Ce texte est le second d’une série éphémère : #UnJourDesTextes, née sur Twitter. Chaque jour, un thème, des consignes, suggestions et idées différentes. Pour occuper les journées et combler les envies d’écrire ! Y participe qui veut, au jour le jour, le temps que cela durera, aussi longtemps qu’il le faudra.

Il y a eu l’excitation… en plusieurs étapes, comme si les étoiles s’étaient alignées pour me procurer des sensations fortes. Il y avait eu cette petite dringuelle surprise de ma grand-mère, de l’argent tombé du ciel. Et cette manne surprise se devait d’être dépensée, telle est ma politique ! Le jour même, je tombe sur une offre que je ne pouvais pas refuser. Le genre de truc que vous avez toujours envie de réaliser et qui en plus vous laisse un peu d’argent en rab pour quelques extras. Ni une, ni deux, je me jette sur l’opportunité.

Troisième grand frisson : celui de la transgression. Une transgression telle que jusqu’à ce jour, ma famille n’était pas au courant de ce que j’avais fait. Une transgression vis-à-vis d’une activité normalement obligatoire aussi. Le frisson de l’interdit… mais je comptais sur le manque de supervision pour que tout ça passe inaperçu !

C’est ainsi qu’un soir de début de printemps, je pris le dernier train pour Ostende. Vous avez déjà pris un dernier train pour quelque part ? Il y règne une ambiance de polar. Seule dans mon wagon, sous une lumière orange qui rappelait les films des années 70, je m’attends presque à faire une mauvaise rencontre mais non, c’est simplement le contrôleur qui passe.

Gare d’Ostende, je suis un peu confuse et cherche où je dois aller. Cela ne dure qu’un instant. Je remarque un petit groupe prenant directement à droite en entrant dans le bâtiment : la gare maritime est juste à côté de la gare ferroviaire ! Ne la cherche plus, Lectrice, Lecteur. Elle n’existe plus ! Les belles heures de la Reine des Plages comme ville de débarquement pour les passagers est désormais dans le passé mais en ce début des années 90, le « Prince Albert », le « Reine Astrid », le « Princesse Clémentine » ou encore le « Prince Philippe »  sillonnent encore la Mer du Nord, contribuant à faire d’Ostende notre lien direct vers le Royaume-Uni. Celui par qui nous arrivent les visiteurs, les sons de la musique British et qui nous amené Marvin Gaye, qui fut un temps résident ostendais.

A minuit pile, je sens le grand monstre de fer larguer les amarres et je suis émue. C’est la première fois que je prend un bateau… dans quelques heures, je me retrouverai, aussi pour la première fois, sur le sol anglais. Un train au beau milieu de la nuit nous emmènera vers Londres… Londres, qui restera dans mon histoire personnelle, la première fois où l’année de mes 19 ans, j’ai brossé l’école et j’ai voyagé seule.

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