La main encore attachée à mon chapeau après ce parcours en tuk-tuk, je fais mon entrée dans la gare. Le train pour Surat Thani n’attendra pas. Elle est encore plus remplie que l’après-midi! La première chose qui frappe quand on entre dans la Gare de Bangkok, après les portraits du roi, bien entendu, ce sont les stands à livres. Toute une partie de la salle des pas perdus en est remplie. Évidemment, ils sont tous en thaï (près des quais, sur la droite, vous trouverez une librairie qui vend des bouquins en anglais) mais celà me réjouit de voir de voir les livres si populaires!

Sur les côtés de la gare, il y a une foule de petits restaurants mais j’ai bien l’intention de manger dans le train donc, je ne fais que passer prendre quelques victuailles et boissons à la supérette. Le temps de terminer mes emplettes et le train arrive en gare. Je n’ai plus qu’à trouver mon wagon et mon compartiment et à m’installer. J’ai réserve une place dans un wagon couchette de seconde classe. Si vous vous décidez pour un lit en hauteur, sachez que c’est un peu moins cher mais que vous n’aurez pas de fenêtre du tout. Ce qui peut être assez perturbant pendant un si long voyage. Je trouve enfin mon siège. En fait de compartiments, ce sont juste des sièges se faisant face et une lit à faire tomber du plafond, le tout joliment tendus de rideaux verts pour préserver l’intimité des voyageur. Mon vis-à-vis est un Allemand dont la famille se trouve de l’autre côté du couloir. Je n’aurai pas vraiment le temps de faire connaissance. A peine le train a t-il démarré que le personnel fait le tour des wagons avec le menu du restaurant. Et oui! On peut donc commander et recevoir son repas directement à sa place mais pour moi, pas question de louper l’opportunité d’un wagon-restaurant! Ce n’est pas tout les jours que j’en ai l’occasion. Coup de bol: il est seulement deux wagons plus loin!. Je me dépêche donc de m’installer avant que toutes les places soient prises. Dans le wagon, juste quelques lampes éclairent l’intérieur et sur ce petit monde; règne la cuisinière qui doit être la plus joviale et la plus extravertie des Thaïlandais que j’ai rencontré! “Not too spicy or normal spicy” me demande t’elle en souriant quand je commande mon curry vert “Normal spicy!” dis-je! Pas question de jouer au palais délicat, ça fait une semaine que j’ai eu le temps de m’acclimater. Elle s’éloigne vers la cuisine en rigolant comme si elle avait dans l’idée de me jouer un mauvais tour. . Pas d’air conditionné mais toute les fenêtres sont ouvertes.

Je suis installée à une table recouverte d’une nappe en plastique et quand ma bière est servie, c’est une bouteille d’un litre qui arrive à ma table! Comme la cuisine a fort à faire, il faut près d’une petite heure pour que mon plat arrive et c’est le même laps de temps que prend le train pour s’extirper de la banlieue de Bangkok. Pour patienter, j’ai un livre et le spectacle de la ville et de ses quais de gare. Une fois le monde urbain laissé dernière nous, le pays plonge dans le noir. Le curry est délicieux mais j’ai décidément bien fait de prendre un bol de riz avec pour en atténuer les épices! Entretemps, deux Italiens sont venus s’installer à ma banquette. Un expat qui va visiter son affaire à Koh Samui et un ami venu le rejoindre pour les vacances. La conversation tourne vite cours après quelques banalités de circonstances. Ces deux amis semblent avoir pas mal de choses à se dire. Je cède la moitié de ma bouteille à une table de thaïlandais juste à côté et rejoins ma place.

L’accompagnateur de train a déjà préparé les lits pour la nuit et mon vis-à-vis s’est déjà confortablement installé. Il ne me reste plus qu’à grimper à l’échelle qui mène à mon lit et essayer de trouver le sommeil. Malgré que le lit sois plutôt confortable, impossible! Un incessant grincement accompagnera cette longue nuit sans que je puisse jeter un œil dehors. Pas de bol, mes boules Quiès sont dans ma valise! Avec mon bouquin et ma tablette, le temps passe. Tout est plutôt calme dans ce dortoir sur roues… Les heures filent. Quand je me décide à descendre pour aller aux toilettes, le soleil s’est levé sur un paysage comme çà:

Il ne restait plus qu’à attendre que les autres passagers se lèvent (ou que l’accompagnateur de train les force à se réveiller. Le paysage devient de plus en plus tropical, les palmiers forment la majorité des arbres et entre deux arbres touffus: le Golfe de Thaïlande, enfin! Les yeux probablement injectés de sang par le manque de sommeil, je chausse mes lunettes de soleil pour débarquer à la Gare de Surat Thani.

Comme je m’y attendais un peu, le train est arrivé en retard et BIEN en retard (deux heures) et j’ai été bien avisée de ne pas acheter mon ticket combiné de transfer bus/bateau, je l’aurai perdu! Une foule de vendeurs se pressent à la sortie des wagons. La prochaine compagnie à partir est Lomprayah. La plus chère, mais la plus réputée. On me dit que le prochain départ sera à 14 heures. J’ai du mal à le croire mais il me tarde de retrouver Koh Samui. J’achète mon billet et monte dans le bus pour le port. Une heure plus tard, nous y sommes… Don Sak… Il n’y a que du bleu: celui du ciel, de la mer et le bleu-vert des îles qui se découpent sur l’horizon.

Les vacances commencent!