- Afrique du Sud , Port Elizabeth -

August 2011

Afrique du Sud: Sur la Garden Route, 8e partie : Port Elizabeth

Pour expliquer la différence entre les deux grandes villes du pays, les Sud-africains ont l’habitude dire que Johannesburg est un peu leur New York et Le Cap, leur Los Angeles. En marchant dans le centre de Port Elizabeth, je me dis que Port Elizabeth serait Atlanta. Une ville du Sud, au climat doux, au cœur noir et que le bourgeoisie blanche a fuit pour s’installer dans des banlieues cossues et sans âme (j’en parlais dans mon autre blog).  Sauf qu’à Atlanta, les maisons ne sont pas encore toutes entourées de hauts murs et de fils barbelés.

Port Elizabeth

Ce matin en me levant, je faisais mentalement le programme de la journée. J’avais pensé faire une visite éclair de Port Elizabeth avant de me relaxer sur la plage jusqu’en début de soirée avant de prendre le bus de nuit qui me conduirait de retour vers le Cap mais la météo semble absolument tenir à m’empêcher d’aller nager. Le jour s’est levé tout gris et un vent frais souffle dans le jardin du backpacker. Je ferai donc contre mauvaise fortune bon cœur: j’aurai le temps de flâner en ville à mon aise.

Port ElizabethPremière étape de la journée: rejoindre le bureau de la compagnie de bus pour retirer mon billet. Pour arriver en ville, une seule solution économique: le mini-bus. Je vais donc m’installer à une station de bus normale et j’attends. Cinq-dix minutes plus tard, un van avec de la place disponible s’arrête. Je me renseigne auprès du chauffeur et je grimpe. Le taxi file sur le boulevard avec une musique tonitruante. Pendant 5 minutes, j’oublie le temps maussade et souris aux autres passagers. C’est l’aventure qui (re)-commence! Le mini-bus me laisse sous une bretelle d’autoroute, à côté de la gare. Un endroit un peu sinistre, à vrai dire, comme tous les quartiers de la gare du monde. A chaque pilier, des vendeurs de fruits et de légumes sont installés et attendent quelques rares acheteurs. Un peu désorientée, je me renseigne auprès des employés de la ville sur le lieu où je dois me rendre. Un homme me fais signe d’entrer droit devant moi… On dirait un parking… J’hésite un peu mais y vais quand-même… Un peu plus loin, deux Madames Pipi me voient passer et me font signe. “Mais où allez-vous Mademoiselle!” J’explique ce que je cherche. “Oh, sweetie, come with me. I’ll show you.” Et la plus âgée me prend chaleureusement par le bras et me conduit vers le bureau de la compagnie de bus. Cette obligation remplie, je commence ma petite exploration. Il y a d’abords le Campanile, cette construction italianisante un peu incongrue et placée à côté de la Gare. Il parait qu’à son sommet, une terrasse promet une vue superbe sur la ville…

Port Elizabeth

Cet incongruité donnera le ton au reste de ma visite. PE comme on l’appelle familièrement, ne semble pas trop savoir qui elle est. Je tombe directement sur la Place du Marché: un bel espace public entouré par l’hôtel de ville, la Bibliothèque publique… deux beaux bâtiments néo-gothique avec une inévitable Victoria dominant la place avec son sceptre tandis que d’un autre côté, de monstrueux immeubles semblant dater des années 70 et ayant mal vieilli, ferme le côté de la Place qui donne sur l’autoroute. Je m’assied sur un banc et regarde les gens de Port Elizabeth défiler. Cela reste une de mes activités préférée. Des nombreux ados, des employés  de bureaux, des femmes au foyer les sacs chargés de courses, des employés municipaux en bleus de travail… tous l’air parfaitement détendus et tous en grande majorité noirs, ce qui change des villes où je suis passés jusqu’à présent où une “majorité” ne semblait pas spécialement se dégager!

Port Elizabeth

La place s’ouvre sur une longue avenue commerçante: Govan Mbeki. Je décide d’y faire un peu de lèche-vitrine. Je tombe sur un super-marché très vite. Génial! J’ai besoin de provision pour la journée et la nuit qui m’attendent. Là, surprise, des gardes sont à l’entrée et je suis priée de montrer mon sac pour s’assurer que je n’ai pas d’armes. Apparemment, la criminalité semble frapper plus durement PE… Mes courses faites, je continue de me balader. Govan Mbeki est une rue sans grand charme mais je continue mon chemin. Une idée soudaine va s’emparer de moi: j’ai terminé mon bouquin et il me reste encore pas mal de nuit à combler… Pourquoi ne pas découvrir un auteur Sud-africain contemporain? Cette avenue est longue, je trouverai sans doute! Et voilà que commencera une quête qui durera deux heures. Sans succès. J’entre dans différents magasins avec l’espoir de trouver autre chose que des magazines féminins et people… rien du tout! Quasi au bout de Govan Mbeki, J’entre dans une pharmacie-droguerie (en  Afrique du Sud, elles ont la particularité de faire aussi librairie) et la caissière me lance le même regard étonné que Madame Pipi, comme si ma présence était incongrue. Elle me renseigne: Pour trouver des livres, il faut aller dans les centres commerciaux, en banlieue. Pour moi, Port Elizabeth restera la ville sans livres!

Port Elizabeth

Je reviens sur mes pas, continue ma promenade au petit bonheur la chance et je tombe sur ce qui restera une des plus étonnantes surprises de mon voyage…

La pizza à la fricadelle. Moi qui pensait que cette saucisse dont personne ne sait de quoi elle faite n’avait pas quitté le sillage de la Belgique/Hollande/Nord de la France, voilà qu’une chaîne de pizza la propose en guise d’ingrédient. Même un Belge ne l’aurai pas fait!

Pour me remettre, j’admire les églises et quelques belles construction du XIXe sur Castle Hill et St-Mary’s Terrace… et puis il se met à pleuvoir. C’est déjà le milieu de l’après-midi, Fort Frederick devra passer à la trappe! Vu les nombreuses affiches en ville qui recommandent aux habitants d’épargner l’eau et combien ils ont déjà dépassé la limite prévue, il semble que personne ne sera fâché si cela dure. Sauf moi. Je rejoins donc la gare des taxis-Mini-bus pour retourner vers le backpacker. Finalement, cela n’aura pas duré… Je m’autorise une ballade sur la plage… Malgré un ciel gris fer, l’océan reste bleu vert et relativement calme. Seuls quelques rouleaux viennent troubler le calme… je suis tout à fait seule sur une plage immense! Finalement, le pluie recommence à tomber, plus drue cette fois. Je repars donc vers le backpacker. Rien de mieux à faire que de m’installer dans un de leurs confortable fauteuil et d’attendre l’heure de partir.

La nuit tombe brusquement. Le taxi appelé par le jeune réceptionniste arrive et m’emmène. Lui en effet, se réjouis de la pluie. Même si elle tombe un peu tard. Ils ont un drôle de printemps cette année. Trop froid et trop venteux.

Si même les Sud-africains trouvent qu’il y a trop de vent!

Dans la salle d’attente de la compagnie de bus, la jeune assistante qui contrôle mon billet me signale que le bus est en retard puis regarde l’heure: “Mon Dieu, s’exclame t-elle, c’est l’heure de mon programme télé préféré”. Je vais donc découvrir pour la première fois depuis mon arrivée une composante de pop-culture capitale: le soap. Il y en a plein et les Sud-africains en sont friands! Plus tard, je découvrirai qu’il y en plein et à toutes les heures! Voilà la jeune fille qui traîne sa chaise hors de son bureau et s’installe avec moi dans la salle d’attente.

Moi? Je suis fascinée. Je ne comprends rien mais peu importe. Les personnages parlent une des langues africaines (probablement du xhosa) mais avec des phrases anglaises qui interviennent sans crier gare dans la conversation et quand des personnages parlent anglais, les divers accents sont difficiles à saisir lorsqu’ils sortent d’une vieille télé.  Néanmoins, je me sens heureuse d’avoir partagé ce moment avec elle, même si elle ne rend pas compte qu’elle m’a fait partager quelque chose qui la lie à tout ceux qui suivent avidement le même programme.

Le bus arrive enfin… après une heure de retard. Un bus confortable et au trois quart vide. Pendant toute la nuit, il retracera en douze heures ce que j’ai fait en 7 jours. Entre arrêt en villes, aux stations services et petits sommes; ces longues heures passeront presque sans que je m’en aperçoive et arrive à la suite d’une aube radieuse sur le Cap.

Mais le reste de l’histoire, vous la connaissez déjà!

Port Elizabeth





  1. SA Safari@ réserves d'Afrique du Sud
    le 18.12.2017

    Ce qui est drôle c’est que votre analyse de la ville se reflète très bien dans vos photos: un peu gris, un peu triste. Mais quel beau pays!

  2. Melissa
    le 18.12.2017

    J’ai tellement hâte d’y retourner! J’ai laissé un (pas si) petit bout de mon coeur.

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