- Tiraspol , Transnistrie -

September 2011

Ivresse Moldave : Danger-Danger, Transnistria!

Cet article est le 5e de la série qui parait dans le cadre du Pari de Méli!

Lorsque j’ai mentionné où je comptais aller, on m’avait dit que j’étais folle, ou alors, regardée avec une espèce d’admiration incrédule. On m’avait mis les mains sur les épaules en recommandant la prudence.

A Bucarest, un des étudiant moldaves auquel  je confiais mes intentions me sortit un “But… WHY???” retentissant.

Je m’étais préparée, documentée, j’avais lu, relu … sur cet étrange endroit, ce “trou noir de l’Europe”, cet “État-fantôme”, on m’avait gentiment blagué en me prévenant d’éviter de me faire enlever pour mon corps ou un petit bout de celui-ci…

Cet endroit qui traîne une odeur de souffre? La Transnistrie ou plutôt, la République moldave du Dniestr. Une République séparatiste moldave, non reconnue, même pas par la Russie qui pourtant la soutient, peuplée d’un tiers de Moldaves, d’un tiers de Russes et d’un tiers d’Ukrainiens et qui vit sa vie hors de l’autorité de Chisinau depuis la chute de l’URSS. Une espèce de pays-musée où le système soviétique et ses apparences ont encore cours. Un non-Etat accusé de trafic d’armes et de trafic d’humains et de trafic de drogues, incontrôlable, car fantôme…

Il fallait que je voies de mes propres yeux!

Avant de quitter l’hôtel, je mentionne à la chef d’équipe de la réception que je me rends à Tiraspol, avec une mine de conspiratrice. Elle sourit. “Je ne m’inquiète pas mais on ne sait jamais.” J’ai l’impression d’en faire une montagne! “Aucune raison de vous inquiétez, amusez-vous bien!”

Et me voilà partie pour la Piata Centrala, où se déroule le marché tous les jours, et d’où, dans un chaos indescriptible parmi une centaine de bus, je me mets à chercher celui pour Tiraspol. Je trouve enfin, paie mes 30 leis (environ 2 Euros) et c’est parti pour un petit deux heures de route. Avant de démarer, le chauffeur a distribué des fiches d’entrée qu’il semble vouloir que nous remplissions tous au plus vite, avant d’arriver à frontière. Je m’exécute. Après une grosse heure de voyage sans histoire, nous voilà au poste frontière.

J’ai lu bien des histoires de douaniers corrompus… dans mon portefeuille, je n’ai gardé que l’équivalent pour le voyage de retour, le reste est caché. Dans mon sac, un petit paquet de Raffaello’s, juste au cas où je tomberai sur un douanier qui serait bec sucré, s’il tient absolument à me soutirer quelque chose. Un jeune douanier au visage de granit entre dans le bus et examine les passeport. Arrivé devant moi, son visage imperturbable scrute le mien et détaille mon identité. Je tente un petit sourire. Il ne le rend pas mais ne cherche pas fouiller nos sacs. Nos passeports sont emmenés puis, 10 minutes après, rendus. Le temps qu’un autre inspecte le coffre du minibus puis, on nous invite à descendre. Voilà le moment attendu… Dans une baraque, nous faisons la file… tout à l’air de très bien se passer sauf pour une dame et son mari qui n’ont pas de passeport. Elle brandit un papier d’identité officiel et se fâche contre le douanier qui hausse le ton mais reste calme. Les invectives continuent pendant que j’attends mon tour. Je suis la dernière à passer. Le douanier prend mon papier d’entrée et mon passeport, entre quelque données dans son ordinateur et sans me poser la moindre question, me rend mon passeport et le coupon à présenter à la sortie. Je peux rejoindre le bus… La dame, que son mari, plus calme, essaie d’apaiser, continue de se déchaîner sur le douanier. Le couple ne passera pas la frontière.

Le bus redémarre, voilà… Je suis entrée aussi simplement que dans un pays “normal”… Il semblerait que le Président Smirnov ait serré la vis…

Et non, une fois la frontière passée, le paysage ne change pas subitement… seuls les panneaux en cyrillique et le drapeau rouge et vert transnistrien trahissent une différence.  Les routes ont même l’air dans un meilleur état que les moldaves. A l’entrée de Tiraspol, on ne peut louper le flambant neuf, “Sheriff Stadium” et plus loin , le “Sheriff Supermarket”… Sheriff, la mystérieuse compagnie quasi-monopolistique dont il se murmure qu’un des fils Smirnov est celui qui en tire les ficelles. Je vais vite découvrir que Sheriff fait a peu très tout ici: du supermarché en passant par les stations d’essence, les réseaux cellulaires, les stations télés et le câble… même les magasins d’équipement de sport!

En nous dirigeant vers la gare, nous passons à côté de ce qui semble être une base et (où) une ambassade russe. Le drapeau de la fédération flotte fièrement dans le ciel bleu et l’énorme visage d’un soldat est peinte en rouge sur un mur gris.

Finalement, le bus arrive à son terminus: la Gare.

Et maintenant… Il est temps de se rendre vers l’horizon des événements de ce “trou noir”.

 





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