La Poméranie, c’est près de 250 kilomètres de côte sur la Mer Baltique sur les plus de 400 que compte la Pologne. Un vrai terrain de jeu pour tous les amateurs de navigation, de planche à voile et autres sports nautiques. Il était donc évident que l’on nous emmène assister au départ de la Coupe de la Tri-cité, la première régate de la saison.

Départ de la Tri-City Sailing Cup à Gdynia

Pour y assister, direction Gdynia, l’autre grande ville de Poméranie. Gdynia a une histoire complètement différente de sa voisine de Gdansk. Modeste village de pêcheur, le lieu est choisi par le gouvernement polonais pour y construire une ville nouvelle. Nous sommes alors dans l’entre deux-guerres, Gdansk est une ville libre, un état indépendant comme Monaco ou Singapour et même si la Pologne gère la politique extérieure du micro-état, elle préférerait avoir un grand port bien à elle.

Gdynia va donc être planifiée et développée. Si vous aimez l’Art Deco, mais surtout le Modernisme, Gdynia vous ravira donc puisque ce sont les styles qui dominent en ville. C’est à présent le deuxième port de Pologne, et la ville « la plus heureuse du pays ». Malheureusement, pas le temps pour nous de faire une visite guidée, ni pour trouver l’essence du bonheur de Gdynia, nous sommes attendus pour embarquer sur notre propre bateau et assister au départ de la Régate. La Coupe de la Tri-cité est celle qui ouvre la saison sur les côtes polonaises de la Baltique. Un grand événement pour toute la communauté des amateurs de navigation. 

Et on peut dire que nous avons de la chance : température clémente, un peu de vent, un ciel dégagé. Des conditions parfait pour passer une belle journée en mer ! Avec notre casse-croûte, nous embarquons dans notre voilier et partons assister au rassemblement et au départ. C’est une foule de voiliers et de catamarans, petits et grands, qui d’abords font quelques manœuvres avant de se regrouper ensuite par catégories et de se mettre en place pour le départ. C’est une multitude de files de coques colorées, et de voiles souvent blanches. Certains sont là pour gagner, d’autres pour la joie de participer ; comme un bateau de pirates que nous croiserons plusieurs fois.

Je comprends pourquoi les participants aux régates sont des passionnés : cheveux au vent, embruns qui viennent à la fois vous rafraîchir et vous enduire la peau de sel, lire le vent et les signes du ciel… Nous aurons même l’occasion de nous essayer à la navigation. Pendant dix minutes, je serai « Capitaine Mélissa ». Une capitaine malheureusement pas très douée car même si j’ai le pied plutôt marin, diriger un bateau s’avère être une autre paire de manche !

Nous laissons les bateaux continuer leur course à travers le Golfe de Gdansk et prenons la direction de la côte, longeant de belles plages de sable blanc et de hautes falaises boisées. Un paysage à la fois sauvage et bucolique qu’il doit faire bon parcourir à vélo (un vélo-route passe d’ailleurs par là). Tout doucement, apparaît la prochaine ville : Sopot.

Sopot, la Poméranie côté chic

Sopot, c’est un peu le Saint-Tropez polonais. Cette station balnéaire qui a grandi à la Belle époque a résolument un côté chic qu’on perçoit dès la grande jetée que l’on traverse pour arriver en ville après avoir accosté. Si vous cherchez à croiser une star polonaise, il y a de fortes chances pour que vous en croisiez une là-bas.

La jetée est immense, les 511,5 mètres de bois qui la compose en font la plus longue d’Europe. Attention, pour se promener sur Molo, vous devrez vous acquitter d’un prix d’entrée de 8 zloty (près de 2 Euros), sauf si comme nous, vous arrivez par la mer. Et en bout de jetée, on trouve des cygnes très peu farouches qui se laissent approcher et même caresser si vous êtes très doux. Fait plutôt rare pour des animaux qui ont la réputation d’avoir mauvais caractères.

Ville d’eau dès le début du XXème siècle, c’était même la station balnéaire préférée de l’Empereur Guillaume II d’Allemagne. Avec ses parcs, ses grands hôtels néo-classiques (dont le fameux Grand Hotel) et son architecture Belle-Epoque, l’insouciance flotte dans l’air en ville. Outre la jetée et la plage, sa rue principale, Monte Cassino, est une attraction en soi. Fort fréquentée, remplie de magasins et de cafés où il fait bon voir et être vu, c’est le coeur battant de Sopot. Mais Michal, notre guide, nous mène loin de l’excitation au Cafe Zaścianek. Situé dans une petite rue, au calme, ce café rétro et bohème est un petit havre de paix quand il fait chaud ! On vient y prendre le thé ou le café (avec plein de déclinaison possible) ou une bière dans une ambiance feutrée.

Par contre, l’heure du dîner se rapproche dangereusement. Nous allons donc faire une longue promenade le long des parcs qui bordent la plage pour atteindre Bulaj, un des meilleurs restaurants de Sopot, et un des plus aimés. Un peu à l’écart du centre-ville, Bulaj est un vrai restaurant de plage, ça veut dire qu’il a les pieds dans le sable et qu’on peut directement avoir accès (et évidemment vue) sur la mer. Forcément, avec un tel pedigrée, poisson et fruits de mer sont les rois de la carte, avec les prises du jour. Le tout est emballé dans une déco qui évoque plutôt un pub ou une restaurant de plage sans chichis. Nous nous y sommes régalés… et surtout, quel environnement ! Une belle adresse que je vous recommande chaudement.

C’est donc avec cette apothéose que nous passons notre dernière soirée en Poméranie, au fil de ses fleuves et rivières et de sa belle Mer Baltique. Une région qui vaut vraiment qu’on s’y attarde, au delà des préjugés que l’on pourrait avoir.

Ce séjour a été organisé avec l’Office du tourisme polonais en Belgique, Pomorskie Travel et Pomorskie Prestige. Les opinions de l’auteure, néanmoins, restent libres, malgré les quelques vodkas absorbées (avec modération).