- Belfast , Irlande du Nord, R-U -

May 2015

Titanic Belfast, et un bar qui tombe à pic

On pourrait facilement l’oublier quand on se promène à Belfast mais la capitale d’Irlande du Nord est un grand port et un ancien chantier naval important qui a vu la naissance du Titanic, et ses vaisseaux sœur : l’Olympic et le Britannic. Il était donc logique qu’on y construise un musée dédié au plus célèbre des naufrages. Avec la construction du musée Titanic Belfast, c’est également tout un quartier qui a changé de visage ! Et le musée est énorme et impressionnant, figurant la proue du navire toute en métal, il semble s’avancer sur la ville, grâce une immense esplanade déployée devant lui.

A l’intérieur, on y trouve différente salles qui ont pour but de vous plonger dans l’ambiance du Belfast de l’époque, de la construction du Titanic, son agencement, son unique voyage, les conséquences du naufrage, les mythes qui en ont découlé et même une « visite » virtuelle de l’épave.

L’espace disponible a fait que le musée a pu voir les choses en grand. En premier lieu, on se balade dans plusieurs salles visant à vous mettre en contexte : Belfast Boomtown. A la fin du XIXe siècle, Belfast connaissait son sommet industriel. Son port et ses chantiers tournaient à plein régime et si les conditions de travail étaient dures, l’industrie prospérait. Entre la White Star Line, qui souhaite construire une série de paquebots transatlantiques tels qu’on en avait encore jamais vu jusqu’ici. Ils seraient les plus grands vaisseaux des sept mers et insubmersibles.

En 1907, la construction du Titanic, deuxième paquebot de la série “Olympic“, commence dans les chantiers Harland & Wolff.

Dans le musée, nous sommes alors emmenés dans l’ambiance du chantier naval avec des poutres métalliques, des bruits de constructions un peu partout… On peut y admirer tout le processus de construction de ce géant des mers, depuis les plans du Titanic jusqu’à la livraison, tout le processus est détaillé. On y ressent l’ambiance du chantier, le bruit des outils et des machines… en sortant de l’espace « chantier naval », on passe directement au lancement du paquebot. Une énorme baie vitrée donne sur le chenal dans lequel le Titanic s’est avancé pour flotter pour la première fois.

Enfin, après le gros-œuvre, on passe à l’emménagement et la décoration du navire. Ce qui doit être ma galerie préférée ! Le plus surprenant, est une reconstitution en 3D d’une traversée de tous les pont du Titanic, dans une espèce de boîte à 3 côtés. On a l’étrange impression d’être un fantôme glissant depuis la salle des machines jusqu’au pont supérieur (attention, si vous êtes sujet au vertige, mieux vaut peut-être s’abstenir, j’ai vu quelques visiteurs attraper mal à la tête juste après). Cette balade virtuelle peut vous jouer des tours. Pour voir au plus prêt à quoi le Titanic ressemblait, des cabines ont été reconstituées… et c’est une vraie image de la société de l’époque ! On y voit une luxueuse suite qui ressemble à s’y méprendre à une suite d’hôtel. Les suite de 1e classe étaient d’une magnificence jamais vue sur les océans et un exemple d’équipement de pointe pour l’époque. Les cabines de 2e classe sont déjà plus petites, avec des lits superposés, un divan, et un petit évier. Quand aux passagers de 3e classe, ils devaient se contenter de lits superposés, d’un lavabo par cabine… et de seulement 2 baignoires pour mille passagers (1 pour les hommes, les autres pour les femmes).

Maintenant que le paquebot est prêt à prendre la mer, la galerie suivante emmène à bords les visiteurs, pour ce fameux voyage inaugural… C’est la partie la plus émouvante. On fait connaissance avec quelques célèbres passagers comme John Jacob Astor, l’un des hommes les plus riches du monde à l’époque (et qui périre dans le naufrage), où Molly Brown (jouée par Kathy Bates dans le fameux film). On y retrouve des lettres que des passagers ont eu le temps d’envoyer à leurs proches, des services de la White Star Lines venant des autres bateaux. Malheureusement pas grand chose qui vienne vraiment du Titanic, puisque son épave gît bien au fond de l’Atlantique Nord mais il reste UNE chose de ce voyage inaugural : le menu du dernier déjeuner à bords, resté dans la poche d’un certain Dr Dodge lors de l’évacuation du bateau. Ce petit bout de papier où sont alignés les plats parlent plus que tout le reste.

Le reste est connu… la nuit du 14 au 15 avril, le Titanic va rencontrer le chemin d’un iceberg… et cette merveille de technologie réputé insubmersible sombrera en quelques heures, en emportant plus de 1000 âmes avec eux. Le tout est évoqué de manière dramatique : le naufrage, les efforts de l’équipage, les premiers secours. Suivent le choc, plusieurs jours plus tard (ben oui, il y a cent ans, pas de Twittos ou de CNN sur le coup), les conséquences immédiates, et la construction de la légende du Titanic.

Enfin, pour conclure… un espace impressionnant est dédié à la recherche, et la trouvaille de l’épave du navire. Elle ne sera retrouvée qu’en 1985 et filmée plusieurs fois, dont deux fois par James Cameron. Dans un grand auditorium plongé dans le bleu, un film passe… nous sommes à presque 4000 mètres dans le fond de l’Atlantique nord, et nous voyons ce qui reste du Titanic… sous nos pieds, le film est également projeté en dessous de dalles de verres, comme si nous marchions sur le sable du fond de l’océan.

Le musée abrite également des expositions temporaires mais le temps nous est compté et le musée doit fermer. C’est donc au pas de course que nous avons terminé cette visite.

Pour aller plus loin
On ne peut pas dire que la White Star Line ait eu beaucoup de chance avec sa série “Olympic“. Si le premier a sillonné les mers pendant de nombreuses années, le Titanic ne fut la seul à connaître un destin funeste. Le Britannic (qui devait s’appeler Gigantic), fut réquisionné par la marine britannique au début de la 1e Guerre Mondiale et transformé en bateau-hôpital. Le Britannic ne fera jamais la carrière de paquebot qui lui était prédestinée. Il coulera après avoir herté une mine dans la Mer Egée.

Pour célébrer nos retrouvailles avec les Un sac sur le dos, partis faire du kayak en mer tandis qu’Emma et moi prenions une dose d’histoire à London/Derry,  on se dirige vers le Crown Liquor Saloon, le plus ancien pub encore en activité de Belfast…  et propriété de la National Trust. Et on comprend pourquoi quand on rentre à l’intérieur! C’est tout simplement magnifique : lambris, vitraux, pompe à bière énorme, mosaïques mais surtout, des “booths”, qu’on appelle ici “snugs”, de petits salons privés datant de l’ère victorienne, destinés à préserver l’intimité des clients (mais surtout des clientes). Pour alerter les serveurs, il suffisait de faire sonne une cloche. Attention, le pub est TRES fréquenté et arriver à trouver un “snug” de libre est assez compliqué! Par contre, on pourra toujours admirer la dextérité des serveurs préposés aux pompes à Guiness (tout un art de la servir comme il faut, en deux fois). Comme à l’époque de sa construction, alors qu’il n’était qu’un “café de la gare”, de nombreux navetteurs s’y arrête avant de rentrer et les “after-work” sont populaires. De quoi terminer avec bonne humeur un séjour dans un petit coin magique d’Europe qui fut plein de bruits et de fureur… le bruit reste, mais c’est plutôt celui de verres qui s’entrechoquent. “Slaínte/Cheers

Cette balade irlandaise est le fruit d’une collaboration avec le collectif Bescape, l’Office du Tourisme Discover Northern Ireland et Visit Britain.
NB : Photos prises avec smartphone, les batteries de mon appareil photo m’ayant lâchement abandonnées.

 

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