- Koh Tao , Thaïlande -

April 2014

Koh Tao, arrivée en terre promise de la plongée

Il fait encore nuit lorsque le bus démarre du quartier de Khaosan. Nous finirons par voir le soleil émerger une bonne heure et demie plus tard, alors que nous laissons derrière nous la banlieue proche de Bangkok. Au début, j’ai bien cru que le jour se levait tout gris mais une fois que l’astre du jour réussit à percer la brume de chaleur et de pollution, le ciel prend une teinte jaune et rose, comme une soie thaï… Je resterai longtemps, la tête appuyée sur la fenêtre, à regarder le paysage prendre des couleurs et à imaginer mes retrouvailles avec Koh Tao. Je regarde aussi les voitures passer. Une foule de pick-ups se suivent, avec leurs chargements variées: fruits ou légumes, matériel, outils… ou gens! Des enfants en uniformes qui vont à l’école, des femmes qui se protègent du vent, des travailleurs essaient de dormir, tout allongés sur le métal. Ont-ils fini une rude journée de travail ? Ou sont-ils encore plein de sommeil à s’être réveillé si tôt ? Comme quand j’étais petite fille, je m’amuse à inventer la vie des voitures qui nous dépassent. Finalement ,c’est moi que le sommeil gagne et je me mets à somnoler jusqu’à Hua Hin, une grosse cité balnéaire. Nous nous arrêtons pour quelques instants. Certains passagers montent, d’autre descendent mais surtout, c’est un petit déjeuner qui embarque! Croissant, banane, petites bouteilles d’eau et de jus d’orange… Plutôt sympa! Après ça, le reste des 7 heures de route se passe entre petit somme et lecture, finalement assez vite.

La croisière (ne) s’amuse (pas)

Chumporn… Ce petit port, auquel n’arrive que Lomprayah, semble être une espèce de bout du monde. Isolé du reste de la ville, au bord d’une très jolie plage bordée de palmier, on se dit qu’on pourrait bien y poser ses valises! Mais nous avons environ 45 minutes avant de prendre le bateau. Le temps qu’il faut pour les plus affamés de manger un morceau et de se désaltérer. Et surtout se mettre à l’ombre, tant la chaleur du midi est intense. Finalement, une sirène résonne. C’est le signe de monter à bords. Un long embarcadère conduit les passagers jusqu’au catamaran et là, je remarque tout de suite une chose. Le bateau est amarré mais ballotte beaucoup. Pourtant, pas un nuage dans le ciel, la mer semble un peu agitée mais rien d’excessif. Et une fois que le bateau prend la mer, je comprends vite qu’il va s’agir d’une des pires traversée de ma courte carrière. Le bateau fend l’au comme un wagon de montagne russe. Au début, j’encaisse sans broncher mais après une demi-heure à ce régime, je vais m’asseoir sur mon siège pour ne plus en bouger. Autour de moi, c’est le cauchemar. Les employés se pressent de distribuer des petits sacs en papiers aux passagers et la chorale des estomacs qui se vident commencent à entonner leur chant. Je ferme les yeux et j’attends que ça passe. Après 1h45 de navigation, nous arrivons! Koh Tao, l’île de la tortue.

Lorsque je tire ma valise sur les quais de Mae Haad, la petite “capitale” de l’île, un sentiment d’euphorie commence  à monter. Je suis heureuse. Heureuse comme quand on retrouve une bonne copine qui nous a manqué. Il y a un an et demi, j’étais au même endroit pour en repartir le cœur un peu lourd, mais persuadée que j’y reviendrai pour apprendre à plonger. Et me voilà! Je tire donc ma valise pour gravir la rue principale du village dans un brouhaha de taxis et de nouveaux arrivants. J’ai rendez-vous directement au Dive-shop.

Des frites au pays du pad thai

En arrivant chez Pimp My Dive, c’est comme si j’atterrissais dans un petit morceau de Belgique! Le hasard est parfois bizarre et le monde, bien petit! Lorsque je me suis décidée à sauter le pas, je me suis mise à la recherche d’une bonne école. Plusieurs critères entrait en ligne de compte. Pas trop grande, et avec des instructeurs francophones. La plongée n’est pas sans danger et il me semblait plus prudent pour passer son brevet Open Water de le faire dans ma langue maternelle. Mes recherches m’ont donc amenées chez Pimp My Dive.  Pour la petit histoire, sachant que j’allais me mettre à la plongée, Miss Flexyflow m’avait mentionné un club tenu par une de ses copines d’école: et il se trouve qu’Elisa est l’une des deux dirigeants du club!

C’est par contre Pierre qui m’accueille quand j’arrive. Un accueil souriant, à la cool… Je vais vite découvrir que les plongeurs confirmés ont en commun un calme olympien, un côté zen qui va vite me rassurer. C’est au dessus du club que je logerai, dans la partie guest-house, une grande chambre blanche, avec un R2-D2 tagué sur le mur qui veillera sur mon sommeil. Pierre me laisse m’installer et quand je redescends, on papote un peu. Je lui explique comment je les ai trouvé, ma nervosité face à la plongée (j’ai mal aux oreilles quand je plonge en dessous de deux mètres) et lui me parle du club…   Les premières leçons démarreront demain après-midi, j’ai quartier libre pour le moment! Il est passé 16 heures et je ne réfléchis même pas: j’ai envie de me retrouver au Lotus Bar de Sairee Beach, la plage principale de l’île, pour le coucher du soleil.

Toute la beauté du monde

Pierre m’avait indiqué un chemin à prendre en longeant la plage de Mae Haad… mais je renonce assez rapidement. Après un long voyage, j’ai juste envie de me laisser conduire. Pas refroidie par la traversée que je viens de subir, je négocie le passage avec un conducteur de bateau-taxi. Son sourire m’accompagnera jusqu’à à Sairee… A temps pour voir le soleil décliner!

La sensation familière du sable chaud sur ma plante de pieds… j’en ai presque les larmes aux yeux. Quelques plongeurs rentrent, un jeune homme blond, en position du lotus médite yeux fermés. Je suis face  à un cliché… mais tout est si beau et si paisible. J’hôte mes vêtements à toute vitesse pour faire quelques brasses. ENFIN DANS L’EAU! J’y crois à peine. Je me laisse longuement flotter à regarder le ciel devenir violet. Le temps de sécher et le soleil n’a plus qu’une bonne vingtaine de minutes avant d’aller se coucher. Je vais me planter sur un des tapis du Lotus Bar et commande un cocktail… Et là, alors que la nature fait son show, je suis tout à coup submergée. Touchée au cœur par l’harmonie du moment. Par cette conjonction de perfection… Le ciel qui s’enflamme, les cocotiers qui encadrent votre chant de vision, une musique planante, légère comme le vent et au fond de l’âme, un sentiment de paix. Oh, sans doûte pas permanent, mais crois-moi, Lectrice, Lecteur, quand celà t’arrives, tu as l’impression d’être face à l’éternité des choses. Et tu pleures.

Astuces:

Ça à l’air évident, mais tant que çà au vu des autres passagers qui se plaignaient, peut-être pas… Si vous prenez le bus Lomprayah du matin au départ de Bangkok, faîtes une petite réserve de snacks et prenez une bouteille d’eau car à part l’arrêt “embarquement de petit-déjeuner”; il n’y aura pas de pause pendant le parcours et tu risques d’avoir faim ou soif (au retour, par contre,le bus s’arrête dans un restoroute).

Petit conseil si tu voyages seul(e), il faut négocier dur quand on est dans les îles, ou essayer de trouver des personnes prêtes à partager votre song theo (taxi collectif), au risque de voir les transports devenir le poste le plus important de ton budget. C’est un des rares désavantages à prendre la route en solo. Il y a bien l’auto-stop, mais on s’arrête peu… et comme la majorité des véhicules sur la route sont des song theo… 😉





  1. chrissandvoyage
    le 14.12.2017

    C’est vrai que le coucher de soleil est superbe sur ces iles. J’espère que tu nous montreras des photos de ta plongée dans tes prochains articles 😉

  2. Melissa
    le 14.12.2017

    Ah Chris, je peux déjà révèvèler que j’avais pris ma toute nouvelle GoPro… mais je me suis vite rendue compte qu’apprendre à plonger et tenir une caméra en même temps, c’était un peu trop compliqué. 😉 La prochaine fois, c’est certain, je filmerai!

  3. serenity
    le 14.12.2017

    Alala, ton article me fait rêver!!!! J’adorerais pouvoir voyager et découvrir moi-même ces paysages… Mais en attendant, je voyage par procuration en lisant ton blog alors un grand MERCI!!! 🙂

  4. Melissa
    le 14.12.2017

    Merci! C’est le but, vous faire rêver, vous inspirer… en espérant que vous aussi, vous prendrez la route à votre tour.

  5. Découvre le monde
    le 14.12.2017

    Un beau récit ! Et oui le mal de mer ça vient vite !

    Tu as du être super contente d’arriver enfin et de redécouvrir Koh Tao

  6. Melissa
    le 14.12.2017

    Et pourtant, Emmanuelle, c’est loin d’être la première fois que je suis sur l’eau mais là… c’était vraiment une espèce d’ascenseur constant… 😉 Une fois arrivée, comme tu as vu, tout est oublié. Il y a l’effervescence du débarquement avec tout le monde qui arrive en même temps et puis, la magie de Koh Tao agit!

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