivement ailleurs. Ce sont les Caraïbes profondes. Castries a un air de belle canaille. Les rues mal pavées, des maisons pastels sans âge dont on ne serait pas étonnés de voir sortir un Jack Sparrow, des filles à la démarche chaloupée et au regard effronté et des hommes à l’allure à la fois nonchalante et fière… C’est dimanche aujourd’hui et la plupart des magasins sont fermés. Cela n’empêche pas les vendeurs de rue de se faire insistants, ni tout homme qui a un véhicule à six places de se proposer comme taxi-guide! Des maréch éres étalent devant les chalands des légumes et fruits. Ceux-ci attirent d’ailleurs mon attention; noix de coco, mangues, oranges vertes, fruits de l’arbre à pain, bananes, plantains et d’autres délices dont je ne connais le nom. Pourtant, en ce jour du Seigneur, c’est plus tôt « Laisse le bon temps rouler ». D’ailleurs, la cathédrale de l’Immaculée Conception est comble et ses portes sont ouvertes afin que le passant puisse profiter du prêche. Monsieur le Curé, qui a adopté le ton exalté des évangélistes, explique à ses ouailles ce que « cathédrale » signifie. Après avoir fait le tour du vieux quartier, il est temps de rebrousser chemin et de déterminer le reste de la journée. C’est alors que Vincent tombe du ciel. Pour 25 dollars par personne, il se propose d’emener un groupe de 7 à la découverte de points intéressants de l’île. Mon plan original (rejoindre Soufrière, l’ancienne capitale de l’île par le bus) étant tombé à l’eau pour cause de dimanche et de prix exacerbé pour un taxi jusque là, une visite guidée me semble la meilleure solution afin de voir le maximum. Je regarde attentivement Vincent. Il n’y a aucun doute, son teint, ses traits et ses cheveux brillants indiquent qu’il est d’origine indienne. Il est néanmoins né dans l’île et ne compte pas la quitter. Après la visite qu’il nous a concocté, on aura compris pourquoi. Je m’installe à côté de lui dans le van pour être sûre de ne pas manquer ses commentaires.

St-Lucia

Le dépaysement commence dès les premiers kilomètres car Sainte-Lucie a hérité de l’époque coloniale une spécificité bien anglaise: conduire à gauche. A peine sorti de Castries, nous nous retrouvons en pleine campagne et déjà à flanc de colline. A perte de vue, une plantation de bananes. « Toutes exportées vers le Royaume-Unis » précise Vincent. Le Commonwealth a donc ses priviléges. Notre Cicérone nous rassure. C’est une coopérative de propriètaires, et non une « Chiquita-like » qui est à la tête de cette culture. L’autre arbre dominant dans le paysage, c’est le cocotier. Je remarque que l’horizon se brouille vers les montagnes du sud. Sainte-Lucie reçoit à la fois beaucoup d soleil, de chaleur et de pluie. Un paradis pour plantes en tout genre et dans cette luxuriance, il suffit de planter une semence, attendre quelques jours et de revenir afin de constater que vous avez déjà de la verdure à disposition! Nous traversons en vitesse les rues de Anse-La-Raye, petite ville de pêcheurs dont la particularité est d’être niché dans une très jolie baie. Les maisons y sont coquettes et dans la rue, les gens rentrent de la messe. Les petites filles en robes à volants, des rubans dans les cheveux et les petits garçons en costume tirés par leurs mères, tout aussi élégantes et chapeautées. Sur la colline qui surplombe la ville et où Vincent s’est arrêté afin que nous puissions photographier à notre aise, un petit chat aux pattes interminables se prélasse à l’ombre.

St-Lucia

Nous continuons notre route vers Canaries et un nouveau panorama. Une jeune fille est installée dans une petite cabane. Elles y vend ses snacks, boissons et fruits. Avec un respect retrouvé de la banane, je lui en achète quelques unes. Elles sont bien mûres et le goût est si intense que j’ai de la peine à finir la deuxième. L’étape suivantes est celle que nous attendons tous: le panorama des Pitons, ces deux montagnes coniques qui symbolisent Sainte-Lucie. Mais avant d’y arriver, d’autres beautés nous attendent car la route nous emmène vers le haut, à travers une forêt tropicale dense et étrange. Pour la première fois, je vois des fougères arborescentes! Je suis stupéfaite! Ces fougères ont la taille de respectables palmiers! Il y a quelques chose de primal là-dedans! Bien avant l’Homme, bien avant les fleurs et les arbres, ces fougères géantes constituaient la grande partie de la végétation sur Terre! Je m’attend presque à voir un Tyranosaurus Rex surgir d’un fourré!

St-Lucia

Nous redescendons de l’autre côté de la colline et le voilà enfin. Petit Piton et Gros Piton, les montagnes jumelles, s’extirpant tout droit du sol vers le ciel avec la ville de Soufrière à leurs pieds, coincés entre eux et la mer. Rien à dire, les Français qui avaient établi la première capitale de l’île avaient un penchant pour l’esthétisme. Soufrière et d’ailleurs charmante avec ses petites « gingerbread houses », si typiques des îles. C’est l’après-midi et les chiens de prélassent le long de la route, les gens sont assis devant leurs maisons et conversent, des gamins se préparent pour un match de cricket et nous, nous essayons d’éviter de rouler sur l’un ou l’autre poulet qui se promène librement. Le Temps semblerait avoir oublié que Soufrière existe si ce n’était cette boutique qui se signale comme “Internet Café ».

St-Lucia

Nous ne nous arrêterons qu’aux sources d’eaux sulfureuses, sortis droit du cœur d’un volcan! A ce moment là de la journée, c’est une véritable douche tropicale qui s’abat sur l’endroit. Je sors bravement du véhicule et après avoir m’être réfugié sous un gazebo, la curiosité est la plus forte. En une minute, je suis trempée mais l’eau est chaude et la pluie énergisante! J’ai le temps de voir une cascade et une marre d’eau boueuse dont les bulles qui éclatent à gros bruits ne me font rien penser de bon. L’averse tropicale se calme à notre arrivée au Diamond Falls Botanical Garden. Ici, les autorités de Sainte-Lucie ont rassemblé tout ce que la Nature leur a donné (et cette île a été particulièrement gâtée): fleurs, arbres, arbustes, herbes, buissons et autre végétaux se déploient devant nos yeux. Si ce n’était le chemin particulièrement bien balisé et les bancs disposés judicieusement pour apprécier les beautés que l’ont trouve à chaque tournant, on pourrait se croire dans un Eden qui n’aurait rien de biblique. J’ai rarement photographié autant de plantes de ma vie. Une petit lézard s’est même prêté au jeu!

St-Lucia

Vincent nous signale alors qu’il est temps de rentrer si nous ne voulons pas manquer le bateau. Mais comme beaucoup de ces tours à la va-vite, cette mise en bouche n’a fait que frustrer ma faim de découverte et je me promets de revoir Sainte-Lucie. A la sortie du jardin, une vendeuse au sourire franc propose aux touristes des mélanges d’épices, toutes en cultivées sur l’île. Le safran, la cannelle, le laurier et la noix de muscade sont joliment disposés dans une noix de coco tandis que le cacao est roulé à la façon d’un cigare. Quoi de plus normal donc que de ramener en guise souvenir, les produits d’une terre aussi généreuse?

Envie d’y aller?

St-Lucia





  1. Julien@Voyageur-Independant
    le 14.12.2017

    ça a l’air vraiment magnifique. Contrairement à ce que je disais dans un autre commentaire, il va falloir que je me mette aux croisières. Une de tes photos fait penser au pain de sucre de Rio, ne trouves tu pas?

  2. Melissa
    le 14.12.2017

    Sainte-Lucie est une vraie perle! Une de mes îles des Caraïbes préférée avec la Dominique! Par contre, pour la ressemblance avec le pain de sucre, je ne sais pas. Moi, les Pitons me font plutôt penser à des pyramides. 😉 Joyeux Noël.

  3. Zetwel Antilles
    le 14.12.2017

    Sainte-Lucie est une île très plaisante. Je l’ai découverte lors d’une croisière en voilier entre la Martinique et les Grenadines. Le mouillage dans la baie de Soufrière aux pieds des deux pitons restera toujours gravé dans ma mémoire.

En continuant sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies Plus d'informations

Nous utilisons des cookies pour vous garantir la meilleure expérience sur notre site. Si vous continuez à utiliser ce dernier ou cliquez sur "Accepter", nous considérerons que vous acceptez l'utilisation de ces cookies.

Fermer