Je n’aurais jamais dû visiter l’île de Ponza. Elle n’était pas prévue au programme. Et puis, le COVID est arrivé. Ce qui devait être initialement un long city-trip à Naples s’est transformé, vu les circonstances, en une escapade insulaire. Île-prison depuis l’Antiquité, elle est maintenant adorée des Romains et des Napolitains qui sont tout proches. Et franchement, j’ai été bien inspirée de changer d’avis !

Le grand avantage de Ponza, c’est que bien que ce soit une île, elle peut être rejointe facilement. En prenant le premier vol du matin pour Rome, je me suis retrouvée vers 16h30 à Ponza !

L’aéroport en temps de COVID-19

Quelle drôle de sensation de reprendre l’avion. Brussels Airport est d’un calme inhabituel. Avec la pandémie, au moins la moitié des vols est annulée. En 10 minutes, j’ai passé la sécurité. En temps normal, le terminal grouille de monde mais le fait de prendre un vol tôt le matin couplé aux conséquences des mesures sanitaires laissent l’impression d’évoluer dans un aéroport quasi-fantôme : la moitié des bars et restaurants est fermée et il y a si peu de monde que l’on peut maintenir la distanciation sociale sans faire d’effort. Mon cœur oscille entre la joie de retrouver mes sensations du voyage et la tristesse provoquée par le côté sinistre de la situation.

Le contraste une fois arrivée à Rome est violent. Sans les masques, on aurait bien du mal à dire que le COVID-19 continue de sévir. C’est dingue ! Je me retrouve directement plongée dans l’ambiance électrique de la Ville éternelle alors que je ne suis même pas sortie de l’aéroport. Et comme chaque fois que je débarque en Italie, une des premières choses que je fais, c’est de prendre un café ! Quel bonheur de retrouver l’arôme du café à l’italienne. Son goût et son odeur sont comme du velours pour mes sens !

Buorgiorno, Roma !

Même si j’ai un peu de temps devant moi, mieux vaut ne pas s’attarder. Je prends donc le premier de 3 trains qui vont m’emmener jusqu’à Formia, la ville d’embarquation pour Ponza. Je me sens toute bizarre. Ces trains régionaux romains, je les connais par cœur ! Ce n’est pas le train direct pour Roma Termini, mais un train qui tient plus du RER et s’arrête à de multiples gares. Plus lent, mais beaucoup moins cher, c’est aussi pour moi un voyage dans les souvenirs : je les ai souvent pris quand j’étais Erasmus pour aller et revenir de l’aéroport et retrouver mon amoureux outre-Atlantique. Ils n’ont pas changé, ces trains, seuls les sièges ont été rafraîchis ! Et quand en approchant de la ville, j’aperçois les premiers pins parasols, les larmes me viennent aux yeux. Pour une fois, je bénis d’avoir un masque chirurgical qui me monte jusqu’aux yeux. Je pense que même de passage, l’émotion de retrouver Rome ne me quittera jamais. Juste le temps de changer de train et de prendre un café à la gare de Trastevere et me voilà transportée à Termini, la Gare centrale de Rome.

Roma Termini, je lui ai attribué un surnom : la Casa dei Pazzi, la maison de fous. Je connais peu de gares européennes où tout semble aussi chaotique et bondé que celle-ci. Et là, comme je m’y attendais, c’est plus calme. Beaucoup plus calme. La gare est loin d’être déserte mais l’ambiance semble comme éteinte. J’ai l’impression d’être entrée dans un monde parallèle ! J’essaie de ne pas trop y penser alors que je recherche un endroit pour grignoter sur le pouce avant de prendre mon dernier train de la journée.

Enfin, il est l’heure d’embarquer. Pour ne pas que tout le monde se précipite, des stewards surveillent l’accès au quai. Il faut un billet, et arriver pas trop à l’avance. Enfin, m’y voici, avant-dernière étape : le train pour Formia. Direction le sud ! Si j’allais au terminus de la ligne, ce serait Naples. Pendant l’heure et demie du voyage, je ne ferai que regarder dehors, trépignant d’impatience d’arriver.

Formia, zone de transit

Depuis la gare de Formia-Gaeta, il suffit de marcher une dizaine de minute pour arriver au port. J’ai une bonne heure à tuer et avant que le bateau ne largue les amarres et alléluia, juste à côté du micro-bureau de la compagnie Laziomar, qui assure les liaisons avec les îles, il y a un petit snack qui vend des pizzas al taglio ! Je pleure quasi de bonheur de retrouver un goût qui me propulse dans les sensations du passé…

Pour digérer, je vais me promener et regarder les bateaux. Si Formia n’est pas très jolie à première vue, son port à l’authenticité des petites villes. Ça sent la mer, les algues, l’essence… et le vernis ! On dirait que les pêcheurs sont en train de préparer leurs bateaux à passer l’hiver. Nous sommes mi-octobre mais l’air est encore doux dans le sud de l’Italie. Une arrière-saison idéale pour se promener. J’en suis là de mes réflexions lorsque je vois les autres passagers se lever et se diriger vers le plus gros des ferries. Deux ferries car Ponza n’est pas la seule des Îles Pontines qui est habitée. L’autre est celle de Ventotene. Plus petite, encore plus isolée, qui sait si je n’irais pas la visiter une prochaine fois ! En attendant, je monte dans le ferry et vogue le navire. Nous devons être tout au plus une quinzaine de personne à bords et le ferry est grand ! Je n’ai qu’à choisir un coin isolé et à étaler mes affaires. Pendant un petit moment, nous longeons les côtes et croisons les falaises où se dressent la ville de Gaète et son Château des Anjou. Encore une autre idée de destination à explorer, tiens !

Une fois que nous sommes en pleine mer, le bateau joue aux montagnes russes ! Ce n’est pas parce que la mer Tyrrhénienne n’est pas grande qu’elle ne fait pas de vagues. On est un peu secoués par la traversée, tu es averti.e, Lectrice, Lecteur !

L’arrivée à Ponza

Deux heures plus tard, nous y voilà ! Le port de Ponza se dévoile. Au détour d’une falaise, il se déploie en forme de cirque, et est même de couleur rouge, comme une tente de piste aux étoiles ! La cité ressemble à un livre pop-up, avec 4, 5, 6 couches d’avant, de moyen et d’arrière-plans. 

Ce qui frappe en premier, ce sont les couleurs : du bleu, du jaune, du rose… les maisons du port de descende en cascade multicolore mais pastel. Je vais vite découvrir pour que parcourir Ponza, il faut de bonnes jambes. Les villages ont épousé les formes de l’île plutôt que de les soumettre à leur volonté et alors que je cherche mon hôtel, je me perds un peu dans les rues étroites et tortueuses du port. Bienvenue à Ponza !

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