- Oudsthoorn , Afrique du Sud -

June 2011

Afrique du Sud: Sur la Garden Route, 2e partie

Un jour verdâtre se lève sous la tente. J’entends la respiration de ma « tent buddy », Corina. Ouf… elle ne ronfle donc pas (ma crainte principale) ! A moitié dans les vaps, j’entends les oiseaux chanter, quelques tirettes s’ouvrir et les lève-tôt s’activer déjà. Puis la tente est secouée et un retentissant « Wake-up, Nomads » nous tirent définitivement du sac de couchage. Ce matin, il fait tout gris et un peu frais. Je file vers les salles de douche et m’habille. La règle est que l’on doit démonter la tente avant de déjeuner et qu’en une heure, nous soyons prêts à lever le camp. Magnanime, Bruce nous donne une heure et demie parce que c’est le premier matin. J’attends donc en buvant doucement un café. Soluble. Il va falloir s’habituer. Le premier démontage de tente est concluant : moins de 10 minutes, et la tente est pliée, emballée et rangée dans le ventre d’Ella. Je me précipite vers le petit-déjeuner. Celui-ci est simple : tartines ou céréales avec café, chocolat ou jus de fruit. Parfait pour moi. Pendant que Mieke m’explique que si la tartine qui grille sur la poêle commence à fumer, c’est qu’il est temps de la retourner, je commence doucement à me réveiller vraiment. La vaisselle faite et rangée, les matelas montés et amarrés sur le toit du camion, nous voilà prêts à partir. Au programme de cette matinée : conduite jusqu’à Oudsthoorn, capitale de l’élevage d’autruches. Mais avant de rencontrer les volatiles, Il y a quelques heures de route à faire et une merveille de la nature à admirer : les Cango Caves.

Mes yeux se promènent entre la fenêtre et mon livre. Virginie Despente. J’aurais pu choisir quelque chose de plus gai, mais je dévore les pages, complètement engluée par l’atmosphère poisseuse d’Apocalypse Bébé. Quand j’ai besoin de respirer, je regarde dehors … Il est difficile d’imaginer cet auteur et ce paysage vivent sur la même planète! Au fur et à mesure, il devient de plus en plus aride. C’est que nous entrons dans le Little Karoo… En cours de route, nous passons devant différents enclos mais au lieu de vaches ou de moutons, ce sont les autruches qui promènent leurs grandes silhouettes au loin. Le dépaysement tient à bien peu de choses ! Aux alentours de midi, nous arrivons à notre lieu de campement… Tout aussi nickel que le premier ! Nous installons nos tentes, mangeons un bout et nous voilà repartis vers les grottes de Cango.

Cango Caves
Cango Caves

Ces grottes sont un énorme complexe et une des attractions majeures d’Afrique du Sud. Il y a d’ailleurs pas mal de monde dans le groupe pris en charge par une guide. La fascination pour les entrailles de la Terre m’étonnera toujours. Est-ce une réminiscence lointaine du temps du temps où, pauvres petits mammifères, être sous terre signifiait la sécurité ? Ou les enchevêtrements et les tunnels nous rappellent la complexité de nos esprits ? Ou c’est une façon d’affronter nos peurs ? Celle du noir, des esprits confinés et des choses étranges qui pourrait se cacher derrière chaque coude de boyau ? Bref… nous pénétrons dans la première « salle » comme dans une cathédrale, avec silence et un certain respect. Comme si nous avions peur que nos voix puissent briser les stalactites qui pendent gracieusement au-dessus de nos têtes. Les salles et formation aux noms poétiques se succèdent… « L’aiguille de Cléopâtre », « La salle du Trône », « La madone et l’enfant » : « La Tour de Pise », « Nick le Démon », « La Chambre nuptiale », « La Chambre des fées ». D’ailleurs, cette dernière a perdu beaucoup de sa splendeur car avant qu’elle ne soit protégée, cette grotte a été utilisée pour des fêtes et des événements détruisant en une nuit ce que la nature a mis des milliers (voire des centaines de milliers) d’année à construire! Dommage que nous n’ayons pas le temps de terminer la visite par un « parcours de la mort » qui vous emmène entre autre dans le « Tunnel de l’amour » et la « Boîte aux lettres du Diable» (je vous laisse imaginer ce que cela peut être).

Oudtshoorn: Ostrich Farm

Sans transition, après une petite heure de route, nous entrons dans une ferme d’élevage d’autruches LA source de revenu de la région. Dès notre arrivée, on essaie de ne pas nous faire sentir désolés pour ces volatiles. « Le cerveau d’une autruche est plus petit que son œil ». Ce fameux œil qui roule et brille comme une bille et tout frangé de longs cils qui en font tout son charme et que j’ai littéralement mitraillé en gros plan !

De l’autruche, on utilise tout ! Les plumes, la viande, la peau, les œufs… même les os ! Une bénédiction pour les éleveurs ! Mais par contre même si leur intelligence est vraiment limitée, je me demande si c’est une bonne idée d’en faire des animaux de rodéo … Sans doute Cassandra pensait-elle la même chose après cette petite expérience…

J’en ressors un peu ambivalente… avec l’impression d’être trainée dans un lieu sans autre intérêt que pour me faire dépenser mon argent.

Par contre, le burger d’autruche servi au dîner du soir avait un sacré goût de revenez-y ! A dix heures, je suis déjà au lit… demain, levé à 6 heures car le programme sera chargé et bien chargé !

Oudtshoorn: Ostrich Farm





  1. Rémi
    le 14.12.2017

    Merci pour cet article et cette découverte 🙂

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