6h45 et je suis dans un train en direction de la Province de Hainaut. A cette heure, la Gare Centrale est encore calme, les premiers navetteurs arrivent et moi, je vais en sens inverse, je quitte Bruxelles. C’est dans un wagon où règne un calme impérial que je m’installe, bien calée à côté de la fenêtre, je regarde le soleil qui se lève doucement et je songe à la mission qui vient de m’être confiée par Visit Hainaut : celle de te faire découvrir à toi, Lectrice, Lecteur, les beautés de ce coin de Wallonie. Et à priori, La journée promet d’être belle pour explorer la première région sur mon programme : la Botte du Hainaut ! 

La Botte du Hainaut, ce petit secret bien gardé

La botte, c’est le coin un peu ignoré de la province mais c’est le plus pittoresque et le plus vert. Ici, ça sent déjà l’Ardenne. Le paysage est vallonné, les maisons sont en pierres et on y trouve plus de forêt qu’ailleurs. Car si le Hainaut a une image, c’est celle d’une province très peuplée (la plus peuplée de Wallonie d’ailleurs), urbaine, industrielle et pourtant, une portion importante de son territoire est couverte de prairie, de bois, de lacs et de rivières. C’est ce que je vais découvrir pour cette première étape avec Camille de Visit Hainaut. A peine avons-nous quitté Mons, le chef-lieu de la Province, en direction du sud que le paysage change. Notre entrée en Botte du Hainaut se déroule sur fond de champs de tournesols… je prends ça comme un signe de bon augure pour le reste de la journée !

Pour aller plus loin
La Botte du Hainaut est l’extension la plus méridionale de la province. Elle est bordée à l’ouest par la France (la région de Maubeuge) et la province de Namur. La silhouette de la région évoque une botte bordée de fourrure.

Plaisirs d’eau à l’Eau d’Heure

Notre premier arrêt est sans doute le plus connu d’entre tous dans la région : les Lacs de l’Eau d’Heure. Cette série de 5 lacs artificiels (le plus important plan d’eau de Belgique) sont devenus en quelques années un immense complexe de loisirs très prisés par les familles.

Si les lacs existent, c’est à cause de ses deux barrages hydro-électriques. Sans eux, pas de lacs de retenue et c’est par le Barrage de la Plate Taille que nous allons commencer la visite. Une haute tour domine tout le barrage et on peut même le visiter. Pas de chance pour nous, l’heure d’ouverture est encore loin, mais ça nous permettra de profiter un peu plus de la beauté des lieux : pas étonnant que les lacs soient devenus si populaires ! Sports nautiques, golf, villages de vacances, terrains de camping, restaurants… le complexe est assez grand que pour à la fois trouver de l’animation et s’isoler dans la nature. Depuis les rives d’un des lacs, on n’entend que le bruit des vagues et les quelques cris lancé par les véliplanchistes qui s’en donnent à cœur joie.

Instant nature au Lac de Virelles et son Aquascope

Nous allons rester sur le thème de l’eau pas très loin de là, à Virelles. Le Lac de Virelles est plutôt un grand étang semi-naturel. Né des besoins de l’industrie, il est a présent rendu à la vie sauvage. Non seulement, c’est un endroit de nichage pour de nombreux oiseaux mais en plus, c’est un arrêt de choix pour les migrateurs qui passent dans le coin. A côté des oiseaux, il y aussi toute une faune qu’on néglige souvent mais que l’Aquascope de Virelles met bien en avant : les batraciens et les insectes. Et HOP, c’est parti pour faire le circuit du lac. On commence par l’Aquascope qui sert de centre d’interprétation avant de directement rejoindre les bords du lac. On se noie d’abords dans les roseaux avant de distinguer les premiers canards, le premier héron (envolé avant que j’ai eu le temps de le photographier)… Le long du sentier, différents postes d’observation, dont certains en hauteur, sont là pour permettre aux visiteurs de guetter les habitants des lieux.

A côté du lac, on trouve aussi un joli jardin fruitier et potager et même des ruches où on réalise un travail de préservation des abeilles locales, les abeilles noires. On peut s’attarder pour regarder le ballet des ouvrières qui vont et qui viennent dans les ruches et même voir les rayons d’un peu plus près grâce à des petites portes qu’on peut ouvrir (pas trop longtemps) pour voir l’intérieur de la ruche, à l’abri derrière une vitre. Bref, c’est l’endroit idéal pour sortir en famille et sensibiliser les enfants à tous les chaînons de la nature.

Valse de couleurs à la Grange aux papillons

Nous allons rester dans le domaine des insectes. Toujours à Virelles, se trouve un endroit que je n’aurai jamais soupçonné : une Grange aux Papillons exotiques ! C’est tout simplement génial : construite par Jean-Pierre Frisque, ancien instituteur et passionné de papillons, cette immense serre tropicale est un véritable Eden. Les plantes les plus exotiques y poussent, même une rivière coule en son centre et ce sont des centaines de papillons qui volettent dans tous les coins. Issus d’Afrique, d’Asie du sud-est et d’Amérique du sud, les espèces ont été choisies en adéquation aussi avec les plantes. Par exemple, le bananier est un arbre de choix pour le papillon-hibou, un espèce de belle taille qui ne vole pas beaucoup mais dont les gros points sur les ailes rappellent les yeux d’un hibou. Des petits, des grands, des rouges, des bleus, des oranges, des… transparents même (tel le Greta Oto… ). C’est tout simplement magique ! Plus impressionnants encore sont les bombyx, les papillons de nuits qui vivent dans une installation séparée. Ceux de l’espèce « Atlas » sont considérés comme les plus grands des lépidoptères et quand on voit la taille de la bête… ça laisse songeuse : envergure d’ailes entre 20 et 30cm, corps épais de quasi un centimètres (avec un joli col de fourrure orange autour de la tête)… Ils restent là tranquilles, immobiles, ne battant même pas des ailes. Le plus étrange, ce sont quand même leurs chenilles. Autant les couleurs de l’Atlas sont chaudes (du brun, de l’orange, du crème) autant sa chenille est son antithèse puisqu’elle est verte un peu bleutée. On verra aussi ce qui reste des cocons et ça aussi, c’est impressionnant !

Chimay, plus qu’une histoire de bière !

Avec toutes ces émotions et ces balades dans la nature, il commence à faire faim. C’est le moment d’aller faire un tour dans la « Grande ville » de la Botte : Chimay. Chimay, ce n’est pas qu’une bière trappiste c’est une vraie ville avec sa Grand-Place, son charme d’un centre-ville fait de maisons en pierre et de rues pavées, ses clochers et ses tours à bulbes si typiques de la région et… sa famille princière. Oui, oui, le Hainaut compte plusieurs familles princières et Chimay à ce privilège. Mais on ne peut pas se tromper sur le fait que Chimay soit une ville de bière puisque c’est une énorme cuve en cuivre qui accueille les visiteurs à l’entrée de la ville. Nous n’irons pas visiter l’Abbaye Notre-Dame de Scourtmont, là où est brassée la fameuse bière, mais cela ne nous empêchera pas d’aller nous poser en terrasse pour déguster des boulets à la chimacienne (boulette de viande fourrée au fromage trappiste de l’abbaye). Un régal ! Nous ne ferrons malheureusement qu’admirer derrière la grille le Château de Chimay, un des château les plus anciens de Belgique puisque les premières mentions d’un donjon sont faites vers l’an Mille (tout de même). Elisabeth de Chimay, Princesse douairière et dotée d’un fort tempérament, a fait beaucoup pour donner un nouveau souffle au château et il faudra que j’y retourne pour visiter son intérieur.

Prendre le vert dans le Forêt du Pays de Chimay

L’attrait de la Botte du Hainaut, c’est définitivement sa nature et surtout, ses forêts. La Forêt du Pays de Chimay est d’ailleurs le plus grand massif forestier de la province. Elle fait partie des « Forêts d’Ardenne » mais est beaucoup moins connue que ses congénères (comme la Grande Forêt de Saint-Hubert) et pourtant… elle mérite le détour. Le massif est tellement grand que cela justifie de la création d’un grand sentier de randonnée qui le traverse jusqu’à la province de Namur : la Grande Traversée. Nous irons en explorer un bout à Momignies, sur le Sentier de la Folie qui passe à côté d’un ancien site verrier (le Four Matot). Ici, nous ne sommes pas vraiment perdus dans les bois mais cela donne une bonne idée des parcours que l’on peut faire en forêt en mélangeant des moments de pure nature et de patrimoine. Cette forêt est restée plutôt intacte et est composée essentiellement de chênes et de hêtres. Les promenades sont balisées, vous pouvez donc vous dirigez sans trop de soucis. Si les grands mammifères comme le cerf, ou le pic noir, mascotte de la forêt de Chimay, sont difficiles à voir si on n’y passe pas plusieurs heures, trouver des écureuils ne devrait pas être difficile. En tout cas, ça ne l’a pas été pour nous !

Une bonne nouvelle si tu es adepte de la randonnée, Lectrice, Lecteur, de nombreux lieux de bivouac ont été aménagés le long de la Grande Traversée, comme celui que j’ai pu voir à Sivry-Rance et qui était utilisé par un groupe de jeunes anglais. Sivry, c’est aussi là que l’ont trouve l Espace nature de la Botte du Hainaut. A la fois musée, centre interprétatif sur le milieu naturel, espace de renseignements et organisateur de visite guidées ou de stage, c’est un bon arrêt si vous vous apprêtez à randonner dans la forêt.

Et c’est déjà la fin de cette journée dans en botte de Hainaut. Un coin méconnu, entre lacs et forêt mais peut-être le plus spectaculaire !

Pour aller plus loin

Comment se rendre dans la Botte du Hainaut ?

Hors voiture, circuler en Botte du Hainaut est un peu plus compliqué car elle est peu peuplée par rapport au reste de la Province. Néanmoins, ce n’est pas impossible, surtout en période scolaire.

  • Malheureusement, il n’existe pas de train pour Chimay. Bien que le Gare de Couvin, en Province de Namur, soit la plus proche, depuis Bruxelles, il est plus rapide de prendre un train pour Charleroi puis un bus (le 109a).
  • Les Lacs de l’Eau d’Heure sont desservis par des navettes en été depuis la Gare de Walcourt mais aussi depuis Chimay. La saison étant terminée au moment où votre blogueuse écrit ces lignes, il faudra se renseigner sur les horaires.
  • Le Lac de Virelles est lui accessible depuis Chimay en bus (156a ou c). En un petit quart d’heure, vous y êtes.  La grange aux papillons est à 15 minutes de marche seulement de l’Aquascope. Vous pouvez retourner vers Chimay via la même ligne.
  • Pour les randonnées dans le Forêt du Pays de Chimay, cela dépend de votre point de départ. Les villages de Momignies et Sivry peuvent être rejoints en bus depuis Chimay.
  • Plus de renseignement et calculs d’itinéraires : https://www.infotec.be
Cet article a été écrit dans le cadre d’une collaboration avec Visit Hainaut. Les opinions de l’auteure, elles, lui restent propres.
Aimez et partagez