Un matin d’octobre 1996, un petit convoi de trois camionnettes quittait les abords du Manneken Pis pour se rendre loin, bien loin vers le sud-est de l’Europe, en Roumanie. Sept ans après la révolution, mes camarades de classe et moi allions découvrir le chemin accompli… mais surtout ce qu’il restait à faire. Pendant deux semaines, mon petit groupe allait sillonner la Transylvanie: Timişoara, Arad, Simleu, Baia Mare, Sighet, Sibiu sont autant de noms qui ont jalonné un des voyages les plus aventureux, et probablement le plus exotique, qu’il m’ait été donné de faire jusqu’à présent. Je n’avais jamais su ce qu’était la vraie campagne avant de visiter ce pays, ni la vraie débrouillardise, ni l’hospitalité de ceux qui ont moins que vous, ni une certaine idée de la fierté nationale…

Cette semaine, j’ai appris que j’y retournerai. Et j’ai repensé à cette soirée à Bucarest… Le soleil se couchait sur le Boulevard Unirii et nous tournions le dos à Palais du Peuple… Raluca, une étudiante, marchait à mes côtés. Je ne pus m’empêcher d’y voir une certaine allégorie sur le futur de son pays. Une grande allée à rénove et compléter. Je le lui dit: « Tu as de la chance… un pays à reconstruire! Tu feras partie de ceux qui vont vraiment pouvoir influencer la direction qu’un pays va prendre. » Elle rit probablement de ma naïveté… Ce n’était pas moi qui vivait dans une Roumanie encore sujette aux coupures d’eau, d’électricité, de carburant et de papier toilette. Il y avait aussi tu une culture politique et de gouvernance à refaire/ Je ne savais encore rien de tout çà, petite occidentale arrivée de la veille.

15 ans plus tard, je suis impatiente de voir ce que Raluca et la nouvelle élite roumaine ont accompli…

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