- , -

September 2011

“Sometimes, dictators are necessary (but not for a very long time)”“Sometimes, dictators are necessary (but not for a very long time)”

C’est ainsi que le guide qui emmenait notre groupe définit son impression sur le Palais du Parlement à Bucarest: la fameuse “Maison du Peuple” voulue par Nicolae Ceaucescu, une espèce de mastodonte de marbre blanc et l’un des plus grands bâtiments du monde. En effet, ce qui a coûté à Bucarest le prix d’un quartier complètement rasé et son problème de chiens errants (les habitants expropriés ne pouvant emmener leurs animaux de compagnie dans les appartements où ils étaient relogés) est probablement l’endroit le plus visité de la ville, une attraction  touristique majeure.

Je l’avais vu il y a 15 ans et si tu te souviens, lectrice, lecteur, j’en avais parlé déjà ici. Si l’on m’avait dit que j’allais y passer 4 jours et y travailler, je ne l’aurai jamais cru!

Je t’explique…

Mon job me fait quelque fois voyager. Normal pour une organisation internationale (aussi petite soit celle pour laquelle je travaille). Ce n’est certainement pas la façon dont j’aime voyager mais celà offre une autre perspective sur un pays et sur le monde, coincés entre lieux prestigieux et le microcosme des hôtels de luxe à discuter de comment devrait marcher le monde.

Les Roumains sont fiers. Ils veulent montrer qu’ils peuvent faire aussi bien que les Occidentaux et n’ayant jamais trouvé un(e) Roumain(e) en défaut d’hospitalité, ils ont voulu organiser notre conférence dans un endroit qu’ils voulaient digne de l’accueillir : la “plus grande folie de Ceaucescu”. C’est ainsi que mardi après-midi, je gravissais les marches de pierre et découvrait ce qui allait devenir notre kilométrique bureau. Quand les portes automatiques s’ouvrent, cela fait une drôle d’impression… celle d’entrer dans une forteresse coupée du monde réel, je me sentais encore plus petite que d’habitude, entourées de marbre, de tapis sans fin, de bois précieux et éclairée par des lustres dégoulinants de cristal. On pense alors alors à ceux qui l’ont construits: une armée de prisonniers et de soldats, des esclaves modernes aux milliers de personnes mobilisées ailleurs pour ce projet: les ébénistes, les tisserands, même des nonnes! Et pourtant, encore inachevé lorsque le Conducator fut renversé, les Roumains ont décidé de terminer l’ouvrage. Sans doûte avaient-ils trop soufferts pour arriver si prêt de la fin et le détruire par dépit.

Des kilomètres de salles et de couloirs où l’on se perd après 5 minutes si l’on n’y prend pas garde, où l’on arrête de compter le nombre de lampes après plusieurs centaines et où on se demande combien d’autres couleurs peut avoir le marbre: enfin, où tout crie la mégalomanie ! Comment ne pas se sentir grand en montant sur le balcon de la “salle du trône” et en contemplant la longue avenue Unirii qui file vers l’horizon. Je reconnais encore l’endroit où j’eu cette conversation avec Raluca et où maintenant, je me trouvais avec la future élite de l’administration roumaine qui ont presqu’autant à faire que leurs prédécesseurs.

Mais ce soir de réception, en déambulant dans ses immenses salles, l’athmosphère était plutôt à la légereté… C’est une institution démocratique, le Sénat, qui y loge, avec la Chambre, et qui nous ouvrait ses portes.

L’occasion pour moi de me lancer dans mon premier coup d’Etat…

Il aura duré trois minutes.

“Quelques fois, les dictateurs sont nécessaires (mais pas pour trop longtemps)”





  1. Lucie
    le 14.12.2017

    Il est impressionant ce bâtiment, autant dedans que dehors! Je l’ai visité il y a quelque temps mais visite simple donc pas accès à certaines pièces où apparemment tu es allée! C’est bien d’avoir un emploi qui te permets de voyager 🙂

En continuant sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies Plus d'informations

Nous utilisons des cookies pour vous garantir la meilleure expérience sur notre site. Si vous continuez à utiliser ce dernier ou cliquez sur "Accepter", nous considérerons que vous acceptez l'utilisation de ces cookies.

Fermer