- San Pedro de Atacama , Chili -

October 2015

Lagunes, salars et astronomie à San Pedro de Atacama

Au petit matin, un bus vient me chercher devant mon auberge. A l’intérieur, je retrouve le sourire malicieux de Susan. Katrina est déjà rentrée mais je suis heureuse de retrouver un visage ami au bout du monde. C’est dingue comme le fait de ne pas avoir d’attaches vous rend paradoxalement plus susceptible de vous rapprocher aux autres lorsque vous vous laissez faire !

Pendant qu’on papote, le paysage désertique de l’Atacama défile dans les vitres du bus pendant que lentement; le soleil se lève. C’est que pour visiter l’Atacama, il faut se lever tôt, pour profiter de lumière matin, et de sa qualité. Direction : les Lagunas altiplanicas. Et elles ne s’appellent pas comme çà pour rien : elles se situent à 4000 mètres (attention ai mal de l’altitude). L’Altiplano est une immense plaine d’altitude, située à cheval sur quatre pays (le Chili, L’Argentine, la Bolivie et le Pérou). Dans un environnement hostile (beaucoup de vent et peu de pluie), seules quelques touffes d’herbes, du lichen et des buissons rabougris peuvent survivre mais par contre, les animaux ne manquent pas : le lama et ses cousins le guanaco et la vigogne, des renards, des rongeurs et surtout, une foule d’oiseau dont pas moins de 4 espèces de flamants roses qui nichent et se nourrissent dans les lagunes salées. C’est d’ailleurs à l’intérieur de la Réserve nationale Los Flamencos  que se situent ces lagunes. Elles sont deux lagunes, Miniques et Miscantil, situés au pied des volcans du même nom. Par le hasard de la nature,   les pieds du volcan Miscantil donnent l’impression de se croiser et se reflètent comme dans un miroir dans les eaux de sa lagune, formant comme le signe de l’infini dans un air d’une transparence presque irréelle. Mais ce qui reste dans ma mémoire, c’est un troupeau de vigognes, lancées au galop sur les rives de Miniques… désormais, pour moi, le symbole de la liberté, ce sont elles : des drôles d’animaux au long cou courant librement dans la lumière du matin !

Pour admirer ce paysage allez-y absolument le matin, au moment où le soleil éclaire les deux volcans.

 

Laguna Chaxa, sel et flamants roses

La deuxième partie de la journée se déroule dans le Salar de Atacama, autour de la Laguna Chaxa. C’est ici que niche les flamants. Mais avant cela, vous ferez sans doute un arrêt au village de Socaire, un tout petit village dont la particularité est sa jolie petite église mais surtout, ses cultures en terrasse, en plein désert d’altitude! Vraiment étonnant.

A l’entrée, on trouve un centre d’information qui vous renseigne sur les différentes espèces de flamants qu’on peut y trouver, comment ils ne nourrissent, ainsi que d’autres espèces présentes. Et le secret pour reconnaître un flamand d’un autre, c’est d’observer les couleurs des plumes des queues et du bords des ailes ainsi que les pâtes : queues noires et pâtes jaunes  : c’est un flamant des Andes! Pas de bout de queue noire? C’est un flamant du Chili! Les autres, par élimination, sont des flamants de James. Armées par ces nouvelles connaissances, Susan et moi nous lançons sur les sentiers, bien balisés, de la lagune. Les volatiles, très habitués à la présence de spectateurs, ne semblent pas perturbés et continuent de se nourrir calmement de crevettes qui leur donnent leur jolie couleur rose. C’est fou, ils passent la plupart du temps le bec dans l’eau peu profonde à gratter le fond pour trouver ces crustacés.Ici aussi, le spectacle est hypnotique. Il n’existe plus que du bleu, celui du ciel et de la lagune, le blanc et le gris du sel avec quelques taches rosâtres : les flamants et leurs reflets dans l’eau. A l’horizon, on apperçoit quelques montagnes mais le soleil et sa réflexion sur le blanc du sel leur donne un aspect délavé et lointain.

Sky Full of Stars

La nuit, il n’y a pas que les bars de San Pedro qu’on peut explorer. La nuit, il y le ciel et avec une météo dégagée quasi toute l’année, une absence de pollution de l’air et de pollution lumineuse, l’Atacama est un lieu idéal pour l’observation astronomique. L’ESO (European Southern Observatory, est installé au Cerro Panaral, plus près de la côte mais les astronomes amateurs ne sont pas en reste. Dès qu’il fait nuit noire, rendez-vous est pris pour rejoindre un mini-bus et route pour un coin reculé, bien en dehors des lumières de San Pedro. C’est juste avant que nous arrivions que notre guide/spécialiste en astronomie se présente. Il restera une voix dans le noir jusqu’à notre retour en ville. On nous ammène dans une grande plaine et lorsque nous sortons du bus, c’est l’émerveillement! Le ciel austral compte bien plus d’étoiles que l’hémisphère nord. C’est comme si le ciel était un écrin de velours noir parsemé de diamants, avec en travers de la boite, une fine bande de gaze : la voie lactée.  Depuis mon arrivée en dessous de l’équateur, c’est la première fois que je peux voir le ciel correctement. Même Trindade n’offrait pas de pareilles conditions.  Le télescope est déjà installé, azimuthé et orienté vers une première étoile et c’est parti pour une promenade céleste : type d’étoile, amas stellaire, galaxie nébuleuses et planètes… tous les types d’objets qu’il est possible d’observer avec un solide télescope amateur sont passés en vue, raconté par une étrange voix. Pendant que je bois le petit pisco offert en fin d’excursion, je me pose des questions. Une voix grave, mais sans âge, avec un accent indéfinissable mais certaines inflexions trahissent un long séjour en Angleterre. Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir à notre retour le visage de notre guide : un jeune homme qui doit avoir 26 ans à tout casser. Et qui vient de Schaerbeek, en plus (une commune de Bruxelles, pour les non-initiés). Je vous le disais dans l’article précédent : à San Pedro de Atacama, le monde est un village !

Malheureusement, pas de photo. Un peu difficile dans le noir quasi complet et sans trépied.

Salar de Tara

Si vous ne devez faire qu’une excursion, je vous recommande celle-ci. Départ TRÈS tôt le matin (à 7 heures) car il y a de la route à faire pour atteindre le but et crois-moi, Lectrice, Lecteur, ça en vaut VRAIMENT la peine. Avant de te lancer néanmoins, petit avertissement : le point le plus haut de cette excursion monte à 4900 mètres!!! Ce n’est pas rien, il faut donc être prudent lorsqu’on est pas habitués. L’excursion commence donc par un arrêt au Salar de Pujsas, une zone humide où la vie abonde, un étrange écran vert dans un paysage où rien ne pousse. Aux alentours, on ne voit que des collines et des montagnes dénudées. et pourtant… la lagune est remplie, ici aussi, de flamants. La vie a ce talent de trouver où s’infiltrer n’importe où!

Une fois que l’on quitte la lagune, le monde devient progressivement de plus en plus minéral. La route pavée s’arrête… nous sommes dans le coin le plus reculé du parc et il n’y a plus de route ! Rien que les traces de pneus de véhicules, que vous ne verrez d’ailleurs tant l’espace est vaste. Et puis soudain, un géant : une sentinelle solitaire, puis d’autres : on les appelle ces pierres dressées vers le ciel les moines de la Pacara. Et comme les moines se promènent toujours à l’ombre d’édifices religieux, ce sont les ‘cathédrales” que l’on voit toutes proches.Nous aurons l’occasion de nous promener à loisirs et de choisir “notre” moine. Les pierres sont tellement énormes que nous avons la permission de grimper dessus. Je ne me prive pas et m’installe sur une plateforme rocheuse pour admirer le paysage. J’en prends tellement plein les yeux depuis plusieurs jours que je me demande comment il est possible que chaque paysage arrive à en surpasser un autre. Après cette pause, il faut finalement redescendre, nous reprenons le sentier et filons dans le désert, libres comme les vigognes des lagunas altiplanicas. Il n’y a que nous, dans notre boite de métal, la vitesse, et le désert. Rien que cette sensation vaut le coup de faire cette excursion.

Enfin, voilà le clou du spectacle : le salar de Tara! Voilà les plantes. Le vert revient, un gros rongeur (un chinchilla?) sort furtivement de son trou avant de retourner se cacher. Pendant que notre guide dresse la table du déjeuner, notre petit groupe (nous sommes royalement cinq, et un il n’y a qu’un seul autre groupe de la même taille qui finit de déjeuner), nous avons tout le temps qu’il faut pour nous promener et admirer : c’est décidément l’endroit de l’Atacama où la faune et la flore explosent. De la Bolivie toute proche, court un fleuve qui franchit la frontière et nourrit ces petits marais. Au loin, on distingue des flamants roses, mais on y trouve aussi des canards et d’autres sortes d’oiseaux. Au loin, les sommets des Andes, coiffés de leurs neiges éternelles semblent si proches… c’est comme les coins d’un mouchoir qu’on aurait brodé pour faire l’ensemble plus joli. Dans ce somptueux décor, nous allons déjeuner : salade, poulet, riz, jus de fruit et thé à la coca que je m’empresse d’avaler (et oui, ça aide avec l’altitude). Je n’ai pas envie de partir et pourtant… le ciel se couvre tout doucement, et vient l’heure de rentrer. Avec la disparition du soleil, le désert prend un aspect dramatique et mystérieux… pendant que les autres passagères somnolent à l’arrière, moi, qui suis installée à côté de notre guide et chauffeur, je regarde… avidement. Soudain, un renard passe, solitaire. Et libre.

Finalement, si c’était çà, la magie du désert ?

Pour aller plus loin
Que prévoir pour ces excursions ?

Pour n’importe quelles excursions dans le désert d’Atacama en été, vous aurez besoin d’être (légèrement) équipés : bien entendu, de bonnes chaussures de marche, une polaire voire un bonnet et des gants, même en été. En général, les excursions commencent tôt (sauf pour la Valle de Luna) et les petits matins et avec l’altitude et l’aridité, les températures baissent très vite et fort. Il fera donc froid, surtout si vous visitez les Geysers del Tatio. Ne pas oubliez les lunettes de soleil, surtout pour visiter des salars.

Mal d’altitude

Au dessus de 2000 mètre, l’air se raréfie et il y a de fortes chance pour que vous soyez touchés par le mal des montagnes.  En général, celà se traduit par des vertiges (mon cas), voir un mal de tête persistant.  Pas grand chose à faire pour éviter ce phénomène (sauf s’acclimater à l’altitude). Quelques précautions peuvent être prises : ne pas manger trop gras, ni boire plus d’un verre d’alcool la veille du départ (et pas du tout en altitude), s’hydrater pendant l’excursion, emporter une plaquette de chocolat ou des barres de céréales (le corps a besoin de plus d’énergie en altitude). Au Chili, vous trouverez aussi les feuilles de coca, que l’on mâche mais qui sont consommées aussi sous forme d’infusion (j’en ai bu au Salar de Tara, je ne sais pas si c’était parce que je m’étais habituée, mais j’ai senti la différence).  Si vous sentez que la tête vous tourne, faîtes attention à bien gérer vos efforts (ne pas courir, au risque de voir des étoiles) et si le mal de tête s’installe, n’hésitez pas à le signaler à votre guide, il faudra sans doute redescendre car les risques d’œdèmes sont bien réels.,

Je vous conseille l’article de Fabrice “Instinct Voyageur” pour plus d’information.

Site web de la Réserve nationale Los Flamencos

Bonus : Panorama smartphones ; )





  1. christelle
    le 13.12.2017

    Ralalal j’en rentre ! J’ai pas vu tout ça, mais le salar et les geysers Tatio
    bien sur la vallée de la lune également
    C’est juste magnifique !

  2. Melissa
    le 13.12.2017

    Coucou Christelle! Oui, j’avais vu. 😉
    Ah ben là, tu vois, je n’ai pas vu les geysers. Je serai restée un jour de plus… mais bon, c’est un incitant à revenir. Et oui, un des plus beau endroit au monde, clairement.

  3. Céline
    le 13.12.2017

    Les photos sont magnifiques. Merci pour tes conseils 😉 çà donne envie d’organiser ses prochaines vacances au Chili !

  4. Melissa
    le 13.12.2017

    Merci Céline! Et ce n’est pas fini! Rendez-vous lundi pour d’autres aventures chiliennes!

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