- San Pedro de Atacama , Chili -

October 2015

San Pedro de Atacama et la Valle de la Luna

Me voilà au Chili, un nouveau chapitre s’écrit… et à San Pedro de Atacama, qui plus est ! Le désert le plus sec au monde. San Pedro, je me l’étais imaginée comme une ville qui aurait grandi trop vite. Étape obligée de bien des voyageurs, elle est bien connue de tous ceux qui “font” la boucle Bolivie-Nord-du-Chli-Nord de l’Argentine. Je trouve un gros village aux rues en terre battue, écrasé de soleil sur lequel veille un volcan au cône parfait : le Licancabur. Impossible de ne pas rester subjuguée par le volcan plusieurs minutes par jour. Du matin au soir, son aspect changeant est comme celui d’un ami dont l’humeur serait variable. Mais un ami toujours présent.

Mon auberge, l’Hostal Kirchik, est à deux pas de la station de bus. Il est tellement neuf que la plaque de l’auberge sera apposée le jour de mon départ!  Amis voyageurs, ne vous étonnez pas des prix des logements à San Pedro, ils sont prohibitifs… mais ce n’est pas comme si on pouvait loger “en dehors”, San Pedro est une oasis et l’espace et les ressources sont limités, il faudra donc prévoir un budget plus important si vous passez par là (compter le double de ce que vous paieriez habituellement). Néanmoins, c’est le sourire timide de Renzo qui me fera sentir à l’aise là-bas. Pour amortir un peu l’impact au budget, j’ai accepté de séjourner une des trois nuits que je passe là-bas dans un dortoir, ce sera la première fois du voyage! Avec sa piscine et son patio, c’est plutôt une bonne pioche!

Comme il est déjà tard dans l’après-midi et que la journée a été longue, je décide d’aller simplement me promener dans les rues du village et au soleil couchant, tout prend des allures fantastiques : le désert et le volcan deviennent jaune, orange et rosse, sous un ciel violet. Malgré que nous sommes en plein été, la température baisse, très vite. J’avais prévu le coup et sorti ma veste et mon écharpe pour l’occasion. Ca fait bizarre de devoir l’utiliser après si longtemps! Le bars se remplissent, le cheminées sont mises en route et moi, je cherche une épicerie où me dégoter des pâtes. Attention, voyageur, tu chercheras vainement un supermarché! Il existe quelques supérettes et c’est tout! De même qu’il n’existe qu’un distributeur de billet en ville. Et il arrive qu’il soit en panne ou à cours de devises (j’ai échappé au deux). Je m’installe à un bar… je me sens subitement vieille. Tout le monde à l’air si jeune… Je secoue la tête et commande ma première bière chilienne : une Austral Patagonia. Ce sera celle qui m’accompagnera pendant tout mon séjour au Chili !

Finalement épuisée, je rentre à l’auberge, me prépare mon plat de spaghetti et vais gentiment me coucher. J’ai bien l’intention de profiter de la ville demain et de faire le maximum de choses!

San Pedro de Atacama, comme un petit air de Western

Lectrice, Lecteur, San Pedro n’est pas faîte pour les lève-tard : si tu participes à une excursion organisée (comme beaucoup de voyageurs qui n’ont pas le permis), il faudra te lever tôt, voire très tôt. L’unique exception étant la visite à la Valle de la Luna, qui se fait en fin de journée. J’ai donc toute ma matinée et mon début d’après-midi de libre pour me balader et choisir ce que je veux faire. Il suffit de se balader dans le “centre” pour trouver une foule d’agence qui vous emmèneront au même endroit, pour quasi les mêmes prix. Je choisi donc une agence qui propose en plus une sortie astronomique “avec pisco de bienvenue”. L’argument a de quoi me convaincre, de même que la jeune fille à l’accueil. Je vais vite m’apercevoir que San Pedro est une ville-monde. Il y évidemment les touristes, mais également une foule d’expats, ou de voyageurs au long cours qui ont besoin de travailler un petit moment pour poursuivre leur route… ou d’autres qui sont tombés amoureux de la région est on décidé de rester un moment.

Sur le café de la place principale, qui a des petits airs de ville coloniale, une serveuse enjouée me raconte son histoire pendant que je déguste un coca : ancienne hôtesse de l’air, elle a parcouru le monde pendant quelques années et elle en a eu assez, finalement. Le coup de foudre avec le désert de l’Atacama a été plus puissant que tout le reste et là voilà ici, à bavarder avec chaque client, souriante et heureuse d’être là. Pour le moment..

Bien que San Pedro soit petite, il y a quand même des choses intéressantes à voir : un petit tour au marché couvert par exemple, histoire de se distraire… si vous poursuivez en Bolivie ou au Pérou, mieux vaut attendre avant d’acheter mais la pièce de résistance, c’est le Musée Gustave Le Paige.

Padre Gustave Lepaige
San Pedro de Atacama a un lien avec la Belgique. Ce lien, c’est le Père Le Paige. Jésuite et missionnaire et passionné d’ethnologie et d’archéologie, il mène une première mission au Congo belge avant de demander à être envoyé au Chili. Il se porte volontaire pour s’occuper de la paroisse de San Pedro de Atacama et il restera au Chili jusqu’à son décès. Son amour pour les cultures locales l’amènera à mener des recherches sur les civilisations précolombiennes qui vivaient dans le désert. Le musée porte désormais son nom.

 Le musée est divisé en plusieurs parties autour d’un chœur central : une partie importante est consacrée au Père Lepaige, le plus grand morceau est dédié aux civilisations de l’Atacama depuis les premiers humains et enfin, on trouve aussi une ‘salle du trésor” avec des objets de métaux précieux.  On trouve une foule d’objets : poteries, vanneries, petites effigies de lama… toute la partie archéologique est très soigneusement expliquée et documentée, on peut donc y passer facilement deux heures, si on aime çà (ce fut mon cas).

En fin d’après-midi, j’ai rendez-vous devant l’agence pour la première excursion de la journée : le Valle de la Luna

Valle de la Luna, Valle de la Muerte

Situé à une bonne dizaine de kilomètres de San Pedro, c’est le site à visiter le plus accessible (vous croiserez même des cyclistes, les locations de vélo ne manquent pas en ville). Et si on appelle l’endroit “Valle de la Luna“, la vallée de la lune, ce n’est pas pour rien : il n’y a pas de flore et quasi aucune faune. C’est un paysage désolé, modelé par le vent et l’eau. L’un des endroits les plus spectaculaires, c’est la grande dune. Une immense montagne de sable brun caramel qui ferme une espèce de cirque.  On vous emmènera sur une crête pour mieux l’admirer (attention, si vous avez le vertige, mieux vaut vous tenir à distance).

Pour continuer d’en prendre plein les yeux, on va se diriger vers de vraies sculptures de la nature : les “Trois Maries”. Trois gros rochers qui ont été modelés par les éléments de façon à évoquer trois femmes en position de dévotion diverses (à chacun sa façon de voir). On ne peut pas trop s’en approcher depuis qu’un touriste s’est amusé à grimper sur l’une des Maries dessus et l’a en partie détruite.

Dans ce paysage fait de collines rocheuses et de canyons, on peut également faire un semblant de spéléologie. Certains guides  emmèneront les visiteurs dans des grottes, mais à vos risques et périls. une expérience à tenter si vous le pouvez, pour avoir une perspective totalement différente de la vallée.

Regarde également bien sous tes pieds, Lectrice, Lecteur. Tu entends ce craquement qui ressemble à celui de la glace ? Eh bien c’est du sel! Et les montagnes autour sont aussi composée de sel. Et pour mieux contempler la “cordillera del sal”, quoi de mieux qu’un promontoire suspendu dans le vide : c’est le “rocher du coyote” où tout le monde veut ABSOLUMENT se faire photographier. Normalement, tu seras là au coucher du soleil, au moment où les rochers prennent des teintes roses, oranges et pourpres… Un moment de paix, et de grâce. Où je réalise ma chance. J’ai l’impression d’être une privilégiée et pourtant, quoi de plus naturel et plus gratuit qu’un coucher de soleil ? Et pourtant, dans cette vallée majestueuse et sans vie, j’ai l’impression d’être la plus riche des femmes à ce moment précis. C’est là que je vais rencontrer Katrina et Susan, deux Chiliennes qui me prendront sous leurs ailes.

Katrina, ses yeux noirs malicieux, et Susan, son sourire et ses incroyables histoires… elles m’emmèneront le soir même pour tester un plat typiquement chilien : “le genre que l’on prend quand on a trop bu’ me signale Susan avec un sourire en coin : un “lomo a lo pobre”, un mélange de viande de bœuf, de frites surmonté d’un œuf et d’oignons frits. BURP! J’ai à peine pu terminer la moitié, mais ce qui me remplit le plus, c’est la chaleur humaine de ces deux nouvelles rencontres. Katrina devra déjà reprendre le chemin du retour, mais Susan fera encore un bout de chemin avec moi… Et crois mois, Lectrice, Lecteur, tu n’as pas fini d’en prendre plein les yeux!

Lagunes, salars et astronomie à San Pedro de Atacama
D'Argentine au Chili, à travers la fenêtre d'un bus de Salta à San Pedro de Atacama




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