Yogyakarta est ce genre de belle surprise sur lequel on tombe en voyage. On pense qu’elle ne servira que de ville étape, et finalement, on tombe sous son charme alors qu’on ne s’y attendait pas et qu’à première vue, rien ne prédestinait à ce qu’elle reste une destination qu’on oubliera pas. 

Et c’est pour cela que j’ai voulu en parler avec Véronique Thyberghien dans ma dernière chronique Inspiration sur Tendances Première.  

Véronique Thyberghien : Avec son blog «mellovestravels.com, elle nous fait voyager et nous conseille de belles destinations. Alors, l’Indonésie, c’est une destination phare mais justement Mélissa Monaco, bonjour…

Moi-même : Bonjour Véronique

V.T. : Vous allez nous proposer un peu autre chose que Bali. Vous allez nous emmener un petit peu ailleurs et pourquoi pas découvrir quelque chose de tout aussi beau et intéressant.

M.M. : Oui, j’ai plutôt décidé de vous emmener à Java.

V.T. : Bien !

M.M. : Alors, Véronique, qu’est-ce que ça vous évoque quand je dis le mot « Java » ?

V.T. : Café !

M.M. : Voilà, entre autre, café, épices… Java, c’est l’île aux épices mais c’est aussi l’île la plus peuplée d’Indonésie. Il y a 60% des Indonésiens qui y habitent, ça fait quand même 150 millions d’habitants sur cette île qui est quand même d’une taille relativement modeste. C’est là qu’on trouve Jakarta, la capitale mais on va se concentrer sur Yogyakarta. Ça s’écrit « Yogyakarta » mais ça se prononce « Djodjakarta ». et c’est un peu la capitale culturelle indonésienne. C’est ici que l’on entretient les arts et les artisanats classiques javanais comme le batik, ce tissu qui est teint et peint à l’aide de cire, la danse, la poésie… mais aussi, c’est une grande ville universitaire donc il y a beaucoup de jeunes et énormément d’énergie à Yogyakarta.

V.T. : Super !

M.M. : Et c’est la deuxième chose qui attire l’attention quand on fait connaissance avec «  Djodja », c’est son petit nom, c’est cette jeunesse dans la ville après le trafic incessant qui règne en ville et franchement, traverser un carrefour à Yogyakarta, c’est une expérience en soi, je n’ai jamais eu aussi peur de ma vie.

V.T. : (rire) Non !

M.M. : Si, les lois de la circulations sont un peu…

V.T. : Impénétrables…

M.M. : Et puis il y a tellement entre voitures, scoooters, etc.

V.T. : il faut faire gaffe quand même.

M.M. : Oui, très gaffe. La troisième chose qu’on va constater c’est que Djodja n’est pas vraiment belle.

V.T. : Dîtes, vous vendez Djodja !

M.M. : Mais… elle vous séduit malgré vous en fait, il y a une espèce de charme qui opère grâce à toute cette énergie qui arrive en vous et on commence à s’y attacher assez vite. Certes, il y a quelques bâtiments historiques et il reste quelques demeures coloniales mais ce qui semble règner, c’est plutôt l’anarchie urbanistique. On construit un peu tout et n’importe quoi mais, on va vite se plonger dans l’ambiance en se promenant le soir sur Malioboro Street, qui est un peu le grand axe, la Rue Neuve de Djodja, On y trouve plein de boutiques, etc. Mais aussi il y a plein de musiciens qui sont sur des petites placettes, des gens qui sont en train de se raconter des histoires sur des bancs, c’est vraiment la vie typique d’une ville indonésienne et ce qu’il y a de spécial, c’est qu’il y a des espèces de petits restaurants ou plutôt des stands à street-food où on mange par terre.

V.T. : Ah non ! Pourquoi s’encombrer de chaises et de tables ?

M.M.  : Voilà ! Exactement, on appelle ça un « lesehan ». On va chercher son plat et on a déposé sur le trottoir des nattes ou bien une espèce de bâche en plastique et on mange.

V.T. : Et tout le monde mange comme çà ?

M.M. : Les jeunes, les vieux, on se réunit entre amis et on mange comme si on faisait un pic-nic mais, sur l’équivalent de la Rue Neuve.

V.T. : Et on mange quoi ?

M.M. : Alors on mange beaucoup de riz, du poulet mais le plat phare de Yogyakarta c’est le « Gudeg », du poulet en ragoût fait avec du jacquier, qui est une espèce de fruit donc c’est du sucré-salé et servi avec du riz. Il faut goûter, on aime ou un aime pas parce qu’en général, le sucré-salé, c’est plutôt compliqué. Il y a plein, plein de boutiques, etc. Et les petites rues autour de Malioboro valent vraiment le détour, on trouve des petits endroits cachés, des guesthouses, des bars, quelques fois aussi des petites mosquées de quartier, c’est vraiment très, très intéressant.

V.T. : Bon, on ne s’est pas fait écraser en traversant un carrefour, on a bien mange, on est repu, on va visiter quoi ?

M.M. : L’attraction phare de Yogyakarta, c’est le Kraton. C’est le palais du sultan de Yogyakarta. Il n’a plus de pouvoir politique, il en avait avant, l’Indonésie est une république, mais il garde une grande autorité morale. Lui, sa faille et tout son personnel vivent encore dans le Kraton, une espèce de ville dans la ville qui fait un peu « cité interdite » avec ses grands murs blancs. On ne le voir pas évidemment, il y a une partie muséale qui a est accessible à tous mais lui, sa famille et son personnel ont leurs appartements. Apparemment, il y a des centaines de personnes qui vivent la-dedans.

V.T. : C’est gigantesque….

M.M. : C’est un palais qui est tout blanc et il a un côté un peu déglingué et un peu vieillot dans le palais mais qui apporte beaucoup de charme. C’est aussi orné de beaucoup de fleurs. Il y a différentes salles qui représentent l’histoire de Yogyakarta, de la famille du sultan mais aussi une salle réservée au batik mais, le seul problème est que les indications sont en indonésien ou en anglais mais traduit par Google donc c’est un peu compliqué. Si vous voulez vraiment visiter, si vous êtes super intéressés et que vous voulez vraiment savoir de quoi il retourne, ben il faut trouver un guide.

V.T. : C’est ça !

M.M. : Il y a plein de gens aussi autour du palais qui se prêtent à la fonction de guides et qui se proposent de vous guider et là, il faut négocier le prix.

V.T. : Ce sont de vrais guides ? Il s’y connaissent ou il faut être méfiant ?

M.M. : Je pense qu’il y a des deux. J’ai pas fait super attention parce que je voulais faire ça toute seule mais voilà.

V.T. : Aux alentours, on fait quoi ?

M.M. : Aux alentours, il y a deux sites archéologiques importants, patrimoines de l’UNESCO, Borobudur et Prambanan. Borobudur es( un temple bouddhique, la plus grande structure bouddhique au monde qu’il faut voir absolument au lever du soleil. C’est quelque chose d’inoubliable, à faire. Il y a deux façons, soit vous y aller à l’ouverture officielle à 6 heures mais le soleil est déjà levé à cette heure là soit la seule autre façon, c’est d’arriver via l’hôtel. Il y a une hôtel qui se trouve à l’entrée du parc et qui permet aux visiteurs d’arriver à quatre heures et demie.

V.T. : A oui, c’est tôt, ça se mérite !

M.M. : Oui, mais ça vaut vraiment le coup parce que voir le soleil éclairer tous mes détails de Borobudur et aussi tous les détails de la campagne environnante avec les volcans qui sont tout autour, c’est magnifique. C’est quelque chose à faire absolument quand on visite l’Indonésie.

V.T. : Donc ça vaut le coup de se lever tôt, de faire l’effort et de payer u poil plus ?

M.M. : Et on a le petit-déjeuner à la fin.

V.T. : Ah oui… et on est pas 250 ?

M.M. : Non, non… A mon avis, une trentaine…

V.T. : Il y a moyen, d’en profiter pas mal.

M.M. : Oui, en fait cette structure, c’est un enseignement du bouddhisme en elle-même. C’est en forme de pyramide avec chaque étape qui mène vers l’élévation, jusqu’à l’illumination. Il y a plein de panneaux qui expliquent la vie du Bouddha, les enseignements du Bouddha mais aussi la vie traditionnelle à Java quand il a été construit aux alentours des années 800, on ne sait pas très bien quand il a été construit.

V.T. : Vous parliez de deux sites historiques ?

M.M. : Oui, l’autre, c’est Prambanan, à quelques kilomètres et là, c’est un temple hindouiste spécialement dédié à Shiva, le troisième dieu, le transformateur. Il a été plus ou moins construit à la même époque parce qu’il y avait à ce moment là deux royaumes d’obédience religieuse différentes qui se côtoyaient. Là, Prambanan est un site énorme. C’est vraiment très grand et autant Borobudur est un peu ramassé comme çà, c’est une espèce de pyramide autant là, l’architecture hindouiste, c’est une architecture qui s’élève et on trouve des tas de statue qui représentent plusieurs divinités hindoues mais c’est surtout centré sur le culte de Shiva. Il y a plusieurs temples aussi qui sont répartis à l’intérieur du parc. Ce qui est très intéressant aussi c’est qu’on peut y voir les soirs de pleine de lune des spectacles de Ramayana, Le Ramayana, c’est une épopée de Rama, l’un des avatars de Vishnou et l’histoire du sauvetage de sa femme Sita pour la tirer des griffes du roi des démons. Donc çà, c’est tous les soirs de pleine lune, pendant 4 jours, c’est gratuit et sauf pendant le Ramadan. Java est à majorité musulmane donc…

V.T. : Dîtes, on sent que vous avez été conquise par Yogyakarta et qu’on se fera un plaisir d’aller découvrir vos photos et vos bons plans sur mellovestravels.com bien sûr et de vous retrouver très vite chez nous évidemment. Merci beaucoup, Mélissa !

M.M : Merci, Véronique.

V.T. : Belle journée, bon voyage.

Pour le podcast, rendez-vous sur Auvio