Pour ce nouveau long week-end à Rome, je vous invite à découvrir avec moi des quartiers hors des sentiers battus, peut-être pour celleux qui n’en sont pas à leur première visite de la ville éternelle. En effet, après la visite de la Rome alternative, mon esprit curieux m’a poussé à aller encore plus loin avec des promenades à l’EUR, Garbatella et Pigneto.

EUR : architecture fasciste  

L’EUR est l’acronyme d’Esposizione Universale di Roma.  Dans les années 30, l’organisation d’une exposition universelle en 1942 est confiée à Rome. Pour Benito Mussolini, c’est une aubaine : 1942 est l’année des 20 ans du fascisme et de la marche sur Rome. Il va falloir marquer les esprits et frapper fort. Cela va se concrétiser par la construction de tout un quartier dédié à la célébration du fascisme triomphant et de la « Nouvelle Italie ». L’exposition n’a évidemment pas eu lieu à cause de la guerre mais plutôt que de détruire, on va garder toute cette infrastructure et pas mal d’œuvres seront achevées dans les années 50 puis utilisées pour les Jeux olympiques de 1960.  Et ce quartier de l’EUR, je ne l’avais jamais visité.

Traumatisme familial, peut-être ? A l’époque de la guerre, mon nonno était sergent dans l’armée italienne, a fait des campagnes en Lybie et en Ethiopie (pas glorieux-glorieux) et à la fin de la guerre, lorsque les Italiens chassèrent Mussolini et se retournèrent contre les Allemands, il fut fait prisonnier par les Allemands et relâché quelque part en Grèce d’où il dut rentrer par ses propres moyens. Comme pas mal de personnes ayant vécu la guerre de près, il n’a jamais voulu en parler. Ces quelques faits, c’est ma nonna qui me les a rapportés et les histoires qu’il aurait pu raconter resteront désormais secrètes. Vu ce passif et mon dégoût de tout ce qui peut s’approcher de l’extrême-droite, il m’a fallu des années avant de visiter l’EUR mais enfin, m’y voilà !

L’architecture fasciste en Italie

Considérée comme une branche du modernisme et influencée par le rationalisme en architecture, l’architecture fasciste reprends les grands monuments et le style de la Rome antique mais adapté au style épuré du modernisme avec des bâtiments de grande taille, des angles droits, très peu de courbes et de décorations. Du point de vue urbanistique, on assiste aussi à la construction de larges avenues et de grands espaces publics destinés à impressionner et à réunir le peuple pour des manifestations de masse organisées pour le régime. Cette architecture était aussi vouée à montrer la grandeur et la force du peuple italien… et de son leader, conformément à l’idéologie fasciste.

L’EUR est un vaste quartier composé de gigantesques bâtiments, de larges avenues et de grandes esplanades et d’espaces verts. De tous les quartiers de Rome, c’est un des plus insolites et il est tellement grand qu’il n’y a pas moins de 3 stations de métro pour le desservir. Aujourd’hui, on y trouve des ministères, des bureaux de grandes entreprises ou d’organisations (ENI, la Poste, l’association du patronat italien, etc.), des musées, etc. Et c’est devant un musée que la visite du site va débuter : Le musée de la Civilisation romaine. Ce musée est dédié à l’histoire de la Rome antique mais est malheureusement fermé depuis 2014 pour rénovations. Le musée a une structure plutôt lourde, une impressionnante colonnade en relie deux ailes et des ouvertures dans le bâtiment laissent clairement apparaître un « M », initiale du « Duce ».

La seconde étape ? Le Musée des arts et traditions populaires. C’est un des musées regroupés au sein du pôle du Museo delle Civiltà et il expose une riche collection ethnographique qui couvre tous les aspects de l’histoire de la vie quotidienne en Italie : le transport, le travail, le cycle de la vie, les fêtes et rites… A l’origine, ce bâtiment était prévu pour être le cœur de l’exposition universelle. Lui aussi est bardé d’une longue colonnade et orné de jolies mosaïques aux couleurs un peu passées. Si vous cherchez bien vous trouverez un café caché sous les colonnades.

Le musée débouche sur une véritable autoroute urbaine, la Via Cristoforo Colombo qui court sur des kilomètres jusqu’à Ostie et la mer, avec un obélisque trônant en son centre. Rien d’égyptien dans celui-là. L’obélisque fut initié avant la guerre et terminé en 1959, à temps pour les jeux olympiques de 1960. Dédié à Guglielmo Marconi, l’inventeur de la radio, sa structure est de béton, recouverte de plaque de marbre de carrare où sont gravés des bas-reliefs représentant différents sports. Sa hauteur fait qu’on le voit de loin !

L’un des autres immeubles remarquables, c’est le Palais des Congrès qui rappelle furieusement un Panthéon minimaliste avec ses colonnes en péristyle et une espèce de dôme au sommet. Il trône bien en évidence sur une grande esplanade qui le met particulièrement bien en valeur.

La balade se poursuit plus loin le long de l’avenue Cristoforo Colombo, cette autoroute urbaine dont je parlais tout plus tôt, longeant au passage les palazzi jumeaux de l’INA et de l’INPS qui sont particulièrement austères (et selon mois, particulièrement moches).

C’est du côté du Palazzo Uffizi qu’on est directement confronté à des signes tangibles du fascisme. Le Palazzo Uffizi fut le premier bâtiment de l’EUR à avoir été construit. Et pour cause : il s’agissait des bureaux de l’exposition. D’ailleurs, ils sont toujours les bureaux de l’entité qui gère différents espaces au sein du quartier. Sur un pan de mur, on peut y voir un énorme bas-relief retraçant des évènements marquants de l’histoire romaine, depuis Romulus et Remus jusqu’à la Marche sur Rome où on voit un Benito Mussolini à cheval levant le bras pour faire un salut fasciste. L’autre salut fasciste vient d’une statue qui semble antique, celle d’un jeune éphèbe couronné de laurier. Plutôt que de l’enlever après la guerre, on va pudiquement recouvrir ses mains de dessous de gants de boxe et le rebaptiser « Le Génie du Sport », pile pour les jeux olympiques !

Le Colisée Carré

Mais le point d’orgue de l’EUR, c’est le « Colisée Carré », en vrai, le Palais de la civilisation italienne. Cet étrange immeuble semble sorti d’un drôle de rêve. Il prend la forme d’énorme cube dont le design est d’une simplicité déconcertante : 6 étages ornés de 9 arches lui donnant du rythme… et cet air de famille avec le Colisée. Au rez-de-chaussée, 6 statues monumentales sont disposées dans des niches formées par les arches et les escaliers qui y mènent sont aussi flanquées de statues d’hommes nus et de chevaux, mélange de style antique et de géométrisme moderniste.   Restauré récemment après avoir été vide de toutes fonctions pendant près de 40 ans, il est laissé en concession à la maison Fendi jusqu’en 2028. La grande maison de mode y a installé son siège et des ateliers. Pour sauvegarder sa vocation muséale, un espace d’exposition y est aménagé et Fendi y organise régulièrement des évènements.

Le site de l’EUR est tellement grand qu’on peut y passer au moins la journée. Il y aurait encore la Basilique Pierre-et-Paul à visiter, faire une promenade le long du lac, mais situés à l’autre bout du quartier, je décide de remettre ça à une prochaine visite.

Quelles impressions l’EUR m’a laissé ? Une drôle de saveur. Je garde le souvenir d’un quartier froid, rigide, pompeux, voire écrasant par la taille et manquant complètement de la joie qui fait le charme des villes italiennes et quasi vide de gens, sauf certains restaurants et cafés croisé sur le chemin. En même temps, il est tellement incongru et différent de tout ce que l’on peut voir à Rome qu’une visite me semble indispensable.

Pigneto, quartier prolo-bobo

C’est le grand écart à Pigneto ! Il Pigneto est une ancienne banlieue ouvrière. Le quartier, en forme de triangle, est coincé entre 2 grosses avenues et la voie ferrée. Rendu très accessible grâce à la ligne de métro C qui passe par là, c’est ici que l’on retrouve une Rome loin des clichés de carte postale. Pas de monuments ou de lieux touristiques au Pigneto, on ne peut même pas dire que le quartier soit spécialement joli.

Le développement semble avoir été complètement anarchique. On y retrouve pêlemêle des barres d’immeubles, des petites maisons ouvrières, d’autres plus bourgeoises mais tout de suite, on perçoit qu’il y a une ambiance particulière ici, celle d’une vraie vie de quartier. Et un quartier plutôt à gauche, même si les plus fervents partisans du Parti Communiste italien disparaissent peu à peu, il ne m’a pas fallu attendre longtemps avant de tomber sur une affichette imprimée du portrait de Lénine ! A présent, il Pigneto est un quartier prisé par les artistes et jeunes créatifs. Il ne se visite pas comme on visiterai la Rome touristique, mais plutôt pour l’atmosphère qui s’en dégage. Et pour tout te dire, Lectrice, Lecteur, j’y suis venue deux fois. Enfoncez-vous dans les petites rues où se serrent des petites maisons mitoyennes dont les grilles sont recouvertes de jasmin. On semble à mille lieues de la Rome chaotique que l’on connaît.

La figure tutélaire du quartier, c’est Pier Paolo Pasolini. D’ailleurs, son visage et ses personnages ornent plusieurs murs du Pigneto. En 1961, le cinéaste plante ses caméras dans le quartier pour son nouveau film : « Accattone », l’histoire d’un ancien mac contraint de revenir chez sa mère. Alors que l’Italie tente de se montrer triomphante (avec la tenue des Jeux olympiques l’année précédente), Pasolini appuie là où ça fait mal, en filmant la Rome du sous-prolétariat, ce qu’on appelait alors « le quart monde ». Le cinéaste n’est pas venu en touriste, ses promenades le menaient souvent par ici et il avait ses habitudes dans le quartier, notamment au bar « Necci dal 1924 » mais on y reviendra.

En sortant du métro (station « Pigneto »), vous tomberez directement sur l’axe central : la Via del Pigneto qui traverse le quartier d’est en ouest. Vous pourrez partir à la découverte du street art (le jour) et des nombreux bars, tous plus alternatifs les uns que les autres (la nuit). Le coin à ne pas manquer, c’est l’ilot piétonnier, situé à la « pointe » du triangle. Il suffit d’emprunter le pont qui surplombe la voie ferrée et nous y voilà. La Via del Pigneto a rétréci et est bordée d’arbres, ce qui lui donne un charme fou. Seuls les piétons et les vélos peuvent y circuler. Si vous y venez le matin, vous trouverez le marché du quartier qui se tient tous les jours sauf le dimanche. Les premiers cafés ouvrent doucement (ils ont fermé tard, ou tôt, le matin). Vers midi, c’est le tour des restaurants d’ouvrir, puis le marché plie bagage et la Via semble alors plus grande. Elle restera animée jusque loin dans la soirée.

Garbatella, le quartier cité-jardins

Mon coup de cœur du séjour aura été La Garbatella. Encore un quartier pensé pour une population modeste mais complètement différent du Pigneto. C’est le 18 février 1920 que la première pierre du quartier fut posée, il a donc à peine plus de 100 ans. L’idée était de pouvoir loger le plus d’habitants possibles suite à un afflux de population vers Rome et pour y loger les ouvriers du Port fluvial dans la quartier voisin d’Ostiense.

Dans l’esprit des « cités-jardins » à l’anglaise, on construisit de grands bâtiments regroupés autour d’un jardin commun et entourés de murs pour les délimiter : les « lotti » (lotissements). Chaque « lotto » porte un numéro et est une vraie petite unité urbanistique et sociale. Le jardin servait de potager commun, un séchoir y était aménagé pour les habitants, bancs et tables communes favorisaient la rencontre… Cet aspect communautaire semble avoir été préservé à la Garbatella, même si les potagers sont souvent devenus jardins d’agrément. A tel point que lorsque on y est, on y reste ! Obtenir un appartement dans un lotto n’est pas facile et si on est propriétaire, on ne veut plus le lâcher et on en hérite plus facilement qu’on en achète. Et on comprend pourquoi ! N’hésitez pas à entrer dans les différents « lotti » (les jardins sont publics) et laissez-vous surprendre par la beauté de l’architecture, les couleurs jaunes, oranges, ocres et rouges délavées, les stucs décoratifs, les plantes et fontaines… Dans les bruissements des épines de pins parasols ou de feuilles de platanes, on entend les oiseaux chanter car s’il y a bien une caractéristique de la Garbetalla, c’est le calme et la quiétude.

On peut commencer la promenade à la Piazza Benedetto Brin, le lieu où fut posé la première pierre du nouveau quartier avant de rejoindre le Théâtre de Palladium. A l’origine, il s’agissait d’un cinéma-théâtre, le seul du quartier d’ailleurs, adossé à un édifice de 6 étages composés de logement. Après avoir été abandonné, il est acquis par Roma 3, la plus jeune des universités publiques romaines et après rénovation, il retrouve une nouvelle vie. Sa façade rouge est un des points de repère du coin.

L’autre point de repère, c’est le Centro Sociale La Strada. Evidemment, dans un quartier plutôt de gauche et avec des nombreux étudiants comme Garbatella, il devait y avoir au moins un centre social (il y en a en fait 4), ces structures spontanées, squattant souvent des bâtiments à l’abandon, produisent des activités culturelles, sociales, éducatives ou culturelles dans une optique non-marchande. Ils font partie du paysage urbain italien. La Strada occupe un ancien centre pour retraités laissé à l’abandon et j’étais curieuse de le visiter mais malheureusement, à cette heure matinale, elle n’était pas encore ouverte.

Prenez la via Francesco Passino et allez vous perdre dans les différents « lotti » puis revenez sur cette rue pour rejoindre la Piazza Damiano Sauli. Si tu es cinéphile, Lectrice, Lecteur, cette place ne t’est peut-être pas inconnue car la Garbatella, c’est le premier quartier que parcourt Nanni Moretti sur sa Vespa dans « Caro Diario », celui que son personnage préfère. Et dans une des premières images, il passe devant la pièce maîtresse de cette place : l’école primaire Cesare Battisti, construite à l’époque mussolinienne. Du côté opposé à l’école, la place est ornée d’arcades et mène sur une rue bordée de petites maisons noyées dans les oléandres. A gauche, on trouve l’église San Francesco Saverio alla Garbatella, où j’irai jeter un petit coup d’œil. Bien qu’elle soit construite dans les années 30, son aspect ressemble aux églises romaines plus anciennes, dans un style plus épuré. Cette petite église est connue pour avoir été la première visitée après l’élection du pape Jean-Paul II.

A ce moment-ci de la balade, j’ai déjà bien déambulé. Il est passé midi et si je n’ai pas spécialement faim, j’ai soif. Ça tombe bien, me voilà Piazza Giovanni da Triora devant le bar le plus célèbre de la Garbatella : le Bar dei Cesaroni. J’y reviens en fin d’article mais prends bien le temps d’admirer cette jolie place et n’hésite pas à faire une pause.

Prenons ensuite la direction de la Piazza Sant’Eurosia à travers le « Lotto 24 ». Ce lotissement est un peu différent des autres puisqu’au lieu de bâtiments de plusieurs étages, il s’agit de « maisons modèles » d’un étage, regroupées autour de cours intérieures, comme leurs grandes sœurs. Moins imposantes, et plus intimes, elles font penser à des grandes maisons de villages.  

Une des plus jolies places de la Garbatella, c’est sans doute la Piazza Sant’Eurosia. Elle aussi est apparue dans « Caro Diario » avec ses hautes arches grises qui encadrent la place. Pas le temps de prendre un verre au café de la place (je venais à peine d’en boire un) et j’avoue être complètement passée à côté de la Chiesoletta dei Santi Teodoro ed Eurosia, une petite église qui est un de plus anciens monuments de Garbatella (elle date de1818).

J’arrive en hauteur sur le Piazza Giuseppe Sapeto. Ici encore, on retrouve des bâtiments en arches des deux côtés d’un grand escalier aux marches basses qui dévale doucement le long de la colline. D’ici, on a une jolie vue sur le quartier. Cet escalier, c’est l’« Escalier des amoureux » et en bas, la belle Carlotta vous attend. La petite Fontana Carlotta représente une tête de femme. Selon la légende, Carlotta tenait une auberge où voyageurs et pèlerins aimaient à s’y arrêter, tant la beauté et la gentillesse de l’hôtesse était légendaire.  La pauvre Carlotta a perdu son visage (on ne dit pas merci aux vandales qui l’on ravagée en 2012) mais ses beaux cheveux restent et si vous buvez 3 gorgées de son eau, vous trouverez votre élu.e !

Et la promenade se termine Piazza Michele de Carbonara pour voir une des dernières réalisations du temps du régime fasciste à Garbatella : les « Alberghi Suburbani ». Tous les autres (le blanc, le beige, le jaune et le rouge), sont visibles depuis la place mais L’« Albergo Rosso » et l’« Albergo Bianco », les deux plus massifs, s’étendent jusqu’à la Piazza Eugenio Biffi. Leur histoire est beaucoup moins sympathique que celle des « Lotti » puisqu’ils ont été construits pour reloger à la va-vite les personnes expulsées par la construction, entre autres, de la Via dei Fori Imperiali, cette grande avenue qui part de la Piazza Venezia, longeant les forums romains jusqu’au Colisée et voulue par Mussolini (qui, parait-il, voulait pouvoir voir le Colisée depuis son bureau).

Ces « Hôtels » ont aussi servi de « logements prison » pour les contestataires du fascisme. Comme leur nom l’indique, ils devaient servir de « lieux de passage ». Ironie de l’histoire, c’est en concentrant au même endroit une population modeste et des antifascistes que le régime créa une véritable poche de résistance en son sein.  On y trouvait des lits, des dortoirs mais aussi toute une série de services pour les habitants : magasins, laverie, crèche, cuisine, école primaire… même une église (dans l’« Albergo Rosso »). Quant à l’« Albergho Bianco », il reçut un hôte de marque : le Mahatma Ghandi, de passage à Rome, s’y était rendu pour assister à l’ouverture de la maternité. Le plus beau est sans doute le rouge avec son horloge. Ne t’y fie pas pour savoir l’heure qu’il est, Lectrice, Lecteur, l’horloge est bloquée à 11h15, l’heure du bombardement de Rome le 7 mars 1944. Maintenant, tout cela a disparu et ce sont des appartements tout ce qu’il y a de plus normaux.

Tu l’auras compris, Lectrice, Lecteur, la Garbatella m’a enchantée et je me suis prise à rêver d’y habiter, à me demander à quoi ressemblent les appartements des « lotti », à imaginer une vie de quartier… Avec le recul, je me dis que la combinaison d’une visite de la Garbatella, calme et verte avec beaucoup de choses à voir, le matin et en début d’après-midi avec le Pigneto, qui est plus un quartier à vivre, le reste de l’après-midi et le soir, est une super combinaison. A moins que vous ne décidiez d’explorer le quartier voisin d’Ostiense et son street art.

Envie de plus de Rome ? Rendez-vous sur mon article : les quartiers alternatifs de Rome : Testaccio, Ostiense et Monti.

Où boire un verre ou manger un morceau à l’EUR ?

Caffè Palombini all’Eur dal 1963

Vous avez beaucoup marché à travers le site de l’EUR, il est temps de faire une pause ! A deux pas du Colisée carré, les parasols de la terrasse du Caffè Palombini auront certainement attiré votre regard ! Prenez place sur la terrasse entourée de flamboyant où à l’intérieur de ce café vintage qui est un peu une espèce de quintessence d’un établissement du genre en Italie : marbre au sol, miroir, comptoir en marbre et bois. C’est un peu chicos… et c’est un peu plus aussi qu’un simple café puisqu’on peut y manger et pas que sur le pouce. Autre détail intéressant : ils torréfient leur propre café… que je n’ai pas essayé parce que j’avais plus envie de quelque chose de frais à la fin de cette après-midi d’été.  Attention, le comptoir à pâtisseries risque de vous faire craquer. Par contre, les prix sont plutôt chers pour Rome.

Caffé Palombini al EUR

Piazzale Konrad Adenauer, 12,

00144 Roma

Où boire un verre ou manger un morceau au Pigneto

Necci dal 1924

Ouvert dès l’heure du petit-déjeuner jusque fort tard, Necci est une institution du Pigneto. Déjà, Pasolini le fréquentait et son souvenir y reste vivant. Si l’intérieur à la fois contemporain et retro seventies est bien sympathique, c’est surtout sa grande terrasse arborée, et isolée de la rue qui fait qu’on a envie d’y rester fort longtemps.

Toutes les occasions sont bonnes pour y venir : prendre un café, y manger le midi ou le soir, y goûter avec une pâtisserie ou bien sûr, sacrifier au rite de l’apéritivo et quasi tout, y compris les pâtes, est fait maison. Bref, c’est un véritable phare du quartier. Le week-end, l’équipe organise une visite de sa cave à vin !

Necci dal 1924

Via Fanfulla da Lodi, 68

00176 Roma

La Bottigleria Pigneto

Moins historique que Necci, mais non moins charmante, la Bottigleria est aussi le genre de lieu ouvert du matin au soir. Le lieu est superbement looké (pas étonnant, les proprios travaillaient dans la mode) entre le vintage et l’industriel, c’est surtout à l’intérieur qu’on a envie d’être, tellement c’est joli et douillet (même si la terrasse qui donne directement sur la partie non-piétonne de la Via del Pigneto est grande). J’y ai validé le café mais le lieu est connu pour ses cocktails !

La Bottigleria Pigneto

Via del Pigneto, 106/a

00176 Roma

La Gelateria del Pigneto

A chaque quartier ses gelaterie artisanales… Le Pigneto en a bien sûr plusieurs mais c’est dans l’îlot piétonnier que je suis tombée sur une des meilleures. Et le fait que l’établissement soit fort discret m’a mis la puce à l’oreille. Le glacier, Filippo Ruggieri, a développé son échoppe en pensant à ceux qui aiment la glace inconditionnellement : les enfants. Du coup, on y retrouve plein de saveurs de fruits différents ainsi que des granités. Les plus grands aimeront ses expérimentations avec les épices comme le safran ou la cannelle. Notre glacier aime aussi à faire à faire les fameuses brioches siciliennes au granité mais aussi des biscuits. De mon côté, j’ai choisi une saveur simple : la pistache et je n’ai pas été déçue : le goût, le crémeux… tout y était, sans oublier la gentillesse du patron qui a pris le temps de papoter avec moi, vu qu’il adore les Abruzzes (la région de mon père). Etonnamment, une floppée de cafés et de restaurants Via del Pigneto propose des tagliere de produits abruzzais. Y aurait-il un lien particulier entre le quartier et la région ? Intrigante question pour moi…

Gelateria del Pigneto

Via Pesaro, 11,

00176 Roma

Où boire un verre à la Garbatella ?

Bar dei Cesaroni

A l’origine, ce bar ne portait pas ce nom mais voilà, il est vite devenu célèbre à travers toute la botte italienne car il s’agit d’un des lieux-phares d’une série à succès : I Cesaroni (une saga sur la vie d’une famille recomposée et de leurs familles et amis) et on comprend que le lieu ait tapé dans l’œil pendant les repérages : cette maison jaune est joliment posée sur une placette et fait le coin entre une rue et un escalier. Photogénique (et télégénique à souhait). La série est terminée depuis plusieurs année mais voilà, le bar a gardé le nom. Ce qui n’a pas changé, c’est que c’est toujours le repaire de fans de l’AS Roma, l’équipe historiquement de gauche de Rome. Malheur aux pauvres Laziali qui oseraient se révéler à Garbatella, d’ailleurs ! C’est même un véritable petit musée à l’intérieur avec posters, écussons, maillots dédicacés. Je pense que je reviendrai à Rome exprès pour aller regarder un match au bar ! Ayant détecté mon accent (que je fais de mon mieux pour masquer mais bon, il est là), le patron engage la conversation et le pauvre en a gros sur la patate à cause du Covid. Fermé pendant des mois, il a du mal à retrouver la fréquentation d’avant et comme tout bon Italien, peste sur le gouvernement et « ce foutu pays ». Fais-toi plaisir, Lectrice, Lecteur, et vient prendre un verre, tu ne le regretteras pas.

Bar dei Cesaroni

Piazza Giovanni da Triora, 6

00154 Roma

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