- Bruxelles , Belgique -

December 2016

Ciao, 2016 : Rétrospective et bilan d’une année de voyage

Comme chaque année, votre blogueuse se plie à l’exercice. C’est plutôt salutaire, d’ailleurs, de prendre ce moment de recul pour évaluer le chemin parcouru, qu’on soit blogueuse ou pas. Pris dans la course du quotidien, on oublie quelques fois comment on a évolué… et on est quelques fois surpris !

2016 aura été une année horrible pour le monde, se terminant sur le siège et l’écrasement de la ville d’Alep. Une année marquée par la mort : celles de grands artistes et d’icônes, celles d’anonymes tombés sous les bombes ou les attentats. Une année où la Méditerranée a continué d’être un cimetière. Une année où en plein bombardement d’Alep, notre cher secrétaire d’Etat s’est opposé à l’octroi d’un visa a une famille syrienne issue de cette ville martyre alors qu’elle remplissait les conditions pour l’obtenir. Une année où tout ce qui était impensable il y a encore une paire d’année (un grand pays quitte l’Union Européenne, un milliardaire hyper-égocentrique, grossier, misogyne et ignare gagne les élections d’un pays qui donne le ton dans le monde…) a fini par se réaliser. Et je ne vous parle pas du lent pourrissement populiste qui gangrène l’Europe depuis la crise financière de 2008 et qui me fait de plus en plus craindre pour l’avenir même de la démocratie. Jamais je ne me serais sérieusement inquiétée pour elle il n’y a pas si longtemps.

Et il y a ce 22 mars, le jour où Bruxelles aura été victimes par deux fois par d’attentats. Une fois dans son aéroport, le nœud qui relie ma ville au monde. L’endroit qui m’apporte parmi mes plus grandes joies, celle de l’anticipation de nouvelles aventures et le réconfort de retrouver ma maison, frappé en plein cœur, dans le hall des départs, là où les rêves deviennent concrètement réalités et ou se font les embrassades et les adieux.

Une deuxième fois dans ce qui fait partie du quotidien de presque tous les Bruxellois, dont votre blogueuse : le métro. Empruntés par tous, sans distinction de genre, ethnique, religieuse, etc. etc. C’est un peu comme la circulation sanguine de la ville avait été coupée.  En même temps que toute cette haine qui a fauché tous ces innocents, j’y ai vu le meilleur qui peut surgir de l’âme humaine. La calme dignité de victimes rescapées, ou de proches ayant perdus des êtres chers, les hommages Place de la Bourse, accompagné de chants et de bougies, la colère lorsque des sympathisants d’extrême-droite sont venus souiller ce lieu de recueillement…

Oui, 2016 aura été une année horrible pour le monde et je ne fonde pas beaucoup d’espoir pour 2017 avec une conjonction de dirigeants-clés à travers le monde qui fait froid dans le dos et des élections qui se profilent mal en France…

Aussi, je suis soufflée par la dichotomie entre l’état du monde et… le mien.

Tout va pas trop mal pour moi, merci. Le blog continue, a son modeste niveau. Une croissance lente, sans doute trop lente à mon goût et mes amis blogueurs m’auront certainement entendu pester et me lamenter à ce propos. Le pire, c’est quand tu connais plus ou moins les recettes… et qu’elles ne marchent pas chez toi. C’est étrange et irritant à la fois mais en même temps, cet espace est un peu “old school”. Je suis une photographe moyenne (mais qui se donne du mal), je ne m’essaierai sans doute pas à la vidéo puisque je ne suis vraiment pas douée et on me verra encore moins acheter un drone. Il me reste donc l’écrit. J’ose croire que je sais vous raconter des histoires. Et finalement, pour moi, c’est ce qui compte le plus. Ce qui m’a fait un coup quand j’ai eu plusieurs moments de découragement et ai bel-et-bien cru à un moment que j’avais atteint le même plafond qu’il y a 6 ans, quand je mettais la clé sous le paillasson de mon premier. Après 5 ans d’écriture, j’avais l’impression de tourner en rond et de ne plus avoir rien à dire.  Ce qui est comble quand on se veut une passeuse de moments de vie sur la route. Finalement, c’est lorsque j’ai entamé le défi #31blogginsdays, interrompu trop tôt pour cause d’activités connexes, que j’ai réalisé que oui, j’avais encore des choses à écrire, et même tous les jours si je le voulais.  Un rythme infernal sur le long terme, et qui ne doit d’ailleurs pas être comme çà, mais voilà… c’était possible ! Et le voilà remise en selle. Etrangement, ces deux semaines où j’ai enchaîné rédactions, sorties, travail et boulots secondaires m’ont comme électrisée. Comme si je prenais une espèce de drogue euphorisante.  Peut-être est-ce comme çà que je dois fonctionner ? Du moins par moments afin de ne pas me cramer ?

2016 aura aussi été l’année de la maturation des projets… projets de voyages, projets de vie… J’en ai parlé il y a quelques semaines. Et j’en ai parlé plusieurs fois avec des amis, la famille… dans un monde aussi incertain, “le bonheur, c’est maintenant!” semble prendre encore plus de sens qu’avant. Et en tant que quarantaine, il y a aussi la pression de l’âge. Je ne peux plus me permettre de dire “Oh, je peux faire çà plus tard!” Ce n’est plus vrai. J’espère être à 70 ans comme Liliane, la baroudeuse croisée à Ilha Grande mais qui sait ? Serai-je en bonne santé ? Valide ? Saine d’esprit ? Capable ? Aurais-je encore envie ? Non. Je ne veux pas attendre de savoir la réponse. Et l’annonce de la fin de crédit-temps non motivé, ce filet de sécurité pour tous ceux qui avaient envie de faire une pause dans leur carrière, il y a une bonne semaine, va peut-être me forcer à prendre des décisions plus radicales. Pour moi, c’est le moment ou jamais !

Alors voilà… on en discutera dès les premiers jours de 2017… cette rétrospective aura été assez longue comme çà et on va passer aux découvertes de cette année… qui ont été nombreuses. Non seulement près, voire TOUT près de chez moi, mais dans des horizons lointains et crois-moi Lectrice, Lecteur, 2017 va commencer en fanfare. Merci d’être là, merci de me suivre depuis 6 ans et demi. Tu es ma force et mon carburant. Que 2017 t’ouvre les portes des plus beaux des voyages !

Janvier : Pas le temps de se remettre du Nouvel an, on démarre de suite avec un petit week-end à Malines. 20 minutes de train de Bruxelles, et pourtant, on est déjà transporté ailleurs, dans une cité patricienne en bords de rivière. Une ville belle que j’ai trop longtemps ignorée.

Février : On continue sur la lancée du tourisme local avec une visite dans ce qui a été décrit par les médias comme une véritable antre du mal : Molenbeek. Ce quartier de Bruxelles qu’on qualifie de fabrique à extrémistes et terroristes bouillonne en fait d’idées, d’endroits insolites et de projets prometteurs, comme Le MiMa qui a ouvert ce printemps. Je ne sais pas encore pourquoi l’ouverture aura du être reportée…

Mars : Un rêve se réalise… l’Arctique, enfin ! J’atterris au Svalbard juste 4 jours après le retour de la lumière après 4 mois de nuit polaire. Et qu’est-ce que je découvre ? Des paysages grandioses, une nature qui l’est encore plus encore et une météo… moins mauvaise que ce à quoi on peut s’attendre. Le Svalbard restera pour moi une destination qui m’aura marqué au fer rouge. Et aussi une leçon d’humilité sur ses propres limites.

Avril : ENFIN ! Après avoir loupé les deux premières éditions, je suis enfin là pour le Salon des Blogueurs voyage “We Are Travel”. Plutôt que la partie “speed-dating”, c’est surtout les ateliers et les rencontres avec des blogueurs que je suis depuis des années. Une occasion de sentir aussi un peu dans mon monde. Et comme cette édition se passait en Belgique, c’est à Liège que le blogtrip se déroulera. Je filerai ensuite à Bruges, refaire connaissance avec cette ville de conte de fée.

Mai : Mois sous le signe de la France! Une perle se dévoile : Amiens. La petite Venise picarde fut une excellente surprise avec ses canaux et ses hortillonnages. Quelques semaines plus tard, me voilà sur les sentiers vélos de la Via Rhona, entre Lyon et Valence cheveux dans le vent, à bicyclette…

Juin : Un vieux souhait s’exauce : après avoir roulé à travers la Suisse sans vraiment s’arrêter, et à part quelques courts séjours à Berne et à Zürich ENFIN, je peux visiter plus à fond quelques coins de Suisse, le Tessin et les Grisons. Une Suisse inattendue et latine dans les environs de Locarno, et la Suisse “carte postale” de Davos et St. Moritz. Les paysages de la montagne en été resteront parmi les plus beaux de l’année.

Juillet : Avec le Svalbard, c’était LE voyage de l’année : l’Indonésie… Un voyage de presse bref, intense mais qui m’a laissé une très, très forte envie d’y retourner (et sur laquelle je travaille). De la sérénité des temples de Bali à la bouillante Yogyakarta, aux plages de Nusa Lembongan, ces petits bouts d’un immense archipel ont été un excellent zakouski… qui m’a mise en grand appétit.

Août : Rien, de rien… pour changer.

Septembre : Année faste pour la réalisation de vieux rêves. En septembre, me voilà de retour en Asie et cette fois, en Chine, au Sichuan, le cœur de la gastronomie de l’Empire du Milieu, où la bouche explose sous les piments et le poivre du Sichuan. Et l’esprit est retourné par un certain choc culturel.

Octobre : Les vendanges sont à peine finies que me voilà sur la route de la Bourgogne, une région “sœur” de la Belgique par l’histoire et par l’amour commun du bien boire et du bien manger. Une région chaleureuse, savoureuse… à découvrir au plus près de la nature et au fil des pavés de ses villes historiques. Je prends également le train pour les Ardennes avec à la clé, un week-end dans une des institutions du tourisme belge : les Grottes de Han. Et je me découvre peut-être même une vocation loupée de ranger !

Novembre : Replongée dans les souvenirs d’enfance, dans une ville qui m’avait laissé des impressions très fortes malgré mon jeune âge : Naples. Une des villes les plus vivantes qui existe en Europe. Bruyante, chaotique, où les gens ont le verbe haut mais le cœur et la table ouverts.

Décembre : Un ultime retour en France juste avant les fêtes à Lille… l’opportunité d’être guidée par Laurianne d’Un Pied dans les Nuages et de mieux faire connaissance avec la ville française la plus proche de nous… mais que je connaissais si mal. Une histoire que je dois encore vous raconter !

2017, projets et non-résolutions
6 visages de l'Indonésie par 6 blogueurs voyage




  1. malicyel
    le 27.06.2017

    Une chouette rétrospective ! Concernant les recettes toutes-faites, peut-être que ça ne “marche” pas car ça ne te convient pas ? Je m’estime aussi photographe moyenne, mais dans un sens, je me dis que le jour ou je devrais m’inquièter, c’est quand je serais devenue “rédactrice moyenne” car c’est ça, ce que j’aime faire 🙂
    Et bonne année ma belle ! Pour ma part, je suis super contente d’avoir fait ta “re” découverte à Anvers puis Lille, une des chouettes rencontres blogs de mon année !

  2. Melissa
    le 27.06.2017

    C’est tout à fait çà ! Je pense que j’arrêterai aussi quand je serai devenue une rédactrice qui ne sait plus comment dire les choses. 😉 Très bonne année, choukke et à très vite, à Lille, à Bruxelles, ou sur la route. Ce sera avec grande joie.