Véronique Thyberghien : Bonjour Mélissa

Moi-même : Bonjour Véronique, bonjour à tous

VT :  Mélissa Monaco nous a rejoint pour notre séquence inspiration et son blog »Mel Loves Travels » avec une question finalement qui vous taraude aussi personnellement et qui taraude beaucoup de voyageurs aujourd’hui : Faut-il encore prendre l’avion ?

MM : C’est un peu la question qui s’est posée depuis la fin de l’année dernière, plus où moins après la COP 25 en Pologne où les voyageurs, les blogueurs, c’est comme ça que j’ai un peu remarqué cette tendance, ont commencé à se poser de réelles questions sur l’impact qu’ils avaient en tant que voyageurs sur le climat.  C’est-à-dire à la fois eux même, en prenant souvent des avions pour faire des citytrips ou des gros voyages  mais en même temps en donnant envie à d’autres personnes de faire la même chose. Il y a commencé à avoir une prise de conscience parmi es plus mobilisés et on a vu fleurir en fin d’année à l’époque des bilans pas mal d’articles de blogueurs qui prenaient des résolutions soit de ne plus voyager par avion au moins pendant un an soit de diminuer drastiquement l’utilisation de l’avion pour leurs déplacements.

VT : Et c’est un vrai débat qui a lieu au sein des blogueurs parce que de fait, c’est aussi une question de prise de position pour soi-même et pour la communauté qui les suit et qui leur pose aussi des questions : « Mais enfin, tu prônes certaines valeurs quand tu voyages mas tu voyages en avion » en même temps, on doit peut-être aussi parler de ce que représente la pollution réelle de l’avion dans certain cadre.

MM : Mais oui, tout à fait. Pour çà, il y a des calculateurs d’empreinte carbone. Il y en a plusieurs, j’ai préféré un calculateur allemand qui s’appelle Ecopassenger et qui permet de faire des comparatifs pour le même trajet selon différents moyens de transport essentiellement la voiture, l’avion et le train. Donc, j’ai pris l’exemple d’un aller pour Rome donc environ 1170 kilomètres et bien on arrive à 333 kilos de CO2/passager pour l’avion. La voiture, c’est pas beaucoup mieux si on est seul. Si on est deux, c’est un peu mieux. En plus il y a une différence si c’est essence ou diesel. C’est moins impactant en CO2 si on roule au diesel mais par contre, on a les particules fines.  En tout cas, pour l’essence, on est quand même à 215,2kg et le train, évidemment, 65,8kg. 

VT : Ca vient d’où ces 65,8, d’ailleurs ? Ca ne vient pas du train lui-même. 

MM : Ca vient de l’électricité et de comment les réseaux électriques sont alimentés. Il y a des options très fines où on peut choisir les mix d’électricité, adapté selon les pays, etc. mais en tout cas, ils font une moyenne pour calculer çà.

VT : Maintenant le train, beaucoup vont vous répondre, c’est vachement cher par rapport à l’avion. 

MM : C’est très cher, c’est là le problème. C’est long si on veut faire un citytrip dans une destination un peu plus lointaine comme Rome, Barcelone, etc. be, c’est 14 heures pour aller à Rome, au plus rapide, et le billet c’est 400 Euros. aller/retour ta,dis qu’avec l’avion, c’est 100 Euros, voire beaucoup moins.

VT : Toutes taxes comprises

MM : Toutes taxes comprises

VT : Donc, le calcul il est vite fait malheureusement pour des familles qui peuvent ou qui veulent parfois aller voir la famille, je ne parle même pas de vacances-loisirs mais des gens qui ont de la famille sur place et qui veulent aller les voir, l’avion reste malheureusement, économiquement meilleur marché mais est-ce qu’il reste des alternatives intéressantes ? 

MM : Les alternatives, je dirais qu’il repenser toute une façon de voyager. Personnellement moi, je ne me sens pas de renoncer complètement à l’avion, surtout pour des destinations lointaines mais par contre, quand je ressens le besoin d’un citytrip,  je vais plus me diriger vers des destinations qui sont très proches voire même très locales. Par exemple, les villes wallonnes, les villes flamandes. Ou bien aller en Hollande, en Allemagne, en France mais toujours très proche dans un rayon de 3 heures de transport en commun, en bus ou en train. Bref, facilement accessible afin de ne pas perdre de temps. Puis surtout, il suffit de sortir de chez soi pour vivre de nouvelles aventures. On n’est pas forcé.es d’aller à l’autre bout du monde pour çà. En tout cas, quand on a des envies de citytrips, je sais qu’on est nombreux à vouloir en faire. Peut-être un tous les deux mois, un tous les 3 mois… Tenter le local, c’est une des choses à faire qui peut nourrir nos envies de voyage et d’en même temps être plus respectueux de la planète.

VT : Et de pouvoir effectivement s’y retrouver. Donc, on ne pourra pas se passer tout de suite de l’avion et il est clair et urgent que les initiatives et les alternatives doivent se mettre en place dans les années à venir et parfois de manière assez urgente pour pouvoir répondre à ces questions des consommateurs qui voudraient être des consommacteurs et agir autrement. 

MM : On ne peut pas parler d’écologie, je pense, sans parler d’économie. Donc là dessus, le consommateur a un rôle important à jouer en même temps aussi que les pouvoirs publics qui peuvent aussi imposer des choses. C’est une action qui doit être combinée. Là, maintenant, je vois qu’au sujet des croisières, on commence à voir de plus en plus de bateaux qui vont être propulsés au gaz liquide, ce qui est déjà un gros changement du à la pression et à la mauvaise image qu’on donne à ces grands paquebots. Ils ont déjà commencer à changer leur fusil d’épaule en changeant de moyen de propulsion et la technologie avance aussi. C’est aussi quelque chose à voir comment faire en sorte que l’innovation peut contribuer à continuer de voir des avions mais en faisant en sorte qu’ils volent proprement.

VT C’est vrai qu’on vous avait retrouvée sur un grand paquebot en direct. Vous aviez d’ailleurs posé la question à la personne chargée de la communication de savoir si c’était un bateau eco-friendly. Il ne l’était pas mais vous avez senti qu’il y avait une vraie préoccupation parce que ils avaient tous bien saisi que de la part des consommateurs et de la part des voyageurs, il y avait une vraie demande et que si ils n’y répondaient pas dans l’avenir, ils pourraient avoir quelques soucis financiers dans leurs investissements et finalement, ils se posaient la question de savoir quelles seraient les meilleures solutions à mettre en place pour pouvoir offrir des croisières éco-friendly. 

MM : Oui, c’est une question qu’on ne voit pas trop du côté de l’aviation, malheureusement. en tout cas, moi je ne l’ai pas vu. Evidemment, il y a l’exemple Solar Impulse, cet avion solaire de Bertrand Picard. Mais là, our le moment, c’est avec un pilote et c’est tout.

VT : On ne peut pas encore envoyer des voyageurs. Cela dit, avec le travail qu’ils font aujourd’hui, de recherche justement, peut-être on pourra voir des choses arriver, un peu plus sympa. Je voulais signaler aussi un auditeur qui nous a écrit, il s’appelle Arnaud, et on retrouvera prochainement Arnaud dans notre émission pour parler de cette action citoyenne qu’il essaie de mettre en place. C’est une action citoyenne qui vient de France et dont il a entendu parlé parce que lui il voyage beaucoup entre Bruxelles et Milan pour des raisons de cœur et ça peut se comprendre, mais Arnaud aimerait voyager beaucoup plus en train qu’en avion. Il est conscient de son impact lorsqu’il prend l’avion pour aller à Milan et il s’était renseigné et malheureusement, il existe des trains entre Bruxelles et Milan mais, ça dure très longtemps donc il s’était dit qu’il pourrait profiter de la nuit, pourquoi ne pas voyager de nuit, finalement, c’est sympa mais les liaisons entre Bruxelles et Milan n’existent plus. En faisant des recherches, il s’est aperçu que beaucoup de liaisons de nuit  avaient été supprimées sur les 10-15 dernières années, probablement faute de passagers ou quelque chose comme çà. Si on pouvait réhabiliter les réseaux de nuit entre des villes européennes par exemple pour des citytrips, eh bien ce serait bien plus avantageux, on partirait à 6 heures le soir, pn dormirait une bonne partie de la nuit dans le train et on arriverait à 8 heures par exemple à Milan. On parlait de ville en Italie. On serait frais, on pourrait profiter de son samedi, de son dimanche et de repartir tranquillement le dimanche soir. 

MM : Oui, ça recommence tout doucement mais pas à partir de Bruxelles, à partir de Paris. En tout cas, pour aller à Milan, il y a une compagnie qui s’appelle Thello qui elle à des trains de nuit vers Milan, en tout cas depuis Paris. Il y a aussi d’autre trains de nuit depuis d’autres villes de France et vers d’autres villes d’Italie comme Venise.

VT : Marseille aussi, il y a d’autre train au départ de Marseille mais pas depuis Bruxelles, c’est dommage c’est pour çà qu’Arnaud voudrait initier ce mouvement citoyen en Belgique mais on en reparlera avec lui. On l’invitera dans l’émission pour venir en parler de manière très claire et très complète. 

Merci beaucoup Mélissa pour ce questionnement. On voit que ça bouge et si jamais vous en tant que globe-trotteuses ou globe-trotteurs, qu’ils n’hésitent pas à les partager avec nou et on en parlera dans l’émission. 

Courrier du lecteur

Après l’émission, j’ai reçu un e-mail de Frédéric qui voulait apporter quelques prévisions au sujet de l’innovation dans le domaine de l’aviation. Je le remercie de m’avoir éclairée sur le sujet. 

Bonjour madame,

je vous ai entendue  dans l’emission à votre avis sur la première, j’ai été étonné par une de vos remarques lors de cette emission où vous avez signalé qu’il n’existait pas de technologie permettant le transport en avion sans emissions de CO2.

Je vous signale que ces technologies existent déjà et ont été utilisées et validées à l’échelle industrielles: Ainsi avec le procédé  Fischer–Tropsch process (1920), on peut faire du carburant pour les avions , les voitures, les camions , les bateaux et ainsi que les combustibles de chauffage (fuel). Ceci  à partir d’une base de carbones renouvelable, (bois, paille , algues,…) et d’hydrogène fabriqué grace à de Electricité photovoltaïque/éolien.
Ces procédés ont déjà été largement utilisé par l’Allemagne (1936), l’afrique du sud (1952) et encore actuellement par l’US Air Force à partir de base non renouvelable.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Proc%C3%A9d%C3%A9_Fischer-Tropsch

Concernant les avions à réaction, Il existe un autre carburant vert qui à été essayé depuis 1952 : l’hydrogène. Cet hydrogène étant évidement fabriqué à partir d’électricité photovoltaïque/éolien sans émettre de CO2.
Dans les deux cas, le stockage et l’utilisation de l’hydrogène servent alors de  stockage d’énergie pour compenser l’intermittence du photovoltaique/éolien.
http://www.afhypac.org/documents/tout-savoir/fiche_5.1.2_turbines_a_ronautiques_h2_avril_2013.pdf

Vous pourrez facilement vérifier ceci via des recherches via internet.
Ces technologies ne sont pas utilisés car elle sont actuellement plus coûteuse que le pétrole mais surtout pour ne pas faire concurrence à un système industriel bien rentable (marché du pétrole et speculation pétrolière)

Je pense que de temps en temps, Il faut également avertir les gens que ce n’est pas la technologie mais les marchés économiques qui décident que vous devez polluer lorsque vous voyager

Cela pourrait faire un beau sujet.

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