- Vasto , Italie -

February 2012

Se mouiller pour un trabocco!

Lectrice, lecteur,

Ta blogueuse n’hésite jamais quand il s’agit de partager des choses qui lui tiennent à cœur ! Foin du ridicule, de la perspective de peut-être perdre son matériel, même le plus précieux! Elle se dénude et se mouille, littéralement, histoire de te faire oublier que pendant la nuit, on a été transporté à notre insu en Sibérie…

Aujourd’hui, je vais te parler d’une construction que l’on trouve le long de la côte sud des Abruzzes : le trabucco (ou trabocco) ! Ca n’a l’air de rien comme çà, mais le trabocco, c’est ce qui a commencé à me donner le goût de l’exploration ! Lors de nos déplacements familiaux en Italie, ma famille et moi squattions à chaque fois le même coin de plage. Interdiction néanmoins de s’aventurer plus loin qu’une ligne de rocher qui signifiait la fin de la plage de sable mais à l’horizon, me narguait le trabocco, cette drôle de construction de pêcheur, toute en bois, que j’avais très envie de voir de plus près. Mais pour y aller, il fallait, d’après mon père, braver l’eau qui vous montait par-dessus la tête, ou escalader des rochers qui ne manqueraient pas de me blesser, ou bien tomber dans de vicieux « trous » qui pourraient nous surprendre même en ayant pied ! Bref, il fut assez persuasif que pour m’en tenir à distance… d’autant plus qu’à l’époque, j’étais une petite fille quasi modèle mais à chaque retour, la curiosité devenait de plus en plus forte ! Le trabocco était devenu une espèce de Moby Dick… Une obsession !  Ce truc était là, immuable années après années malgré son apparente fragilité, et je ne pouvais pas l’atteindre. Enfin, vers l’âge de 14 ans, alors que je n’étais plus retournée en Italie depuis des années et que j’avais mon brevet de natation de 800 mètres en main, je me dis que je pouvais enfin me passer de l’autorisation parentale et enfin voir de quoi il s’agissait. Sur le chemin, je me sentais l’âme d’une expéditionnaire qui risquait sa vie à chaque pas ou chaque brasse. Et sans oublier également les créatures marines qui pouvaient se cacher à chaque recoin de rocher et prendre des proportions énormes : les crabes devaient sans doute se tapir et surgir devant moi au moment le plus opportun pour me pincer les orteils, je me piquerais peut-être sur des oursins que je n’aurais pas vu dans l’ombre et quant aux méduses, vu ma chance, l’une d’entre elles, de la taille d’un ballon de football, allait certainement croiser mon chemin. Après tout, j’en avais déjà vu échouées sur le sable. Autant te dire qu’une fois arrivée jusque-là, je trouvais les dangers grandement exagérés… même si la récompense était belle ! J’avais trouvé un endroit calme, aux eaux claires, les oreilles étourdies par les chants des cigales. Mais c’est là que j’ai réalisé pour la première fois que ce qui est le plus excitant pour moi quand j’ai un but à atteindre, c’est le chemin pour y arriver !

Un trésor qui est en voie de devenir Parc national suite aux menaces écologiques d’exploitation pétrolière et gazière… Ils devraient donc continuer à me narguer longtemps. J’espère. En attendant, je te laisse apprécier cette petite vidéo…

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  1. Pierre
    le 27.06.2017

    Belle découverte!
    Je ne connaissais pas du tout les trabuccos.
    Je me coucherai moins bête ce soir 🙂
    Sympa cette petit video, ça donne vraiment envie avec ces chants de cigales en fonds. Et il y a ce petit côté Nicolas Hulot qui sonne bien 🙂

  2. Melissa
    le 27.06.2017

    Ah ah! Merci Pierre! Les cigales chantaient tellement fort qu’on ne m’entend presque pas à certain moment!

  3. Julien@Voyageur-Independant
    le 27.06.2017

    Sympa cette vidéo et le lien l’est tout autant!

  4. Melissa
    le 27.06.2017

    Ça n’est pas le premier coup d’essai, Julien! 😉 Ce qui est comique, c’est de voir la réaction des gens quand je fais mes petites séances en ville. 😉

  5. LaurentDeBangkok
    le 27.06.2017

    Bonjour,
    J’avoue que cette histoire de “trabuccos” m’a intrigué, rien que de part le nom pour commencer! Mais merci la vidéo éclaircit tout. Et quel plaisir de réentendre le chant des cigales… Ces cabanes sur pilotis me font penser à celle que l’on peut voir du coté de Toulon, aux Sablettes plus précisément. Mais elles sont destinées aux aquaculteurs qui élèvent les moules et huitres de la rade de Toulon…

    Laurent

  6. Melissa
    le 27.06.2017

    Il n’existe pas quelquechose de similaire en Thaïlande, Laurent? J’imagine bien quelque chose du même genre là bas!

  7. LaurentDeBangkok
    le 27.06.2017

    Bonjour Melissa,
    En fait on trouve dans le Sud de la Thaïlande des villages de pêcheurs entier sur pilotis. C’est essentiellement dans les provinces musulmanes du Sud. Je n’ai pas encore eu l’occasion d’y aller, mais j’ai trouvé sur cet autre blog quelques photos pour se donner une idée: http://jeremozantipodes.over-blog.com/article-deux-semaines-en-thailande-du-18-decembre-au-1er-janvier-96334191.html
    Généralement ces pêcheurs ont souvent une autre activité très lucrative, la récolte de nids d’hirondelles achetés à prix d’or par la communauté chinoise! Ces nids sont nichés à l’intérieur de grottes gigantesques…