- Amiens , Frabce -

June 2016

Un week-end à Amiens (2ème partie)

J’ai le cerveau en ébullition après avoir emmagasiné tant d’informations et d’images pendant toute cette journée que j’ai un besoin impératif de décompresser. C’est en quittant le beffroi que je tombe sur une petite terrasse à l’air avant. Un simple nom : le « Café », suffit à me convaincre d’entrer. Il se révélera être un tout chouette bar où on peut s’asseoir au comptoir et papoter avec son voisin,ou en terrasse pour un petit verre de vin avant de commencer la soirée. Un endroit qui vit au rythme de la journée, puisqu’il ouvre relativement tôt (à 10 heures) et ferme tard (à 1 heure).

C’est évident, on ne peut pas avoir visité Amiens sans aller manger au moins une fois sur le quai Belu et c’est vers « Le Quai » (décidément, le nom de bar/resto homonyme, c’est un concept là-bas) que je vais me diriger. Le restaurant a reçu un prix de la Mairie d’Amiens; je prends çà comme un gage de qualité et pousse la porte. Je ne m’attendais pas vraiment à çà : le décor est lounge, et j’imaginais que ce serait un peu guindé mais il n’en est rien. J’entame les débats avec ace une demi-planche de charcuterie accompagnée de sa terrine maison). Grossière erreur car avant même de recevoir mon plat principal,  je suis déjà au bords d’être repue. Ca ne m’empêche pas de me jeter littéralement  la carbonnade de porc avec une sauce à la bière blonde (une variante des carbonnades flamandes qui sont elles, au bœuf). On conclut le tout avec une génoise au citron, qu’il m’a été impossible de terminer tellement l’entrée et le plat principal étaient copieux. 

Je n’ai plus qu’à me laisser rouler comme une bille jusqu’au bar d’à côté : le « Nelson », un « bar d’ambiance »… C’est la première fois que je vois le terme brandi comme une espèce de label (ce qui signifie, si j’ai bien compris, que c’est entre le « bar » et le « café-concert ») où un jeune pianiste pas manchot reprenait de grands tubes pop. Mais le barman le blues. Il y a des jours comme çà. Pas originaire d’Amiens, il a un peu le “mal du pays”… pourtant, dans ce grand pays qu’est la France, on devrait se sentir un peu chez soi partout et pourtant… Il me parle de choc culturel. C’est peut-être le blues du début de printemps qui parle… mais me voilà en train d’essayer de remonter le moral à un barman. C’est une première !

Après ma séance d’assistance psychologique de comptoir, je décide de rentrer. Il est près de minuit et mon dimanche sera bien chargé.

Dimanche gourmand

Au réveil joie! Le printemps a décidé de rester sur Amiens. Dans la salle du petit-déjeuner, avec le soleil qui me gratte le dos, j’ai bien envie de paresser, m’attarde un peu avant de réaliser que si je ne me bouge pas, je n’aurai pas le temps d’aller me perdre dans le délice de la Halle au frais : me voilà donc en route.

Des halles… il me semble que chaque ville française en a une et c’est toujours une réjouissance que d’y aller. D’habitude, elles se trouvent dans leurs propres bâtiment mais ici, les halles sont logées dans un centre commercial, en plein cœur de ville. A première vue, elle ne donne pas spécialement envie d’y aller, le bâtiment étant plutôt moche.Des halles… il me semble que chaque ville française en a une et c’est toujours une réjouissance que d’y aller. D’habitude, elles se trouvent dans leurs propres bâtiment mais ici, les halles sont logées dans un centre commercial, en plein cœur de ville. A première vue, elles ne donnent pas spécialement envie d’y aller, le bâtiment étant plutôt moche mais une fois à l’intérieur…
L’eau vient immédiatement à la bouche! Déjà les étals des fruits et légumes font envie. C’est aussi une constante que j’ai remarqué en France, dans la Halle, la présentation est particulièrement soignée, les produits sont agencés de façon à apparaître encore plus appétissants, avec un éclairage parfait pour les mettre en valeurs les couleurs des fruits et des légumes. Pour les photographes, c’est idéal. On va s’approvisionner en rolot à la fromagerie Julien Planchon, une des meilleures de la ville, on se laisse tenter par une pâtisserie ou une viennoiserie chez l’Artisan du pain (et on s’arme de patience, la file est longue). À noter également, la Boucherie des Halles, où j’ai ramené de la charcuterie emballée sous vide et l’Épicerie du Monde, une petite boutique tenus par le couple Alves où l’on peut trouver de tout : du vin portugais aux épices marocaines.
Du coup, en sortant de là, j’ai les crocs!!! Et ça tombe bien : je suis attendue dans un resto à viande.

Quand je pousse la porte du Bistrot du boucher, ce qui m’est frappe, c’est le nombre de tables remplies. Bon signe à propos de la qualité du lieu et de sa bidoche! Comme il sied à un restaurant à viande, le décor est assez classique : beaucoup de bois, du bordeaux, de belles nappes blanches mais les grandes fenêtres laissent entrer plein de lumière. On y vient en famille, et il y a quelques couples âgés aussi, qui n’ont pas laissé leur appétit au vestiaire des ans. Je fais l’impasse sur l’entrée et commande une entrecôte, saignante. Elle arrive, malheureusement après une looooongue attente, pas trop épaisse, bien marbrée, cuite comme il faut, avec de très bonne frites et une petite salade. Pour conclure, parce que je suis une grosse gourmande; je commande leur dessert signature : le puits d’amour (un montage de biscuit, pomme caramélisée et crème au mascarpone servie dans une coupe à Dame blanche. À tomber!

La cathédrale d’Amiens, la plus grande de France

Une petite marche digestive me conduit jusqu’à l’Office du Tourisme où m’attends ma guide, Cindy. C’est que la plus vaste cathédrale de France mérite des explications. L’Office est juste à ses pieds et on peut déjà commencer à admirer son extérieur, imposant. Et tout pimpant. La cathédrale Notre-Dame d’Amiens est sur la fin de longues années de ravalement de façade et de méticuleux nettoyage. Ca a fait redécouvrir que les sculptures des portails étaient polychromes. on peut d’ailleurs voir quelques restes bien pâles sur la robe de la Vierge. Une fois à l’intérieur, on ne se sent pas du tout écrasé par sa taille. L’architecture de l’église est tellement harmonieuse que ça donne au tout un aspect est très aéré et lumineux. Malheureusement, la Révolution et les guerres ont fait que la plupart des vitraux ont disparu mais reste les magnifiques sculptures, surtout à l’extérieur de la cathédrale, ou chacune raconte son histoire. Grâce à Cindy, j’en saurai un peu plus sur les reliques de Saint-Jean-Baptiste, et comment elles ont pu arriver jusqu’à ce petit coin de France depuis la Palestine. J’irai aussi saluer l’angelot pleureur. Une obligation quad on est à Amiens.

L’Ange pleureur est devenue une icône d’Amiens, cz chérubin saisit en plein chagrin, a le coude posé sur un crâne, et une main posée sur un sablier, rappel de la mortalité de l’être humain. Il pleure le chanoine dont le gisant est situé juste en dessous. Ce chanoine avait fondé une maison de charité et aidé bien des orphelins. Son expressivité en a vite fait une mascotte pour les Amiénois mais sa popularité va exploser pendant la Première Guerre mondiale. Amiens était une “ville de garnisons” pour les milliers de soldats de l’Empire britannique qui y étaient stationnés. Il devient alors le symbole du chagrin des soldats voyant tomber leurs frères d’armes. Des cartes postales, médailles ou figurines furent fabriqués par centaine de milliers et envoyés aux quatre coins de l’Empire britannique, de Vancouver, en passant par Auckland, Sydney ou Bombay. Ce n’est pas le seul souvenir de la Grande Guerre, la Picardie et la Somme ayant été un vrai champ de bataille. Sur les piliers de la cathédrale, on trouve des plaques en hommages aux nations alliées qui se sont illustrées sur les champs de bataille de la Somme : Britanniques, Canadiens, Australiens, Néo-zélandais… qui ont laissé leurs vie.

Mais ce qui m’a le plus marqué dans les cathédrale, c’est le labyrinthe! Long de 234 mètres, les pèlerins le parcouraient à genoux pour expier leurs pêchés. En marchant, il ne me faudra pas moins de près de 10 minutes pour arriver à sa dalle centrale : la Jérusalem céleste ! Pas besoin d’expiation mais le moment fut propice pour une pause, et pour la réflexion. Par contre, les enfants trouveront çà plutôt drôle, vu les quelques petites filles que j’ai croisé et qui courraient presque en suivant les lignes pour arriver à en sortir.

A bicyclette, à Amiens

On pourrait y passer des heures dans cette cathédrale mais il ne m’en reste qu’une toute petite : je me dépêche de retourner à l’hôtel, d’enfourcher mon vélo, pour une ultime balade le long du chemin de hallage. Et qu’il ait bon y rouler sous le soleil ! En bords de Somme, les berges sont fleuries et sentent la chlorophylle. La route est plate, facile, mais attention, le sentier est étroit et comme nous sommes dimanche et qu’il fait beau, les Amiénois sont de sortie, et en famille. Il faut parfois slalomer, ralentir pour éviter de vous retrouver à l’eau, ou d’y flanquer quelqu’un d’autre.

L’Office du tourisme a d’ailleurs un joli parcours à vous proposer.

Un moment suspendu, les cheveux au vent, dans l’air tiède d’un timide printemps qu’il me faudra interrompre à regret pour reprendre la route vers Bruxelles, avec le sentiment d’avoir laissé derrière moi un petit bijou.

Cette escapade picarde a été possible grâce à Atout France et l’OT d’Amiens. Les opinons de ‘auteure lui reste propre, peu importe le nombre de macarons d’Amiens ingérés.




  1. serenity
    le 18.12.2017

    magnifique série comme toujours 🙂

  2. Melissa
    le 18.12.2017

    C’est gentil, dis!

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