- Liège , Belgique -

April 2016

Wallons-nous à Liège et Blégny-mine ?

Liège… quelle surprise de me retrouver ici. Le nom de la ville signifie pour moi plutôt des visites à la famille qu’une découverte touristique. J’y suis allée des tas de fois, souvent dans sa banlieue et pourtant me voilà, avec un groupe de blogueurs français. Car si nous sommes là, c’est surtout dans l’optique du Salon des blogeurs voyage francophone We Are Travel. Chacun a du choisir une option de blogtrip, à Bruxelles, en Flandre ou en Wallonie avant d’entamer les débats le lendemain et c’est Liège, mon deuxième choix, qui m’est attribué. Ainsi qu’à Ursula d’AVENUE REINE MATHILDE, Anne de GROUILLE POUR PAS QU’ÇA ROUILLE, Nicolas de  GUIDE DU VOYAGE , Céline du JOYEUX BAZAR   et Sébastien, la moitié des GLOBEBLOGUEURS.

Avant de commencer cette journée de découverte, laisse moi, Lectrice-Lecteur, te parler un peu de Liège. Ils ont une place à part dans l’histoire de Belgique. Pendant que le reste de ce qui sera la Belgique moderne était au mains des Bourguignons, des Espagnols ou des Autrichiens, Liège fut, avec pas mal de péripéties, une principauté indépendante avec à sa tête, un Prince-Évêque (pas très courant, le seul exemple que je connais est Andorre, dont le 2e prince est le président français). Et peut-être à cause de celà, celà fait des Liégeois de fortes têtes, farouchement indépendant, et aussi un peu anti-establishment. Prompt aux coups de colère mais aussi prompts à la fête. Pas étonnant que le surnom de “Cité ardente” (n souvenir du sac de la ville par Charles le Téméraire) lui aille si bien.

Coup de bol pour nous, le printemps a décidé de se montrer et il fait beau et chaud pour la saison sur la Cité ardente, il ne reste plus qu’à commencer une visite express de la ville au Parc de la Boverie.

La Boverie : des lapins et de l’art

Le parc, coincé entre la Meuse et la Dérivation, creusée pour canaliser les eaux du fleuve, est un des parcs préférés des Liégeois. On vient s’y promener en famille, avec son chien, les sportifs parcourent les allées dans tous les sens pour leur jogging, tout çà sous l’œil placide de dizaines de lapins pas farouches.

C’est le chantier à l’entrée du parc et pour cause, un nouveau musée est en train de finir d’être d’être construit. Et coup de chance, nous allons le visiter en extra-avant-première… malheureusement sans les oeuvres.

Le Musée de la Boverie est construit en deux parties : la partie ancienne, logée dans le vieux bâtiment hérité de l’exposition universelle de 1905, et l’annexe contemporaine. C’est bien celle-là qui va attirer tous les regards. Les volumes sont immenses, de hautes fenêtres couvrent toute la longueur parallèle à la Dérivation et les architectes, Rudy Riciotti (qui a travaillé sur le MUCEM à Marseille) et le Cabinet pHD ont voulu jouer avec le rythme des arbres qui bordent le canal, y ont installé des colonnes qui ressemblent à des trocs d’arbres en hiver et semble faire partie du paysage extérieur. Une belle réussite !

Côté expo le musée aura une collection permanente mais les expositions temporaires se feront en collaboration avec le Musée du Louvre, ce dont les Liégeois ne sont pas peu fiers ! Il faudra voir ce que ça donne lors de l’ouverture le 5 mai.

Le rêve de Calatrava

Pour continuer dans l’architecture contemporaine, impossible de ne pas aller visiter la Gare des Guillemins, que tout le monde a non-officiellement baptisée « Gare Calatrava ». « On dirait une raie ! » s’exclame Sébastien. Et c’est vrai qu’elle en a l’apparence ! Un toit tout en losange et en courbe qui abrite le voyageur monte à une hauteur assez impressionnante. Comme quasi tout le temps chez Santiago Calatrava, le bâtiment est d’un blanc éclatant et laisse passez énormément de lumière. Une vraie cathédrale transparente où les rayons du soleil tombent à flots. C’est très géométrique aussi et un rêve de photographe. En dessous des quais par contre, c’est assez bizarre. On rentre « à l’intérieur » de la raie. Le plafond semble bien bas, c’est plutôt sombre et les commerces sont logés dans des petits coins ronds au look rétro-futuriste.

Divine Curtius

Après ce Liège contemporain, nous nous rendons enfin dans le Liège historique, au pied d’un escalier que je connais bien : les 247 (erratum 374) marches de la Montagne de Bueren, que chaque année en octobre on illumine à la bougie pour la Nuit des Coteaux. Ca fait bizarre de les voir sous un timide soleil de début de printemps !

Nous n’allons pas les gravir (quoique) mais bien faire une petite pause à la Brasserie C qui s’est établie récemment ici, dans l’ancien couvent des ursulines. Petit retour en arrière : il y a quelques années, la RTBF lançait « Starter » une série-concours pour jeunes entrepreneurs qui venaient y développer leurs idées et se faisaient coacher et conseiller par des chefs d’entreprises, des spécialistes du marketing, etc. Les vainqueurs de la première saison étaient deux étudiants,Renaud Pirotte et François Dethier, qui avaient séduit le jury avec leur concept de micro-bière : la Curtius. La suite ? Eh bien c’est la création de leur micro-brasserie, le succès, et maintenant l’établissement dans un bâtiment d’exception à Liège. Outre la brasserie, nous visiterons évidemment le bar et c’est la terrasse qui tue réellement sa race ! A flanc de coteau, avec sa petite cours… on a juste envie d’y passer tout l’après midi sous un parasol avec bières et amis. Et que dire de la Curtius alors ? Premièrement, c’est son aspect qui étonne. Elle une belle couleur blonde-ambrée mais comme elle n’est pas filtrée (à la manière d’une blanche), elle est opaque. On a l’impression d’avoir du métal liquide dans son verre. Ca fait son petit effet ! Et en bouche ? Elle est fraîche, un peu amère, avec une pointe d’orange et de fleurs. J’adore!

Le plus vieux marché de Belgique

Après ce petit apéritif, il est sérieusement temps de songer à manger ! On fait rapidement coucou à la Place Saint-Lambert ainsi qu’au Perron, symbole des libertés de la ville de Liège sur la Place du Marché avant d’aller s’établir sur une terrasse, à l’entrée du marché de la Batte. « La Batte », en wallon liégeois, ce sont les quais. Et sur deux kilomètres de front de Meuse, c’est une suite d’échoppes qui vendent de tout : fruits, légumes, livres, vêtements… bref, tout ce dont les Liégeois peuvent avoir besoin et comme le soleil est de sortie, la foule l’est aussi ! Mais les estomacs crient famine et une table a été réservée sous les arbres pour nous sur la terrasse de « L’Ancre », un tout petit établissement qui ne paie pas de mine et ne casse pas trois pattes à un canard… sauf là où c’est essentiel : dans l’assiette. Pour une introduction à une gastronomie locale, on ne fait jamais mieux qu’avec des tapas. Ce sera donc 3 petits plats qui nous seront présentés : on démarre avec le célèbre boulet sauce lapin. Mais évidemment, surréalisme belge oblige, il n’y a aucune trace de mangeur de carotte dans la sauce ! Il s’agit d’une boulette de viande longuement mijotée avec une sauce au sirop de Liège (à base de pommes et de poire). Moi, je craque ! Suivrons des chicons (endives) en sauce avec du poulet et enfin, une salade liégeoise (haricots verts, pomme de terre, oignon, lardons et vinaigres) servis avec deux morceaux de boudins (du noir et du blanc) et des tranches de pommes poêlées. Un REGAL ! Le tout s’est achevé sur une tranche de Herve, un bon fromage qui pue pour lequel j’ai passé mon chemin, même si le sirop de Liège pur était là pour adoucir. Pendant qu’on digère, certains font un petit tour… Fatiguée par un gros rhume tombé de la veille et par une semaine éreintante au boulot, j’ai juste envie de profiter de l’ambiance de la Batte. Un joyeux chaos ou les serveurs se faufilent pour arriver aux tables et distribuer les bouteilles d’un litre de Jupiler LA bière de base en Belgique, et particulièrement chère aux Liégeois puisqu’elle est brassée dans une commune proche : Jupile. La dernière fois que je voyais des bouteilles d’un litre servie à table, c’était quand je fréquentais la buvette du club de foot de mon père. J’ai soudain des souvenirs d’enfance qui me reviennent en mémoire.

Mais pas trop le temps de s’attarder : il nous faut déjà quitter Liège pour les terres minières de Blégny, frustrés de ne pas pouvoir en découvrir plus. C’était un peu court.

A fond de Blégney-mine

La province de Liège est plutôt du genre vallonnée… et pas seulement à cause de sa géologie. Quand on arrive à Blégny-mine, on ne tarde pas à voir de drôle de collines en forme de cônes quasi parfaits. Ils sont recouverts d’une fine végétation et de jeunes bouleaux, souvent. Ces collines, elles sont loin d’être naturelles : ce sont des terrils. Des déchets de l’extraction du charbon. Avec le Borinage, Charleroi et le Limbourg, Liège était un des grands bassins miniers du pays. le charbonnage d’Argenteau-Trembleur, fermé en 1980 a été conservé afin que l’on se souvienne de cette industrie qui fut capitale dans l’histoire récente de la Belgique. Blégny, ce n’est pas seulement une mine (classé au patrimoine mondial de l’UNESCO) : c’est un véritable parc (avec son terril, qu’on peut parcourir) et comme c’est la Journée européenne des métiers d’art, il y a des tas d’activités dans les espaces verts et beaucoup de monde.

Nous sommes pris en charge par Maryline, trop jeune pour avoir travaillé dans la mine. C’est que les anciens mineurs se font rares maintenant. Certains continuent à faire visiter leur mine, mais l’âge est là… et les mineurs, souvent victimes de maladies pulmonaires, ne font pas de vieux os. Mais Maryline a été à bonne école. Son « parrain-mineur », qui a commencé à travailler alors qu’il était tout jeune adolescent, lui a tout appris et raconté bien des anectdotes. Son travail est donc avant-tout de la transmission de souvenirs.

Aujourd’hui, nous descendrons à 30, puis à 60 mètres. Dans les mêmes ascenseurs que prenaient les mineurs. Sauf que eux, descendaient bien plus profond et bien plus vite. Ce n’est pas la première fois que je descend dans une mine. Mais je reste tout aussi émue : les conditions de travail pénibles, le bruit, les maladies, les dangers, la vie dans le noir des hommes et des chevaux… J’ai un peu de mal à retenir une larme à la fin de la visite. Pour ne pas trop lever le voile sur la visite, je vais garder le gros de ce qui s’y passe un peu secret, pour que vous en fassiez l’expérience par vous même mais je pense que ce qu’il m’a le plus touchée, c’est le respect et l’affection de notre guide pour ces mineurs qui ont donné leurs bras, leurs santé et quelque fois leurs vies pour faire de la Belgique un petit pays de Cocagne.

Avant de repartir, nous allons visiter également le petit musée, installé dans le puits-Marie. Il relate l’histoire du charbon dans la région mais en même temps complète la visite de la mine, avec la visite des douches des mineurs, de la lampisterie ou de l’infirmerie.

Sur le chemin du retour, notre petit groupe boirât à la santé de ces hommes, qui ne faisaient pas de distinctions entre eux car “dans la mine, on est tous noirs” avec un petit godet et Pèkèt dè Houyeû(génièvre des mineurs) qui a du en réconforter pas mal.

Santeÿ!

Cette belle balade liégeoise nous a été élaborée dans le cadre de We Are Travel 2016, le salon des blogueurs voyage francophones, avec l’Office du Tourisme de Wallonie-Bruxelles et la Province de Liège.  Les opinions de l’auteure lui restent propres, malgré le godet de Pékêt.
#MelDoesSvalbard : Une histoire de montagnes fantômes
#MelDoesSvalbard : Spitzberg, le Paradis blanc




  1. Tiphanya
    le 24.10.2017

    C’est génial de te lire, car j’ai beau avoir été présente, on voit que notre regard ne s’attarde pas sur les mêmes choses, que notre curiosité ne va pas dans la même direction.

  2. Melissa
    le 24.10.2017

    C’est pour ça que je suis impatiente de vous lire aussi, pour avoir votre opinion, vis regards respectifs sur cette expérience commune.

  3. Marie
    le 24.10.2017

    Superbe balade, ce coin de belgique est vraiment magnifique

  4. Melissa
    le 24.10.2017

    A découvrir, la Province de Liège a pas mal d’atout… surtout côté nature.

  5. Vennin Gaëlle (commerciale)
    le 24.10.2017

    Merci ! C’est toujours un plaisir de lire des avis positifs sur notre site.

  6. Melissa
    le 24.10.2017

    Merci Gaëlle. Je n’ai pas voulu en dire trop car l’expérience de la descente de la mine doit être vécue de manière individuelle… Mon grand-père était mineur lui aussi donc, ça me touche, évidemment.

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