Visiter Sopot, le Saint-Tropez polonais

Ce n’est pas la première fois que j’ai l’occasion de visiter Sopot, la perle de la Poméranie polonaise mais cette fois-ci, j’ai l’occasion de passer un peu plus de temps dans cette station balnéaire huppée, située à quelques kilomètres de Gdańsk. Cette ville tranquille à l’ambiance Belle-Epoque se visite toujours pour le plaisir de la baignade ou pour des longues marches sur les plages de la mer Baltique mais aussi pour s’amuser à la belle saison. Elle se découvre mieux à vélo. Ville d’eau, Sopot est aussi connue comme lieu de cure thermale avec des sources d’eau bienfaisantes et un nombre impressionnant de spas qui font tout autant partie du patrimoine que les belles villas bourgeoises.

Cet article a été écrit dans le cadre d’une collaboration avec Visit Sopot

La veille, je débarquais à Gdańsk pour assister au WITS, le Women in Travel Summit de Wanderful. Il aurait dû avoir lieu il y a deux ans mais voilà, le Covid est passé par là ! Enfin, deux ans plus tard, dans deux jours, ce réseau de créatrices de contenu (blogueuses, journaliste, rédactrice, photographes, influenceuses…) se retrouvera enfin pour échanger et apprendre mais en attendant, il y a les FAM trips et j’ai eu la chance d’être sélectionnée pour l’unique escapade pré-conférence de ce WITS qui se tenait donc à Sopot.  

Sopot était à l’origine un village de pêcheurs mais déjà connu comme lieu de cure grâce à ses sources thermales. Son réel développement commence à la moitié du XIXe siècle. A cette époque, Gdańsk et sa région font partie de la Prusse et s’appellent Dantzig et Zoppot.  En 1824, Jean Georg Haffner, un ancien médecin dans l’armée française, y fait construire un sanatorium. Une jetée (l’ancêtre de la jetée qui existe aujourd’hui) est également construite. En 1870, une ligne de train relie la petite ville à Gdańsk et très vite, Sopot devient la coqueluche de l’aristocratie de Gdańsk, de Varsovie mais aussi de Berlin, à tel point qu’elle était devenue le lieu de villégiature préféré de l’empereur Guillaume II. Malgré les deux guerres et la période communiste, Sopot a gardé son charme, son attractivité et sa réputation comme station balnéaire, ville d’art et de culture.

Sopot à vélo

Pour mieux faire connaissance avec elle, nous allons la parcourir à vélo avec Bożena et Sebastian de Poland by Locals. C’est donc équipées de bécanes de compétition que nous allons découvrir Sopot.

Notre premier arrêt est le « Grand Hotel », l’un des édifices les plus prestigieux de Sopot. Construit pendant l’entre-deux-guerres, pendant la période de l’Etat Libre de Dantzig (à laquelle Sopot était attachée), cet immense hôtel-casino est un témoignage du prestige de la ville et fait partie de l’histoire locale. Hitler y séjourna deux fois. C’est aussi ici qu’en 1981, le services secrets polonais profitèrent d’une réunion du syndicat Solidarnosc pour arrêter une cinquantaine de responsables. Depuis, l’hôtel a retrouvé sa vocation première et est le plus luxueux de Sopot avec même sa propre plage privée.

Deuxième arrêt, sur une des places principales de la ville, la Plac Zdrojowy. Nous laissons nos vélos au pied de la Maison des thermes pour prendre un ascenseur… qui nous emmène dans un petit café : le MammaMia mais ce n’est pas pour déjà faire une pause car c’est ici que l’on peut, gratuitement, venir boire un petit verre de saumure. La pompe à saumure est accessible à tous. Plusieurs fois diluée et possédant des vertus curatives, la saumure qui arrive ici est particulièrement bénéfique pour les personnes souffrant de diabète et de problèmes de système digestif. Riche en iode, brome, magnésium et potassium, la saumure peut aussi être inhalée depuis la fontaine en forme de champignon qui se trouve tout près dans le « Parc du midi » (Park Północny i Południowy). Si vous avez le temps, profitez-en pour prendre un café ou une pâtisserie dans ce mignon café, la vue depuis là-haut est superbe !

Nous réenfourchons nos bécanes pour filer dans les rues de la ville et en admirer l’architecture. On y trouve de nombreuses villas et hôtel particuliers, souvenirs de l’époque où les riches et puissants venaient en villégiature, comme la jolie Villa Berger. On salue l’une des très rares fresques street-art (« L’Estivante ») qui orne les façades (Sopot est une ville classée, le code urbanistique y est très strict) avant d’arriver devant une superbe villa jaune qui abrite le Goiky 3 Art Inkubator, une résidence d’artistes. Un des nombreux exemples de réaffectation de ce prestigieux patrimoine.  Cette villa fut construite par Friedrich Wilhelm Jüncke, collectionneur d’art, importateur de vin mais aussi, pure coïncidence, propriétaire du Ratskeller, restaurant historique du centre de Gdańsk où j’avais mangé la veille.

Un Opéra dans la forêt

Sopot, puisqu’elle est au bord de la mer, est plutôt plate et facile à appréhender si vous circuler à vélo sauf que… une colline recouverte par la forêt est toute proche et que c’est là que se trouve un des endroits les plus extraordinaire de la ville. Ça ne monte pas très haut, mais la pente est raide alors, il faudra se donner un peu de mal mais au bout du chemin, vous trouverez ce drôle d’endroit : l’Opéra de la Forêt. Oui, oui, un véritable opéra au milieu des arbres et quasi à ciel ouvert.

Construit en 1909 dans un creux de la forêt, l’histoire dit que l’emplacement avait été choisi pour son acoustique par une bande de mélomanes qui avaient arpenté la forêt en chantant pendant une semaine à la recherche du mieux idéal. A ses débuts, le théâtre était vraiment rudimentaire et on s’asseyait quasi dans l’herbe mais aujourd’hui, il peut accueillir plus de 5000 spectateurs et la fosse, 110 musiciens. Jusqu’au milieu de la Seconde Guerre Mondiale, s’y tenait un festival Wagner. Le festival était si prestigieux qu’on avait surnommé Sopot la « Bayreuth du nord » mais aujourd’hui, on n’y joue pas que du Wagner, si pas spécialement de l’opéra. L’évènement-phare de la saison, c’est le Festival de la Chanson. Nous aurons l’occasion de tester l’acoustique exceptionnelle de l’opéra depuis la scène et mes gradins et c’est surprenant. Même en parlant normalement à plusieurs mètres de distance, on entend clairement les paroles. Pour abriter tout ça en cas d’intempéries, une espèce de grande toile en forme d’ailes de papillons couvre la totalité de l’installation, ce qui permet de garder le contact avec la forêt. Si vous montez jusqu’en haut des gradins, vous verrez les différentes affiches de festivals qui retracent l’histoire de l’Opéra de la Forêt.

Evidemment, poursuivre la balade à partir de là est BEAUCOUP plus facile. C’est en pédalant à peine que nous passons faire un coucou à l’hippodrome (parce qui dit « cité balnéaire remplie de personnes nanties » dit évidemment « courses de chevaux » avant de terminer au coucher du soleil, à l’endroit où les barques de pêcheurs sont amarrées.

La ville des spas

Une chose que l’on remarque tout de suite dès qu’on arrive à Sopot, c’est le nombre de publicité pour les spas, wellness et autres cliniques esthétiques. Une vraie industrie qui est née sur l’histoire et la tradition de thermalisme de la ville. Rares sont les hôtels qui n’ont pas un petit espace sauna-détente-espace massage. Il était donc impossible de ne pas faire connaissance avec cette tradition et nous avons de la chance : c’est dans le spa élu comme le meilleur de Pologne que nous allons passer la matinée.

Le Mera Spa est intégré dans un hôtel de standing, le Sopot Marriott Resort & Spa, un établissement cinq étoiles. Le spa est lui-même divisé en deux étages. L’étage inférieur est réservé aux traitements, que ce soit massages ou soins de beauté. Ce ne sont pas moins de 35 salles de traitement qui sont réparties dans une espèce de labyrinthe à la lumière tamisée où je me suis moins même perdue. 😉 La plupart des salles elle-même sont plongées dans une relaxante pénombre, sauf une salle de traitement de luxe avec tables de massage et baignoire XXL qui bénéficie de grandes baies vitrées. Une salle de gym complète l’offre. L’étage supérieur est quant à lui dédié aux piscines et sauna-hammam. Deux piscines intérieures et une pataugeoire pour les enfants, deux jacuzzis intérieurs et à l’extérieur, une superbe infinity pool avec vue sur mer et d’autres jacuzzis. Malheureusement, la piscine extérieure venait de fermer pour l’hiver, ce qui ne nous a pas empêché de tester les bains bouillonnants car oui, pendant deux grosses heures, nous avons pu profiter de ce que le spa peut offrir, depuis le délassement que peuvent offrir les piscines (surtout les lits à bulles), de la chaleur bienfaisante du sauna (avec ou sans textile, à vous de choisir) et surtout, nous avons eu droit à un massage du dos de 30 minutes. Autant te dire, lectrice, lecteur, que je me suis régalée, d’autant plus que mon masseur était parti pour une option « massage profond » qui a bien décollé et ramolli mes muscles. C’est donc parfaitement détendue, et dans le peignoir le plus doux que j’ai jamais porté, que j’ai rejoint la salle de relaxation ou chaise longue, eaux vitaminées et autres thés et infusion m’attendaient.

Il n’est pas nécessaire de séjourner à l’hôtel (les prix démarrent à partir de 100 €, ce qui est vraiment une bonne affaire pour un hôtel de cette classe) pour profiter du spa. Les personnes extérieures peuvent se réserver un moment de bien-être à partir d’une quarantaine d’Euros (massage du dos de 40 minutes compris avec l’accès aux piscines et saunas). Bref, pas de quoi se ruiner ! Si jamais vous avez faim mais n’avez pas le courage de retourner en ville pour aller au resto, ceux qui ont réservé un accès au spa ont droit à une réduction à la Brasserie Mera dans l’hôtel.

Mera Spa et Sopot Marriott Resort & Spa

Bitwy pod Płowcami 59,

81-731 Sopot, Pologne

Où dormir à Sopot ?

Hotel Eureka Sopot

L’emplacement, l’emplacement, l’emplacement dit-on en immobilier. Et l’Hotel Eureka Sopot en a un tout bon, même si un peu loin du cœur de Sopot : à 50 mètres de la plage et du spot où se trouve les bateaux de pêcheurs. Construit entre 1912 et 1919 par Wilhelm Lippke, responsable de plusieurs constructions à Sopot, il fut tour à tour centre de vacances pour fonctionnaires avant de devenir une pension sous l’ère communiste.

Après de grands travaux de rénovation achevé en 2018, le voilà transformé e, hôtel 3 étoiles (mais qui en mériterait 4, vues les prestations). Son apparence est celle d’une très grande villa à trois étages, il s’intègre donc parfaitement au reste du bâti de Sopot avec son toit rouge et ses grandes baies vitrées à petits carreaux. Les chambres sont belles, ultra confortables, très bien équipée et décorées dans des tons de bois, de bleus et de gris et les étages supérieurs ont une jolie vue sur la mer. Lectrice, lecteur, tu voyages solo ? L’hôtel compte quelques chambres single à une quarantaine d’Euros, petit-déjeuner inclus. Pas mal, non ? Le joyau de l’établissement, c’est son restaurant. Grand, très lumineux et accueillant, on y ressent l’esprit de la pension qu’il fut. Servant de salle de petit-déjeuner le matin, il devient un véritable restaurant le reste de la journée. Bonus : le sauna, espace détente et la gym au sous-sol et le Neroli Clinic & Spa que je n’ai pas eu l’occasion de tester. Je reviendrai sans hésitation y passer quelques jours de détente au bord de la mer !

Hotel Eureka Sopot

St. Emilii Plater 7/9/11

81-777 Sopot

Où manger à Sopot ?

Kaiser Pâtisserie

En plein centre de Sopot, cette pâtisserie tout habillée de différents tons de chocolat est sans doute une des meilleures de la ville. Le très long présentoir sera une véritable torture si vous êtes un.e bec sucré car les tentations sont nombreuses : viennoiseries, cookies, cakes, macarons, chocolats et bien entendu, des petits gâteaux (une quinzaine) tous plus jolis et originaux les uns que les autres (gâteau à la crème à l’earl grey, gâteau à la mousse de miel…). J’ai opté pour le gâteau de saison : le pumpkin spice, un petit gâteau en forme de citrouille avec une mousse de cheesecake qui renfermait une compotée de potiron épicé posé sur un biscuit lui-même épicé. Un véritable régal !

Kaiser Patisserie

Powstańców Warszawy 19

81-718 Sopot, Pologne

Fisherman Sopot

A deux pas de la plage, le Fisherman est à l’une des meilleures tables de Sopot. Avec à sa tête le chef Rafał Koziorzemski (« Young Chef Rising Star 2017 »), les poissons sont évidemment les stars ici, qu’ils soient d’eau de mer (loup de mer, saumon…) ou d’eau douce (truite, poisson-chat), tous sont traités avec déférence par le chef qui va faire son marché lui-même chez des fournisseurs locaux. La tradition polonaise de la cueillette est aussi respectée puisque ce sont les commis du restaurant qui vont à la recherche d’ail des ours, d’oseille ou de fleurs pour décorer les plats.

Si vous êtes végan.ne.s ou préférez la viande au poisson, il existe des options pour vous. J’ai opté pour un poisson-chat (que je n’avais jamais mangé en avant) avec un gratin de céleri-rave. Une belle réussite ! Mais les dessert non plus ne sont pas négligés. Là, j’avais opté pour des prunes (c’est le fruit-roi en Pologne avec la pomme) caramélisées, glace au pain d’épice et crumble à la lavande. Pour accompagner tout ça, une jolie carte de vins et de bières de micro-brasseries. Une belle cuisine inventive et fraîche !

Fisherman Sopot

Grunwaldzka 89

81-771 Sopot, Pologne

Rejoindre Sopot

Plusieurs options s’offrent à vous : le train, le bus, le tram ou le vélo.

Depuis l’aéroport de Gdańsk, le bus 122 se rend directement à Sopot. Vous pouvez acheter le billet de bus via un automate ou en cash (veillez à avoir le compte juste, 4,80 zlotys) auprès du conducteur ou de la conductrice. Vous êtes déjà à Gdańsk ? Prenez le bus 122 à l’arrêt Galeria Baltycka qui est un hub entre plusieurs lignes de bus, de tram mais aussi prêt de la gare de Gdańsk Wrzeszcz. Ce n’est sans doute pas la solution la plus pratique depuis Gdańsk.

Vous pouvez aussi prendre le train depuis l’aéroport mais avec un changement, soit à la gare centrale de Gdynia ou de Gdańsk. De même, vous pouvez prendre un train pour Sopot depuis la gare centrale de Gdańsk ou celle de Gdańsk Wrzeszcz, si vous êtes déjà sur place.

Les lignes de tram 8 et 9 relient Gdańsk à Sopot en une demi-heure. Depuis Chliema (la grande avenue qui traverse Granary Island) ou la gare centrale.

Enfin, une piste cyclable qui suit les courbes de la côte, relie Gdańsk à Gdynia en passant par Sopot. C’est une piste facile, plate quasi sur tout le long.

Pour encore plus de renseignements, rendez-vous sur le site web de l’office du tourisme Visit Sopot.

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